Ferrare

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Ferrare
Blason de Ferrare
Héraldique
La cathédrale Saint-Georges.
La cathédrale Saint-Georges.
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Regione-Emilia-Romagna-Stemma.svg Émilie-Romagne 
Province Ferrare 
Maire Tiziano Tagliani
2009-2014
Code postal 44121-44124
Code ISTAT 038008
Code cadastral D548
Préfixe tel. 0532
Démographie
Gentilé sing. Ferrarais, Ferraraise ; plu. Ferrarais, Ferraraises
Population 135 369 hab. (31-12-2010[1])
Densité 335 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 50′ 00″ N 11° 37′ 00″ E / 44.83333, 11.61667 ()44° 50′ 00″ Nord 11° 37′ 00″ Est / 44.83333, 11.61667 ()  
Altitude Min. 9 m – Max. 9 m
Superficie 40 400 ha = 404 km2
Divers
Saint patron San Giorgio
Fête patronale 23 avril
Localisation

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Liens
Site web http://www.comune.ferrara.it/

Ferrare est une ville italienne de la province de Ferrare en Émilie-Romagne.

Située dans le delta du sur le bras nommé Pô de Volano, la cité actuelle remonte au XIVe siècle, alors qu'elle était gouvernée par la famille d'Este. Son centre historique figure au patrimoine mondial.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines de Ferrare sont incertaines ; son nom paraît pour la première fois dans un document d'Aistulf, roi des Lombards, datant de 754, comme faisant partie de l’exarchat de Ravenne. En 984, elle est le fief de Tedaldo, comte de Modène et de Canossa, neveu de l'empereur Othon Ier. Devenue indépendante et dirigée par la famille des Adelardi, elle fut assiégée et prise en 1101 par la comtesse Mathilde.

En 1146, à la mort de Guillaume, dernier de la famille Adelardi, Ferrare passa comme dot de sa nièce la Marchesella à Azzolino d’Este. Après quelques hostilités contre la famille des Salinguerra, Azzo Novello fut nommé podestat (premier magistrat) à vie en 1242 et en 1259 il fit prisonnier au cours d'une bataille Ezzelino de Vérone. Lui succéda son neveu Obizzo II d'Este (1247-1293) qui fut nommé par le Pape capitaine général et défenseur des États de l'Église.

Nicolas III (1393-1441) hébergea en 1438 le concile du pape Eugène IV et son fils Borso d'Este reçut les fiefs de Modène et Reggio de l'empereur Frédéric III du Saint-Empire, devenant duc en 1452, pour être ensuite fait duc de Ferrare en 1470 par le pape Paul II.

Son successeur Hercule Ier (1471-1505) dota la ville d'un magnifique plan d'urbanisme réalisé par l'architecte Biagio Rossetti. À cette époque, attirés par cette brillante cour, des artistes comme Pisanello, Andrea Mantegna et Piero della Francesca, donnèrent naissance à une "école" qui forma de grands peintres, tel que Francesco del Cossa ou Cosme Tura[2].

Hercule Ier se battit également contre Venise, guerre poursuivie avec succès par son fils Alphonse Ier, qui épousa Lucrèce Borgia (fille du pape Alexandre VI et sœur de César Borgia). En 1509 il fut excommunié par le pape Jules II et en 1512 affronta l'armée pontificale, prenant possession de Ravenne. Par la suite, il réussit à normaliser ses relations avec le Saint-Siège. Son fils Hercule II lui succéda ; ce dernier, marié avec Renée de France fille de Louis XII de France, régna de 1534 à 1559. Son fils Alphonse II, marié avec Barbara, sœur de l'empereur Maximilien II du Saint-Empire porta Ferrare à l'apogée de sa splendeur. Mais il n'eut aucun descendant mâle et en 1597 Ferrare fut déclarée fief vacant par le pape Clément VIII.

Par la Dévolution de 1598, la ville et son territoire, abandonnés par les Este passent sous le contrôle politique et administratif direct du Saint-Siège jusqu'à son intégration dans le Royaume de Sardaigne en 1859.

