Camille Clément de La Roncière-Le Noury

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Camille Clément de La Roncière-Le Noury

Camille Adalbert Marie Clément, baron de La Roncière-Le Noury, né le 31 octobre 1813 à Turin et décédé le 14 mai 1881 à Paris[1], est un officier de marine français, qui se distingua notamment en 1870 pendant le siège de Paris.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille élevée par l'Empire, Camille de La Roncière est le fils du général de la Roncière, héros des guerres napoléoniennes, et d'Adélaïde Le Noury de La Guignardière. Son oncle maternel, le général-baron le Noury, autre figure de l'épopée impériale, l'adoptera quant à lui avant sa mort, laissant à son neveu nom, terres et titres.

Officier de marine[modifier | modifier le code]

Entré en 1829, à seize ans, à l'École navale, Camille de la Roncière fait ses premières campagnes au Brésil, dans l'Océan Pacifique et en Méditerranée où il s'intéresse à la navigation à vapeur.

En 1834, il sert comme aide-de-camp de l'amiral de La Susse (Frédéric, baron Regnault de La Susse, son cousin germain). Capitaine de frégate, chef d'État-major du ministre Duclos, il sert ensuite en escadre et se distingue le 17 octobre 1854 à l'attaque de Sébastopol. Il devient capitaine de vaisseau en 1855. Familier du prince Napoléon, il commande en 1859-1860 la station du Levant : présent à Beyrouth pendant les émeutes de juin 1860, il réussit par son sang-froid à éviter le massacre certain de milliers de chrétiens maronites. Contre-amiral en 1861, chef d'état-major du ministre, directeur des mouvements de la flotte, il organise la logistique de l'expédition au Mexique, puis en dirige la liquidation en 1865-1866. Il devient vice-amiral en 1868 et membre du Conseil d'Amirauté.

La guerre de 1870[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre de 1870, choisi par Napoléon III pour commander la flotte française, il soumet à l'empereur plusieurs projets de débarquements en Prusse, qui n'auront cependant pas le temps d'aboutir. C'est le siège de Paris qui lui donnera l'occasion de s'illustrer. Après la défaite infligée à Sedan, il obtient en effet que la défense des forts ceinturant la capitale soient confiés à la Marine et commande la division des marins détachés à la défense de Paris, puis le corps d'armée de Saint-Denis qu'il dirige avec succès lors des combats d'Épinay-sur-Seine le 30 novembre 1870. Le 21 décembre, il parvient à enlever le fort du Bourget, sans pouvoir toutefois s'y maintenir.

Homme politique et géographe[modifier | modifier le code]

Élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur, l'amiral de La Roncière le Noury, resté jusque là étranger à la politique active, en se contentant d'appartenir au conseil général de l'Eure, est élu député le 8 février 1871 et siège alors avec la majorité monarchiste. Bonapartiste, il se tient à l'écart des tentatives royalistes en faveur du rétablissement de la monarchie et vote contre l'amendement Wallon instaurant la IIIe République.

Nommé en 1875 commandant de l'escadre de la Méditerranée, il est très vite destitué de ses fonctions après une campagne de presse organisée par les journaux républicains qui stigmatisent ses opinions bonapartistes.

Devenu sénateur de l'Eure en 1876, l'amiral de La Roncière siégea dans le groupe de l'Appel au peuple, et vota, en 1877, pour le gouvernement du Seize-Mai et pour la dissolution de la Chambre des députés. Il se prononça ensuite contre le ministère Dufaure, contre les lois Ferry sur l'enseignement. etc., et mourut à Paris le 14 mai 1881.

Président de la Société de secours au naufragés et, depuis 1872, de la Société de géographie de Paris, l'amiral de la Roncière le Noury présida le Congrès international chargé de discuter du percement futur d'un canal à travers l'isthme américain. Le choix se porte sur Panama, et l'entreprise, confiée d'abord au baron de Lesseps, sera abandonnée en 1889 puis reprise par les Américains qui inaugureront le canal en 1914.

Descendance[modifier | modifier le code]

De son mariage avec Catherine Clémentine Torterat-Clément de Ris, fille adoptive de Athanase Clément de Ris (fils de Dominique Clément de Ris, cousin de son père), pair de France, l'amiral de La Roncière le Noury n'eut qu'une fille, Henriette.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Considérations sur les marines à voile et à vapeur de France et d'Angleterre, 1844,Paris.
  • La Marine au Siège de Paris, édition Henri Plon, 1873 Paris.

Sources[modifier | modifier le code]

  • D'après Étienne Taillemite dans le Dictionnaire du Second Empire.

Notes et références[modifier | modifier le code]