Rithy Panh
Rithy Panh
| Nom de naissance | Rithy Panh |
|---|---|
| Naissance | 18 avril 1964 Phnom Penh, Cambodge |
| Nationalité | Franco-Cambodgien |
| Profession | cinéaste |
| Films notables | voir chapitre filmographie |
Rithy Panh (khmer ប៉ាន់ រិទ្ធី), né le 18 avril 1964 à Phnom Penh au Cambodge, est un cinéaste franco-cambodgien.
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Biographie [modifier]
Son père, fils de cultivateur était un ancien instituteur devenu inspecteur d’école primaire[1].
Rescapé des camps de travail des khmers rouges dans lesquels il perdit ses parents et une partie de sa famille, Rithy Panh rejoint en 1979 le camp de Mairut en Thaïlande[2] puis arrive en France en 1980[3].
Après une période où il essaye de rejeter tout ce qui pourrait lui rappeler le cauchemar dont il vient de sortir, jusqu’à la langue khmère, il décide de se consacrer à un travail de mémoire à travers le cinéma[4]. Il abandonne alors ses études de menuiserie[5] et entre à l’IDHEC dont Il sort diplômé en 1988[6].
Son premier documentaire, Site 2, traite déjà du Cambodge, et plus particulièrement des camps de réfugiés en Thaïlande. Le succès de cette première œuvre lui ouvre les portes de certains commanditaires au rang desquels on retrouve la chaîne de télévision franco allemande Arte et le groupe français Canal+[5].
Après d’autres documentaires, eux aussi pour la plupart consacrés à son pays d’origine, il se fera connaître d’un public averti grâce aux gens de la rizière, son premier long métrage de fiction. Ce sera aussi le premier film cambodgien jamais présenté au festival de Cannes et il concourra pour la palme d’or[7].
En 1995, il est nommé coresponsable de l’Atelier Varan au Cambodge en vue de former de jeunes cinéastes aux documentaires[8].
Suivront de nouvelles œuvres qui toutes ont pour toile de fond un Cambodge qui a du mal à panser ses plaies et où Rithy Panh démontre son talent à immortaliser des tranches de vies dans lesquelles les protagonistes donnent l’impression de se livrer tout en oubliant la caméra[9].
Une nouvelle étape dans la notoriété sera franchie avec la sortie, en 2002 de S21, la machine de mort Khmère rouge qui est présenté hors compétition au festival de Cannes et qui traite du devoir de mémoire à une époque où le processus de mise en place des chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens est enlisé dans des querelles picrocholines entre le gouvernement cambodgien et l’Organisation des Nations unies[10],[11],[12].
Suivront Les Artistes du théâtre brûlé, un documentaire lui aussi présenté hors compétition à Cannes qui traite de la difficulté qu’ont les artistes pour trouver leur place dans la société cambodgienne d’aujourd’hui, puis Le papier ne peut pas envelopper la braise, qui montre le sort cruel des prostituées de Phnom Penh avant de se lancer dans un nouveau genre, à savoir l’adaptation du roman de Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique avec notamment Isabelle Huppert[13].
Parallèlement à ses films, Rithy Panh a initié la création d’un "Centre de Ressources Audiovisuelles du Cambodge", qui a été inauguré le 4 décembre 2006 et qui permettra au public cambodgien de consulter les archives collectées sur le Cambodge aux formats vidéo, audio ou photographique. Le Centre a été nommé Bophana en hommage à l’héroïne du film éponyme de Rithy Panh[14].
Le style Rithy Panh [modifier]
Son œuvre est imprégnée du travail de mémoire et de la douleur des survivants du régime de Pol Pot. Il tente de retrouver la culture cambodgienne à travers le cinéma. Dans une interview réalisée en novembre 2005, il dit qu'« il s'agit pour le peuple cambodgien de se réapproprier son identité et ses racines ».
Cette ambition, déjà à l’œuvre dans S21, la machine de mort Khmère rouge, passe par le geste. Dans la même interview, Rithy Panh se dit intéressé par le fait que le corps humain intègre des gestes, au point qu’ils deviennent des automatismes. C'est ce qu'il a montré dans S21 en refaisant faire aux gardiens de Tuol Sleng leurs gestes d'alors. De plus, cette mise en scène non jouée par des comédiens, permet de refaire vivre ce qui n’est plus ; en l'occurrence, en filmant ces gardiens reproduisant ces gestes, les prisonniers étaient comme présents, virtuellement, et, dit Rithy Panh, il a failli sacrifier son film, car s'il s'était approché un peu plus du gardien, il aurait marché sur les prisonniers, et donc se serait trouvé du côté des khmers rouges.
