Parti socialiste italien

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Parti socialiste italien
(it) Partito Socialista Italiano
Image illustrative de l'article Parti socialiste italien
Logo officiel
Présentation
Secrétaire général Carlo Dell'Avalle, Filippo Turati, Enrico Ferri, Alfredo Bertesi, Enrico Bertini,Savino Varazzani, Oddino Morgari, Pompeo Ciotti, Costantino Lazzari, Egidio Gennari, Arturo Vella, Nicola Bombacci, Giovanni Bacci, Domenico Fioritto, Tito Oro Nobili, Olindo Vernocchi, Pietro Nenni, Sandro Pertini, Rodolfo Morandi, Ivan Matteo Lombardo, Lelio Basso, Alberto Jacometti, Francesco De Martino, Mauro Ferri, Giacomo Mancini, Bettino Craxi, Giorgio Benvenuto, Ottaviano Del Turco, Valdo Spini
Fondation Gênes,
Disparition Milan,
Siège Via del Corso, 476 - Rome
Organisation de Jeunesse Federazione dei Giovani Socialisti Italiani (FGSI)
Journal Avanti!
Idéologie - Avant 1978: Socialisme, Social-démocratie, Socialisme révolutionnaire, Socialisme démocratique, Marxisme

- Après 1978: Social-démocratie, Social-libéralisme, Socialisme libéral, Réformisme, Europeisme
Affiliation européenne Parti socialiste européen
Affiliation internationale Internationale socialiste
Coalition 1948 : Front démocratique populaire (Gauche)

1960-1976: Centre-gauche organique (Centre-gauche)

1980-1993: Pentaparti (Centre)
Adhérents 43.052 (1994)
Couleurs Vermillon, Rouge
Présidents de groupe
Chambre des députés Nicola Capria (1994)
Sénat de la République Fabrizio Cicchitto (1994)
Parlement européen Jean-Pierre Cot (PSE) (1994)
Représentation
Députés (1994)
14 / 630
Sénateurs (1994)
6 / 315
Eurodéputés (1994)
2 / 87

Le Parti socialiste italien (PSI, Partito Socialista Italiano en italien) était un parti politique italien de gauche, fondé en 1892 par Filippo Turati et Guido Albertelli, et dissous en novembre 1994.

Le PSI, durant ses 102 ans d'existence, connut de nombreux bouleversements et changea souvent d'orientation idéologique. Après avoir été le premier parti italien de masse[1] à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, il entra en crise sur la question de sa soumission à l'Internationale communiste, et en 1921, une fraction importante du PSI fit scission pour créer le Parti communiste d'Italie (qui devint ensuite le Parti communiste italien), d'inspiration marxiste-léniniste. Le parti, qui fut un opposant majeur du fascisme dès son apparition, fut dissous par décret le . Il se reconstitua alors en France et participa de façon importante à l'antifascisme clandestin. En 1943, après le débarquement des Alliés et la chute de Mussolini, beaucoup de ses membres revinrent en Italie et s'impliquèrent dans la Résistance. Après la guerre, le PSI joua un rôle majeur dans la naissance de la République.

Après avoir renoué avec les communistes dans les années 1930, le PSI rompit avec eux suite à la répression de l'insurrection de Budapest par les troupes soviétiques en 1956. Il commença alors un rapprochement avec la Démocratie chrétienne, le premier parti du pays, débouchant dans les années 1960 sur une alliance de centre-gauche. Le parti resta ensuite tiraillé entre communistes et démocrates-chrétiens jusqu'en 1976, lorsque, sous l'impulsion de son nouveau secrétaire général Bettino Craxi, il abandonna toute référence au marxisme pour se diriger vers la social-démocratie[2]. Il connut alors une ascension lors des années 1980, ponctuée par la présence de Craxi à la présidence du Conseil, de 1983 à 1987.

De 1992 à 1994, le scandale Tangentopoli révéla un vaste réseau de corruption et de financement illicite des partis politiques italiens, menant à la disparition de la plupart d'entre eux. Le PSI n'échappa pas à la tourmente, et disparut à la fin de l'année 1994, dans le cadre d'un profond bouleversement de la scène politique italienne.

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Naissance et débuts du parti (années 1860-1920)[modifier | modifier le code]

Les origines du socialisme italien (années 1860-1892)[modifier | modifier le code]

Le mouvement ouvrier italien se développe majoritairement dans la seconde moitié du XIXe siècle, dans le cadre de la Révolution industrielle et de l'unification de l'Italie. Les premières organisations sont des sociétés de secours mutuel ou des coopératives, dans un esprit avant tout solidaire. Mais à partir de 1864, Marx, Bakounine, Mazzini ou encore Garibaldi développent de façon importante le socialisme révolutionnaire dans la péninsule avec la Ligue Internationale des Travailleurs et l'Association internationale des travailleurs. Cependant, dans les années 1870, les dissensions s'intensifient entre bakouninistes partisans de l'insurrection, comme Errico Malatesta, et marxistes partisans de la propagande électorale, comme Andrea Costa[3]. La section italienne de la Ire Internationale continue de se réunir même après la dissolution de 1872, mais la fracture est toujours plus importante et les courants se distinguent de plus en plus nettement les uns des autres.

En 1881, Costa fonde à Rimini le Parti socialiste révolutionnaire de Romagne (qui change de nom en 1884 pour Parti socialiste révolutionnaire italien), et est élu député en 1882. La même année, le nouveau Parti ouvrier italien a également un élu, Antonio Maffi, à Milan. Les journaux et ligues socialistes se développent également toujours plus, comme la Ligue socialiste milanaise d'inspiration réformiste, créée en 1889 par Filippo Turati.

