Torre Pellice

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Torre Pellice
Nom occitan La Toure de Pèlis
Nom piémontais La Tor dël Pélis
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Flag of Piedmont.svg Piémont 
Province Provincia di Torino-Stemma.svg Turin 
Code postal 10066
Code ISTAT 001275
Code cadastral L277
Préfixe tel. 0121
Démographie
Gentilé torresi
Population 4 735 hab. (31-12-2010[1])
Densité 225 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 49′ 00″ N 7° 14′ 00″ E / 44.81667, 7.23333 ()44° 49′ 00″ Nord 7° 14′ 00″ Est / 44.81667, 7.23333 ()  
Altitude Min. 516 m – Max. 516 m
Superficie 2 100 ha = 21 km2
Divers
Saint patron San Martino
Fête patronale 11 novembre
Localisation

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Torre Pellice est une commune de la province de Turin dans le Piémont en Italie. Torre Pellice est le siège principal des institutions de l'Église évangélique vaudoise. Le bourg doit son nom à la tour qui fut édifiée, sur la colline que l'on appelle aujourd'hui «del Forte» (du fort), autour de l'an 1000.

Géographie[modifier | modifier le code]

Torre Pellice se trouve dans le Val Pellice au confluent de la Pellice et de l'Angrogna, au pied du Mont-Viso, juste en face du Queyras.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de Torre Pellice, qui fut depuis le XIIIe siècle, pour moitié l'un des fiefs de la famille Rorenghi, une branche de celle de Comtes de Luserne et pour moitié un fief de la famille Manfredi, est étroitement liée à celle des Vallées vaudoises et du peuple vaudois.

Les témoignages de l'existence, dans les vallées, de nombreuses familles qui adhéraient au mouvement Vaudois, remontent au début du XIIIe siècle.

Avec l'adhésion des Vaudois, en 1532, à la Réforme protestante, Torre Pellice devint un centre d'échanges religieux et culturels à l'échelle européenne.

Du XVIe au XVIIIe siècle, Torre Pellice fut durement frappée par les persécutions religieuses. Celle de 1665, que l'on nomme Pâques Piémontaises fut particulièrement cruelle : les armées du Duc de Savoie saccagèrent le bourg dans lequel 279 familles sur 295 étaient vaudoises. Les vaudois en furent chassés en 1686, en application de l'Édit de Fontainebleau, promulgué par le Duc de Savoie Victor Amédée II, et durent, après une vaillante résistance, s'exiler en Suisse et en Allemagne. Mais ils revinrent entre 1689 et 1690, sous la conduite du pasteur Henri Arnaud, écrivant ainsi une épopée connue sous le nom de Glorieuse Rentrée.

Après la conquête du Piémont par les armées du Directoire, le bourg fit partie, de 1802 à 1814, du Département du Pô. Le retour de la Monarchie Sarde, en 1815, mit fin à la période de liberté religieuse qui avait transformé le bourg, sous le Premier Empire, en un centre culturel important. Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, le bourg connu un début d'industrialisation qui fut ralentie par le Blocus Continental.

Le 17 février 1848, les fidèles de l'Église évangélique vaudoise obtinrent du Roi de Sardaigne Charles-Albert leur émancipation, et la reconnaissance de leurs droits civils et politiques. L'évènement déclencha de grandes festivités dans les vallées, et depuis, chaque année, le soir du 16 février, les montagnes des Vallées vaudoises s'illuminent de feux de joie qui rappellent la concession de la liberté de conscience au peuple piémontais.

Au cours du XIXe siècle, Torre Pellice vit son industrie se consolider et sa population augmenter. Celle-ci crut de 2 343 habitants en 1819 à 6 000 vers 1900. Le bourg s'agrandit et l'on inaugura, en 1882, la voie ferrée Pinerolo-Torre Pellice.

L'industrialisation transforma le tissu social et fit apparaître un milieu ouvrier nombreux et bien organisé. La première section du Parti Fasciste fut créée à Torre Pellice en 1920, et en 1926, le conseil municipal fut contraint à la démission. Mais la majorité des habitants du bourg étaient antifascistes et eurent l'occasion de le démontrer dans les rangs de la Résistance.

