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Vue sur le Pô à Turin
Vue sur le Pô à Turin
Carte du bassin hydrographique du Pô.
Carte du bassin hydrographique du Pô.
Caractéristiques
Longueur 652 km
Bassin 71 057 km2
Bassin collecteur Bassin du Pô (France, Italie, Suisse)
Débit moyen 1 560 m3/s (embouchure)
Régime Pluvio-nival
Cours
Source Pian del Re
· Localisation Monte Viso, Crissolo, Piémont, Italie
· Altitude 2 022 m
· Coordonnées 44° 42′ 00″ N 7° 10′ 01″ E / 44.7, 7.167 (Source - Pô)  
Embouchure Adriatique
· Localisation Porto Tolle, Delta du Pô, Émilie-Romagne, Italie
· Coordonnées 44° 58′ 12″ N 12° 32′ 49″ E / 44.97, 12.54694 (Embouchure - Pô)  
Géographie
Pays traversés Drapeau de l'Italie Italie
Régions traversées Flag of Piedmont.svg Piémont
Flag of Lombardy.svg Lombardie
Regione-Emilia-Romagna-Stemma.svg Émilie-Romagne
Flag of Veneto.svg Vénétie
Principales villes Turin, Crémone, Plaisance, Ferrare

Le , en italien Po /pɔ/, en latin Padus, est le plus important fleuve italien tant par sa longueur, 652 kilomètres, par son débit maximum, 10 000 m3⋅s-1 à Pontelagoscuro, une localité sur le territoire de la commune de Ferrare, que par son bassin hydrographique qui couvre 71 057 km2, soit le quart du territoire national de l'Italie.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le fleuve fut d'abord appelé Ἠριδανός Eridanós par les Grecs, nom qui fait référence à un fleuve mythique qui se jetterait dans l'océan. Les Ligures l'appellent Bodinkòs, nom provenant d'une racine indoeuropéenne (*bhedh-/*bhodh-) qui signifie creuser.

Le nom latin Padus provient selon l'hypothèse la plus probable de la même racine. Selon une autre hypothèse, il proviendrait du mot celto-ligure pades, mot désignant une résine d'une variété de pin sauvage abondant à sa source.

Finalement, le nom actuel Pô dérive d'une contraction de Padus. Dans plusieurs langues européennes, surtout slaves (tchèque, slovaque, polonais, slovène, serbe, croate) et aussi en roumain, le fleuve est encore aujourd'hui appelé Pad.

Géographie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Val Pô, Plaine du Pô et Delta du Pô.
Le Pô à Turin.

Le Pô prend sa source à Pian del Re sur le territoire de la commune de Crissolo au pied du Monte Viso, à 2 022 m d'altitude, dans les Alpes occidentales du Piémont, et se jette dans la mer Adriatique, en formant un vaste delta de 380 km2 débutant à proximité de Ferrare, où le Pô se divise en trois branches : Le Pô principale (au nord de Ferrare), depuis Ferrare en Pô de Volano et Po di Primaro (ou Primaro ou Po morto di Primaro), pour former le Delta du Pô.

Le Pô principal se subdivise en cinq bras secondaires :

  • le Pô de Maestra,
  • le Pô de la Pila, le seul bras navigable,
  • le Pô des Tolle,
  • le Pô de Gnocca,
  • le Pô de Goro.

Son débit moyen à l'embouchure est de 1 560 m3/s.

Il traverse notamment quatre chefs-lieux de province : Turin, Crémone, Plaisance et Ferrare.

Bassin du Pô[modifier | modifier le code]

Article détaillé : bassin du Pô.
Vue de l'Italie en 1853, avec le bassin du Pô au premier plan.

Le bassin du Pô intéresse 3 200 communes et six régions : Piémont, Vallée d'Aoste, Lombardie, Vénétie, Émilie-Romagne et la Province autonome de Trente. Il couvre une grande partie de la plaine du Pô, région la plus riche d'Italie. Le bassin du Pô héberge 16 millions d'habitants. C'est un élément névralgique de l'économie italienne qui représente 40 % du PIB du pays, 37 % de l'industrie, 46 % des emplois, 55 % des productions animales, 35 % de la production agricole, et 48 % de la consommation d'électricité.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Le Pô est alimenté par 141 affluents

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Pontelagoscuro


Principaux affluents[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Navigation sur le Pô[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Navigation sur le Pô.
Source du Pô

Un temps le Pô était la plus importante voie de communication entre la mer Adriatique et le nord-ouest du pays. Depuis l’Antiquité on rejoignait le cœur de la Lombardie, emportant les personnes et les marchandises. Au fil du temps, le trafic s’intensifia, intéressant également le Tessin, le Mincio, l’Adda et tout le réseau de canaux artificiels construits entre le Moyen Âge et aujourd’hui.

