Cahiers du cinéma
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| Cahiers du Cinéma | |
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| Pays | |
| Langue | Français |
| Périodicité | Mensuelle |
| Genre | Presse cinématographique |
| Prix au numéro | 5,90 € |
| Diffusion | 21 385 ex. (2010) |
| Fondateur | André Bazin Jacques Doniol-Valcroze Joseph-Marie Lo Duca Léonide Keigel |
| Date de fondation | 1951 |
| Ville d’édition | Paris |
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| Propriétaire | Phaidon |
| Rédacteur en chef | Stéphane Delorme |
| ISSN | 0008-011X |
| Site web | www.cahiersducinema.com |
Les Cahiers du Cinéma sont une revue de cinéma française créée en avril 1951 par André Bazin, Jacques Doniol-Valcroze, Joseph-Marie Lo Duca et Léonide Keigel.
Sommaire |
Histoire [modifier]
Son histoire est en partie liée avec celle du Septième Art, notamment en raison d'une génération de cinéphiles enthousiastes et provocateurs qui donnèrent naissance à la Nouvelle Vague, en instaurant préalablement la politique des auteurs.
Les jeunes cinéphiles Jean-Luc Godard, François Truffaut, Éric Rohmer, Jacques Rivette, Claude Chabrol et bien d'autres y écrivent leurs premières critiques, avant de devenir cinéastes pour certains d'entre eux.
En avril 2008, le groupe La Vie-Le Monde a mis en vente la société éditrice des Cahiers, les Éditions de l'Étoile.
En janvier 2009, le groupe d'édition d'art Phaidon, dont le siège est à Londres, en est devenu propriétaire. En juillet de la même année, Stéphane Delorme est nommé rédacteur en chef des Cahiers du cinéma et Jean-Philippe Tessé, rédacteur en chef adjoint.
Création [modifier]
La revue des Cahiers du Cinéma est créée en 1951 par Joseph-Marie Lo Duca et Jacques Doniol-Valcroze, avec un soutien économique de Léonide Keigel. André Bazin rejoint l'équipe dès le second numéro. Elle succède à La Revue du cinéma de Jean George Auriol qui a cessé de paraître en octobre 1949. Sa couverture comme son contenu reste dans le même esprit. Le nom du magazine est proposé par Doniol, qui a tout d'abord du mal à convaincre Bazin et Keigel.
Éléments biographiques des fondateurs [modifier]
Jacques Doniol-Valcroze, avant les Cahiers, est secrétaire de rédaction à Cinémonde (fondé en 1928), puis rédacteur en chef adjoint de la Revue du Cinéma de 1947 à 1949. Il anime le ciné-club Objectif 49, auquel André Bazin participait. Il est aussi critique de cinéma à L'Observateur, et rédacteur en chef dans la revue Monsieur. En 1949, il crée le festival du film maudit de Biarritz. Il est en outre auteur (Les portes du baptistère, 1955) et réalisateur (L’eau à la bouche 1959, Le viol 1967, L’homme au cerveau greffé 1971…).
André Bazin a abordé le cinéma par des débats dans les ciné-clubs, des cours et des conférences. Sa principale idée est que la critique doit prendre en considération l’évolution d’un public de plus en plus « cinéphile ». Il écrit dans des magazines, notamment dans L'Écran français (créé en 1945). Puis il participe aux Cahiers du Cinéma.
Lo Duca (Giuseppe Maria Lo Duca devenu Joseph-Marie Lo Duca) est, comme Doniol, un ancien de La Revue du Cinéma, et également, journaliste, écrivain, historien, critique, opérateur, rédacteur de sous-titres, réalisateur. Il a écrit Histoire du Cinéma (Que sais-je ?), et Technique du Cinéma, Le dessin animé chez Prisma, avec une préface de Walt Disney. Dans les années 1960, il dirige la Bibliothèque internationale d’érotologie chez Pauvert. Ses ouvrages ont souvent défié la censure.
Léonide Keigel est né à Batoum en 1904, il est mort à Paris en 1957. Ingénieur chimiste, il est arrivé à Paris en 1933. Il fut exploitant de salles (le Broadway aux Champs-Élysées) et distributeur, à la tête du circuit Cinéphone[1]. Il est le père du réalisateur Léonard Keigel.
