Joseph de Maistre

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Joseph de Maistre

Philosophe occidental

Époque moderne

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Le comte de Maistre, Grand'croix de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare

Naissance 1er avril 1753
(Chambéry)
Décès 26 février 1821
(Turin)
Nationalité Drapeau du Royaume de Sardaigne. Royaume de Sardaigne
École/tradition contre-révolutionnaire, réaction, traditionalisme, royalisme, ultramontanisme
Principaux intérêts Politique, philosophie, religion, mysticisme
Idées remarquables providentialisme, théorie du sacrifice
Œuvres principales Considérations sur la France
Essai sur le principe générateur des constitutions politiques
Du Pape
Examen de la philosophie de Bacon
Les Soirées de Saint-Pétersbourg
Influencé par Bible, Platon, Aristote, Plutarque, Origène, Pères de l'Église, Thomas d'Aquin, Machiavel, Malebranche, Bossuet, Fénelon, Giambattista Vico, Montesquieu, Hume, Rousseau, Saint-Martin, Burke,
A influencé Blanc de Saint-Bonnet, Bonald, Karl Ludwig von Haller, Donoso Cortés, Comte, Rosmini, Barbey d'Aurevilly, Bloy, Maurras, Bernanos, Charles Baudelaire, Boutang, Schmitt, René Girard, René Guénon et toute la tradition contre-révolutionnaire et catholique traditionaliste

Le comte Joseph de Maistre [mɛstʁ][note 1] (Chambéry, 1er avril 1753 - Turin, 26 février 1821), est un homme politique, philosophe, magistrat, historien et écrivain savoyard, sujet du Royaume de Sardaigne[note 2].

Joseph de Maistre était membre du souverain Sénat de Savoie, avant d'émigrer en 1792 quand les forces armées françaises occupent la Savoie. Il passe ensuite quelques années en Russie, avant de retourner à Turin. Il est l'un des pères de la philosophie contre-révolutionnaire, membre éminent de la Franc-maçonnerie, et incliné vers l'ésotérisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joseph de Maistre est né le Ier avril 1753 à Chambéry, à l'hôtel de Salins, place de Lans, et aussitôt baptisé dans l'église Saint-Léger[1]. Il est issu d'une famille savoyarde originaire du Comté de Nice[2]; son père François-Xavier Maistre est deuxième président du souverain Sénat de Savoie[3]. Sa mère, Christine Demotz de La Salle est issue d'une ancienne famille de magistrats savoyards. Il est l'aîné d'une famille de dix enfants et le parrain de son frère cadet, Xavier de Maistre, qui deviendra écrivain. Il étudie chez les Jésuites, dont il subira toute sa vie une profonde influence. En 1774, il entre dans la magistrature ; il est nommé sénateur en 1788, à l'âge de trente-cinq ans.

Avec son frère Xavier, il a participé au premier lancement d'une montgolfière en Savoie en 1784. Pendant 25 minutes, l'ingénieur Louis Brun et Xavier de Maistre survolent Chambéry avant d'atterrir dans le marais de Triviers.

Lorsque survient en 1789 la Révolution française, la Savoie, en tant que pays étranger, n'est pas directement impliquée dans les événements qui bouleversent la France. Les Savoyards suivent cependant ces événements de très près au contact des milliers de réfugiés français qui traversent le pays et y séjournent avant de s'exiler en Suisse ou au Piémont. Pour sa part, Joseph de Maistre admet lucidement les fondements de la Révolution. Il semble acquis aux idées nouvelles, qui d'ailleurs obtiennent au début les faveurs et l'assentiment du roi Louis XVI lui-même. Dans une intervention au souverain Sénat de Savoie, le sénateur de Maistre plaide pour que le peuple marche à grands pas vers l'égalité civile[4]. Toutefois, il déplore les excès populaires et les désordres qui bouleversent la vie du pays voisin. Et ce n'est que lorsque les institutions monarchiques et religieuses de France sont menacées que se forgent ses idées contre-révolutionnaires et antigallicanes[5], son jugement étant influencé par la lecture des Réflexions sur la Révolution de France d'Edmund Burke.

Certains biographes, dont le peu complaisant Robert Triomphe[note 3], lui reprocheront ce qu'ils considèrent comme une volte-face : C'est sous-estimer la violence des événements de cette époque troublée que cet homme au caractère bien trempé, fidèle à la dynastie de Savoie, n'a pas l'intention de subir passivement.

Joseph de Maistre va entrer en résistance lorsque son pays est envahi dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792 par les armées révolutionnaires françaises aux ordres du général Montesquiou (Anne Pierre de Montesquiou-Fézensac)[6]. Le 23 octobre les députés savoyards désignés par le peuple sous le contrôle de l'occupant se constituent en Assemblée nationale des Allobroges, proclament la déchéance de la Maison de Savoie, la suppression des sept provinces et l'unité indivisible de l'Allobrogie. Le 27 novembre 1792, la Convention nationale décrète la réunion de la Savoie à la France dont elle formera le 84e département. Dès lors le peuple savoyard est intégralement soumis au régime révolutionnaire français[note 4] . La constitution civile du clergé imposée à la Savoie[note 5], malgré l'engagement de la France de respecter le libre exercice du culte et l'indépendance des prêtres[note 6], entraîne l'exil et la déportation d'un grand nombre de prêtres savoyards insermentés, et parfois leur exécution[note 7]. Le 23 mars 1793, Chambéry assiste à la liquidation, par les révolutionnaires français, du Souverain Sénat de Savoie: Joseph de Maistre fut le seul sénateur à manifester sa résistance au nouveau pouvoir en place[note 8]. En avril 1793, Annecy devient le centre des manœuvres de la contre-Révolution. Mgr de Thiollaz est l'âme de la résistance. Joseph de Maistre en est le conseil et l'orateur.

Joseph de Maistre se réfugie à Turin en 1792 dès l'invasion des troupes françaises. Dans l'hiver, il s'installe avec sa femme et leurs deux enfants, Adèle et Rodolphe, dans la cité d'Aoste, où il retrouve son frère Xavier et ses sœurs. Mais la Loi des Allobroges fait obligation aux réfugiés de revenir en Savoie sous peine de confiscation de leurs biens. De retour à Chambéry, les époux de Maistre refusent de prêter serment et subiront en tant qu'émigrés la mise en vente de leur maison de la place Saint-Léger, de leurs terres et de leurs vignes comme biens nationaux. Entre temps, le 27 janvier 1793, madame de Maistre met au monde une petite fille qui sera baptisée à Chambéry sous le prénom de Constance et sera confiée provisoirement à sa grand-mère maternelle, Anne de Morand, pour échapper à la vie mouvementée de ses parents qui repartent en exil[note 9]. C'était sans compter avec le régime de la Terreur, confirmé par la Loi des suspects : la grand-mère, accusée d'avoir une fille émigrée, est mise en prison à Chambéry le 16 août 1793. Elle récupèrera sa petite-fille à sa libération et l'élèvera en Savoie comme sa propre fille[note 10].

La famille de Maistre se réfugie à Lausanne où elle réside pendant quatre ans. Joseph remplit diverses missions pour le compte de son souverain, en qualité de correspondant des bureaux du ministère des Affaires étrangères Sardes. Responsable d'un réseau de Renseignements en Suisse, il doit notamment aider au recrutement de ses compatriotes pour accroître l'effectif des résistants de l'intérieur. En 1794, il publie à Lausanne les Lettres d'un royaliste savoisien à ses compatriotes[note 11]. En 1795, il publie un pamphlet intitulé : Lettre de Jean-Claude Têtu, maire de Montagnole, à ses concitoyens[note 12] . Ce libelle contre-révolutionnaire est tiré à plusieurs milliers d'exemplaires et va être lu avidement en Savoie. Le Conseil général demande en vain à la République de Genève d'en saisir les nouvelles éditions. Joseph de Maistre séjourne à Lausanne jusqu'en 1797, année au cours de laquelle il rejoint le roi à Turin.

Les troupes françaises ayant envahi le Piémont en 1798, la famille de Maistre se réfugie à Venise, après un périple mouvementé: Les soldats français du poste de contrôle qui ont intercepté leur embarcation sur le , ne sachant pas déchiffrer leurs papiers d'identité, libèrent les voyageurs qui se déclarent originaires du canton de Neuchâtel, sujets du roi de Prusse. Le roi Charles-Emmanuel IV, déchu du duché de Savoie, abdique son trône de Piémont et se retire dans son royaume de Sardaigne. En 1799, alors que Charles-Emmanuel IV est revenu sur le continent et qu'il est retenu prisonnier à Florence, Joseph de Maistre rejoint Cagliari où il occupe le poste de régent de la Chancellerie.

Le roi Victor-Emmanuel Ier, successeur de son frère retiré dans un couvent en 1802, nomme Joseph de Maistre ministre plénipotentiaire à Saint-Pétersbourg. Ce dernier, en séjour à Rome, obtient une audience du pape Pie VII au Vatican. Il représente diplomatiquement les intérêts du royaume de Sardaigne en Russie avec un certain succès. L'ambassadeur est très apprécié de la bonne société pétersbourgeoise, dont les princes Galitzine et l'amiral Tchitchagov. Il obtient en 1805 de la part de l'amiral le poste de directeur de la bibliothèque et du musée de la Marine à Saint-Pétersbourg en faveur de son frère Xavier. Il rencontre l'empereur Alexandre Ier à de multiples reprises et devient son conseiller attitré. Pendant les 14 années de son mandat en Russie, il déploie une intense activité intellectuelle par ses études, et par ses échanges épistolaires[3]. Parmi ses correspondants royalistes français, on relève les noms des comtes de Blacas et d'Avaray, représentant Louis XVIII à Mitau,(Jelgava) et du vicomte de Bonald[note 13].

