Bourganeuf

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Bourganeuf
Hôtel de ville
Hôtel de ville
Blason de Bourganeuf
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Limousin
Département Creuse
Arrondissement Guéret
Canton Bourganeuf
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes Bourganeuf et Royère-de-Vassivière
Maire
Mandat
Jean-Pierre Jouhaud
2014-2020
Code postal 23400
Code commune 23030
Démographie
Population
municipale
2 830 hab. (2011)
Densité 126 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 57′ 15″ N 1° 45′ 23″ E / 45.9541666667, 1.75638888889 ()45° 57′ 15″ Nord 1° 45′ 23″ Est / 45.9541666667, 1.75638888889 ()  
Altitude Min. 380 m – Max. 602 m
Superficie 22,54 km2
Localisation

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Bourganeuf

Bourganeuf (Borgon Nuòu en occitan, prononcé Bourgou Nio ) est une commune française située dans le département de la Creuse en région Limousin.

Bourganeuf doit sa création médiévale aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ordre religieux et militaire créé en 1104. Depuis le XIIe siècle, jusqu'à la Révolution de 1789, les chevaliers ont habité Bourganeuf, qui a ainsi connu une pospérité et une réputation jamais égalées. Bourganeuf était le chef-lieu de la « vénérable langue d'Auvergne » jusqu'en 1750 où il fut déplacé à Lyon. Il étendait son pouvoir sur le centre de la France, en faisait partie : l'Auvergne, la Marche, le Velay, le Limousin, le Berry, le Forez, le Bourbonnais, le Lyonnais, le Beaujolais, le Bugey et la Savoie. Le bailli de la « langue d'Auvergne » avait le statut de maréchal, commandant de l'armée que constitue l'ordre[1].

En 1886, Bourganeuf revient au premier plan en devenant la troisième ville française à utiliser la nouvelle énergie d'une centrale hydraulique, l'électricité.

Quantitativement, Bourganeuf est en nombre d'habitants, la quatrième commune du département derrière Guéret, La Souterraine et Aubusson.

Ses habitants sont appelés les Bourgouniaud(e)s ou Bourganiaud(e)s.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Bourganeuf est située à 33 km de Guéret, à 50 km de Limoges et à 400 km de Paris. Elle est traversée par les rivières, le Taurion, le Verger, et la Mourne. Bourganeuf est située sur un plateau et sur les coteaux de la colline LA PERRIERE à une altitude moyenne de 450 mètres, à l'extrémité nord-est du plateau de Gentioux, prolongement septentrional du plateau de Millevaches.

Communes limitrophes de Bourganeuf
Masbaraud-Mérignat Mansat-la-Courrière
Bourganeuf
Montboucher Saint-Junien-la-Bregère Faux-Mazuras

Histoire[modifier | modifier le code]

Bourganeuf ("Borgon Nuòu : petit bourg neuf") doit sa création à une commanderie d'Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (certains disent de Templiers, mais rien n'est moins sûr) au XIIe siècle. Cette commanderie devint ultérieurement le siège du grand prieuré d'Auvergne, qui fut transféré à Lyon en 1750 par le grand-prieur et bailli grand-Croix Amable de Villelume de Thianges.

Bourganeuf conserve pourtant d'importants vestiges de ce grand prieuré : les bâtiments conventuels (devenus l'actuel hôtel de ville), une tour construite par Jean de Lastic en 1530, l'église Saint-Jean (XIIe - XVe siècle), mais surtout la célèbre Tour Zizim

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1800 et chef-lieu d'arrondissement jusqu'en 1926.

L'histoire de Zizim[modifier | modifier le code]

Turkey.Bodrum.Cem03.jpg
Article détaillé : Zizim.

En mai 1481, à la mort de l'empereur ottoman Mehmed II, le conquérant de Constantinople (1453), ses deux fils, Jem (turc : Cem), appelé "Zizim" par les Européens et Bajazet II, se disputent le pouvoir. Défait à deux reprises, Djem se met sous la protection des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Rhodes. Il est reçu par le grand maître Pierre d'Aubusson le 30 juillet 1482. Traité avec déférence, mais en otage, il est conduit, sous la garde de Guy de Blanchefort, devenu grand maître de la Langue d'Auvergne depuis 1476, dans le comté de Nice, dans le Dauphiné, et enfin à Bourganeuf, siège du grand prieuré d'Auvergne, où il restera en captivité de 1486 à 1488 dans la tour construite à son intention, qui porte encore son nom francisé : Tour Zizim.

Pieux musulman (il effectua le pèlerinage de La Mecque), fin lettré, traducteur en turc d'une épopée persane, poète à ses heures, son séjour en France a donné lieu à bien des légendes romantiques. On lui prête à Sassenage (Dauphiné) et dans la Marche des aventures sentimentales invraisemblables, de même qu'on a cru devoir lui attribuer, avec George Sand et d'autres, la confection des tapisseries dites de La Dame à la licorne aujourd'hui conservées au musée du Moyen Âge (ancien hôtel de l'abbaye de Cluny à Paris). Les croissants de lune présents sur l'écu de la dame appartiennent en fait à la puissante famille lyonnaise des Le Viste et n'ont donc rien à voir avec le prince musulman.

Djem quitte Bourganeuf le 10 novembre 1488 pour être remis au pape Innocent VIII. Il arrive à Rome le 13 mars 1489 et réside au château Saint-Ange. En 1494, le pape Alexandre VI Borgia est contraint de le remettre au roi de France Charles VIII, entré en Italie, et qui envisage, depuis le royaume de Naples, une "croisade" en Grèce, possession de l’Empire ottoman. Djem meurt en 1495 à Capoue, dans des conditions jamais élucidées. Sa dépouille est ramenée en Turquie pour être inhumée à Brousse, où son tombeau existe toujours.