Ligne éditoriale [modifier]
Dès sa création, le magazine affiche une volonté de critique aigüe, pour un cinéma français recherché et non médiocre, qui n’abrutit pas le public. Le contenu consiste en entretiens, documents, avec une grande place pour la technique cinématographique. Malgré tout, la ligne éditoriale n’est pas réellement fixée à ce moment-là. C’est en 1952 que les Cahiers prennent un tournant décisif.
Au 21e numéro des Cahiers, François Truffaut commence à apporter sa contribution aux articles. Son premier article affirme un détachement du cinéma français dit "de qualité" au profit d'un cinéma d’auteur, le cinéma américain notamment (Howard Hawks, Alfred Hitchcock). Les nouveaux contributeurs à la revue, surnommés « jeunes turcs » par Bazin, vont jusqu'à s’opposer aux fondateurs des Cahiers. Ce sont Maurice Schérer (Éric Rohmer), Jacques Rivette, Claude Chabrol et Jean-Luc Godard.
Un article de Truffaut notamment achèvera d’affirmer la nouvelle ligne des Cahiers, en janvier 1954. Il s’agit de « Une certaine tendance du cinéma français », article dans lequel il critique fortement le conformisme du cinéma français. La Politique des auteurs, qui met en avant des cinéastes américains (Hitchcock, Hawks) et quelques européens (Jean Renoir, Roberto Rossellini), est à son apogée lorsque, en 1957, Eric Rohmer remplace Lo Duca au poste de rédacteur en chef.
En 1959, il existe quatre principales revues de cinéma : les Cahiers du Cinéma, en « guerre » avec Positif ; Cinéma, et Image et son. Beaucoup de revues émergent alors, mais la plupart n’iront pas jusqu’au quatrième numéro. À cette époque, de nombreux critiques de cinéma, futurs réalisateurs, écrivent pour les revues (Bertrand Tavernier, Jean Eustache…). Les hebdomadaires (L’Express, Le Nouvel Observateur) ont aussi leurs critiques, plutôt des hommes de lettres.
L'ouverture à la modernité et l'ère Mao [modifier]
Au début des années 60, tandis que certains rédacteurs des Cahiers quittent la revue pour réaliser leurs films, Éric Rohmer occupe le poste de rédacteur en chef jusqu'à son éviction par Jacques Rivette en 1963. En 1964, au moment où le jeune Serge Daney, qui allait devenir le critique le plus influent de sa génération, entre aux Cahiers, des parts de la revue sont rachetées par Filipacchi, qui entre en conflit avec la rédaction pour vouloir imposer sa conception éditoriale : plus de couverture jaune, nouveau format de 22 x 27,5 cm. Une nouvelle génération de critiques s'impose et ouvre la revue à la modernité, à de nouvelles cinématographies et aux courants théoriques qui bouleversent la vie intellectuelle de l'époque : structuralisme, psychanalyse, marxisme, sémiologie. Les Cahiers rencontrent Jacques Lacan, Michel Foucault, Roland Barthes... et se politisent peu à peu. Le début de l'année 1968 est marqué par le soutien à Henri Langlois, menacé à la Cinémathèque française, puis les "états généraux du cinéma" et enfin les événements de mai.
Dans les années 1970, la revue se radicalise et politise par là même le débat esthétique, en souhaitant participer à la refonte des liens entre politique et esthétique (dans le sillage des films militants de Jean-Luc Godard). La revue se rallie au maoïsme, ne considère plus l'actualité des films (à l'exception des films militants), ne publie plus de photos de films, des collaborateurs en désaccord avec cette ligne sont écartés et son tirage devient confidentiel, ce qui menace sa survie.
Renaissance [modifier]
À la fin de la décennie, Serge Daney et Serge Toubiana reprennent la revue en main et imposent un "retour aux films", mais aussi aux images, à la couleur et au cinéma américain. Moins politique et davantage adressée aux amateurs et cinéphiles, la revue est rajeunie, plus accessible, dans les années 1980, alors que beaucoup d’autres disparaissent pour ne pas avoir su évoluer avec son temps (promotion télévisuelle, public plus jeune). En 1981, Serge Daney quitte les Cahiers pour Libération. Il fondera dix ans plus tard la revue trimestrielle Trafic. En octobre 1992, Thierry Jousse succède à Serge Toubiana. Il part en 1996. Les rédacteurs en chef se succèdent : Antoine de Baecque (1996-1998), Charles Tesson (1998-2001, à l'époque du rachat de la revue par le groupe Le Monde), Charles Tesson et Jean-Marc Lalanne (2001-2003), Emmanuel Burdeau (2003-2009) puis Stéphane Delorme.