Les premières années (1892-1914)[modifier | modifier le code]

Affiche du PSI pour le

Le , à Gênes, le Parti ouvrier italien, la Ligue socialiste milanaise et un grand nombre d'autres organisations socialistes fusionnent pour former le Parti des travailleurs italiens (PLI en italien). Lors du Congrès, 400 délégués sont présents, parmi lesquels Turati, Guido Albertelli et Antonio Labriola. Après une infructueuse tentative de médiation, les délégués anarchistes (environ 80) refusent d'adhérer à la nouvelle formation[4]. Turati, en effet, est un partisan d'une adaptation du socialisme aux situations historiques, et admire en conséquence le puissant Parti social-démocrate d'Allemagne. C'est la dernière tentative d'accord entre anarchistes et socialistes.

Lancé sur la voie de la social-démocratie (au sens de l'époque), le PLI englobe en 1893 le Parti socialiste révolutionnaire italien de Costa. Cependant, en 1894, suite à la montée de l'anarchisme, le président du Conseil Francesco Crispi dissout le PLI lors d'une campagne de répression. Il se reconstitue alors clandestinement et adopte le nom de Parti socialiste italien pour la première fois. Aux élections de 1895 puis de 1897, 15 de ses représentants sont élus ; en 1900, ils montent à 33. En parallèle, les violences sociales sont toujours plus nombreuses[5]. Le PSI décide alors de s'allier avec les républicains et les radicaux, ce qui divise le parti entre une aile révolutionnaire menée par Labriola et Enrico Ferri, et une aile réformiste menée par Turati. La division face à la stratégie à adopter conduit à l'exclusion des syndicalistes révolutionnaires en 1907.

Après cette scission de l'aile gauche du parti en arrive une nouvelle, cette fois-ci de l'aile droite. En 1911, l'attitude à adopter sur la conquête de la Libye par l'Italie provoque de graves divisions. Le courant de Leonida Bissolati et Ivanoe Bonomi soutient le gouvernement Giolitti IV et est en conséquence exclu du PSI ; ses membres fondent alors le Parti socialiste réformiste italien (PSRI)[6]. C'est également à cette époque que Benito Mussolini commence à gagner de l'importance au sein du parti, devenant directeur de son quotidien Avanti! en décembre 1912. Ces divisions internes n'entravent pas la progression du PSI, qui remporte 52 sièges aux élections de 1913 (les premières au suffrage universel masculin), contre 19 pour le PSRI et 8 pour les socialistes dissidents. Au printemps 1914, il conquiert même des villes comme Milan ou Bologne.

Le PSI face à la guerre et à la Révolution russe (1914-1920)[modifier | modifier le code]

En 1914, lorsque la guerre éclate, le parti milite vigoureusement pour le maintien de la neutralité italienne. Mais une frange du parti, menée par Mussolini, se prononce en faveur de l'intervention et est exclue en conséquence. Lorsque l'Italie entre en guerre en 1915, le PSI, selon la formule de son secrétaire général Costantino Lazzari, adopte la ligne « ni adhérer ni saboter ». Le parti se radicalise ensuite : en 1918, le courant maximaliste l'emporte au XVe Congrès ; l'année suivante, le parti adhère d'emblée à l'Internationale communiste fondée par le parti bolchevik, par 10 voix à 3 lors d'un vote du Bureau politique[5]. La même année, les premières élections au scrutin proportionnel donnent la première place au PSI, qui remporte 32% des voix, soit 12 points de plus que le deuxième, le Parti populaire italien de Luigi Sturzo. Entretemps, l'Italie traverse la période du Biennio rosso: de nombreuses grèves et occupations d'usine ont lieu face à la crise de l'après-guerre, soutenues par le PSI, et beaucoup en viennent à envisager une révolution sur le modèle soviétique.

La scission communiste et l'antifascisme (1920-1946)[modifier | modifier le code]

Le Congrès de Livourne et la montée du fascisme (1920-1926)[modifier | modifier le code]

Cependant, à l'été 1920, le Komintern décide de poser 21 conditions à ses membres et aux éventuels partis adhérents. Parmi celles-ci, en plus de l'obéissance totale à ses directives et de l'adoption du modèle léniniste du centralisme démocratique, le texte demande l'exclusion des courants réformistes, et cite même en exemple celui italien de Turati. Le parti se divise alors en deux camps. D'une part, Turati et ses partisans, appuyés par la majorité maximaliste ; de l'autre, les partisans de l'Internationale, comme Antonio Gramsci, Amadeo Bordiga ou Palmiro Togliatti, regroupés autour du quotidien L'Ordine Nuovo. Finalement, au Congrès de Livourne en janvier 1921, 59 000 militants quittent le PSI pour former un nouveau parti, le Parti communiste d'Italie (PCd'I)[7]. Aux élections de la même année, le parti chute à 24,7% des voix et 123 sièges, contre 4,6% et 15 députés pour les communistes. En 1922, cependant, Turati se rend auprès de Victor-Emmanuel III lors des consultations pour résoudre la crise gouvernementale, brisant la règle du parti de non-collaboration ; l'aile réformiste est alors exclue et forme le Parti socialiste unitaire, qui compte également parmi ses membres Giacomo Matteotti, Sandro Pertini ou Giuseppe Saragat.

En parallèle, les socialistes sont de plus en plus persécutés par les squadristes fascistes[8]. Le siège de l'Avanti! est incendié, plusieurs cadres et députés sont violentés lors de raids, des heurts éclatent lors de manifestations[8]... L'ancien membre du PSI Mussolini est de plus en plus virulent à l'égard du parti, ainsi que des syndicats. En 1922, il est nommé chef du gouvernement après la Marche sur Rome. Lors des élections de 1924, le PSI s'effondre, ne remportant même pas 5% des voix. De nombreuses accusations de fraude s'élèvent, dont celle de Matteotti, qui attaque le Parti national fasciste à la Chambre. Le 10 juin, il est enlevé et tué ; son corps ne sera retrouvé que le 16 août. En réaction, le PSI prend part à la sécession de l'Aventin. Les lois fascistissimes donnent ensuite naissance au régime totalitaire fasciste : le , le PSI (ainsi que tous les partis politiques à l'exception du PNF) est dissous, et le 9, ses députés sont déchus de leur fonction[9].