Le premier Traité de Paris (1814) consacre le démantèlement de la Savoie, entre la France (qui conserve Chambéry et Annecy), la Suisse et le Royaume de Piémont-Sardaigne. Depuis Saint-Pétersbourg, où il résida jusqu'à 1816[3], Joseph de Maistre est déchiré : « Ma malheureuse patrie est dépecée et perdue. Je demeure au milieu du monde sans biens, et même, dans un certain sens, sans souverain. Étranger à la France, étranger à la Savoie, étranger au Piémont, j'ignore mon sort futur[7]... »

Le deuxième traité de Paris, confirmé par le congrès de Vienne, consacre la restitution de la totalité de la Savoie, du comté de Nice et du Piémont au roi de Sardaigne. Parvenu à Turin, le roi Victor-Emmanuel Ier prend possession de ses états et rétablit en grande partie l'ancien régime.

Pendant cette période, en Russie, Joseph de Maistre est convaincu de prosélytisme religieux, sous l'influence des Jésuites. Il serait, dit-on, à l'origine de la conversion au catholicisme de la comtesse Rostopchine et de sa fille, la future comtesse de Ségur. Les Jésuites sont expulsés de Saint-Pétersbourg et de Moscou en 1815 et quitteront définitivement la Russie en 1820. De son côté le représentant du roi de Sardaigne estime qu'il est soupçonné à tort[note 14] et demande son rappel. Il rejoindra Turin en 1817.

Joseph de Maistre, sur la route du retour, va passer trois semaines à Paris au mois de mai 1817. Il obtient une audience de Louis XVIII qui le reçoit froidement : Auteur personnel de la Charte de 1814 octroyée aux français, qui intègre certains principes de la Révolution par opposition au théoricien de la Monarchie absolue auquel il est confronté[note 15], le roi de France a sur le cœur les critiques formulées par l'auteur de l’Essai sur le principe générateur des Constitutions politiques: « Une des grandes erreurs d'un siècle qui les professa toutes, fut de croire qu'une constitution politique pouvait être écrite et créée a priori, tandis que la raison et l'expérience se réunissent pour établir qu'une constitution est une œuvre divine, et que ce qu'il y a précisément de plus fondamental et de plus essentiellement constitutionnel dans les lois d'une nation ne saurait être écrit[note 16] ».

L'écrivain savoyard, devenu illustre dans la France de la Restauration[8], est invité à l'Académie française. Les académiciens lui font une ovation. Dans le discours de bienvenue, sa fille Constance de Maistre qui l'accompagne, relève un beau compliment : « C'est ici, au milieu de nous, que vous devriez être, monsieur le comte, et nous vous considérons comme l'un des nôtres[9] ».

À son retour, Joseph de Maistre est nommé président de la Chancellerie, avec rang de ministre d'État. Il meurt à Turin le 26 février 1821[10]. (Voir[note 17]. Il y repose dans la Chiesa dei Santi Martiri.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Joseph de Maistre épouse le 17 septembre 1786, Françoise-Marguerite de Morand (17591839), dite « Madame Prudence », fille de Jean-Pierre de Morand de Saint-Sulpice (1703-1759) et d'Anne-Marie Favier du Noyer (17321812)[11], dont il eut :

  1. Adèle (17871862), mariée en 1843 avec Hippolyte Terray de Rozières (22 janvier 1774 - Paris11 août 1849 - Chambéry), préfet de la Côte-d'Or (1815) puis de Loir-et-Cher (1816) et officier de la Légion d'honneur (18 janvier 1818) ; (Sans postérité).
  2. Anne André Rodolphe de Maistre (en italien : Rodolfo Andrea) (22 septembre 17895 février 1866 - Borgo), comte de Maistre, général d'armée, gouverneur de la ville et comté de Nice, chevalier de l'ordre de l'Annonciade (25 décembre 1846), marié, le 5 juin 1820, avec Charlotte Espérance dite Azélie de Plan de Sieyès de Veynes (1799 - 1881), dont il eut onze enfants, dont Charles de Maistre (18321897), personnalité du catholicisme social ;
  3. Xavière Anne Nicole , Constance (17931882), mariée le 26 novembre 1833 à Gênes avec Eugène-Alexandre de Montmorency-Laval, 4e duc de Laval (17731851). (Sans postérité).

La franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Joseph de Maistre est dès 1773, membre de la loge maçonnique de La Parfaite Union[note 18] qui relevait de la Loge Saint-Jean des Trois Mortiers, à l'Orient de Chambéry, créée en 1749 sous les auspices de la Grande Loge unie d'Angleterre. Il a les titres de Grand Orateur, de Substitut des généraux et de Maître symbolique. C'est une des premières loges maçonniques créées en Europe continentale, après Paris. Il entend concilier son appartenance à la franc-maçonnerie avec une stricte orthodoxie catholique : en outre, il refuse les thèses qui voyaient en la Franc-maçonnerie et l'illuminisme les acteurs d'un complot ayant amené à la Révolution[note 19].

Avec quelques frères de Chambéry, il fonde en 1778, la loge réformée écossaise de « La Sincérité », qui dépend du Directoire écossais dont l'âme est Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), disciple de Joachim Martinès de Pasqually. Il est reçu chevalier bienfaisant de la Cité Sainte sous le nom de eques Josephus a Floribus (ce surnom fait allusion aux fleurs de souci de ses armoiries). On retrouve dans son œuvre les enseignements de la maçonnerie : providentialisme, prophétisme, réversibilité des peines, etc.[12] ; hautement investi dans la vie de cette société initiatique, à la veille du Convent de Wilhelmsbad (1782), il fait d'ailleurs parvenir à Jean-Baptiste Willermoz son célèbre Mémoire au duc de Brunswick. Il entretient par ailleurs une amitié avec Louis-Claude de Saint-Martin, pour lequel il avait une vive admiration, se faisant fort, disait-il, « de défendre en tous points l'orthodoxie », d'où son attrait pour le martinisme. Lors de son séjour à Turin, en 1793, Joseph de Maistre adhère à la loge de La Stricte Observance (La Stricta Osservanza) qui relève du Rite écossais rectifié. Enfin, à Saint-Pétersbourg, il fréquente la loge de M. Stedingk, ambassadeur de Suède auprès du Tzar[note 20].

Au total, Joseph de Maistre a joué un rôle actif dans la Franc-maçonnerie pendant environ 40 ans, et il est parvenu aux grades les plus élevés du rite écossais et du martinisme. Il est répertorié sur la liste des francs-maçons célèbres dans le monde. Son tablier rituel a été longtemps exposé au musée de la franc-maçonnerie du Grand Orient de France, 16 rue Cadet à Paris. L'actuel conservateur l'a retiré, n'étant pas certain de son authenticité.

Les écrits maçonniques[modifier | modifier le code]

Joseph de Maistre a publié en 1782 le Mémoire au duc de Brunswick[note 21] à l'occasion du Convent de Wilhelmsbad et en 1793 le Mémoire sur la Franc Maçonnerie adressé au baron Vignet des Etoles.

« Le Mémoire de 1782 est bien connu de tous les historiens de l'Ordre. Maistre, avec beaucoup de bon sens, nie les origines fabuleuses de l'Ordre et détruit la légende des Supérieurs inconnus. Il réclame un choix plus rigoureux des candidats, puis fixe les linéaments des trois premiers grades, celui d'Apprenti étant axé sur la bienfaisance, celui de Compagnon sur l'Instruction des gouvernements et l'Union des Églises, celui de Maître sur le christianisme transcendantal. Pour le gouvernement de l'Ordre, il propose un grand Maître, aux pouvoirs limités, mais sans préciser le mode de recrutement des dignitaires. Il va sans dire que cette conception de la Maçonnerie qui nous paraît aujourd'hui assez étrange et, de toute façon très éloignée des modes anglaises - qui interdisait toute discussion politique ou religieuse - ne reçut jamais l'ombre d'une application pratique.

« Le Mémoire de 1793 est moins connu et ne manque pourtant pas d'intérêt. Le roi de Sardaigne avait interdit les Sociétés secrètes dès 1791 et faisait grise mine à ses anciens membres. Disons à sa décharge que de nombreux étrangers à l'aristocratique Parfaite Sincérité et en relation avec le Grand Orient de France avaient accepté de bon cœur l'annexion de la Savoie à la France et exercèrent d'importantes fonctions publiques. Joseph de Maistre, désireux de rentrer en grâce, fait un exposé parfaitement précis - mis à part les jugements de valeur que nous ne sommes pas obligés de partager - des origines et du développement de l'Ordre. Et il termine en faisant l'éloge des maçons mystiques allemands, en pourfendant leurs adversaires...

« On peut évidemment n'être pas d'accord avec Joseph de Maistre, tant sur sa version de la Maçonnerie que sur les finalités qu'il lui attribue. Il n'en demeure pas moins que nous avons là une publication de textes très précieux et jusqu'alors difficilement accessibles[13]. »

Philosophie[modifier | modifier le code]

Joseph de Maistre est le principal représentant, avec le vicomte Louis de Bonald et l'espagnol Donoso Cortès, de l'opposition aux thèses de la Révolution française[note 22]. Il oppose au rationalisme du XVIIIe siècle le sens commun, la foi, les lois non-écrites.

Le corps politique prime l'individu[modifier | modifier le code]

Pour Joseph de Maistre, l'individu est une réalité seconde par rapport à la société et l'autorité. La société ne peut fondamentalement pas se définir comme la somme des individus qui la composent. En cela, il critique la conception de Jean-Jacques Rousseau : il est pour Joseph de Maistre impensable de constituer une société à partir d'un contrat social. Les individus ne peuvent pas fonder les sociétés, ils en sont incapables de par leur nature. Le pouvoir forme les individus, mais les individus ne forment pas le pouvoir.

