Attentat de Sarajevo

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Attentat de Sarajevo
Image illustrative de l'article Attentat de Sarajevo
La quatrième de couverture du Petit Journal du 12 juillet 1914.

Localisation Sarajevo (Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie)
Cible Archiduc François-Ferdinand
Coordonnées 43° 51′ 29″ N 18° 25′ 44″ E / 43.857917, 18.4287543° 51′ 29″ Nord 18° 25′ 44″ Est / 43.857917, 18.42875  
Date 28 juin 1914
Entre 10h15 et 11h00
Type Assassinat politique
Arme(s) Arme à feu et explosif
Mort(s) Archiduc François-Ferdinand, duchesse de Hohenberg
Blessé(s) Comte Fos-Waldeck, lieutenant-colonel Merizzi, un policier, plusieurs spectateurs
Auteur(s) Gavrilo Princip, Nedeljko Čabrinović
Participant(s) Mehmed Mehmedbašić, Vaso Čubrilović
Organisation(s) Jeune Bosnie
Mouvance Nationalisme

Géolocalisation sur la carte : Bosnie-Herzégovine

(Voir situation sur carte : Bosnie-Herzégovine)
Attentat de Sarajevo

L’attentat de Sarajevo est l’assassinat perpétré le dimanche 28 juin 1914 contre l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l'Empire austro-hongrois, et son épouse la duchesse de Hohenberg[1], par le nationaliste serbe de Bosnie Gavrilo Princip[2], membre du groupe Jeune Bosnie (Mlada Bosna). Cet événement est considéré comme l’élément déclencheur de la Première Guerre mondiale qui eut pour conséquence la défaite, la chute et le démembrement des Empires russe, austro-hongrois, allemand et ottoman.

Contexte historique et géopolitique[modifier | modifier le code]

Une série d'insurrections en Bosnie-Herzégovine, Serbie et Bulgarie contre l'Empire ottoman embrasent les Balkans entre 1875 et 1878. La Russie intervient au nom du panslavisme et obtient une victoire nette sur les Turcs qui se conclut par le traité de Berlin. Selon les termes du traité, les sandjaks turcs de Bosnie et d'Herzégovine sont occupés et administrés au nom du sultan par l'Empire d'Autriche-Hongrie. De son côté, la Serbie obtient son indépendance qui, sous la dynastie des Obrenović, adopte une politique pro-autrichienne.

En 1903, un coup d'État porte sur le trône serbe Pierre Karageorgevitch, partisan de l'expansionnisme serbe et d'une politique pro-russe. Les relations entre la Serbie et l'Autriche-Hongrie ne vont dès lors pas cesser de se dégrader sur fond de faiblesse de plus en plus prononcée de l'Empire ottoman.

En 1908, les deux sandjaks de Bosnie-Herzégovine sont annexés par l'Autriche-Hongrie ce qui déclenche de vives protestations diplomatiques notamment de la part de la Russie et de la Serbie. L'Empire allemand soutient diplomatiquement l'Autriche-Hongrie.

Cette occupation est, de surcroît, mal vécue par une partie des populations slaves orthodoxes qui souhaitent la création d'une jugo slavija (littéralement en serbo-croate : « état slave du sud »), en français Yougoslavie aux dépens de l'Autriche-Hongrie.

Enfin les guerres balkaniques dans les années 1912 et 1913 voient le démantèlement de l'Empire ottoman et la Serbie devenir la grande puissance des Balkans menaçant l'Autriche-Hongrie et créant un climat de tension exacerbé par le pangermanisme et le panslavisme[3].

Contrairement à une idée répandue, la notion de poudrière pour décrire la situation des Balkans est à nuancer et son explosion n'était pas une fatalité. Les nombreuses relations diplomatiques à cette époque permettent en effet de résoudre les crises par des conférences internationales, si bien que l'hypothèse d'une escalade jusqu'à la guerre semblait inconcevable jusqu'à l'attentat provoquant des réactions exaltées et prenant de vitesse les forces pacifistes[4]. À l'inverse d'autres historiens, comme Jean-Paul Bled[5], pensent que le conflit était inévitable et que les efforts diplomatiques n'ont fait qu'en retarder l'échéance.