Filippo Turati (au centre) avec Carlo Rosselli (à droite) en 1932

Le PSI dans la clandestinité (1926-1943)[modifier | modifier le code]

Suite à la répression dont il est victime, le PSI transfère tous ses organes dirigeants à Paris. Le , le PSI forme avec le PSU (entretemps devenu Parti socialiste unitaire des travailleurs italiens, PSULI en italien), le Parti républicain italien (PRI) et d'autres organisations exilées la Concentration antifasciste[10]. Les communistes restent cependant en-dehors, adoptant même dans ces années la ligne du « socialfascisme », rejetant le PSI avec l'accusation de parti bourgeois. Les fascistes continuent dans le même temps d'arrêter de nombreux socialistes, comme Carlo Rosselli, Emilio Lussu ou Sandro Pertini. En juillet 1930, le PSULI réintègre le PSI, guidé désormais par le jeune Pietro Nenni. L'année suivante, le parti s'accorde sur une unité d'action avec l'organisation Giustizia e Libertà. Mais en août 1934, le PSI fait volte-face avec la signature d'un pacte avec les communistes, sur le modèle des Fronts populaires en constitution en France et en Espagne ; la Concentration antifasciste est dissoute en conséquence. Le PSI fonde la même année le Centre socialiste interne, chargé d'organiser la lutte en Italie[9]. En 1936, lorsque la guerre d'Espagne éclate, de nombreux partisans antifascistes rejoignent les Brigades internationales: le PSI, le PCd'I et le PRI se rassemblent au sein du Bataillon Garibaldi. À la même période, l'aile droite exclue du PCd'I en 1929-1930, menée par Angelo Tasca, rejoint le parti en nombre.

Ignazio Silone, dirigeant socialiste pendant l'après-guerre. Dans le fond, une affiche du PSIUP.

Cependant, le pacte germano-soviétique d'août 1939 brise l'unité d'action entre communistes et socialistes. En effet, le PCd'I fait volte-face pour justifier l'alliance de l'URSS avec Hitler, et le PSI met fin à l'accord signé en 1934. Après l'invasion de la France par l'Allemagne, les organes du PSI reconstitués sont dissous et plusieurs membres sont arrêtés. Certains entrent également dans la Résistance[11]. En 1941, l'Opération Barbarossa permet de normaliser les relations avec le PCd'I et de signer un nouvel accord antifasciste, à Toulouse. L'année suivante, l'Avanti! est de nouveau publié, secrètement, et le PSI se recompose clandestinement en Italie. Le débarquement des Alliés en Afrique du Nord en novembre fait alors croire à une défaite proche de l'Italie fasciste.

La Résistance et la fondation de la République (1943-1946)[modifier | modifier le code]

En 1943, après la chute de Mussolini, le PSI sort de la clandestinité et fusionne avec le Mouvement d'unité prolétarienne pour former le PSIUP (Parti socialiste italien d'unité prolétarienne). En septembre, le gouvernement Badoglio signe un armistice avec les Alliés, suivi en réaction d'une invasion allemande jusqu'au nord de la Campanie. Le Comité de libération nationale (CLN) est alors formé à Naples par les partis antifascistes pour organiser la résistance intérieure contre la République sociale italienne dirigée par Mussolini. Le PSIUP y participe, ainsi entre autres que le Parti communiste italien (PCI) et la nouvelle Démocratie chrétienne (DC). Les résistants socialistes se regroupent dans les Brigades Matteotti, qui rassemblent jusqu'à 20 000 hommes sur un total de plus de 200 000 pour l'ensemble de la Résistance[12]. L'année suivante, le PSIUP intègre le gouvernement avec les autres partis du CLN. En avril 1945, une vaste insurrection éclate et plusieurs villes comme Bologne, Milan ou Turin sont libérées par les résistants avant même l'arrivée des troupes alliées.

Après la chute du fascisme, le gouvernement provisoire s'accorde sur la tenue d'un référendum sur le régime et l'élection d'une Assemblée constituante. Le , la République, très activement soutenue par le PSIUP, est proclamée avec 54% des voix, tandis que le parti en remporte près de 21% et et 115 sièges à l'Assemblée élue, derrière la DC (35% et 207 sièges) mais devant le PCI (19% et 104 sièges).

Le PSI entre communisme et centre-gauche (1946-1976)[modifier | modifier le code]

Le Front démocratique populaire et l'alliance avec les communistes (1946-1956)[modifier | modifier le code]

Pietro Nenni, secrétaire général du PSI de 1932 à 1945, puis de 1949 à 1963

Devant ces résultats qui voient la gauche marxiste remporter 40% des suffrages, le PSIUP décide de poursuivre et même d'approfondir la collaboration avec le PCI. En réaction, en janvier 1947, l'aile droite du parti menée par Giuseppe Saragat, opposée à l'URSS, fait scission comme en 1922 pour refonder le Parti socialiste des travailleurs italiens (PSLI)[13], qui devient plus tard le Parti socialiste démocrate italien (PSDI). Le PSIUP reprend peu après le nom de PSI. En mai, dans le contexte de la Guerre froide, les démocrates-chrétiens excluent les socialistes et les communistes du gouvernement en raison de leur opposition au Plan Marshall. Le PSI et le PCI s'allient face à la DC lors des élections de 1948 dans la coalition du Front démocratique populaire. Après une campagne de grande tension, c'est une défaite : 31% des voix seulement, contre 48% pour la Démocratie chrétienne. Cependant, le PSI poursuit sur la route de l'union avec les communistes, provoquant une nouvelle scission d'une frange droite du parti, qui refonde le Parti socialiste unitaire.