La ville[modifier | modifier le code]

Le monument le plus important est le Château d'Este, appelé aussi château Saint-Michel, un édifice en briques à plan carré doté de quatre tours défensives, situé en plein centre ville. Il fut construit à partir de 1385 et partiellement restauré à partir de 1554. Près du château, on peut voir l’arcispedale Sainte-Anne, où fut relégué Torquato Tasso en 1579-1586.

Le Palazzo del Municipio (hôtel de ville), reconstruit au cours du XVIIIe siècle, fut la première résidence de la famille d'Este qui est aussi à l'origine de la construction du Palazzo Schifanoia (sans souci) pour Alberto V d'Este en 1385.

Près de l'hôtel de ville se trouve la cathédrale Saint-Georges, construite par Guglielmo degli Adelardi (mort en 1146) et consacrée en 1135 quand furent achevées la façade principale et les façades latérales romanes. Les arcades de la partie supérieure de la façade sont du XIIIe siècle et l'intérieur fut restauré dans le style baroque à partir de 1712. Le clocher, de style renaissance fut réalisé en 1451-1493 et achevé à la fin du XVIe siècle.

Face à la cathédrale se trouve le Palazzo della Ragione (palais de la Raison), construit en briques dans le style gothique en 1315-1326.

Tout près se trouve le siège actuel de l’Université, tandis que son ancien siège, le Palazzo Paradiso (1391), abrite aujourd'hui la Biblioteca Civica Ariostea dans laquelle se trouve la collection la plus complète des éditions de l’Orlando Furioso et quelques lettres du Tasse ainsi que la Bible qui appartint au frère dominicain Girolamo Savonarole. La maison de l'Arioste fut construite par l'écrivain à partir de 1526 ; il y mourut en 1532.

Ferrare est depuis le XIIIe siècle un important centre hébraïque et un ghetto fut établi en 1626, privant ainsi la communauté de contacts prolongés avec le reste de la cité. C'est à cette époque que débute l'émigration juive et que la ville cesse d'être un important foyer de la vie juive. Pendant les années qui ont suivi les Lois raciales édictées en 1938 par le gouvernement fasciste, elle devint le théâtre de persécutions et d'un massacre rappelés par l'écrivain Giorgio Bassani (Bologne, 1916 - Rome, 2000) dans Gli Occhiali d'oro (Les Lunettes d'or, 1958), porté à l'écran en 1987 par Giuliano Montaldo, et dans Le Jardin des Finzi-Contini (1962), porté à l'écran en 1970 par Vittorio De Sica, et dans Una Notte del '43 (1956).

Les foyers de la Renaissance artistique en Italie :
Nord : Venise, Padoue, Ferrare, Mantoue, Milan, Parme.
Centre : Florence, Urbino, Pérouse
Sud : Rome.

Siège d'une université depuis 1391, elle vit comme étudiants au XVIe siècle Nicolas Copernic (1503) et Paracelse. Important centre humaniste, elle reçut à la cour des Este les plus grands poètes italiens du Quattrocento et du Cinquecento, Matteo Maria Boiardo, Ludovico Ariosto (Reggio Emilia - Ferrare) et Torquato Tasso, ainsi que les grands peintres de l'époque, Andrea Mantegna, Giovanni Bellini, Cosmè Tura (1432-1495), Francesco del Cossa (mort en 1480) et Ercole dei Roberti (mort en 1496) (la fameuse Officina ferrarese), Garofalo, Tiziano, Dosso Dossi et Battista Dossi, Scarsellino. De nombreuses œuvres de ces artistes sont aujourd'hui à la Pinacothèque nationale - abritée dans le Palazzo dei Diamanti.

Elle est la ville où naquirent le frère dominicain Girolamo Savonarole (Ferrare, 1452 - Florence, 1498) et le compositeur Girolamo Frescobaldi (Ferrare, 1583 - Rome 1643).

La ville est fière de son importante collection municipale d'œuvres des peintres locaux Giovanni Boldini (Ferrare, 1842 - Paris, 1931) et Filippo De Pisis (Ferrare 1986 - Milan, 1956) et une tradition confirmée d'expositions d'art internationales de très haut niveau organisées dans le Palazzo dei Diamanti, chef d'œuvre architectural du XVe siècle dû à Biagio Rossetti.