La visite de l'archiduc héritier[modifier | modifier le code]

Départ de l'hôtel de ville, cinq minutes avant l'assassinat, scène immortalisée par le photographe de la cour autrichienne Carl Pietzner.

Les autorités hongro-autrichiennes, non sans imprudence, choisirent comme date de la visite de l'archiduc le 28 juin, jour de Vidovdan (une fête religieuse importante chez les Serbes orthodoxes, qui célèbre la saint Guy), qui est aussi la date anniversaire de la bataille de Kosovo Polje qui, en 1389, vit la défaite des Serbes devant l'armée turque et l'annexion de leur royaume à l’Empire ottoman pour plus de quatre cent cinquante ans[6].

Cette date correspondait également au quatorzième anniversaire du mariage morganatique du couple princier, et l'archiduc héritier voulait mettre à profit cette visite en province pour apparaître publiquement avec son épouse et lui faire profiter des honneurs que l’étiquette de la Maison impériale et royale ne lui permettait pas de recevoir à la cour[7].

Les circonstances du voyage d'inspection de François-Ferdinand à la suite des grandes manœuvres organisées en Bosnie-Herzégovine semblent avoir favorisé les assassins. Le voyage de l'archiduc héritier, inspecteur général des armées, était considéré par la minorité serbe comme une provocation. Léon Von Bilinski, ministre des Finances de la double-monarchie, chargé à Vienne de l'administration de la Bosnie-Herzégovine, refusa de tenir compte de l'avertissement de l'ambassadeur de Serbie à Vienne, Jovan Jovanović, qu'un attentat était en préparation[8]. Des proches du prince lui avaient également déconseillé ce voyage et même son ancien précepteur, un prêtre, lui prédisait « une fin violente qui précipiterait le monde dans un cataclysme général ». Logeant depuis le 25 juin à Ilidža, une station balnéaire à environ 12 kilomètres à l'ouest de Sarajevo, François-Ferdinand assiste aux manœuvres militaires le 26 et 27 juin.

La une du New York Times , 29 juin 1914

La duchesse de Hohenberg, n'étant pas membre de la famille impériale et royale, ne pouvait recevoir les honneurs militaires. Aussi, le prince de Montenuovo, grand-maître de la cour, ordonna-t-il le retrait des troupes (40 000 hommes) de Sarajevo ; le couple ne bénéficiait donc plus de la protection de l'armée.

Le couple princier passa la nuit du 27 au 28 juin à Ilidža et prit à 9H25 le train pour Sarajevo, où il était attendu pour plusieurs réceptions[9].

Le complot de Apis[modifier | modifier le code]

Le Pont Latin, devant lequel a eu lieu l'assassinat.

Jeune Bosnie, un groupe de jeunes anarchistes serbes, musulmans et croates[10] était équipé de modèles de pistolets de 1910, issus de la FN Herstal, et de bombes fournies par la Main Noire, une société secrète soutenue par les services secrets serbes et qui avait déjà fomenté un attentat (non mis à exécution) contre l'empereur François-Joseph en 1910[11].

La Main Noire était dirigée par le responsable des services secrets serbes, le colonel Dragutin Dimitrijević, dont le nom de code dans l'organisation était Apis à cause du physique et du caractère redoutables du colonel[12]. Bien que liée au gouvernement serbe, la Main Noire dispose d'une autonomie énorme au sein du gouvernement serbe. Elle est un État dans l'État. L'armement du groupe de Princip, formé plus de révolutionnaires que de nationalistes, n'est connu que de Apis[13].

Mais, malgré toutes les précautions de Apis, le président du conseil serbe, Nikola Pašić, apprend la préparation de l'attentat grâce à Stojan Protić (en), le ministre de l'intérieur[8]. Il fait alors demander une enquête sur Apis[8], et, avec Protić, tente d'arrêter la mission du groupe de Princip[8]. Tentative plus que difficile en effet, le président serbe ne connaissant absolument pas les réseaux de Jeune Bosnie. Il prend malgré tout contact avec les Serbes de Bosnie et demande à son ministre, Dušan Stefanović, le ministre de la guerre, de stopper les activités des services de renseignements serbes qui seraient selon lui une menace pour le gouvernement de Serbie[8]. Il n'est pas clairement établi s'ils vont avertir le gouvernement austro-hongrois, mais il est sûr que l'ambassadeur serbe à Vienne, Jovan Jovanović (en), parle du groupe de Princip à Leon Biliński (en), le ministre des finances et gouverneur de Bosnie, sans que l'on sache s'il s'agit d'une initiative individuelle ou d'une demande du gouvernement serbe d'informer Vienne[8].