Rédacteurs en chef [modifier]
- 1951-1958 : André Bazin
- 1958-1963 : Éric Rohmer (Jean Douchet : rédacteur en chef adjoint)
- 1963-1965 : Jacques Rivette
- 1965-1973 : Jean Narboni et 1966-1971 : Jean-Louis Comolli
- 1973-1981 : Serge Daney et Serge Toubiana
- 1981-1991 : Serge Toubiana (Alain Bergala : rédacteur en chef adjoint 81-86)
- 1991-1996 : Thierry Jousse (Frederic Strauss : rédacteur en chef adjoint)
- 1996-1998 : Antoine de Baecque
- 1998-2001 : Charles Tesson
- 2001-2003 : Charles Tesson et Jean-Marc Lalanne
- 2003-2009 : Emmanuel Burdeau (Jean-Michel Frodon : directeur de la rédaction)
- 2009- : Stéphane Delorme (Jean-Philippe Tessé : rédacteur en chef adjoint)
Sur Internet [modifier]
- 2000-2001 : Thierry Lounas et Emmanuel Burdeau
- 2005-2009 : Laurent Laborie
Collaborateurs actuels des Cahiers du cinéma [modifier]
Les membres actuels du comité de rédaction sont suivis de la mention (CR):
- Nicolas Azalbert (CR)
- Amandine d'Azevedo
- Cyril Béghin (CR)
- Serge Bozon
- Jean-Sébastien Chauvin (CR)
- Sophia Collet
- Stéphane Delorme (Rédacteur en chef)
- Nicholas Elliott (Correspondant aux États-Unis)
- Clémentine Gallot
- Céline Gailleurd
- Charlotte Garson (CR)
- Aurélie Godet
- Florent Guézenguar
- Bill Krohn (Correspondant aux États-Unis)
- Mathias Lavin
- Joachim Lepastier (CR)
- Mathieu Macheret
- Florence Maillard (CR)
- Vincent Malausa (CR)
- Thierry Méranger (CR)
- Stéphane du Mesnildot
- Ariel Schweitzer (CR)
- Jean-Philippe Tessé (Rédacteur en chef adjoint)
- Charles Tesson
Anciens collaborateurs des Cahiers du cinéma [modifier]
- Cédric Anger
- Olivier Assayas
- Hervé Aubron
- Jacques Aumont
- Philippe Azoury
- Antoine de Baecque
- André Bazin
- François Bégaudeau
- Lise Bellynck
- Sébastien Bénédict
- Christophe Beney
- Bernard Benoliel
- Alain Bergala
- Jean-Claude Biette
- Charles Bitsch
- Patrice Blouin
- Pascal Bonitzer
- Jacques Bontemps
- Stéphane Bouquet
- Nicole Brenez
- Emmanuel Burdeau
- Leos Carax
- Thierry Cazals
- Claude Chabrol
- Marc Chevrie
- Michel Chion
- Thierry Clech
- Clélia Cohen
- Jean Collet
- Jean-Louis Comolli
- Sylvain Coumoul
- Serge Daney
- Jacques Daniel
- Michel Delahaye
- Philippe Demonsablon
- Jean Domarchi
- Jacques Doniol-Valcroze
- Jean Douchet
- Daniele Dubroux
- Bernard Eisenschitz
- Jean-Paul Fargier
- Jean-André Fieschi
- Hélène Frappat
- Jean-Michel Frodon
- Laurence Giavarini
- Claude de Givray
- Jean-Luc Godard
- Gilles Grand
- Gérard Guégan
- Marie-Anne Guerin
- Mia Hansen-Løve
- Shigehiko Hasumi
- Erwan Higuinen
- Christophe Honoré
- Fereydoun Hoveyda
- Thierry Jousse
- Olivier Joyard
- Iannis Katsahnias
- André S. Labarthe
- Jean-Marc Lalanne
- Ludovic Lamant
- Yann Lardeau
- Élisabeth Lequeret
- Serge Le Péron
- Hervé Le Roux
- Thierry Lounas
- Henry Magnan
- Jean Mambrino
- Philippe Mangeot
- Louis Marcorelles
- Michel Mardore
- Chris Marker
- Francis Marmande
- Jacques Morice
- Luc Moullet
- Michel Mourlet
- Jean Narboni
- Camille Nevers
- Cyril Neyrat
- François Niney
- Vincent Ostria
- Jean-Pierre Oudart