Ville appréciée des metteurs en scène italiens et étrangers, elle servit de décor, entre autres films, à Le Jardin des Finzi-Contini (Vittorio De Sica, 1970), La Longue nuit de 43 (Florestano Vancini, 1960), Par-delà les nuages (Michelangelo Antonioni - Wim Wenders 1995), Le Métier des armes (Ermanno Olmi, 2001).

Les saisons de danse, de concerts de musique classique, de théâtre et d'art lyrique produits dans le Teatro Comunale du XVIIIe siècle y sont importantes.

C'est sur la piazza Ariostea que se déroule le plus ancien palio d'Italie, dit de San Giorgio (le dernier dimanche de mai).

Autres manifestations : 1000 Milles automobiles (en mai), Ferrara Buskers' Festival (dernière semaine d'août), Premio Letterario Estense (fin septembre).

La ville est aujourd'hui un important centre universitaire, un pôle hospitalier et une des cités d'art mineures les plus visitées en Italie. Son enceinte de murailles de la Renaissance, de plus de neuf kilomètres de long, peut être entièrement parcourue à pied ou à bicyclette.

Monuments[modifier | modifier le code]

Administration[modifier | modifier le code]

Les maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1982 1999 Roberto Soffritti Parti des communistes italiens  
1999 2009 Gaetano Sateriale Démocrates de gauche  
juin 2009 en cours Tiziano Tagliani Centre-gauche  
Les données manquantes sont à compléter.

Hameaux[modifier | modifier le code]

Aguscello, Albarea, Baura, Boara, Borgo Scoline, Bova, Casaglia, Cassana, Castel Trivellino, Chiesuol del Fosso, Cocomaro di Cona, Cocomaro di Focomorto, Codrea, Cona, Contrapò, Corlo, Correggio, Denore, Focomorto, Francolino, Gaibana, Gaibanella Sant'Egidio, Malborghetto di Boara, Malborghetto di Correggio, Marrara, Mezzavia, Monestirolo, Montalbano, Parasacco, Pescara, Pontegradella, Pontelagoscuro, Ponte Travagli, Porotto, Porporana, Quartesana, Ravalle, Sabbioni, San Bartolomeo in Bosco, San Martino, San Nicolo, Spinazzino, Torre della Fossa, Uccellino, Viconovo, Villanova

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Argenta, Baricella (BO), Bondeno, Canaro (RO), Copparo, Ficarolo (RO), Formignana, Gaiba (RO), Masi Torello, Occhiobello (RO), Ostellato, Poggio Renatico, Ro, Stienta (RO), Tresigallo, Vigarano Mainarda, Voghiera

Population[modifier | modifier le code]

Évolution de la population en janvier de chaque année[modifier | modifier le code]

1861 1901 1921 1951 1961 1971 1981 1991 2001
64 204 81 301 106 768 133 949 152 654 154 056 149 453 138 015 130 992
2012 - - - - - - - -
135 291 - - - - - - - -


Ethnies et minorités étrangères[modifier | modifier le code]

Selon les données de l’Institut national de statistique (ISTAT) au 1er janvier 2011, la population étrangère résidente était de 10 593 personnes. Les nationalités majoritairement représentées étaient :

Pos. Pays Population
1 Drapeau de l'Ukraine Ukraine 1 782
2 Roumanie Roumanie 1 551
3 Drapeau de la Moldavie Moldavie 1 260
4 Drapeau de l'Albanie Albanie 1 022
5 Drapeau du Maroc Maroc 617
6 Drapeau de la République populaire de Chine Chine 561
7 Drapeau de la Pologne Pologne 329
8 Drapeau de la Tunisie Tunisie 326
9 Drapeau du Cameroun Cameroun 324
10 Drapeau du Nigeria Nigeria 305

Personnalités nées à Ferrare[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Homonyme[modifier | modifier le code]

Ferrare, « Méditation trentième » d'Alphonse de Lamartine

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Popolazione residente e bilancio demografico sur le site de l'ISTAT.
  2. Caroline Lemaître, « Actualités Italie », Connaissance des Arts, no 615,‎ avril 2004, p.36

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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