Bien qu'ils présentent désormais des candidatures séparées, les deux grands partis de gauche restent unis dans l'opposition, combattant vigoureusement la politique du gouvernement, notamment à l'occasion du projet de loi électorale de 1953, qui prévoit une prime de majorité pour la coalition gagnante. Elle est finalement rejetée. Cependant, l'alliance a pour conséquence un recul du PSI par rapport au PCI, qui devient le premier parti de gauche. Ainsi, aux élections de la même année, la liste de Pietro Nenni ne récolte que 12,7% des voix, contre 22,6% pour celle de Palmiro Togliatti.

La rupture avec le PCI et le rapprochement avec la Démocratie chrétienne (1956-1976)[modifier | modifier le code]

En 1956, malgré d'importantes tensions internes[14], le PCI approuve officiellement la répression de l'insurrection de Budapest par les troupes soviétiques. En réaction, l'année suivante, le PSI met fin à l'alliance entre les deux grands partis ouvriers. Les liens avec l'URSS sont rompus et les contacts avec la DC reprennent. Lors des élections de 1958, le PSI remonte à plus de 14% des voix, tandis que le PCI stagne. Cependant, la collaboration continue dans l'opposition aux gouvernements démocrates-chrétiens. Mais à partir de 1960, les parlementaires PSI s'abstiennent lors des votes de confiance au lieu de voter contre.

Après les élections de 1963, la collaboration se concrétise enfin : cinq ministres socialistes entrent au gouvernement. C'est le début de la période du centre-gauche « organique » : le PSI remplace le Parti libéral italien dans les portefeuilles ministériels. Malgré une forte instabilité, la plupart des gouvernements jusqu'en 1976 sont désormais appuyés par le PSI. Le centre-gauche est principalement soutenu par les socialistes Pietro Nenni et Giacomo Mancini et le démocrate-chrétien Aldo Moro. Cependant, dès 1964, l'aile gauche du parti fait scission pour fonder un nouveau Parti socialiste italien d'unité prolétarienne (PISUP), qui s'allie au PCI avant de l'intégrer en majorité. Ce recentrage important du PSI pousse à une réunification avec le PSDI en 1966 au sein d'un nouveau PSU : cependant, elle ne dure que trois ans, et dès 1969, l'aile droite reprend son indépendance. Ces nombreux bouleversements révèlent la division du parti entre une aile marxiste opposée à la participation gouvernementale et une aile social-démocrate désirant une refonte totale du parti. De plus, la participation aux gouvernements centre-gauche se révèle néfaste pour le parti : passé à la majorité, il perd de nombreux votes contestataires au profit du PCI, sans pour autant en récupérer chez les autres partis de gouvernement. Ainsi, le PSU ne rassemble que 14,5% des voix en 1968, soit une chute de 5% par rapport à la somme des scores du PSI et du PSDI en 1963 ; et en 1972, le PSI de nouveau seul chute sous la barre des 10% pour la première fois depuis 1909, tandis que le PCI atteint jusqu'à 27% des voix.

Les années du centre-gauche marquent un renouvellement important de la société italienne, avec notamment l'adoption d'une loi sur le divorce en 1970. Mais, à partir de 1968, l'Italie entre également dans la période des années de plomb : des groupes terroristes d'extrême-gauche et d'extrême-droite montent en puissance et perpètrent plusieurs attentats. En 1973, le choc pétrolier met fin au Miracle économique et plonge l'Italie dans la crise. Les partis de gouvernement sont de plus en plus mis en difficulté.

De la social-démocratie à la disparition (1976-1994)[modifier | modifier le code]

De l'abandon du marxisme à l'apogée du craxisme (1976-1987)[modifier | modifier le code]

La crise politique et économique provoque une importante croissance du PCI, premier parti d'opposition depuis 1948, qui remporte 34% des voix aux élections de 1976. Sous l'impulsion de son secrétaire général, Enrico Berlinguer, et du président de la DC Aldo Moro, a alors lieu le « compromis historique » : les deux plus grands partis italiens s'entendent sur un gouvernement d'unité nationale bénéficiant du soutien externe des communistes. Le PSI est encore plus marginalisé par cet accord, et sous la direction de Francesco De Martino, il se rapproche du PCI et se détache de la majorité dans l'espoir de provoquer une alternance de gauche dans un cadre républicain[15]. Mais les élections marquent l'échec de cette stratégie : 9,6% des voix seulement, et une réponse négative du PCI sur une alliance qui aurait impliqué la rupture des liens avec l'URSS. En réaction, Bettino Craxi, meneur du courant favorable à une autonomie vis-à-vis du PCI et de la DC, est élu secrétaire général. Il engage alors le PSI dans la voie de la social-démocratie. L'année 1978 représente un tournant pour le parti : alors que l'assassinat d'Aldo Moro par les Brigades rouges met fin au compromis historique, Sandro Pertini est élu président de la République. Dans le même temps, Craxi publie une tribune dans L'Espresso où, citant notamment Proudhon, il rejette vigoureusement le marxisme-léninisme, et évoque un projet d'économie sociale de marché[2]. Le PSI change également de symbole : la faucille et le marteau sont relégués à la base d'un œillet central, en référence à la fois à la Révolution des œillets et à la rose du Parti socialiste français de François Mitterrand[16], que Craxi prend comme modèle de parti réformiste, moderne et capable de dépasser les communistes. Aux élections générales de 1979, cependant, le PSI reste encore sous la barre des 10%, mais il atteint les 11% aux européennes.