Joseph de Maistre affirmait qu'il n'avait jamais vu d'Homme[note 23] : il voulait dire par là que l'Homme, en tant qu'entité abstraite, n'existe pas. L'Homme appartient avant tout à la société. On peut donc voir des êtres qui ne peuvent se définir que par rapport au contexte particulier dans lequel ils vivent, par rapport à l'organisme politique dont ils sont une cellule. En d'autres termes, un individu isolé n'est rien, puisqu'il est abstraitement séparé de l'autorité et des traditions qui unissent la société. Ayant surtout une tendance destructrice (étant par essence des êtres corrompus et des facteurs négatifs aux yeux du théoricien), les hommes parviennent surtout à détruire la société. Encore qu'ils n'en soient même pas capables, puisqu'ils sont portés par une Providence qui se sert des individus pour la régénérer.

La Providence[modifier | modifier le code]

La Providence est un concept important chez Joseph de Maistre. Ainsi la Révolution, bien qu'elle semble être une initiative d'individus, est en fait, à ses yeux, une manifestation de la Providence, qui ne cesse d'intervenir dans le cours des affaires humaines (c'est également pour lui le cas des guerres). Cela est pour lui visible dans le déroulement de la Révolution Française : le fait même qu'elle dégénère prouve qu'une force supérieure était le moteur de cet événement.

Pour Joseph de Maistre, le corps politique étant constitué à l'image d'un organisme vivant, il peut quelquefois être malade : cette maladie se révèle par l'affaiblissement de l'autorité et de l'unité qui lient la société. Aussi, pour punir les hommes et régénérer efficacement la société, la Providence les entraîne dans des rébellions contre l'autorité, telles que la Révolution Française. Les Hommes, se croyant maîtres de leur destin, se lancent en réalité dans l'exécution de leur propre châtiment, devenant leurs propres bourreaux (ainsi Joseph de Maistre analyse-t-il le régime de la Terreur comme une conséquence inhérente au mouvement révolutionnaire). La révolution une fois passée, telle un remède, l'organisme politique est débarrassé des éléments qui l'affaiblissent; le pouvoir est plus fort, la société davantage unifiée. Le sacrifice des individus est un mal nécessaire pour la sauvegarde du corps social, et Joseph de Maistre, dans ses formulations les plus imagées, n'hésite pas à évoquer le sang que réclame la terre pour rendre la justice, et qu'elle obtient par la guerre que se font les Hommes[14].

Le rapport entre l'individu et la Providence reste très paradoxal dans la pensée de Joseph de Maistre : les hommes sont à la fois capables de bouleverser la société dans laquelle ils vivent, et dépossédés de leur rôle actif par la Providence, qui en fait fondamentalement des êtres passifs.

La théocratie, étroite alliance du pouvoir et du religieux[modifier | modifier le code]

Si Joseph de Maistre s'en prend au régime républicain et au protestantisme, c'est qu'il les considère comme des productions individuelles. Le premier est un gouvernement divisé, puisqu'il met les individus au pouvoir ; le protestantisme est, quant à lui, une religion négative (religion qui proteste et n'affirme rien de positif à ses yeux), qui dissout en refusant l'autorité, l'insurrection de la volonté individuelle contre la raison générale. L'individu est en effet un facteur qui divise, là où le pouvoir et l'autorité unifient.

Toute religion doit pour de Maistre être sociale ; or, le protestantisme n'étant pas social à ses yeux, voire anti-souverain par nature[15], il n'est pas une religion. C'est pourquoi de Maistre considère que toute religion, du moment qu'elle sert à l'unité sociale, est susceptible de porter un gouvernement, et d'être portée par ce dernier.

La religion doit apporter des croyances communes, et apporter la cohésion de l'organisme politique. Elle doit protéger le pouvoir autant que le pouvoir doit la protéger. Il n'est donc pas question de séparer l'Église de l'État, bien au contraire. C'est pourquoi Joseph de Maistre prônera un régime de type théocratique, dans lequel la religion tient un rôle fortement structurant, devant apprendre aux sujets le respect aveugle pour l'autorité et « l'abnégation de tout raisonnement individuel[16] ».

Portrait par Félix Vallotton.

Si Jean-Jacques Rousseau s'accordait également à dire que la religion était nécessaire au corps politique, il rejetait en revanche le christianisme comme étant ennemi de la république. Chez Joseph de Maistre, à l'inverse, la religion chrétienne est la plus adaptée, car elle soutient parfaitement la monarchie et se base sur la tradition, sans laquelle il est impossible que soit fondée une religion. Or, la monarchie est elle-même le régime politique le plus adapté : comme il l'affirme dans ses Considérations sur la France, la monarchie est un équilibre qui s'est constitué au fil de l'histoire. C'est un régime tempéré mais fort, et qui ne tend pas, selon lui, vers la violence, à l'inverse de la république qu'il voit comme un régime déséquilibré et instable. De plus, la monarchie est le régime qui respecte le plus ce qu'il considère comme un fait naturel : à savoir l'inégalité entre les hommes, que la monarchie intègre dans son organisation, et qui est relativisée grâce à l'égalité de tous dans leur assujettissement au roi. Pour Joseph de Maistre, la république y substitue une égalité utopique, qui ne prend pas en compte la véritable nature de l'Homme. Car ce dernier doit vivre en société, et toute société doit être structurée autour d'une hiérarchie, ce qui justifie donc l'existence d'ordres dans la société.

Pour Joseph de Maistre, le pouvoir temporel doit se conformer aux voies de la Providence. Un régime théocratique est alors pour lui le plus adapté, tandis que la reconnaissance de l'autorité religieuse le pousse à reconnaître la suprématie temporelle du pape.

Les théories de Joseph de Maistre, peu connues à la Révolution, connaîtront par la suite un grand succès chez les ultra-royalistes et les conservateurs. Intéressantes pour effectuer une mise en perspective du phénomène Révolutionnaire, elles présentent une réflexion poussée et riche en paradoxes, bien identifiable parmi les courants de pensée conservateurs.

Il eut également une postérité à la fois plus spirituelle et plus littéraire, via plusieurs auteurs qu'il influença considérablement : Honoré de Balzac, mais surtout Charles Baudelaire (par exemple dans ses poèmes Correspondances ou Réversibilité), Antoine Blanc de Saint-Bonnet, Jules Barbey d'Aurevilly et Ernest Hello, lesquels ont marqué ensuite toute la littérature catholique du XXe siècle - de Léon Bloy, Bernanos et Paul Claudel jusqu'à Marc-Edouard Nabe. Sans oublier Léon Tolstoï, notamment dans La Guerre et la Paix.

Considérations sur les Lumières Françaises[modifier | modifier le code]

Lors de sa jeunesse, Joseph de Maistre fut séduit par les idées des Lumières. Bien après son passage dans la franc-maçonnerie, il sera un des plus importants théoriciens de la pensée « contre-révolutionnaire » (avec Edmund Burke). Il récusait en bloc les Révolutions françaises, aussi bien la Terreur que celle de 1789[17], autrement dit les droits de l'Homme, qu'il jugeait contraires à l'ordre politique et social traditionnel des nations européennes. Finalement, il se profilera comme un anti-lumières[18].

Citations[modifier | modifier le code]

« Rien n'est plus rare, mais rien n'est plus enchanteur qu'une belle nuit d'été à Saint-Pétersbourg... Le soleil qui, dans les zones tempérées, se précipite à l'occident, et ne laisse après lui qu'un crépuscule fugitif, rase lentement une terre dont il semble se détacher à regret. Son disque environné de vapeurs rougeâtres roule comme un char enflammé sur les sombres forêts qui couronnent l'horizon, et ses rayons, réfléchis dans le vitrage des palais, donnent au spectateur l'idée d'un vaste incendie. Les grands fleuves ont ordinairement un lit profond et des bords escarpés qui leur donnent un aspect sauvage. La Néva coule à pleins bords au sein d'une cité magnifique : ses eaux limpides touchent le gazon des îles qu'elle embrasse, et dans toute l'étendue de la ville, elle est contenue par deux quais de granit, alignés à perte de vue, espèce de magnificence répétée dans les trois grands canaux qui parcourent la capitale.

« Le soleil était descendu à l'horizon ; des nuages brillants répandaient une clarté douce, un demi-jour doré qu'on ne saurait peindre et que je n'ai jamais vu ailleurs, la lumière et les ténèbres, semblaient se mêler et comme s'entendre pour former le voile transparent qui couvre alors ces campagnes.

« Si le ciel, dans sa bonté, me réservait un de ces moments si rares dans la vie où le cœur est inondé de joie par quelque bonheur extraordinaire et inattendu ; si une femme, des enfants, des frères, séparés de moi depuis longtemps, et sans espoir de réunion, devaient tout-à-coup tomber dans mes bras, je voudrais que ce fût dans une de ces belles nuits, sur les rives de la Néva, en présence de ces russes hospitaliers. » »

— Joseph de Maistre - Les Soirées de Saint-Petersbourg.

« D'autres cyniques étonnèrent la vertu, Voltaire étonne le vice. Il se plonge dans la fange, il s'y roule, il s'en abreuve ; il livre son imagination à l'enthousiasme de l'enfer qui lui prête toutes ses forces pour le traîner aux limites du mal... Quand je vois ce qu'il pouvait faire et ce qu'il a fait, ses inimitables talents ne m'inspirent plus qu'une espèce de rage sainte qui n'a pas de nom. Suspendu entre l'admiration et l'horreur, quelquefois je voudrais lui faire élever une statue... par la main du bourreau. »

— Joseph de Maistre - Les Soirées de Saint-Petersbourg.