Le centre du monde vaudois[modifier | modifier le code]

Le principal siège des institutions vaudoises[modifier | modifier le code]

Les persécutions religieuses ou les conditions économiques ont conduit, à diverses époques, de nombreux habitants des Vallées vaudoises à s'exiler, et l'Église évangélique vaudoise entreprit, après l'Unité Italienne de diffuser la parole évangélique dans l'ensemble du pays.

Un tiers seulement des fidèles de l'Église évangélique vaudoise résident aujourd'hui dans les 18 communautés voisines de Pignerol.

Torre Pellice, qu'Edmondo De Amicis appelait la Genève Italienne, accueille les nombreuses institutions et les édifices qui en font le centre du monde vaudois. Celles-ci comprennent notamment :

  • Le lycée vaudois (Liceo Valdese) [1] construit en 1832.
  • L'hôpital vaudois (Ospedale Valdese), qui fut construit avec l'aide du Tzar de Russie et du Roi de Prusse, et dont la gestion est désormais pilotée par l'administration régionale piémontaise.
  • Le nouveau Temple Vaudois (Tempio Valdese).
  • La maison des Diaconesses Vaudoises (Casa Valdese delle Diaconesse) [2].
  • La Maison Vaudoise (Casa Valdese) où se réunit le synode de l'Église évangélique vaudoise.
  • Le Musée Vaudois (Museo Valdese) de Torre Pellice [3].

Les premiers émigrants[modifier | modifier le code]

À la fin du XVe siècle, la population augmenta dans l'ensemble de l'arc alpin et de nombreux habitants des hautes vallées descendirent dans les plaines, au fil une émigration économique très progressive. Le village français de Lourmarin, au pied du massif du Luberon, dans la plaine de la Durance, doit son existence à Foulques III d’Agoult, qui fit venir dans les années 1470, une colonie de vaudois du Piémont, qui s’installa définitivement dans le village. Lourmarin est une pièce maîtresse dans l'organisation de la communauté vaudoise de l'époque qui s'étendit en trente ans à 24 villages prospères, qui mirent en valeur les terres marécageuses au sud du Luberon, puis sur le versant nord.

Après le massacre d'avril 1545, au cours duquel furent exterminés 3 000 vaudois du Luberon, une partie des survivants revinrent en Piémont, d'autres partirent en Amérique du Sud, dans la région de Darién, charnière des Amériques, à cheval sur la Colombie et Panama où ils s'installèrent auprès des Indiens Cuna. Cette rencontre de deux cultures minoritaires et de deux populations menacées, produisit une fusion des traditions vestimentaires et artistiques des uns et des autres. Aujourd'hui, les Indiens Cuna perpétuent cette étonnante tradition : les molas sont des fresques de tissus qui s'apprécient comme un véritable tableau.

Multilinguisme[modifier | modifier le code]

L'ensemble du Val Pellice est caractérisé par la coexistence de quatre parlers : l’italien, langue officielle depuis 1560, le français, langue officielle de l’Église vaudoise pendant deux siècles, l’occitan, langue littéraire du Moyen Âge et le piémontais, langue populaire et commerciale.

Sport[modifier | modifier le code]

Torre Pellice possède une équipe reconnue de hockey sur glace, la plus ancienne du Piémont, créée en 1934, le Hockey Club Valpellice qui a un passé dans la Serie A. A Torre Pellice jouent les équipes masculines et féminines des All Stars Piemonte.

À l’occasion des Jeux olympiques d'hiver de 2006, la région du Piémont a fait construire une nouvelle patinoire, la patinoire Giorgio Cotta Morandini.

Du 11 au 17 décembre 2006 se sont tenus les championnats du monde junior de hockey sur glace avec les équipes du groupe B de la division 1.

Administration[modifier | modifier le code]

Les maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
30 juin 2004 en cours Claudio Bertalot Centro-Sinistra  
Les données manquantes sont à compléter.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Angrogna, Villar Pellice, Luserna San Giovanni, Rorà, Bobbio Pellice

Sur les autres projets Wikimedia :

Hameaux[modifier | modifier le code]

Chabriols

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Habitants recensés


Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Popolazione residente e bilancio demografico sur le site de l'ISTAT.