À partir de 1980, le recentrage du PSI permet cependant l'émergence d'une nouvelle coalition pour remplacer le centre-gauche organique : le pentaparti (« pentapartito »), rassemblant les quatre anciens partis de la majorité (PSI, PSDI, PRI, DC) et le Parti libéral italien. En parallèle éclate le scandale de la loge maçonnique P2, qui jette le discrédit sur les démocrates-chrétiens : en 1981, pour la première fois, ce n'est plus l'un d'eux qui dirige le gouvernement, mais le républicain Giovanni Spadolini. Aux élections de 1983, la DC chute à 33% des voix, tandis que le PSI monte à 11,5%. Bettino Craxi devient alors le premier président du Conseil à être issu du PSI. Il reste au pouvoir durant presque toute la législature, jusqu'en 1987. Cette période marque une opposition très dure entre le PSI, mené par Craxi, et le PCI, mené par Berlinguer puis Alessandro Natta. Craxi est défini comme un « ennemi de la classe ouvrière » et les militants socialistes sont marginalisés dans la Confédération générale italienne du travail (CGIL)[17]. Le point le plus élevé de l'affrontement à gauche est atteint en 1984-1985: Craxi opère par décret à une coupe de quatre points sur l'échelle mobile des salaires. En réaction, le PCI et la CGIL mènent une vive campagne de protestation, menant à un référendum abrogatif. Le « non », en faveur du maintien du décret, soutenu par l'ensemble du spectre politique à l'exception du PCI, l'emporte par 54,3% à 45,7%. Cette victoire illustre le renouveau du PSI, qui se confond à un tel point avec son meneur que certains journalistes en viennent à parler de craxisme[18]. La même année, le logo du PSI abandonne définitivement la faucille et le marteau[16].

Les dernières années et la disparition du PSI (1987-1994)[modifier | modifier le code]

Après la démission du gouvernement Craxi II, des élections anticipées sont organisées, qui montrent une progression du PSI jusqu'à 14,3% des voix, tandis que le PCI chute à 26,6%. Certains communistes en viennent même à craindre un renversement des rapports de force à gauche. D'autre part, la chute du bloc de l'Est, symbolisée en novembre 1989 par celle du Mur de Berlin, plonge le PCI dans une crise profonde. De plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer son abandon définitif du marxisme-léninisme, et même une union voire une fusion avec le PSI. Craxi, de son côté, tente des manœuvres pour une unité socialiste rassemblant PSDI, PSI et l'aile droite du PCI. Finalement, en 1991, la crise communiste aboutit sur la scission du PCI entre une majorité réformiste au sein du Parti démocrate de la gauche (PDS) et une minorité conservatrice au sein du Parti de la refondation communiste (PRC). Cependant, des tensions nouvelles avec la Démocratie chrétienne, qui reste de loin le premier parti politique italien, empêchent Craxi de revenir au pouvoir. Une alliance est néanmoins formée entre Craxi et les démocrates-chrétiens Giulio Andreotti et Arnaldo Forlani, surnommée la CAF[19].

Les élections de 1992 sont les dernières du système politique italien hérité de la Seconde Guerre mondiale. En effet, la chute de l'URSS et la dissolution du PCI mettent fin à la nécessité d'un vote préventif pour la Démocratie chrétienne et les partis centristes. Les résultats apparaissent extrêmement dispersés : les héritiers du PCI, le PDS et le PRC, rassemblent à eux deux moins de 22% des voix seulement ; le PSI subit une légère chute en-dessous des 14% ; et la DC tombe pour la première fois en-dessous de la barre des 30%. En parallèle, le parti autonomiste de la Ligue du Nord atteint pratiquement les 9%. Malgré une majorité très fragile, le pentaparti reste au pouvoir, et Giuliano Amato devient le second président du Conseil socialiste. Mais éclate en même temps le scandale Tangentopoli, révélant de nombreux financements illicites de partis politiques. Craxi est en première ligne, et il avoue l'existence d'un système de corruption généralisé et connu même au Parlement[20]. Le PSI est balayé par la crise : il obtient des résultats catastrophiques aux élections intermédiaires (5% aux municipales de 1993) ; le gouvernement Amato chute au profit d'une équipe de techniciens menée par Carlo Azeglio Ciampi suite au scandale et aux énormes revers subis par le pentaparti lors des référendums de la même année ; l'hémorragie de militants entraîne une grave crise financière. Le parti se scinde en deux entre les conservateurs menés par Craxi, minoritaires mais influents, et les partisans d'un renouveau mené par le nouveau secrétaire général Ottaviano Del Turco. Finalement, en novembre 1994, après plusieurs départs, un score désastreux de 2,5% aux élections générales de la même année et la fuite de Craxi en Tunisie, le PSI est mis en liquidation judiciaire. Plusieurs nouvelles organisations émergent de l'ancien parti : la Fédération travailliste, qui accueille la majorité des parlementaires ; les Socialistes italiens, partisan d'une union avec le PDS et l'ensemble du centre-gauche en général ; et le Parti socialiste réformiste, favorable à une autonomie.

L'héritage politique du PSI[modifier | modifier le code]

La disparition du PSI donna lieu à une importante dispersion des socialistes italiens, qui se réorganisèrent autour du nouveau parti majeur de la gauche, le Parti démocrate de la gauche (PDS en italien), héritier du PCI. Trois formations naquirent initialement : la Fédération travailliste (FL en italien), les Socialistes italiens (SI) et le Parti socialiste réformiste (PSR). La Fédération travailliste quitta le PSI avant même sa dissolution formelle, et obtint l'adhésion de la majorité des parlementaires restants. Mené par Valdo Spini, le parti remporta 6 députés et 5 sénateurs aux élections de 1996, avant de former en 1998, avec le PDS et plusieurs autres formations de centre-gauche, les Démocrates de gauche (DS en italien).

Les Socialistes italiens, partisans d'une adhésion à une coalition large de la gauche et du centre-gauche, émergèrent en majorité des ruines du PSI le jour de sa dissolution. Guidés notamment par Ottaviano Del Turco et Enrico Boselli, ils bénéficièrent de l'adhésion des parlementaires ex-PSI restés hors de la FL et obtinrent 7 députés et 5 sénateurs en 1996. En 1998, avec les restes du PSDI et des fraction de la FL et du nouveau Parti socialiste, ils formèrent les Socialistes démocrates italiens (SDI), qui participèrent notamment aux gouvernements D'Alema II et Amato II. En 2000, cependant, Bobo Craxi fit scission pour créer la Ligue socialiste, qui rejoignit ensuite le Parti socialiste pour former le Nouveau PSI, allié du centre-droit de Silvio Berlusconi, ami intime de Craxi père. La réunification des deux formations advint en 2007 dans une refondation du Parti socialiste italien, placé au centre-gauche de l'échiquier politique.