Cette conception, importante autant pour le cinéma que pour le Cambodge et sa culture, semble lui faire penser que le cinéma pourrait permettre aux Cambodgiens de se « réapproprier leur identité et leurs racines », à travers le geste et la mise en scène du réel.
Filmographie [modifier]
Sauf indication contraire, les informations proviennent de la page de l'Internet Movie Database consacré à Rithy Panh[15]
| Année | Titre | Type | Principales récompenses[16] |
|---|---|---|---|
| 1988 | Le Passé imparfait | Documentaire | |
| 1989 | Site 2 - Aux abords des frontières | Long métrage | Grand Prix du meilleur documentaire 1989 de la Scam au festival d’Amiens |
| 1990 | Cinéma, de notre temps : Souleymane Cissé | Documentaire | |
| 1994 | Les Gens de la rizière (Neak Sre) | Long métrage | En compétition pour la palme d’or au 47e Festival de Cannes |
| 1995 | La famille Tan | Documentaire | |
| 1996 | Bophana, une tragédie cambodgienne | Documentaire | Prix Planète Câble 1996 au FIDMarseille |
| 1997 | Un soir après la guerre | Long métrage | En compétition au 51e Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard Prix de l’Office catholique international du cinéma et de l’audiovisuel 1998 avec mention honorable au festival du film de Mar del Plata |
| 1997 | 10 films contre 110 000 000 de mines | Court métrage | |
| 1998 | Van Chan, une danseuse cambodgienne | Long métrage | |
| 1999 | La Terre des âmes errantes | Documentaire | Prix spécial TV5 pour le meilleur documentaire 2000 au Festival international du film francophone de Namur Grand Prix et Prix Louis Marcorelles 2000 au Festival international du documentaire Cinéma du Réel[17] Prix Robert et Frances Flaherty 2001 au Festival international du documentaire de Yamagata Allumette d’or 2001 au festival du film Amnesty International Prix Golden Gate 2001 au festival du film international de San Francisco Prix du meilleur documentaire 2001 avec mention honorable au festival du film international de Vancouver. |
| 2000 | Que la barque se brise, que la jonque s’entrouvre | Téléfilm | |
| 2002 | S21, la machine de mort Khmère rouge | Documentaire | Prix François Chalais 2003 au 56e Festival de Cannes Prix du cinéma européen 2003 du meilleur documentaire Prix FIPRESCI et Colombe d'or 2003 au Festival international du documentaire et du film d'animation de Leipzig Plaque d'or 2003 du meilleur documentaire au Festival international du film de Chicago Prix du meilleur documentaire 2003 au Festival international du film de Valladolid Runner-up Prize 2003 au Festival international du documentaire de Yamagata International Human Rights Film Award 2003 au International Human Rights Film Festival Nuremberg Prix spécial du jury et nomination au cygne d’or 2003 du festival du film international de Copenhague Prix Albert-Londres 2004 Prix du meilleur documentaire humanitaire 2004 au Festival international du film de Hong Kong The Best Director Award et The Vaclav Havel Special Award for the film with the most significant contribution to human rights awareness 2004 au Festival One World de Prague Prix des droits de l’homme 2004 au festival du cinéma indépendant de Buenos Aires |
| 2003 | Les Gens d'Angkor | Documentaire | |
| 2005 | Les Artistes du théâtre brûlé | Documentaire | Présenté hors compétition au 58e Festival de Cannes |
| 2007 | Le papier ne peut pas envelopper la braise | Documentaire | FIPA d'or 2007 délivré par le Festival International des Programmes Audiovisuels dans la catégorie "Documentaires de création et essais"[18] Prix du cinéma européen 2007 du meilleur documentaire |
| 2008 | Un barrage contre le Pacifique | Long métrage | |
| 2011 | Duch, le Maître des forges de l'enfer | Long métrage | Présenté en séance spéciale au 64e Festival de Cannes[19] Nominé au César du meilleur film documentaire en 2013 : |
| 2011 | Gibier d'élevage | Téléfilm | |
| 2013 | L'Image manquante | Long métrage | Présenté dans la section Un certain regard au 66e Festival de Cannes |
Livres [modifier]
- Rithy Panh et Christine Chaumeau, La machine khmère rouge : Monti Santésok S-21, Paris, Flammarion, 4 mars 2003, 307 p. (ISBN 9782080684677) [présentation en ligne]
- Rithy Panh et Louise Lorentz, Le papier ne peut pas envelopper la braise, Paris, Grasset, coll. « Documents Français », avril 2007, 319 p. (ISBN 9782246710011) [présentation en ligne]
- Rithy Panh et Christophe Bataille, L’Élimination, Grasset, coll. « Littérature Française », 11 janvier 2012, 336 p. (ISBN 978-2246772811), Prix Essai France Télévisions[réf. nécessaire], Prix Aujourd'hui, Prix Joseph Kessel & Prix livre et droits de l'homme de la Ville de Nancy[réf. nécessaire], tous obtenus en 2012
Récompenses [modifier]
Outre les prix gagnés par ses films et ses livres déjà décrits ci-dessus, Rithy Panh a aussi été honoré à titre personnel :
- 1996 : Lauréat de la Fondation Groupama Gan[réf. nécessaire]
- 2006 : Prix pour l'ensemble de son œuvre délivré par la Scam[réf. nécessaire].