Le degré d'implication de la Main Noire est contesté. Certains estiment que c'est cette organisation qui fut responsable de l'attaque et que les membres de Jeune Bosnie n'étaient que les exécutants. D'autres considèrent que Jeune Bosnie était idéologiquement très éloignée de la Main Noire et était si peu expérimentée que la Main Noire était persuadée que le complot ne réussirait pas. Cependant, la plupart sont d'accord pour dire que la Main Noire a fourni les armes et le cyanure aux assassins qui se sont entraînés au tir dans un parc de Belgrade[14].

Des liens directs entre le gouvernement serbe et l'action du groupe de Princip n'ont jamais été prouvés. Il existe en fait des indices qui laissent penser que le gouvernement serbe a tenté, de bonne foi, d'étouffer les menaces terroristes en Bosnie, puisqu'il évitait de susciter la colère du gouvernement austro-hongrois, après le contrecoup des guerres balkaniques. Selon une autre théorie, l'Okhrana aurait participé à l'attentat avec la Main Noire. L'assassinat aurait été planifié avec la connaissance et l'approbation de l'ambassadeur de Russie à Belgrade Nikolai Hartwig et l'attaché militaire russe à Belgrade Viktor Artamonov[15].

Les relations entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie en 1914 étaient bonnes, le Premier ministre serbe, Nikola Pašić, tenant particulièrement à ce bon voisinage, ce qui lui était reproché par les partisans d'une ligne plus dure panslave hostile à la présence autrichienne dans les Balkans. Ainsi les Russes et les Serbes voyaient d'un mauvais œil le slavophilisme de l’archiduc François-Ferdinand qui pourrait octroyer aux Bosniaques les même droits qu'aux Autrichiens et aux Hongrois[16].

L'assassinat[modifier | modifier le code]

Plaque commémorant l'assassinat de Sarajevo à l'endroit où il a eu lieu.

Ici encore, aucune source ne permet de déterminer avec certitude ce qui s'est réellement passé. Les minutes du procès permettent toutefois de savoir comment le complot a été organisé et mis à exécution. Partis de Belgrade, où ils s'exerçaient, les conspirateurs purent traverser la frontière sans encombre avec la complicité certaine d'agents au service de la Serbie et séjourner à Sarajevo quelques jours avant l'arrivée du couple princier.

Coupé Gräf & Stift (en) du lieutenant-colonel Franz von Harrach (de), dans lequel s'installe le couple impérial dont il est pour la circonstance le garde du corps.

Les sept conspirateurs n'avaient aucune expérience dans le maniement des armes, et ce n'est que par une extraordinaire succession de coïncidences qu'ils parvinrent à leur fin.