Les autonomistes, héritiers de Bettino Craxi et partisans d'une stratégie indépendante, se regroupèrent dans le Parti socialiste réformiste d'abord, et dans le Parti socialiste ensuite, fondé en 1996 par Gianni De Michelis. Au cours des années suivantes, cependant, la formation se déchira et certains rejoignirent La Marguerite ou les DS, tandis que d'autres optèrent pour Forza Italia (FI).

D'anciens membres du PSI adhérèrent également directement au PDS, à FI, au Pacte Segni, ou encore à l'Alliance démocrate.

Courants et scissions au sein du PSI[modifier | modifier le code]

Courants internes[modifier | modifier le code]

Des années 1960 à sa disparition, le PSI se divisa en quatre courants internes distincts.

  • Autonomistes, ou « craxiani » : Guidé par le meneur historique du parti Pietro Nenni puis par son dauphin Bettino Craxi, ce courant représentait l'aile droite du parti et fut souvent majoritaire. Initialement composé des Socialistes autonomistes opposés au communisme, il évolua nettement vers le socialisme libéral. Il se tenait sur la ligne économique keynésienne, en accord avec la social-démocratie européenne[21]. L'identité nationale faisait également partie des thèmes principaux de cette tendance. Favorable à une alliance avec la Démocratie chrétienne, elle était aussi ouverte à la possibilité d'une « alternative de gauche » avec le Parti socialiste démocrate, le Parti républicain, l'aile gauche de la DC et l'aile droite du Parti communiste.
  • Rescousse socialiste : Né de l'alliance entre Giacomo Mancini et Francesco De Martino, ce courant représentait le centre du parti. Allié fiable pour Nenni, il se distingua ensuite parfois par des critiques envers Craxi. Ses partisans avaient pour référence les positions de l'économiste keynésien Federico Caffè.
  • « Giolittiani » : Guidé par Antonio Giolitti, puis par Giuliano Amato après que le premier ait quitté le PSI pour le PCI, ce courant représentait une aile modérée au sein du parti. Il s'opposait aussi bien aux communistes (surtout après l'insurrection hongroise de 1956) qu'aux démocrates-chrétiens (dont il critiquait l'opportunisme et la corruption de certains membres). Distant du marxisme, il était également proche économiquement des thèses keynésiennes.
  • « Gauche Lombardienne » : Guidé par un membre historique du parti, Riccardo Lombardi, ce courant représentait l'aile gauche du parti et s'inspirait du socialisme traditionnel et du syndicalisme. Malgré des appuis initiaux à Nenni puis à Craxi, il devint ensuite minoritaire vis-à-vis des autonomistes. Il souhaitait une évolution du PCI vers la social-démocratie, et lui proposait le cas échéant la constitution d'une « alternative de gauche »[22], que les communistes repoussèrent néanmoins. Le courant théorisa alors la ligne de l'« acommunisme » (Lombardi, ancien membre du Parti d'action, s'était opposé à la participation des socialistes au Front démocratique populaire), rendant difficiles ses rapports avec le PCI[23]. Avant les années 1960, la gauche du parti était représentée par les « carristi », pro-communistes et appelés ainsi péjorativement en référence aux chars soviétique de Budapest en 1956. Leur scission en 1964 pour former le PSIUP laissa la place aux « lombardiens ».

Scissions[modifier | modifier le code]

Rassemblant des tendances très hétérogènes de la gauche italienne, le PSI connut de nombreuses divisions au cours de son histoire, aboutissant parfois à la formation de nouveaux partis.

Liste des dirigeants du PSI[modifier | modifier le code]

Liste des Congrès du PSI[modifier | modifier le code]

  • Ier congrès - Gênes, 14-15 août 1892
  • IIe congrès - Reggio d'Émilie, 8-10 septembre 1893
  • IIIe congrès - Parme, 13 janvier 1895 (clandestin)
  • IVe congrès - Florence, 11-13 juillet 1896
  • Ve congrès - Bologne, 18-20 septembre 1897
  • VIe congrès - Rome, 8-11 septembre 1900
  • VIIe congrès - Imola, 6-9 septembre 1902
  • VIIIe congrès - Bologne, 8-11 avril 1904
  • IXe congrès - Rome, 7-10 octobre 1906
  • Xe congrès - Florence, 19-22 septembre 1908
  • XIe congrès - Milan, 20-25 octobre 1910
  • XIIe congrès - Modène, 15-18 octobre 1911 (extraordinaire)
  • XIIIe congrès - Reggio d'Émilie, 7-10 juillet 1912
  • XIVe congrès - Ancône, 26-29 avril 1914
  • XVe congrès - Rome, 1-5 septembre 1918
  • XVIe congrès - Bologne, 5-8 octobre 1919
  • XVIIe congrès - Livourne, 15-21 janvier 1921
  • XVIIIe congrès - Milan, 10-15 octobre 1921
  • XIXe congrès - Rome, 1-4 octobre 1922
  • XXe congrès - Milan, 15-17 avril 1923
  • XXIe congrès - Paris, 19-20 juillet 1930 (en exil)
  • XXIIe congrès - Marseille, 17-18 avril 1933 (en exil)
  • XXIIIe congrès - Paris, 26-28 juin 1937 (en exil)
  • XXIVe congrès - Florence, 11-17 avril 1946
  • XXVe congrès - Rome, 9-13 janvier 1947
  • XXVIe congrès - Rome, 19-22 janvier 1948
  • XXVIIe congrès - Gênes, 27 juin - 1er juillet 1948
  • XXVIIIe congrès - Florence, 11-16 mai 1949
  • XXIXe congrès - Bologne, 17-20 janvier 1951
  • XXXe congrès - Milan, 8-11 janvier 1953
  • XXXIe congrès - Turin, 31 mars - 3 avril 1955
  • XXXIIe congrès - Venise, 6-10 février 1957
  • XXXIIIe congrès - Naples, 15-18 janvier 1959
  • XXXIVe congrès - Milan, 16-18 mars 1961
  • XXXVe congrès - Rome, 25-29 octobre 1963
  • XXXVIe congrès - Rome, 10-14 novembre 1965
  • XXXVIIe congrès - Rome, 27-29 octobre 1966
  • XXXVIIIe congrès - Rome, 23-28 octobre 1968
  • XXXIXe congrès - Gênes, 9-14 novembre 1972
  • XLe congrès - Rome, 3-7 mars 1976
  • XLIe congrès - Turin, 30 mars - 2 avril 1978
  • XLIIe congrès - Palerme, 22-26 avril 1981
  • XLIIIe congrès - Vérone, 11-15 mai 1984
  • XLIVe congrès - Rimini, 31 mars - 5 avril 1987
  • XLVe congrès - Milan, 13-16 mai 1989
  • XLVIe congrès - Bari, 27-30 juin 1991 (extraordinaire)
  • XLVIIe congrès - Rome, 11-12 novembre 1994