« Je me sens la tête, et quelquefois le cœur gonflés, mais je ne puis rien achever et pour ainsi dire rien entreprendre. Je trouve le soir que le devoir a pris tout mon temps : il faut s’endormir comme la veille sans avoir pu suivre aucune de mes vues... Le besoin de produire sans explosion possible ! Il y a de quoi crever. Jugez de la fermentation ! C’est tout juste la machine de Papin. Quelquefois, pour me tranquilliser, je pense (sincèrement, sur mon honneur !) que ces espèces d’inspirations qui m’agitent comme une pythonisse ne sont que des illusions, de sottes bouffées du pauvre orgueil humain, et que si j’avais toute ma liberté, il n’en résulterait à ma honte qu’un ridiculus meus. D’autres fois, j’ai beau m’exhorter aussi bien que je puis à la raison, à la modestie, à la tranquillité, une certaine force, un certain gaz indéfinissable m’enlèvent malgré moi comme un ballon. Je me perds dans les nues... je voudrais faire, je voudrais, je ne sais pas trop ce que je voudrais. Peut-être que les circonstances me feront vouloir, à la fin une seule chose. Tiraillé d’un côté par la philosophie et de l’autre par les lois, je crois que je m’échapperai par la diagonale... »

— Joseph de Maistre - Lettre inédite publiée par Clément de Paillette (La politique de Joseph de Maistre, Paris, 1895, in-8), écrite de Chambéry, 24 juillet 1785, à son ami, le marquis de Barol.

« Dans les ouvrages qu'il avait publié jusqu'à celui-ci, la manière d'écrire de M. de Maistre a été jugée claire, nerveuse, animée, abondante en expressions brillantes et en tournures originales : ce sont là ses principaux caractères. Dans les Soirées, où des sujets variés et innombrables semblent en quelque sorte se presser sous sa plume, l'illustre auteur s'abandonne davantage et prend tous les tons. À la force et à l'éclat, il sait unir, au besoin, la grâce et la douceur; il sait étendre ou resserrer son style avec autant de charme que de flexibilité, et ce style est toujours vivant de toute la vie de cette âme où il y avait comme une surabondance de vie. Ce n'est point un style académique, à Dieu ne plaise ! C'est celui des grands écrivains, qui ne prennent des écrivains classiques que ce qu'il faut en prendre, et qui reçoivent le reste de leurs propres inspirations. »

— Jacques Bins de Saint-Victor - Préface à l'édition posthume des Soirées de Saint-Pétersbourg, 1822.

« Virgilium vidi tantum, ce qui veut dire : j'ai connu personnellement ce grand écrivain qu'on nomme le comte de Maistre. Je l'ai connu homme et je l'ai vu passer prophète... Sa stature, sans être élevée, paraissait grandiose par la dignité un peu exagérée avec laquelle il portait la tête en arrière. Un certain air de représentation caractérisait son attitude : après avoir représenté devant les cours, il représentait encore dans sa famille. Sa taille était forte, sans embonpoint. Ses pieds reposaient à terre avec le poids et la fermeté d'une statue de bronze. Ses gestes pittoresques rappelaient l'homme semi-italien qui avait beaucoup causé avec les Piémontais et les Sardes. Son costume très soigné dès le matin, tenait de l'homme de cour : cravate blanche, décoration au cou, grande croix pendante sur la poitrine, plaque sur le cœur, habit de cérémonie, chapeau toujours à la main ... Ses cheveux, d'un blanc de neige et d'une finesse de soie, étaient accommodés sur sa tête comme ceux de nos pères, en deux ailes rebroussées sur les tempes, enduits de pommade et saupoudrés de poudre ; puis divisés sur le derrière de la tête en une troisième natte, ils allaient se resserrer dans une queue flottante sur l'habit. La tête, quoique naturellement forte, paraissait ainsi encore plus grosse encore que nature. De grands yeux bleus pleins de lumière... Sa politesse, quoique parfaite, retenait à distance plus qu'elle ne familiarisait avec lui. Il causait avec abondance sans jamais s'épuiser d'idées. Sa vie était régulière comme un cadran dont les chiffres romains divisent en minutes égales les heures[19]. »

— Alphonse de Lamartine. Entretien XLII, tome VII, p. 412-416. Citation par Georges Roth. Lamartine et la Savoie. Dardel. Chambéry. 1927.

« Le Mémoire écrit par Joseph de Maistre en pleine Révolution, à une époque où divers auteurs commençaient à se demander quel rôle la maçonnerie avait pu jouer dans la grande tragédie, dépassait parfois le but, faute de nuances, de sens critique. L'ancien dignitaire du rite écossais qu'était Maistre, défendait sa propre activité et ses amis, mais reconnaissait le rôle louche de certains autres frères. Ce texte montre la complexité et l'originalité de la pensée maistrienne et le danger des conclusions hâtives dans l'un ou l'autre sens à ce sujet. »

— Emile Dermenghem - Le Journal inédit ou Livre de raison de Joseph de Maistre. 1793.

« À l'époque mémorable où la France commence à s'ébranler, les gouvernements d'Europe avaient vieilli et leur décrépitude n'était que trop connue de ceux qui voulaient en profiter pour l'exécution de leurs funestes projets ; celui de la France surtout tombait en pourriture. Plus d'exemple, plus d'énergie, plus d'esprit public ; une révolution était inévitable ; car il faut qu'un gouvernement tombe, lorsqu'il a, à la fois, contre lui le mépris des gens de bien et la haine des méchants. La France possédait dans son jeune souverain un modèle de justice, de bonté, de vertu, de mœurs, de vertus religieuses: modèle que le contraste du dernier règne rendait plus éclatant encore. Il voyait sans chagrin l'opinion publique affaiblir le pouvoir arbitraire ; il encourageait même cette opinion; et dans le calme d'une conscience pure, il croyait n'avoir rien perdu quand il accordait tout à son peuple. »

— Joseph de Maistre. Lettre d'un royaliste savoisien. 1794.

« Les lois sont sans vigueur, le gouvernement reconnaît son impuissance pour les faire exécuter; les crimes les plus infâmes se multiplient de toutes parts; le démon révolutionnaire relève fièrement la tête; la Constitution n'est qu'une toile d'araignée, et le pouvoir se permet d'horribles attentats. Le mariage n'est qu'une prostitution légale ; il n'y a plus d'autorité paternelle, plus d'effroi pour le crime, plus d'asile pour l'indigence. Le hideux suicide dénonce au gouvernement le désespoir des malheureux qui l'accusent. Le peuple se démoralise de la manière la plus effrayante; et l'abolition du culte, jointe à l'absence totale d'éducation publique, prépare à la France une génération dont l'idée seule fait frissonner. »

— Joseph de Maistre. Considérations sur la France. 1796.

« car l'homme, qui ne vaut que parce qu'il croit, ne vaut rien s'il ne croit rien. »

— Joseph de Maistre. Examen de la philosophie de Bacon.

« Il y a dans la Révolution française un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu'on a vu et peut-être de tout ce qu'on verra... il n'y a plus de prêtres, on les a chassés, égorgés, avilis; on les a dépouillés. Et ceux qui ont échappé à la guillotine, aux bûchers, aux poignards, aux fusillades, aux noyades, à la déportation, reçoivent aujourd'hui l'aumône qu'ils donnaient jadis. Les autels sont renversés, on a promené dans les rues des animaux immondes sous des vêtements des pontifes. Les coupes sacrées ont servi à d'abominables orgies. Et sur ces autels que la foi antique environne de chérubins éblouis, on a fait monter des prostituées nues. »

— Joseph de Maistre - 1797 - Cité par Philippe Sollers. Chronique littéraire du 21 juin 2007.

« Ce franc-maçon nourri d'illuminisme condamna la Révolution française, la démocratie et les idées nouvelles. Difficile de trouver plus réac et moins fréquentable que Joseph de Maistre. Et pourtant les raisons ne manquent pas de le lire. Connaissez-vous Joseph de Maistre ? Non bien sûr, puisqu'il n'y a pas aujourd'hui d'auteur plus maudit. Oh, sans doute, vous en avez entendu parler comme du monstre le plus réactionnaire que la terre ait porté, comme un fanatique du trône et de l'autel, comme un ultra au style fulgurant. Sans doute, mais tellement à contre-courant de ce qui vous paraît naturel, démocratique, sacré, et même tout simplement humain, qu'il est urgent d'effacer son nom de l'histoire normale. ...Vous me dites que c'est un des plus grands écrivains français, peut-être, mais le style n'excuse pas tout, et vous voyez bien que son cas est pendable. Maistre, un Sade blanc. Ou si vous préférez, un Voltaire retourné et chauffé au rouge. ...Ne dites à personne que vous lisez Joseph de Maistre. Plus réfractaire à notre radieuse démocratie, tu meurs. »