La « fée électricité »[modifier | modifier le code]

Les gorges du Verger
Article détaillé : Bourganeuf ville lumière.

La ville de Bourganeuf a été la troisième ville française à recevoir l'électricité en 1886[2], et la première avec le transport de l'électricité à longue distance.

Mais les eaux du ruisseau du Verger, qui avait accueilli la dynamo de sa première usine, furent trop basses pendant l'été 1886 pour alimenter correctement les soixante lumières de Bourganeuf. On décida alors d'utiliser la cascade des Jarrauds d'une hauteur de 14 mètres et qui pouvait assurer une production largement suffisante, mais était distante de Bourganeuf de 14 km.

C'est grâce à l'initiative de l'ingénieur Marcel Deprez et après trois ans d'études et un an de travaux de juillet 1888 à avril 1889, que les installations des usines de la cascade des Jarrauds et de Bourganeuf furent les premières en France où l'on transporta l'électricité sur une telle distance. L'installation comprenait une turbine hydraulique de 130 CV avec une génératrice de 100 CV. Le câble électrique qui reliait les deux sites avait un diamètre de 5 mm. On put ainsi réaliser un éclairage public de la ville rues, mairie, église, cafés, etc.) avec 106 lampes.

Pour couronner cette prouesse technique, le premier téléphone de la région reliait les installations de la cascade et de Bourganeuf ; alors qu'en France, l'utilisation commerciale du téléphone datait seulement de 1879.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Albe arms.svg

Selon d'Hozier,les armoiries de Bourganeuf se blasonnent ainsi :

De sable à trois chevrons ondés d'argent.


Économie[modifier | modifier le code]

Le bois[modifier | modifier le code]

Empilement de billons

La commune de Bourganeuf est un pôle bois important du Limousin. Ainsi de nombreuses entreprises sont implantées à Bourganeuf : « Cosylva » fabrique de lamellé-collé, « Bourganeuf Bois  » est une scierie de bois résineux d’industrie, « Sokibo » (Parquets Marty) est une scierie de feuillus, « Séqueira » est une scierie de feuillus et de résineux, enfin « Séqueira Joachim » travaille dans l’exploitation, le négoce et le séchage. « Douglas Structure » est une nouvelle scierie de résineux en cours d’implantation à Bourganeuf.

De nombreux exploitants de travaux forestiers travaillent dans ce pôle bois : sylviculture, bûcheronnage, débardage, des négociants, des coopératives forestières et des propriétaires forestiers privés, auxquels il faut ajouter les forêts domaniales de Mérignat et de Faux-Mazuras et les forêts communales.

La filière bois induit également d'autres activités notamment dans les domaines du transport, de l’équipement de matériel, de la vente, de l'entretien et réparations de ces matériels. La commune utilise, depuis 1985 pour ses équipements publics, un réseau de chaleur d’une puissance de 3,2 MW, alimenté par des déchets de bois et de plaquettes forestières produits par les scieries de la commune[3].

Le commerce[modifier | modifier le code]

La ville fut en tout temps un centre de commerce,de nombreux magasins jallonnent la rue principale, tous les mercredis un marché a lieu place de l'Hôtel de ville, place de l'Etang et sur le Mail du château.

L'agriculture[modifier | modifier le code]

Une dizaine d’exploitations agricoles sont présentes sur le territoire communal. La majorité élèves des bovins de race limousine mais il existe aussi quelques activités diversifiées, telle que l'élevage de bisons.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Élection municipale du 9 mars 2008[modifier | modifier le code]

Sur les 1821 inscrits, 1281 ont voté soit 70,70 % et 531 se sont abstenus soit 29,30 %. Parmi les 1281 votants, 1198 se sont exprimés soit 66,11 %.
Les 23 membres de la liste Tous unis pour Bourganeuf sont élus[4] À l'issue de ce vote Jean-Pierre Jouhaud a été réélu maire de la commune[5].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
18XX   Michel Salmet    
1919 1925 Camille Riffaterre PRS Député de la Creuse de 1928 à 1942, conseiller général
1946 1961 Gaston Chazette SFIO Sénateur de la Creuse, conseiller général
1989 15 août 1994[6] Alain Gouzes PS Conseiller général (1992-1994)
juin 1995 mars 2001 Jean-Jacques Lozach PS Sénateur de la Creuse
mars 2001 en cours Jean-Pierre Jouhaud PS Proviseur du Lycée Jean Favard de Guéret
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 830 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 062 1 988 1 959 2 203 2 849 2 940 3 080 3 202 3 384
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 197 3 222 3 501 3 591 3 620 3 726 3 902 3 863 3 524
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 675 3 864 3 875 3 659 3 561 3 364 3 117 3 464 3 308
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
3 310 3 804 3 637 3 738 3 385 3 163 2 980 2 917 2 830
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

- Une école maternelle

- Deux écoles primaires

- Un collège d'enseignement secondaire

- Un Lycée professionnel

- Un Centre de Formation Agricole Delphine Gay[9].

Patrimoine et culture[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Butaud, Bourganeuf ville médiévale, Imprimerie Rebière,‎ 1944 ;
  • Maurice Favone, Histoire de la Marche., Dorbon aîné éditeur,‎ 1939 ;
  • René Boudard, Regards sur Le passé d'une petite ville limousine, Bourganeuf au fil des âges, Ville de Bourganeuf,‎ 1981.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]