Un premier attentat sur le chemin de l’hôtel de ville fit des victimes parmi la suite princière mais n'atteignit pas l'archiduc. À 10 h 15, le défilé de six voitures dépassa le premier membre du groupe, Mehmed Mehmedbašić (en) placé près de la banque Austro-Hongroise ; celui-ci n'osa pas tirer car, selon son témoignage, un policier se tenait derrière lui[17]. Le deuxième membre, Vaso Čubrilović, laissa passer le convoi, craignant selon ses dires de toucher la duchesse. Nedeljko Čabrinović, lança une bombe (ou un bâton de dynamite, d'après certains rapports) sur la voiture de François-Ferdinand, mais, dans la précipitation, n'attendit pas les huit secondes recommandés pour la lancer : selon la légende le prince, qui eut le temps de prendre la bombe dans sa main, l'avait jetée par terre[18] ou selon d'autres témoignages, la bombe rebondit sur son épaule ; en réalité la grenade rebondit sur la voiture du prince et atterrit sous la voiture suivante, l'explosion blessant gravement ses passagers (le comte Fos-Waldeck et l'aide de camp du gouverneur territorial, le lieutenant-colonel Merizzi), ainsi qu'un policier et plusieurs personnes dans la foule. Čabrinović sauta dans la Miljacka pour avoir le temps d'avaler sa pilule de cyanure. Les voitures se hâtèrent alors vers l’Hôtel de ville, et la foule paniqua. La police sortit Čabrinović de la rivière, et celui-ci fut violemment frappé par la foule avant d'être placé en garde à vue. La pilule de cyanure qu'il avait prise était vieille ou de trop faible dosage, de sorte qu'elle n'avait pas eu l'effet escompté. De plus, la rivière ne dépassait pas dix centimètres de profondeur. Les autres conspirateurs Cvjetko Popović, Gavrilo Princip renoncèrent à agir, le cortège de voitures roulant désormais trop vite à moins que certains aient présumé que l'archiduc avait été tué. Le dernier conspirateur, Trifun Grabež, placé au niveau de l'hôtel de ville, renonça aussi, mal positionné en raison des mouvements de foule[19].

La tentative d'attentat était considérée par ses auteurs comme un échec. Après une visite houleuse à l’hôtel de ville (François-Ferdinand reprochant au bourgmestre qui l'accueillait Fehim Effendi Curčić : « Est-ce là l'habitude des Bosniaques d'accueillir avec des bombes ceux qui viennent pacifiquement à eux et de bonne foi ? »[20]), l'archiduc émit inopinément le désir de visiter les victimes de la bombe de Čabrinović avant d'aller déjeuner. Le général Oskar Potiorek décida de changer d'itinéraire et en avertit l'occupant de la première voiture du convoi, le Dr Edmund Gerde, commissaire de la ville mais ce dernier omit de le signaler au chauffeur. Lorsque le chauffeur se trompa d'itinéraire, le gouverneur militaire Potiorek lui ordonna de faire marche arrière, ce qui obligea la voiture archiducale à s'arrêter au milieu de la foule et mit le couple à portée de tir du jeune Gavrilo Princip à un moment où, confrontés à l'échec de leur entreprise, les jeunes terroristes cherchaient à s'éloigner discrètement de la foule. En effet, Princip, pour qui le principal mobile de l'attentat était la « vengeance pour toutes les souffrances que l'Autriche fait endurer au peuple », s'était rendu dans une boutique des environs pour s'acheter un sandwich (parce qu'il s'était résigné, ou alors parce qu'il avait cru à tort que l'archiduc était mort dans l'explosion), et il aperçut, peu avant onze heures du matin, la voiture de François-Ferdinand qui passait près du pont Latin. Princip rattrapa la voiture, puis tira deux fois : la première balle traversa le bord de la voiture et atteignit la duchesse de Hohenberg à l’abdomen. La seconde balle atteignit l'archiduc dans le cou. Tous deux furent conduits à la résidence du gouverneur, où ils moururent de leurs blessures quinze minutes plus tard[21].

Arrestation de Gavrilo Princip.

Princip tenta de se suicider, d'abord en ingérant le cyanure, puis avec son pistolet. Comme Nedeljko Čabrinović, il vomit le poison (ce qui fit penser à la police que le groupe s'était fait vendre un poison beaucoup trop faible ou ce qu'ils croyaient être du cyanure)[22] ; le pistolet lui fut arraché des mains par un groupe de badauds avant qu'il ait eu le temps de s'en servir.

Par ce geste, les coupables voulaient proclamer leur volonté de voir se réaliser une « Grande Serbie » regroupant tous les Slaves du Sud. Bien que l'archiduc ait été peu apprécié par son oncle l'empereur et roi François-Joseph Ier et que certains (à cause de ses idées sur le futur de l'empire où une place plus grande aurait été donnée aux Slaves) aient vu dans sa disparition un « bon débarras » (tant du côté serbe que hongrois), l'Autriche-Hongrie lance un dernier avertissement avant la guerre (ultimatum) à la Serbie, le 23 juillet 1914.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Pendant leur interrogatoire, Prinzip, Čabrinović, et les autres ne dévoilèrent rien de la conspiration. Les autorités estimaient que l'emprisonnement était arbitraire, jusqu'à ce qu'un des membres, Danilo Ilić, au cours d'un banal contrôle de papiers, prenne peur, perde son contrôle, et dévoile tout aux deux agents qui l'avaient arrêté, dont le fait que les armes étaient fournies par le gouvernement serbe.