— Philippe Sollers. Chronique littéraire. Le Nouvel Observateur, 21 juin 2007.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Joseph de Maistre: Œuvres, Pierre Glaudes (dir.) (Paris: Robert Laffont, 2007).
  • Nobilis Ioseph Maistre Camberiensis ad i.u. lauream anno 1772. die 29. Aprilis hora 5. pomeridiana (Turin, 1772)
  • Éloge de Victor-Amédée III (Chambéry, 1775)
  • Lettres d'un royaliste savoisien à ses compatriotes (Lausanne, 1793)
  • Étude sur la souveraineté (1794, post.)[20].
  • Lettre de Jean-Claude Têtu, maire de Montagnole, distict de Chambéry, à ses chers concitoyens, les habitants du Mont Blanc. (Chambéry). Chez Gorin père et fils, imprimeurs du département. 1795 (15 p.)[21].
  • De l'État de nature ou Examen d'un écrit de Jean-Jacques Rousseau sur l'inégalité des conditions (1795)[22].
  • Considérations sur la France (Londres [ Bâle ], 1796)[23].
  • Intorno allo stato del Piemonte rispetto alla carta moneta (Turin, Aoste, Venise, 1797-1799)
  • Essai sur le principe générateur des constitutions politiques (Saint-Pétersbourg, 1814)[24] .
  • Du Pape (Lyon, 1819, 2 volumes.)[25],[note 24] (apologie de la théocratie pontificale, au spirituel comme au temporel; cette œuvre inspira l'ultramontanisme du XIXe siècle)
  • De l'Église gallicane dans son rapport avec le Souverain Pontife pour servir de suite à l'ouvrage intitulé Du Pape (Paris-Lyon, 1821, post.)[26].
  • Les Soirées de Saint-Pétersbourg ou Entretiens sur le gouvernement temporel de la Providence, suivies d'un Traité sur les Sacrifices, édit. Rodolphe de Maistre, J.B.Pélagaud et Cie, imprimeurs-libraires. (Lyon etParis), 1821, 2 vol. post.)[27].
  • Lettres a un gentilhomme russe sur l'inquisition espagnole, édit. Rodolphe de Maistre (Paris, 1822, post.)[28].
  • Examen de la philosophie de Bacon, édit. Rodolphe de Maistre (Paris, 1836, 2 vol. post.)[29] .
  • Catéchisme de controverse, Seguin Aîné, 1838[30].
  • Lettres et opuscules inédits du comte Joseph de Maistre, édit. Rodolphe de Maistre (Paris, 1853, 2 voll. post.)[31],[32],[33].
  • Mémoires politiques et correspondance diplomatique, édit. Albert Blanc (Paris, 1858)[34].
  • Œuvres inédites, édit. Charles de Maistre (Paris, 1870, post.)
  • Œuvres complètes de Joseph de Maistre (Lyon, 1884-1886, 14 voll.)

Institut d'études maistriennes[modifier | modifier le code]

Institut fondé par Jacques Lovie en 1975 au sein du Centre universitaire de Savoie. Voir aussi l'Association des amis de Joseph et Xavier de Maistre. Publication de la Revue des études maistriennes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages ou articles en français
  • Jacques Alibert, Joseph de Maistre : État et religion, Paris, Téqui, coll. « L'Auteur et son message » no 20, 1990, 259 p., (ISBN 2-85244-985-4), (notice BnF no FRBNF35347157b).
  • Jules Barbey d'Aurevilly, Les prophètes du passé :
    • Première édition : Paris, L. Hervé, 1851, XXXVI-160 p., (notice BnF no FRBNF31760571v);
    • Dernière réédition (édition critique établie, présentée et annotée par David Cocksey), Paris, Éditions du Sandre, 2006, XVII-261 p., (ISBN 978-2-914958-41-7), (notice BnF no FRBNF401532181).
  • Philippe Barthelet (dir.), Joseph de Maistre, Dossier H, Lausanne, L'Âge d'Homme, 2005, 877 pages.
  • Francis Bayle, Les Idées politiques de Joseph de Maistre :
    • Première édition (thèse présentée devant la Faculté de droit de l'Université de Lyon), Lyon, Imprimerie C. Annequin, 1944, 158 p., (notice BnF no FRBNF31778984f).
    • Réédition (avec une lettre-préface de Jean Lacroix et une préface de Robert Pelloux), Paris, Éditions Domat-Montchrestien, 1945, 168 p., (notice BnF no FRBNF31778985s).
  • Abbé L. Carret, Finesse & géométrie dans Joseph de Maistre - Politique Guerre Tradition, Bourgoin, Imprimerie Paillet, 1937, 80 p..
  • Isaiah Berlin, Henry Hardy, « Joseph de Maistre et les origines du totalitarisme », Le Bois tordu de l'humanité : Romantisme, nationalisme, totalitarisme, Albin Michel, 225 p., 1992 (ISBN 978-2226056610)
  • Emil Cioran, Exercices d'admiration. Essais et portraits, chapitre « Joseph de Maistre. Essai sur la pensée réactionnaire », Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 1986, 213 p., (ISBN 2-07-070610-9), (notice BnF no FRBNF34914764t).
  • Charles-Albert Costa de Beauregard, Un homme d'autrefois : souvenirs recueillis par son arrière-petit-fils, le M[arqu]is Costa de Beauregard, Paris, Plon, 1877 (nombreuses rééditions), VII-480 p., (notice BnF no FRBNF30275762v).
  • Jean-Louis Darcel :
    • « Les Années d'apprentissage d'un contre-révolutionnaire: Joseph de Maistre à Lausanne, 1793-1797 », Revue des études maistriennes, no 10 (1986-87), p. 7-135.
    • « Joseph de Maistre et la Révolution française », Revue des études maistriennes, no 3 (1977), p. 29-43.
  • Émile Dermenghem, Joseph de Maistre mystique : ses rapports avec le martinisme, l'illuminisme et la franc-maçonnerie, l'influence des doctrines mystiques et occultes sur sa pensée religieuse. Paris, Éditions La Connaissance, 1923 (première édition, plusieurs rééditions chez d'autres éditeurs), 339 p., (notice BnF no FRBNF32018453g).
  • François Descostes :
    • Joseph de Maistre avant la Révolution : souvenirs de la société d'autrefois, 1753-1793. Paris, Picard, 1893 (2 vol.).
    • Joseph de Maistre orateur. Chambéry, Perrin, 1896.
  • Gilbert Durand, « Homo Latomus », dans Science de l'homme et tradition. Le "nouvel esprit" anthropologique. Paris, Éd. Tête de Feuilles/Éd. du Sirac, 1975, p. 134-161.
  • Marc Froidefont :
    • Théologie de Joseph de Maistre, Paris, Éditions Classiques Garnier, coll. "Études romantiques et dix-neuviémistes", 2010, 501 p. (ISBN 978-2-8124-0167-1)
    • "La philosophie de Joseph de Maistre", Conférences et Débats du Cercle d'études philosophiques d'Annecy, 2e trimestre 1999, p. 21-33.
    • "Joseph de Maistre et l'idée de monarchie", Revue d'études maistriennes, no 14, 2004, p. 413-424. (ISBN 2-7453-0958-7)
    • "Joseph de Maistre, lecteur d'Origène", dans le recueil Autour de Joseph et Xavier de Maistre, mélanges pour Jean-Louis Darcel, textes réunis par Michael Kohlhauer, Chambéry, université de Savoie, 2007, p. 109-118. (ISBN 2-915797-23-4)
  • Michel Fuchs, « Edmund Burke et Joseph de Maistre », Revue de l'université d'Ottawa, 54 (1984), p. 49-58.
  • Stella Ghervas, Réinventer la tradition. Alexandre Stourdza et l'Europe de la Sainte-Alliance, Paris, Honoré Champion, coll. « Histoire culturelle de l'Europe » no 9, 2008, 620 p., (ISBN 978-2-7453-1669-1), (notice BnF no FRBNF41245577z).
  • Claude-Joseph Gignoux, Joseph de Maistre : prophète du passé, historien de l'avenir Paris, Nouvelles Éditions Latines, coll. « Itinéraires », 1963, 223 p., (notice BnF no FRBNF33024879n).
  • Pierre Glaudes :
    • Joseph de Maistre et les figures de l'histoire [Texte imprimé] : trois essais sur un précurseur du romantisme français, Centre de recherches révolutionnaires et romantiques, Clermont-Ferrand, Université Blaise-Pascal, coll. « Cahiers romantiques » no 2, 1997, 154 p., (ISBN 2-910875-05-9), (notice BnF no FRBNF36971422v);
    • « Maistre et le sublime de la Révolution. Enjeux d’une conversion esthétique », Revue des études maistriennes, 14 (2004), p. 183-200.
  • Georges Goyau, La Pensée religieuse de Joseph de Maistre d'après des documents inédits, Paris, Perrin, 1921, IX-221 p., (notice BnF no FRBNF36036584h).
  • Édouard-Félix Guyon, « Joseph de Maistre : diplomate sarde, témoin et juge de son temps, 1792-1817 », Revue d'histoire diplomatique, 97 (1983), p. 75-107.
  • Frederick Holdsworth, Joseph de Maistre et l'Angleterre, Paris, Honoré Champion, coll. « Bibliothèque de la revue de littérature comparée » no 108, 1935, 323 p., (notice BnF no FRBNF37443012k).
  • Michael Kohlhauer, Politiques, poétiques du moi: Joseph de Maistre et la question du sujet, Revue des études maistriennes, 14 (2004), p. 201-229.
  • Camille Latreille, Joseph de Maistre et la papauté, Paris, Hachette, 1906, XIX-359 p., (notice BnF no FRBNF307484442).
  • Jean-Yves Leborgne, Joseph de Maistre et la Révolution, thèse de doctorat, Brest, Université de Bretagne Occidentale, 1976.
  • Henri de Maistre, Joseph de Maistre (avec une préface de Gabriel Matzneff), Paris, Perrin, 1990, 298 p., (ISBN 2-262-00756-X), (notice BnF no FRBNF351533077).
  • J. Mandoul, Un homme d'État italien : Joseph de Maistre et la politique de la maison de Savoie. Paris, Alcan, 1899.
  • Amédée de Margerie, Le Comte Joseph de Maistre : sa vie, ses écrits, ses doctrines, avec des documents inédits, Paris, Librairie de la Société Bibliographique, 1882, XXII-442 p., (notice BnF no FRBNF341712292). (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
  • Bastien Miquel, Joseph de Maistre, un philosophe à la cour du tsar, Paris, Albin Michel, 2000, 252 p., (ISBN 2-226-11414-9), (notice BnF no FRBNF37119489k).
  • Joseph-Marie Montmasson, L’Idée de Providence d'après Joseph de Maistre, thèse complémentaire, Lyon, Imprimerie E. Vitte, 1928, XXX-161 p., (notice BnF no FRBNF30972810c).
  • Valère Novarina, L'envers de l'Esprit, Paris, POL, 2009, 200 p., (ISBN 978-2-84682-323-4), (notice BnF no FRBNF42003016v).
  • Jean-Yves Pranchère :
    • Qu'est-ce que la royauté ? : Joseph de Maistre, Paris, Vrin, coll. « Pré-textes » no 5, 1992, 126 p., (ISBN 2-7116-1108-6), (notice BnF no FRBNF355174587).
    • L’Autorité contre les Lumières : la philosophie de Joseph de Maistre, Genève, Droz, coll. « Bibliothèque des Lumières » no 63, 2004, 472 p., (ISBN 2-600-00804-7), (notice BnF no FRBNF39257811j). — Édition remaniée d'une thèse de doctorat présentée devant l'Université de Rouen.
  • Jean Rebotton, Études Maistriennes. Nouveaux aperçus sur la famille de Maistre et sur les rapports de Joseph de Maistre avec monsieur Stedingk. Bibliothèque de l'Archivum Augustanum. Aoste. 1974.
  • Bernard Secret, Joseph de Maistre, substitut et sénateur, d'après des lettres inédites avec une introduction et des notes, Chambéry, Éditions Dardel, 1927, 40 p., (notice BnF no FRBNF313434220).
  • Alain-Gérard Slama. Les Chasseurs d'absolu : genèse de la gauche et de la droite :
  • George Steiner, Les Logocrates : de Maistre, Heidegger et Boutang (traduit de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat), Paris, L'Herne, coll. « Essais et philosophie », 2003 (première édition), 253 p., (ISBN 2-85197-430-0), (notice BnF no FRBNF390639064).
  • Robert Triomphe, Joseph de Maistre : Étude sur la vie et sur la doctrine d'un matérialiste mystique, Genève, Éditions Droz, coll. « Travaux d'histoire éthico-politique » no 14, 1968, 637 p., (notice BnF no FRBNF37245584z). — Reproduit une thèse de doctorat en lettres, présentée en 1955 devant la « Faculté des lettres, Paris ».
  • Pierre Vallin, "Les 'Soirées' de Joseph de Maistre: Une création théologique originale", Recherches des Sciences Religieuses, 74 (1986), p. 341-62.
  • François Vermale, Notes sur Joseph de Maistre inconnu, Chambéry, Perrin, M. Dardel successeur, 1921.
  • François Vermale, Joseph de Maistre émigré, Chambéry, Éditions Dardel, 1927, 175 p., (notice BnF no FRBNF31561361w).
  • Jean-Marc Vivenza, Maistre, Puiseaux, Éditions Pardès, coll. « Qui suis-je ? », 2003, 127 p., (ISBN 2-86714-300-4), (notice BnF no FRBNF389695611).
  • Paul Vulliaud, Joseph de Maistre franc-maçon :
Ouvrages ou articles en allemand
  • Charles Philippe Dijon de Monteton, Die Entzauberung des Gesellschaftsvertrags. Ein Vergleich der Anti-Sozial-Kontrakts-Theorien von Carl Ludwig von Haller und Joseph Graf de Maistre im Kontext der politischen Ideengeschichte, Frankfurt am Main et. al., 2007, 164 S., 2 Abb. (ISBN 978-3-631-55538-5)
Ouvrages ou articles en anglais
  • Carolina Armenteros, The French Idea of History: Joseph de Maistre and his Heirs, 1794-1854. Ithaca, NY et Londres: Cornell University Press, 2011.
  • Carolina Armenteros et Richard Lebrun, Joseph de Maistre and his European Readers: From Friedrich von Gentz to Isaiah Berlin. Lyde et Boston: Brill, 2011.
  • Carolina Armenteros et Richard Lebrun, Joseph de Maistre and the Legacy of Enlightenment, SVEC. Oxford: The Voltaire Foundation, 2011.
  • Carolina Armenteros et Richard Lebrun, The New enfant du siècle: Joseph de Maistre as a Writer, St Andrews Studies in French History and Culture, 1 (2010).
  • Carolina Armenteros, « Parabolas and the Fate of Nations: Early Conservative Historicism in Joseph de Maistre’s De la Souveraineté du peuple », History of Political Thought, 28, 2 (2007), p. 1-24.
  • Paul Beik, The French Revolution Seen from the Right: Social Theories in Motion, 1789-1799. Philadelphia, American Philosophical Society, 1956.
  • Owen Bradley, A Modern Maistre: The Social and Political Thought of Joseph de Maistre. Lincoln et Londres, University of Nebraska Press, 1999.
  • Cara Camcastle, The more moderate side of Joseph de Maistre, Ottawa, McGill-Queen's University Press, 2005.
  • Graeme Garrard, « Rousseau, Maistre, and the Counter-Enlightenment », History of Political Thought, 15 (Spring 1994), p. 97-120.
  • Elio Gianturco :
    • Juridical culture and politico-historical judgement in Joseph de Maistre (in Roman revue n. 27), 1936.
    • Joseph de Maistre and Giambattista Vico (Italian roots of the Maistre's political culture), New York, Columbia University, 1937.
  • Elisha Grieffer, Joseph de Maistre and the reaction against the eighteenth century, in American Political Science Review, p. 591-598.
  • Richard A. Lebrun :
    • Throne and Altar: The Political and Religious Thought of Joseph de Maistre. Ottawa, University of Ottawa Press, 1965.
    • Joseph de Maistre: An Intellectual Militant. Kingston and Montreal, McGill-Queen's University Press, 1988.
    • Joseph de Maistre's life, thought and influence: selected studies, Ottawa, McGill-Queen's University Press, 2001.
  • Charles Lombard, M. Joseph de Maistre. New York, Twayne, 1976.
  • John Courtney Murray, Political Thought of Joseph de Maistre, Review of Politics, 11 (1949), p. 63-86.
Ouvrages ou articles en italien
  • Benedetto Croce, Il duca di Serra-Capriola e Giuseppe de Maistre (in Archivio storico per le province napoletane, XLVII, p. 313-335), 1922.
  • Domenico Fisichella :
    • Giusnaturalismo e teoria della sovranità in Joseph de Maistre. Messina-Firenze, 1963. (en Id. Politica e mutamento sociale. Lungro di Cosenza, Costantino Marco Editore, 2002, p. 191-243. (ISBN 88-85350-97-[à vérifier : ISBN invalide])6.)
    • De Maistre. Roma-Bari, Laterza, 1993. (ISBN 88-420-4157-2).
    • Joseph de Maistre, pensatore europeo. Roma-Bari, Laterza, 2005. (ISBN 88-420-7598-1).
  • Gianfranco Legittimo, Sociologi cattolici italiani: De Maistre, Taparelli, Toniolo. Roma, Il Quadrato, 1963.
  • Umberto Eco, Serendipities: Language and Lunacy, 5th essay "the linguistic of Joseph de Maistre" 1998