- Alain Philippon
- Sylvie Pierre
- Jacques Rancière
- Jean-François Rauger
- Jean-Pierre Rehm
- Eugenio Renzi
- Jacques Rivette
- Éric Rohmer
- Claude Roy
- Nicolas Saada
- Frédéric Sabouraud
- Louis Skorecki
- Frédéric Strauss
- Camille Taboulay
- Bertrand Tavernier
- André Téchiné
- Antoine Thirion
- Jean-Baptiste Thoret
- Serge Toubiana
- François Truffaut
- Clarisse Vezin
- François Weyergans
- Anne Ballylinch / Isabelle Regnier
Les éditions de l’Étoile [modifier]
En 1981, la maison éditrice des Cahiers du Cinéma se lance dans l’édition de livres spécialisés dans le 7e art, avec l'ouvrage Correspondance New-Yorkaise par Alain Bergala et Raymond Depardon.
Depuis, les éditions de l’Etoile ont gagné en notoriété et sont devenues une référence. En effet, c’est la seule maison d’édition entièrement consacrée au cinéma. Aujourd’hui, elle édite en moyenne vingt-cinq nouveautés par an. L’édition et la revue ne se centrant pas uniquement sur les cinéastes français, leur reconnaissance est mondiale. Il existe des versions des Cahiers dans sept langues différentes (français, italien, espagnol, turc, japonais, anglais et arabe). Une partie de la production éditoriale est traduite comme la collection Grand Cinéaste.
La spécificité de la maison d'édition ne la rend pas nécessairement accessible. Des aléas financiers ont conduit les Cahiers à être rachetés par le groupe Le Monde en 1998, puis par l'éditeur de livres Phaidon Press (en) en 2009. Les nouveaux actionnaires respectent cependant toujours l'image de la revue.
Les livres édités sont répartis en treize collections : Albums, La petite bibliothèque, Les petits cahiers, Collection littéraire, Auteurs, Essais, Atelier, Coédition festival de Locarno, Écrit sur l’image, Hors-collection, 21e siècle, Grand cinéaste.
Par ailleurs, des fac-similés compilant les archives des premiers numéros sont réalisés.
On compte aussi deux collections de DVD : « 2 films de » (qui regroupe à chaque fois deux films d’un réalisateur) et « DVD collector » (qui rassemble des classiques du cinéma).
Notes et références [modifier]
- Cf Jacques Doniol-Valcroze, Léonide Keigel, Cahiers du Cinéma, n°74, sept. 1957
Bibliographie [modifier]
- Antoine de Baecque, Cahiers du Cinéma, histoire d'une revue (Tome 1 : Les Cahiers à l'assaut du cinéma ; Tome 2 : Cinéma, tours, détours), Paris, Éd. des Cahiers du Cinéma, 1991, 316 p. + 382 p.
- (en) Emilie Bickerton, « Adieu to Cahiers », New Left Review, no 42, novembre-décembre 2006 [texte intégral]
- Traduction française : Emilie Bickerton (trad. Étienne Dobenesque), « Adieu aux Cahiers (1er épisode) », La Revue des livres, no 1, 17 septembre 2007 [texte intégral]
- Emilie Bickerton (trad. Marie-Mathilde Burdeau), Brève histoire des Cahiers du cinéma, Paris, Les Prairies ordinaires, coll. « Penser/croiser », 2012, 190 p. (ISBN 9782350960562)
Annexes [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- Site officiel
- Histoire des Cahiers du Cinéma - Revues-de-cinema.net
- (en) Liste des 10 meilleurs films dressée par les Cahiers, par année