Le chancelier Theobald von Bethmann-Holllweg assura l'Autriche-Hongrie du soutien de l'Empire Allemand.

L'Autriche-Hongrie accusa la Serbie de l'assassinat. L'entourage de l'empereur était divisé, le comte Berchtold, ministre des Affaires-Etrangères après avoir été ambassadeur à Paris, Londres et Saint-Pétersbourg, souhaitait une intervention immédiate en Serbie sans déclaration de guerre tandis que le comte Tisza, premier ministre Hongrois, nationaliste magyar craignant l'annexion de territoires peuplés de slaves, promeut la voie diplomatique.

Une entrevue à Potsdam avec le chancelier Allemand Theobald von Bethmann Hollweg assura les partisans de la guerre du soutien allemand et, au cours du Conseil de la Couronne du 7 juillet 1914, l'Autriche-Hongrie posa un ultimatum. Seul le comte Tisza s'y opposa. Le lendemain, 8 juillet 1914, il rédigea une lettre qui prévenait ainsi l'Empereur : « Une attaque contre la Serbie amènerait très vraisemblablement l'intervention de la Russie et une guerre mondiale s'ensuivrait ».

L'un des points[23] de cet ultimatum était particulièrement irréalisable, si bien que la Serbie ne put accepter l'ensemble des conditions.

Le 25 juillet 1914, soutenu par la Russie, le gouvernement serbe refuse la participation de policiers autrichiens à l'enquête sur le territoire serbe. Les relations diplomatiques entre les deux États sont rompues.

Le 28 juillet 1914, soutenue par l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie déclare une guerre « préventive » à la Serbie, ce qui, par le jeu des alliances, mènera à la Première Guerre mondiale. L'Europe s'engage alors dans quatre années de guerre.

L'empereur François-Joseph (1910).

Dans la Wiener Zeitung du 29 juillet 1914, l'Empereur et Roi François-Joseph déclare à ses sujets : « J'ai tout examiné et tout pesé ; c'est la conscience tranquille que je m'engage sur le chemin que m'indique mon devoir »

Malgré cette déclaration officielle toujours chargée de rassurer les peuples, d'autres sources affirment que l'empereur octogénaire aurait signé la déclaration de guerre en disant : « Une guerre préventive, c'est comme un suicide par peur de la mort ».

Par ailleurs, suivant la tradition, François-Joseph aurait demandé au pape Pie X de bénir ses armées. Le Saint-Père lui aurait répondu : « Je ne bénis que la paix ».

Tous les membres du complot furent condamnés à l'emprisonnement, sauf Danilo Ilić, qui fut pendu, étant le seul majeur (en Autriche-Hongrie, la peine de mort ne pouvait être appliquée qu'à des condamnés ayant au moins 21 ans). Čabrinović mourut de la tuberculose en prison. Princip succombe également à une tuberculose contractée dans sa cellule le 28 avril 1918.

Dans son ouvrage consacré à l'Histoire des Habsbourg[24], l'historien Henry Bogdan mentionne :