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour Joseph de Maistre, le nom est traditionnellement prononcé [mɛstʁ] avec le S comme le « mestre » dans bourgmestre ; c'est ainsi qu'il est généralement entendu à l'université et dans les documents sonores (par exemple Sacha Guitry dans Le Diable boiteux, 1948). Son nom est plus rarement prononcé [mɛtʁ] comme « maître », sous l'influence de la prononciation adoptée par certains descendants (comme c'est le cas pour Patrice de Maistre).
  2. La Savoie faisait partie du Royaume de Sardaigne. À ce propos Joseph de Maistre écrivait en 1802 dans une lettre de protestation adressée à M. Alquier, ambassadeur de la république française à Naples (Œuvres complètes, vol. 1, p. XVIII):

    « Je ne suis pas français, je ne l’ai jamais été et je ne veux pas l’être. »


    Aussi dans l'Advertissement de la seconde édition des Considérations sur la France (publié à Bâle en 1797) l'écrivain et royaliste français Jacques Mallet du Pan dit clairement que l'auteur du livre [=de Maistre], pour ses expressions, n'est pas évidemment un Français (ici le link):

    « Son Auteur nous est inconnu; mais nous savons qu'il n'est point français: on s'en apercevra à la lecture de ce Livre. »

    — Considérations sur la France, Londres [Bâle], 1797, p. I.