Effectifs militants du PSI[modifier | modifier le code]

Évolution des militants du PSI, du PCI et de la DC, de 1922 à 1994

Le PSI dans les institutions italiennes[modifier | modifier le code]

Participation gouvernementale[modifier | modifier le code]

Royaume d'Italie[modifier | modifier le code]

République italienne[modifier | modifier le code]

Président de la République[modifier | modifier le code]

Président du Conseil des Ministres[modifier | modifier le code]

Président de la Chambre des Députés[modifier | modifier le code]

Position parlementaire[modifier | modifier le code]

Royaume d'Italie[modifier | modifier le code]

  • Opposition (1895-1926)

République italienne[modifier | modifier le code]

  • Majorité (1946-1947)
  • Opposition (1947-1960)
  • Majorité (1960-1963)
  • Opposition (1963-1963)
  • Majorité (1963-1972)
  • Opposition (1972-1973)
  • Majorité (1973-1987)
  • Opposition (1987-1987)
  • Majorité (1987-1994)
  • Opposition (1994-1994)

Résultats électoraux du PSI[modifier | modifier le code]

Le Parti socialiste italien, en plus d'être le premier parti de masse italien, fut également celui avec la longévité la plus importante : durant ses 102 ans d'existence, ses résultats connurent beaucoup de hauts et de bas. De 1895 à 1913, il connut une progression importante qui le porta de 2,9% des voix à 17,7%. Il atteignit son maximum électoral en 1919, lorsque l'insatisfaction provoquée par la guerre et l'espoir d'une révolution sociale le portèrent à 32,3% : ce fut la seule fois où il obtint la majorité relative. L'émergence du fascisme dans les années suivantes portèrent ensuite à un effondrement de ses scores, jusqu'à moins de 5% en 1924.

Après la guerre, il fut progressivement supplanté à gauche par le Parti communiste, très fortement enraciné localement et qui apparaissait comme l'opposition la plus crédible à la Démocratie chrétienne. Le choix d'un virage vers cette dernière dans les années 1960 au détriment de l'alliance communiste permit au PSI d'accéder au gouvernement, mais provoqua également une nouvelle chute de ses scores : il resta ainsi en-dessous des 10% pendant toute la décennie 1970. Durant la suivante, les crises traversées par la DC et le PCI, ainsi que l'évolution du parti vers le réformisme et la social-démocratie, lui insufflèrent un nouvel élan, ponctué par un score de plus de 14% en 1987, après quatre ans de gouvernement Craxi. Cependant, ce fut insuffisant pour réaliser le basculement à gauche tant espéré vis-à-vis des communistes.

L'Opération Mains propres, à partir de 1992, provoqua un véritable effondrement du parti, au niveau des adhérents mais aussi des voix : en deux ans, il passa ainsi de 13,6% à 2,1%. L'ampleur de la crise électorale et financière et du discrédit jeté sur le PSI portèrent alors à sa disparition.

Élections Liste Voix % Sièges
Législatives 1895 Chambre des Députés Parti socialiste italien ? 2,95 15
Législatives 1897 Chambre des Députés Parti socialiste italien ? 2,95 15
Législatives 1900 Chambre des Députés Parti socialiste italien 97.368 6,5 33
Législatives 1904 Chambre des Députés Parti socialiste italien 108.510 5,7 29
Législatives 1909 Chambre des Députés Parti socialiste italien 170.000 8,1 41
Législatives 1913 Chambre des Députés Parti socialiste italien 902.809 17,7 52
Législatives 1919 Chambre des Députés Parti socialiste italien 1.834.792 32,3 156
Législatives 1921 Chambre des Députés Parti socialiste italien 1.569.559 24,7 123
Législatives 1924 Chambre des Députés Parti socialiste italien 341.528 4,9 22
Constituantes 1946 Assemblée Constituante Parti socialiste italien d'unité prolétarienne 4.758.129 20,7 115
Générales 1948 Chambre des Députés Front démocratique populaire (PSI-PCI) 8.136.637 31 57
Sénat Front démocratique populaire (PSI-PCI) 7.015.092 31,1 30[25]
Générales 1953 Chambre des Députés Parti socialiste italien 3.441.305 12,6 75
Sénat Parti socialiste italien 2.893.148 11,9 30
Générales 1958 Chambre des Députés Parti socialiste italien 4.208.111 14,2 84
Sénat Parti socialiste italien 3.682.806 14,1 36
Générales 1963 Chambre des Députés Parti socialiste italien 4.257.300 13,8 87
Sénat Parti socialiste italien 3.849.878 14,0 44
Générales 1968 Chambre des Députés Parti socialiste unifié 4.605.832 14,4 91
Sénat Parti socialiste unifié 4.355.506 15,2 46
Générales 1972 Chambre des Députés Parti socialiste italien 3.210.427 9,6 61
Sénat Parti socialiste italien 3.225.804 10,7 33
Générales 1976 Chambre des Députés Parti socialiste italien 3.542.998 9,6 57
Sénat Parti socialiste italien 3.209.987 10,3 29
Générales 1979 Chambre des Députés Parti socialiste italien 3.596.802 9,8 62
Sénat Parti socialiste italien 3.255.104 10,3 32
Européennes 1979 Parti socialiste italien 3.858.295 11,3 9
Générales 1983 Chambre des Députés Parti socialiste italien 4.223.362 11,4 73
Sénat Parti socialiste italien 3.541.101 11,3 38
Européennes 1984 Parti socialiste italien 3.932.812 11,2 9
Générales 1987 Chambre des Députés Parti socialiste italien 5.505.690 14,2 94
Sénat Parti socialiste italien[26] 4.497.672 13,9 45
Européennes 1989 Parti socialiste italien 5.154.515 14,8 12
Générales 1992 Chambre des Députés Parti socialiste italien 5.343.930 13,6 92
Sénat Parti socialiste italien 4.513.354 13,5 49
Générales 1994 Chambre des Députés Parti socialiste italien 849.429 2,1 14
Sénat Alliance des progressistes 10.881.320 32,9 6
Européennes 1994 Démocrates pour l'Europe (PSI-AD) 600.106 1,8 2