Le fleuve fut parcouru dans les deux sens par des embarcations de plus en plus nombreuses et importantes en dimension. La descente était dans de nombreux cas problématique et, pour maintenir la route, il était fréquent en plus des rames et du timon de laisser traîner des chaînes sur le fond de la rivières. Pour la remontée du fleuve, en plus des voiles, on utilisait des attelages de chevaux, d’ânes, de bœufs et même d’hommes. Le batelier se servait également d’une grande perche pour pousser, lui-même marchant de long de la barque de l’avant à l’arrière.

Les barques de différents types (bucentaure, gabare, rascone, magàne, barbotte, burchi), variaient de par leurs dimensions mais avaient toutes la proue relevée et un fond plat qui leur permettait de naviguer sur des hauts fonds.

Actuellement le Pô est navigable sur 389 km depuis le débouché du Tessin jusqu'à la mer. Il existe des services actifs de navigation commerciale de Crémone à la mer (292 km).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Pô à Turin,
photo Henri Le Lieure

Le Pô est parfois identifié à l'Éridan de la mythologie grecque, fleuve où Phaéton, fils d'Hélios (le Soleil) et de Clymène, fut précipité par Zeus alors qu'il conduisait – en causant nombre de dégâts ! – le char de son père à travers la voûte céleste...

Au début du XVIIe siècle, les doges, inquiets de l'ensablement de leur lagune, firent dévier le cours du Pô vers le sud-est.

Catastrophe écologique de 2010[modifier | modifier le code]

Le 24 février 2010 est survenue la plus grande catastrophe écologique de l'histoire du fleuve. Des millions de litres de pétrole et d'hydrocarbures se déversèrent dans le Pô via le Lambro, un de ses affluents[1]. Cette marée noire a duré 5 jours selon la WWF et il n'est pas exclu qu'une partie du pétrole ait atteint la mer Adriatique.

Dans la nuit du 22 au 23 février, trois cuves remplies de pétrole de l'usine désaffectée Lombarda Petroli à Villasanta près de Monza furent sabotées. Selon les estimations, ce sont 2 000 à 3 000 litres de polluants qui se sont d'abord déversés dans le Lambro et ont pris la direction du Pô. Les systèmes d'alarme s'étant activés immédiatement, les pompiers, les services de la protection civile et l'ARPA (Agence Régionale pour la Protection de l'Environnement) posent des obstacles pour éviter le déversement du pétrole dans le Pô.

Malgré les efforts fournis toute la nuit, la marée noire atteint le Pô près de Plaisance le 24 février en fin de matinée.

Selon la WWF, le marée noire pouvait potentiellement atteindre la mer Adriatique le 1er mars avec des conséquences dévastatrices pour le fragile écosystème du delta. Afin d'éviter ces extrémités, la task force constituée des pompiers, de la sécurité civile, du corps forestier d'État et d'ingénieurs de l'ARPA, posa le long du Pô un matériau absorbant de 100 mètres de long pour retenir le pétrole. Cette opération fut une réussite et la majeure partie du pétrole fut retenue. Seule une partie infime du pétrole a peut-être atteint la mer, où il s'est évaporé sous l'effet du soleil et du vent.

Enfin, les effets du pétrole sur l'écosystème du Pô furent moindres que ceux subis par le Lambro où le pétrole s'est directement déversé.

Dans les arts[modifier | modifier le code]

  • Nelle vene quell'acqua d'argento (Dans les veines ce fleuve d'argent), roman de Dario Franceschini où sont abordés de nombreux thèmes culturels du Pô: les lavandières, la pêche de l'esturgeon, le halage des bateaux remontant le Pô, et le combat des habitants des villages riverains contre les formidables inondations du fleuve[2].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antonio Saltini, Dove l'uomo separò la terra dalle acque. Storia delle bonifiche in Emilia Romagna, Diabasis, Reggio Emilia 2004 (ISBN 8-8810-3433-6)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Les coordonnées de cet article :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) AFP et The Canadian Press, « Oil spill threatens Italy's Po River », CBC News,‎ 24 février 2010 (lire en ligne)
  2. Dans les veines ce fleuve d'argent. Dario Franceschini. Gallimard. Collection L'Arpenteur. Paris, 2008. ISBN 978-2-07078614-5