    Albert Blanc, docteur en droit de l'université de Turin, éditeur des mémoires politiques et de la correspondance diplomatique du comte de Maistre, dans la préface de cette dernière (Correspondance diplomatique de Joseph de Maistre, Paris, 1860, vol. I, pp. III-IV) écrivait :

    « ...[le comte de Maistre] était un politique; ce catholique était un Savoisien ; il a vu les destinées de la maison de Savoie, il a souhaité la chute de la domination autrichienne, il a été, dans ce siècle, l'un des premiers défenseurs de [l'indépendance de l'Italie]. »

    C'est-à-dire que Joseph de Maistre était Savoyard et non Français. De plus, il est souvent nommé en italien Giuseppe de Maistre.
  3. Robert Triomphe a présenté en 1955 une thèse sur Joseph de Maistre devant la Faculté des Lettres de Paris. Cette étude est reproduite en 1968 dans un pavé de 637 pages publié aux éditions Droz de Genève. Il s'agit certainement de l'ouvrage le plus élaboré et le plus complet que l'on ait rencontré à ce jour parmi les nombreuses études qui fleurissent chaque année. L'auteur s'est acharné, dans une étude essentiellement à charge, à démontrer les erreurs des principes philosophiques exprimés par Joseph de Maistre : il ne sera pas le seul à combattre les idées du philosophe ultramontain ! Il met systématiquement en doute la bonne foi de l'auteur des Soirées de Saint-Pétersbourg. Il analyse en détail toutes ses attitudes publiques ou privées, jusqu'à douter de ses sentiments vis-à-vis de ses proches ou de ses amis. Selon Robert Triomphe, tout est calcul, tout est le fruit des manœuvres d'un homme de cour dont l'objectif est de parvenir. Malgré ce commentaire peu amène, mais aussi objectif que possible, l'ouvrage de Robert Triomphe mérite d'être recommandé pour sa qualité.
  4. Le 6 octobre 1792, les quatre commissaires de la Convention publièrent une proclamation dans laquelle ils déclaraient que la Savoie était libre de se donner un gouvernement de son choix. Dans sa séance du 21 octobre 1792, l'Assemblée Nationale des Allobroges reconnut que sur six cent cinquante-cinq communes, plus de six cents avaient voté pour la réunion à la République française. Parmi les communes qui avaient voté pour la réunion à la France, un grand nombre avait ajouté comme condition essentielle qu'on ne toucherait pas à la religion catholique. "Lors de la séance du 27 novembre 1792, la Convention déclare qu'elle accepte la réunion proposée et que dès ce moment, la Savoie fait partie intégrante de la République française. Une joie universelle se manifeste par des marques non équivoques. Tous les membres de l'Assemblée se lèvent. Les tribunes applaudissent; une foule de chapeaux est levée. Le Président met aux voix le projet de décret : il passe à l'unanimité... François Buzot observe que les Savoisiens ayant fait une constitution, il y aurait lieu de craindre qu'ils ne veuillent la suivre. Bertrand Barère demande et fait adopter l'ordre du jour motivé sur le décret qui déclare qu'il n'y aura qu'une constitution en France. Extrait de la feuille "Le Républicain, journal des hommes libres de tous les pays, publié à Paris par des députés patriotes".-N° 27 du 28 novembre 1792, pages 107 et 108.
  5. Exemple d'acte d'abjuration imposé aux religieux savoyards : « Je, Melchiotte Buisson, native de la commune de Chambéry, ayant divorcé depuis trente-deux ans, sous la dénomination de religieuse bernardine à Conflans, avec la raison, le bon sens et la nature, déclare reconnaître mon erreur, et j'en fais l'abjuration de même que de toutes mes illusions et impostures fanatiques. Je jure de maintenir la liberté et l'égalité, d'être fidèle à la République française, une indivisible et démocratique, de ne me permettre aucun propos quelconque en fait de religion, sous peine d'être déclarée suspecte et traitée comme telle. »-Archives municipales de Moutiers. Reg.VII-folios 245 et 246.
  6. Un exemple : " Le 2° Thermidor de l'an III, Un membre du Conseil municipal donne connaissance que depuis quelques jours, on a élevé une croix dans le cimetière, ce qui est une infraction à la loi du 23 ventôse dernier. Le Conseil, considérant que la loi susvisée prohibe tout signe extérieur de culte, arrête que la dite croix sera enlevée par le citoyen Blanchard. Le Conseil arrête que les citoyens Crud et Dumas sont députés pour assister aux exercices du culte chaque fois que les citoyens s'assembleront, afin de surveiller les dits exercices conformément à la loi." Moutiers. Reg.VII-folios 389 et 390.
  7. La liste des émigrés du Ier juillet 1794 contient les noms de 1030 ecclésiastiques. Sous le Directoire, en 1797, on compte 174 prêtres savoyards déportés au Bagne de l'île de Ré et dans la Citadelle du Château-d'Oléron.- Victor de Saint-Genis. Histoire de Savoie. Chambéry. 1869.
  8. Toujours prompt à faire allégeance aux maîtres du jour, le Sénat fut le premier corps constitué à reconnaître l'Assemblée des Allobroges et à venir lui rendre hommage le 24 octobre 1792. Désormais privée de ses insignes traditionnels, la cour siégeait face à une pique surmontée du bonnet de la Liberté ! Le sénat entérina la réunion à la République française le 28 novembre 1792. A nouveau les sénateurs multiplièrent les démonstrations patriotiques...Peine perdue, sa dissolution fut décidée par l'occupant et sa disparition fut officialisée le 23 mars 1793.
  9. Par l'arrêté du 28 mars 1793, le conseil général déclare suspects tous ceux qui avaient quitté la Savoie à l'arrivée des Français, quoiqu'ils fussent rentrés ensuite. Tous ceux de ces suspects qui seraient soupçonnés d'incivisme et de projets liberticides devaient être mis en état d'arrestation pour être ensuite traduits au tribunal révolutionnaire. Le 25 août 1793, les représentants du peuple près l'armée des Alpes proclament que quiconque sera convaincu d'avoir une correspondance avec l'ennemi pour favoriser ses projets, sera puni de mort et ses biens confisqués.
  10. Anne de Morand, âgée de soixante ans, emprisonnée à Chambéry le 16 août 1793, sera mise en arrestation domiciliaire à partir du 31 mars 1794 pour raison de santé. Elle ne sera libérée qu'après la chute de Robespierre le 9 thermidor an II, vers le mois d'août 1794. Joseph de Maistre, en poste à Saint-Pétersbourg, ne fera connaissance de sa dernière fille - Constance- qui venait d'avoir 21 ans, qu'en décembre 1814, lorsque sa famille est venue le rejoindre en Russie. Extrait de sa première lettre à sa fille de huit ans: "Cagliari, 13 janvier 1802. Ma chère petite Constance, comment se fait-il que je ne te connaisse point encore, que tes jolis petits bras ne se soient point jetés autour de mon cou. Je ne puis me consoler d'être si loin de toi...". Joseph de Maistre.
  11. "Sujets fidèles de toutes les classes et de toutes les provinces, sachez être royalistes. Autrefois, c'était un instinct, aujourd'hui, c'est une science. Serrez-vous autour du trône, et ne pensez qu'à le soutenir... Le roi n'est pas seulement le souverain, il est l'ami de la Savoie ; servons-le donc comme ses pères furent servis par les nôtres. Aimer et servir, voilà votre rôle. Souvenez-vous en, et oubliez tout le reste"
  12. "Je composais donc le badinage raisonnable qui suit. Il eut une vogue extraordinaire en Savoie et en Suisse ; mais nos efforts dans tous les sens devaient être inutiles, du moins pour longtemps. Montagnole est un village dans la montagne à deux ou trois mille de Chambéry. Un site sauvage, la simplicité des habitants et des vins détestables, avaient fait de ce nom une espèce de plaisanterie. C'est la raison qui me fit choisir pour amuser les oreilles allobroges. Je m'imposais de parler toujours français, et cependant, de faire toujours parler un laboureur. Je cherchais les expressions familières et les tournures nationales ; Jean-Claude Têtu fit beaucoup rire, c'est tout ce qu'il fallait." Joseph de Maistre. Cité par Corine Townley et Christian Sorrel, La Savoie, la France et la Révolution-Repères et échos-1789-1799., Chambéry, J.P. Madelon/Curandera/Atelier Hugueniot, 1989, p. 316.
  13. Blacas = Pierre Louis Jean Casimir de Blacas d'Aulps. Bonald = Louis de Bonald. D'Avaray = Antoine Louis François de Bésiade.
  14. « De vive voix, le comte de Maistre eut l'honneur d'assurer à l'Empereur qu'il ne se permit jamais d'attaquer la foi d'aucun de ses sujets ; mais que si par hasard quelqu'un d'eux lui avait fait certaines confidences, la probité et la conscience lui auraient défendu de dire qu'il avait tort ». Notice biographique par le comte Rodolphe de Maistre. Émile Vaton, Paris, 1873.
  15. Lettre du vicomte de Bonald à Joseph de Maistre. 10 juillet 1819 : « Vous me demandez ce que je pense de la Charte. Il me semble, Monsieur, que mon opinion sur le compte de cette aventurière n'est pas plus équivoque que la vôtre : c'est une œuvre de folie et de ténèbres ».
  16. Et pourtant, Louis XVIII avait écrit le 25 juin 1804 à Joseph de Maistre : « Votre excellent ouvrage m'a donné, Monsieur, presque autant de droits sur vous, qu'il vous en a donné sur moi... Je me suis réservé à moi-même le plaisir de vous assurer, Monsieur, de tous les sentiments que vous m'avez inspirés, et qui ne finiront qu'avec ma vie. »
  17. )Pour la biographie de Joseph de Maistre, on pourra se reporter au livre de Amédée de Margerie, Le Comte Joseph de Maistre – Sa vie, ses écrits, ses doctrines – Avec des documents inédits, 1882, (sur gallica.bnf.fr), qui en dépit de sympathies affichées envers le contre-révolutionnaire, offre un tableau détaillé de sa vie. Voir sinon Frank Lafage, Le comte Joseph de Maistre 1753-1821, itinéraire intellectuel d'un théologien de la politique (1998)
  18. En 1804, la loge de La Parfaite Union fut réorganisée à Chambéry sous le nom de Saint-Jean de la Triple Union.
  19. comme la thèse de l'abbé Barruel notamment, dans Les Mémoires pour servir à l'histoire du Jacobinisme
  20. ."La fraternité maçonnique unissait ces deux hommes. Maistre empruntera bientôt, grâce à Stedingk, le chemin de la loge et, avec lui, il reprendra ses incursions au pays de l'ésotérisme qu'il avait connu avant 1789, de sorte que son exil de Saint-Pétersbourg, s'il lui valut beaucoup d'épreuves, eut aussi, on ne saurait trop insister sur ce point, le caractère positif d'une renaissance. La loge de Stedingk relevait du Rite Écossais Rectifié... La vérité est que Joseph de Maistre ne renia jamais ses engagements fondamentaux, qu'ils fussent d'amitié, de fidélité maçonnique, d'action politique". Jean Rebotton.Études maistriennes. Bibliothèque de l'archivum Augustanum. Aoste. 1974. (Extrait d'une lettre de Joseph de Maistre en date du 16 décembre 1811 à M. de Stedingk de retour en Suède : Je vois que lorsqu'on est en Suède, il faut nécessairement être franc-maçon. Vous tenez la truelle. Marchez courageusement, Mon cher frère, dans le chemin du sixième ordre d'Architecture hors duquel il n'y a point de salut. Qu'il me serait doux, M. le Maréchal, d'être reçu dans votre loge, mais hélas il n'y a pas d'apparence que je vous revoie jamais... Consolons nous, comme vous le dites, M. le Maréchal, en songeant que ni le temps ni l'espace ne peuvent rompre les liens tissés par une si longue et si douce habitude). Citation par Jean Rebotton.
  21. Ferdinand de Brunswick-Lunebourg.
  22. Louis de Bonald et Joseph de Maistre avaient des théories relativement proches, comme l'exprime ce dernier peu avant sa mort : « Je n'ai rien pensé que vous ne l'ayez écrit, je n'ai rien écrit que vous ne l'ayez pensé. » Louis de Bonald n'hésite pourtant pas à mettre en valeur les exceptions qui différencient leurs deux systèmes. Voir pour cela l'article « M. de Bonald » dans Les causeries du lundi de Sainte-Beuve, ou encore George F. Fitzgibbon, « De Bonald and De Maistre », in The American Catholic Sociological Review, Vol. 1, No. 3 (octobre, 1940), p. 116-124.
  23. « Or, il n'y a point d'homme dans le monde. J'ai vu, dans ma vie, des Français, des Italiens, des Russes, etc. ; je sais même, grâces à Montesquieu, qu'on peut être Persan: mais quant à l'homme, je déclare ne l'avoir rencontré de ma vie; s'il existe, c'est bien à mon insu. », Considérations sur la France.
  24. Dans un article de la Nuova Antologia du 16 april 1928 (Guelfismo e nazionalismo di Giuseppe de Maistre) l'historien Niccolò Rodolico rappelle que le comte de Maistre en 1820, pendant la Restauration, fût attristé la dernière année de sa vie par les délais et les difficultés de l'impression de la deuxième édition de l'ouvrage (publiée de manière posthume à Lyon en 1821). De Maistre voulait dédier le livre au Pape Pie VII, qui avait pour le comte beaucoup d'estime, et il voulait publier son Du Pape au Piémont, mais il n'en eut pas la possibilité. Selon Rodolico, ces difficultés sont expliquées par l'état de l'opinion de 1819 au 1820 en Europe, depuis que les libéraux, les jansénistes et les anticléricaux avaient repris leurs activités, renforcé par la peur des gouvernements de provoquer de nouvelles polémiques.