« Un hommage inattendu fut rendu plus tard à François-Joseph par le président Poincaré[25] : « c'était un souverain riche de bonnes intentions...Il n' a pas voulu le mal, il n'a pas voulu la guerre mais il s'est entouré de gens qui l'ont faite. » »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Page du Figaro du lundi 29 juin 1914 relatant le double attentat contre l'archiduc d'Autriche et sa femme en Bosnie », sur Le Figaro,,‎ 29 juin 1914..
  2. (en) « Gavrilo Princip, biography », sur www.bookrags.com (consulté le 28 juin 2010).
  3. Dušan T. Bataković, Histoire du peuple serbe, L'Âge d'Homme,‎ 2005, p. 192.
  4. Rémy Porte, 1914. Une année qui a fait basculer le monde. Essai d'histoire globale, Armand Colin,‎ 2014, p. 121.
  5. Jean-Paul Bled, L'agonie d'une monarchie. Autriche-Hongrie 1914-1920, Tallandier 2014.
  6. Thierry Mudry, Histoire de la Bosnie-Herzégovine. Faits et controverses, Ellipses,‎ 1999, p. 145.
  7. (en) G. J. Meyer, A world undone. The story of the Great War, 1914 to 1918, Delacorte Press,‎ 2006, p. 3.
  8. a, b, c, d, e et f Frédéric Le Moal, La Serbie, du martyre à la victoire 1914-1918, éditions 14-18 (ISBN 978-2-916385-18-1) page 35.
  9. Nīkolaĭ Nīkolaevīch Shebeko, Souvenirs. Essai historique sur les origines de la guerre de 1914, Bibliothèque Diplomatique,‎ 1936, p. 182.
  10. Frédéric Le Moal, La Serbie, du martyre à la victoire 1914-1918, éditions 14-18 (ISBN 978-2-916385-18-1) page 33.
  11. Bernard Schnetzler, Les erreurs stratégiques pendant la Première Guerre mondiale, Economica,‎ 2004, p. 177.
  12. Margaret MacMillan, Vers la Grande Guerre. Comment l'Europe a renoncé à la paix, Éditions Flammarion,‎ 2014, p. 157.
  13. Frédéric Le Moal, La Serbie, du martyre à la victoire 1914-1918, éditions 14-18 (ISBN 978-2-916385-18-1) page 34.
  14. (en) Vladimir Dedijer, The Road to Sarajevo, Simon and Schuster,‎ 1966, p. 290.
  15. Les origines russes de la Première Guerre mondiale, par Sean McMeekin, à la page 47.
  16. (en) David MacKenzie, Apis, the Congenial Conspirator, East European Monographs,‎ 1989, p. 126.
  17. (en) Steven Parissien, Assassinated ! 50 Notorious Assassinations, Book Sales,‎ 2009, p. 95.
  18. Un témoin sarajévien raconte que le « fait que la bombe n'ait pas atteint sa cible s'explique par le sang-froid de François-Ferdinand en la prenant de ses propres mains et en la jetant dans la rue… Je n'en croyais pas mes yeux. ».
  19. Albert Mousset, Un drame historique. L'attentat de Sarajevo : documents inédits et texte intégral des sténogrammes du procès : avec huit planches hors-texte et un plan, Payot,‎ 1930, p. 480-484.
  20. Georges Ayache, 1914 - une guerre par accident, Éditions Flammarion,‎ 2012, p. 21.
  21. (en) William C. Potter, A Bosnian diary,‎ 2005, p. 289.
  22. Michèle Savary, Sarajevo 1914. Vie et mort de Gavrilo Princip, L'Âge d'homme,‎ 2004, p. 128.
  23. L'envoi d'enquêteurs autrichiens dans le pays est considéré par Belgrade comme une violation de la constitution et de la loi sur la procédure criminelle.
  24. Henry Bogdan, Histoire des Habsbourg, des origines à nos jours, Perrin, 2002.
  25. Raymond Poincaré, Au service de la France, Paris, 1932.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean des Cars, « L'attentat de Sarajevo », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 56, septembre-octobre 2011, p. 54-56.
  • Vladimir Dedijer, La Route de Sarajevo, Ed. Gallimard, 1969, 482 p.
  • Albert Mousset, Un drame historique - L'attentat de Sarajevo : documents inédits et texte intégral des sténogrammes du procès, Ed.Payot, 1930.
  • (en) Clive Ponting, Thirteen Days, Chatto & Windus, Londres, 2002.
  • Jean Guerreschi, Montée en première ligne, Julliard, 1988, 484 p.
  • Michèle Savary, La vie et mort de Gavrilo Princip, L'Âge d'Homme 2004.
  • Dušan T. Bataković (dir.), Histoire du peuple serbe, Lausanne, L'Âge d'Homme 2005.