- 2007 : Prix France Culture Cinéma[20]
- 2011 : Docteur honoris causa de l'Université Paris-VIII, en même temps que le peintre Vann Nath[réf. nécessaire].
Anecdote [modifier]
- Rithy Panh joue un rôle secondaire dans le film Holy Lola de Bertrand Tavernier[21].
Notes et références [modifier]
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Rithy Panh » (voir la liste des auteurs)
- (en) UNESCO, « Cambodia: a wound that will not heal », Courrier, Décembre 1999. Consulté le 5 mai 2010
- (fr) Biographie Rithy Panh, Stars, sur Orange cinéma. Consulté le 6 mai 2010
- (en) Rithy Panh Films, sur Khmer Connection, 26 décembre 2006. Consulté le 6 mai 2010
- (en) Lekha Shankar, « Rewinding memory - Cambodian director talks about his work and the ‘nuclear bomb’ that struck his homeland », IHT Thai Day, 3 février 2006 [texte intégral (page consultée le 5 mai 2010)]
- (en) Robert Turnbull, « Staring down horrors of the Khmer Rouge », New York Times, 5 avril 2007 [texte intégral (page consultée le 5 mai 2010)]
- (fr) Thierry Hervieu, Laurent Devanne, « Rithy Panh, cinéastre », sur Kinok. Consulté le 5 mai 2010
- (en) Rithy Panh, Artist sheet, sur Festival de Cannes. Consulté le 6 mai 2010
- (fr) Rithy Panh: Biographie, sur Cinémotions. Consulté le 6 mai 2010
- (fr) Les artistes du théâtre brûlé de Rithy Panh, Fiche film, sur Cinéma le France. Consulté le 5 mai 2010
- (fr) Interview Rithy Panh, sur Cinemasie, février 2004. Consulté le 5 mai 2010
- (fr) Entretien avec Rithy Panh à propos de S21, la machine de mort khmère rouge, sur France - diplomatie. Consulté le 5 mai 2010
- (fr) Emmanuel Deslouis, « Entretien avec Rithy Panh, réalisateur », sur Eur@sie.net, 5 février 2004. Consulté le 5 mai 2010
- (fr) Biographie Rithy Panh, sur Allociné. Consulté le 6 mai 2010
- (fr) Bophana - La genèse du projet, Qui sommes nous ?, sur Centre de ressources audiovisuelles Bophana. Consulté le 5 mai 2010
- (fr) Internet Movie Database, « Rithy Panh ». Consulté le 5 mai 2010
- (en) Internet Movie Database akas, « Rithy Panh ». Consulté le 5 mai 2010
- (fr) Seymour Dinnematin, « Un autre visage de la nouvelle économie », 01net, 14 avril 2000 [texte intégral (page consultée le 5 mai 2010)]
- (fr) FIPA, « Le Papier ne peut pas envelopper la braise », Documentaires de création et Essais. Consulté le 4 mai 2010
- (fr) Première, « Cannes 2011 : découvrez la sélection officielle du 64ème festival de Cannes ! », sur Premiere.fr. Consulté le 14 avril 2011
- (fr) France Culture, « 60e édition : reportages, Le Prix France Culture Cinéma », Dossiers, Mai 2007. Consulté le 5 mai 2010
- (fr) Rithy Panh, Artistes, sur Cinémotions. Consulté le 6 mai 2010