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ugo Finetti, Il socialismo di Craxi, Milan, M&B Publishing, 2003.
  • Andrea Spiri, Socialismo italiano. Cento anni di storia. Il PSI 1892 1992, Milan, M&B Publishing, 2003.
  • Bettino Craxi, Il socialismo europeo e il sistema internazionale, Venise, Marsilio, 2006.
  • Giorgio Galli, Storia del socialismo italiano: da Turati al dopo Craxi, Milan, Baldini Castoldi Dalai, 2007.
  • Andrea Spiri, Bettino Craxi, il riformismo e la sinistra italiana, Venise, Marsilio, 2011.
  • Maurizio Punzo, L'esercizio e le riforme, Milan, L'ornitorinco, 2012.
  • Andrea Spiri, La svolta socialista. Il PSI e la leadership di Craxi dal Midas a Palermo (1976-1981), Soveria Mannelli, Rubbettino, 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Pinto Carmine, Fine di un partito. Il partito socialista italiano dal 1992 al 1994, Editori Riuniti,‎ , 200 p.
  2. a et b (it) Bettino Craxi, « Il vangelo socialista », L'Espresso,‎ (lire en ligne)
  3. (it) « 1892-1992 Un secolo di storia d'Italia ! », sur www.domanisocialista.it,‎ (consulté le 8 mai 2015)
  4. (it) Luca Borzani, Alla scoperta della nuova Italia, Gênes, Pirella,‎ (ISBN 88-85514-15-4), p.54
  5. a et b (it) « 1892-1992 Un secolo di storia d'Italia ! », sur www.domanisocialista.it,‎ (consulté le 9 mai 2015)
  6. (it) « Leonida Bissolati », sur www.cinquantamila.it,‎ (consulté le 8 mai 2015)
  7. (it) Paolo Spriano, Storia del Partito comunista italiano, volume I, Turin, Einaudi,‎ , 525 p. (ISBN 9788806080297), p.115
  8. a et b (it) Mimmo Franzinelli, Squadristi. Protagonisti e tecniche della violenza fascista 1919-1922, Milan, Mondadori,‎ , p.3 et p.57
  9. a et b (it) « 1892-1992 Un secolo di storia d'Italia ! », sur www.domanisocialista.it,‎ (consulté le 9 mai 2015)
  10. http://www.treccani.it/enciclopedia/concentrazione-antifascista/
  11. Pierre Schill, Mineurs immigrés. Histoire, témoignages XIXe-XXe siècles, VO Éditions,‎ , p.243-261
  12. Enciclopedia dell'antifascismo e della Resistenza
  13. (it) Paolo Mieli, Storia della Prima Repubblica, 3D produzioni video, partie II
  14. (it) Dario Fertilio, « La rivolta dei 101 Invasione dell' Ungheria: Lucio Colletti racconta come nacque il manifesto », Corriere della Sera,‎ (lire en ligne)
  15. (it) « Craxi dieci anni dopo », sur www.mariotirino.wordpress.com,‎ (consulté le 9 mai 2015)
  16. a et b (it) Sandra Bonsanti, « E Craxi in un ora cambia nome al PSI », La Repubblica,‎ (lire en ligne)
  17. (it) Gennaro Acquaviva et Marco Gervasoni, Socialisti e comunisti negli anni di Craxi, Venise, Marsilia,‎ , 400 p. (lire en ligne)
  18. (it) Antonio Giolitti, « Vi racconto che cos'è il craxismo », La Repubblica,‎ (lire en ligne)
  19. (it) « Il ritorno di Forlani e la stagione della CAF », sur www.storiadc.it (consulté le 9 mai 2015)
  20. (it) « È luglio 1992 : Bettino Craxi confessa e ricatta il Parlamento », sur www.cosapubblica.it (consulté le 9 mai 2015)
  21. (it) Giuseppe Bedeschi, « Craxi e il riformismo », Liberal fondazione,‎ (lire en ligne)
  22. http:// http://www.circolorossellimilano.org/MaterialePDF/tesi_coerenza_e_attualita__di_riccardo_lombardi.pdf http://www.circolorossellimilano.org/MaterialePDF/tesi_coerenza_e_attualita__di_riccardo_lombardi.pdf, thèse universitaire
  23. (it) Carmelo Calabrò, « Riformismo revoluzionario », Una città, no 144,‎ 2006-2007 (lire en ligne)
  24. a et b Comme Parti socialiste unifié
  25. Auxquels s'ajoutèrent 11 sénateurs de droit
  26. Ainsi que plusieurs candidatures conjointes avec le PSDI et le Parti radical

Voir aussi[modifier | modifier le code]