Références[modifier | modifier le code]

  1. EXTRAIT DU REGISTRE DES ACTES DE BAPTÈMES DE St LEGER A CHAMBERY POUR L'ANNEE 1753: Le Ier avril 1753 est né, et le même jour a été baptisé, Joseph Marie, fils du seigneur François Xavier Maistre, avocat fiscal général et de dame Christine Demotz, mariés. Parrain: seigneur Joseph Demotz, sénateur au sénat de Savoie et juge-mage de la même province, ayeul de l'enfant. Marraine: dame Anne Marie Demotz, épouse du sieur Nicolas Perrin, substitut, avocat fiscal général, tante de l'enfant. Signé: C. Alex, curé.
  2. Georges Doublet : Les origines niçoises de Joseph et Xavier de Maistre. Compte-rendu et commentaires par François Vermale. Mémoires de la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie. Année 1929. Volume 66, pages 281 et suivantes.
  3. a, b et c Gustave Lanson, « Histoire de la Littérature Française », dans L'Époque Romantique, Hachette, 1951, p. 908.
  4. Victor de Saint-Genis- Histoire de Savoie-Chambéry. 1869 .(T.3-page 116).
  5. Lettre du 21 janvier 1791 à Costa de Beauregard
  6. L'Armée des Alpes révolutionnaire au nombre de 15 000 hommes, envahit la Savoie par Les Marches et Apremont. Les troupe sardes se replient pratiquement sans combattre sur les crêtes des Alpes. On note cependant la tentative de résistance isolée organisée par le colonel Charles-François de Buttet, futur beau-frère de Joseph de Maistre, en installant une batterie d'artillerie au Château des Marches (Ref: Trédicini de Saint-Séverin : Un Régiment Provincial en Savoie en 1792- Chambéry- Puthod-1836)
  7. Lettre du 14 décembre 1814 à M. l'amiral Tchitchagoff, à Londres.
  8. Restauration (histoire de France)
  9. Lettre de souvenirs de Constance de Maistre, duchesse de Montmorency-Laval, à ses neveux.
  10. EXTRAIT DU REGISTRE DES ACTES DE DECÈS DE LA PAROISSE DE St CHARLES A TURIN POUR L'ANNEE 1821 : Monsieur le comte Joseph Marie de Maistre, chev. Grand Croix de l'Ordre des S.S.Maurice et Lazare, ministre d'État, régent de la Grande Chancellerie, âgé de 68 ans, fils du très illustre comte François Xavier de Maistre et de la comtesse, Christine de Motz, épouse de Maistre, est décédé en Maison Prioca, muni des Saints Sacrements le 23 février 1821, lui survivant son épouse, madame la comtesse de Maistre née Françoise Marguerite de Morand, et, le 28 son corps a été transporté et inhumé à Altezzano dans l'église paroissiale. (Par une faveur spéciale du Roi et en dérogation aux derniers décrets concernant les transferts de sépultures, les cendres de Joseph de Maistre furent transférées en 1833 en l'église des Saints Martyrs de Turin) ;
  11. EXTRAIT DU REGISTRE DES ACTES DE MARIAGES DE St-LEGER A CHAMBERY POUR L'ANNEE 1786: L'an 1786 et le 17 septembre, ...ont reçu la bénédiction nuptiale ensuite de la commission expresse par nous donnée et en notre présence, (et celle) de Rd noble (André) Maistre, doyen de la Métropole, vicaire général et official de Tarentaise, messire Joseph Marie, comte Maistre, avocat général substitut au Sénat, fils de messire François Xavier comte Maistre, président au Sénat, et de feu dame Christine Demotz, d'une part, et demoiselle Françoise Marguerite, fille de feu noble Jean Pierre Morand, colonel d'infanterie, et de dame Anne Marie Favier du Noyer d'autre part. Etaient présents: noble Joseph Etienne Charrost de La Chavanne, colonel d'infanterie et noble Nicolas Perrin d'Avressieux, président honoraire au Sénat, témoins requis. Ainsi est. Signé: M.Perrin, vicaire.
  12. J.-M. Vivenza, Joseph de Maistre et le Rite Ecossais Rectifié, Dossier H, l'Âge d'Homme, 2005.
  13. Daniel Ligou. Romantisme. Année 1985 ; Volume 15 ; N°48 ; p.112-113. Publication des Mémoires de Joseph de Maistre commentés par Jean Rebotton. Genève. Slatkine. 1985. 145p.
  14. Soirées de Saint-Pétersbourg
  15. J. de Maistre, Réflexions sur le protestantisme dans ses rapports avec la souveraineté, 1798
  16. Réflexions sur le protestantisme
  17. François Furet, Mona Ozouf (eds.), Dictionnaire critique de la Révolution française, Flammarion, 1988.
  18. (en) Isaiah Berlin, « The Second Onslaught: Joseph de Maistre and Open Obscurantism » [PDF], Two Enemies of the Enlightenment, Wolfson College, Oxford,‎ 25–8 October 1965 (consulté le 11 December 2008)
  19. Lors du séjour de Joseph de Maistre et d'Alphonse de Lamartine du 17 au 21 septembre 1817 à Bissy.
  20. (fr) « Etude sur la souveraineté ([Reprod.]) / [Joseph Maistre] Maistre, Joseph de Maistre (1753-1821) », sur gallica.bnf.fr:80 (consulté le 13 juillet 2010)
  21. Imprimé en réalité à Lausanne à compte d'auteur pour être diffusé en Savoie sous le manteau.
  22. (fr) « Examen d'un écrit de J.-J. Rousseau sur l'inégalité des conditions ([Reprod.]) / [Joseph de Maistre », sur gallica.bnf.fr:80 (consulté le 13 juillet 2010)
  23. (fr) « Considérations sur la France », sur books.google.fr (consulté le 13 juillet 2010)
  24. (fr) « Essai sur le principe générateur des constitutions politiques et des autres institutions ... », sur gallica.bnf.fr:80 (consulté le 13 juillet 2010)
  25. (fr) « Du Pape, Volume 1 », sur books.google.fr (consulté le 13 juillet 2010)
  26. (fr) « De l'église gallicane dans son rapport avec le souverain pontife pour servir de suite à l'ouvrage intitulé Du Pape », sur books.google.fr (consulté le 13 juillet 2010)
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  28. (fr) « Lettres a un gentilhomme russe : sur l'inquisition espagnole », sur books.google.fr (consulté le 13 juillet 2010)
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  33. [BNF-Gallica]
  34. (fr) « Mémoires politiques et correspondance diplomatique de J. de Maistre Door Joseph Marie Maistre (comte de) », sur books.google.com (consulté le 13 juillet 2010)
  35. Page « Joseph de Maistre Franc-Maçon » sur le site web des éditions Archè.