Humbert Ier de Savoie
| Humbert Ier de Savoie | |
Tombeau d'Humbert aux Blanches Mains |
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| Titre | comte de Savoie (v. 1027 – v. 1047) |
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| Successeur | Amédée Ier de Savoie |
| Biographie | |
| Dynastie | Maison de Savoie |
| Naissance | Entre 970 et 980 Maurienne |
| Décès | v. 1048 |
| Conjoint | Ancilie d'Aoste ou Ancilie de Lenzbourg ou Ancilie de Nyon |
| Enfants | Amédée Ier de Savoie Berthold de Savoie Aymon de Savoie Othon Ier de Savoie Adélaïde de Turin |
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Humbert Ier de Savoie[1], dit « Humbert aux Blanches Mains » (en Italie Umberto I° di Savoia Biancamano), est né entre 970 et 980 en Maurienne, et mort un 1er juillet entre 1047 et 1048. Il fut comte de Maurienne, comte de Savoie d'environ 1027 à 1047 et le fondateur de la Maison de Savoie.
Sommaire |
Biographie[modifier]
Selon une légende, diffusée par la plupart des historiens jusqu'au XIXe siècle, son vrai père serait un certain Bérold, prince saxon, qui avait fui le Saint-Empire pour se réfugier dans le royaume de Provence après avoir été accusé d’amour impossible avec la femme de l’empereur. Ce Bérold serait un descendant du fameux Witikind, le vaillant antagoniste, puis ami de Charlemagne, mais cette légende aurait été fabriquée vers la fin du XVIe siècle, pour les princes de la Maison de Savoie afin de prouver leur origine saxonne et donc leur droit à ceindre, en tant que princes du Saint-Empire, la couronne impériale[2]. Il semble plus vraisemblable qu'il appartient à une famille de grands propriétaires de la combe de Savoie dont le frère serait Oddon, évêque de Belley[3].
Au début du XIe siècle, Humbert reçut le titre comtal[3]. Il détient le contrôle sur les comtés de Salmourenc, de Savoie en 1003, puis celui de Belley, de Nyon en 1018, enfin celui d’Aoste en 1024[4]. Il domine le nord du comté de Viennois avant 1025, puis celui de Sermorens. Il prête serment pour ces différents comtés au concile d'Anse de 1025. Il obtient grâce à une politique de mariage dans le Valais et dans le Chablais[4], avec l'ancienne abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune vers 1032[5]. En 1043, il obtient le comté de Maurienne[4]. Humbert semble avoir bénéficié de la faveur du dernier roi de Bourgogne-Provence (peut-être son beau-frère ou beau-père) Rodolphe III dit le « Fainéant », puis du successeur de ce dernier Conrad II le Salique, qui devint ensuite empereur romain germanique. Bernard Demotz souligne plutôt le rôle de conseiller auprès de la reine Ermengarde[4].
Humbert, fidèle lieutenant de l’empereur Conrad II, fut nommé, lors de la succession de Bourgogne, commandant de la marche de Maurienne (marquis) en 1033 pour soumettre l’évêque rebelle de Maurienne, qui, soutenu par Eudes II, comte de Blois, de Troyes et de Meaux, voulait s’affranchir de l’autorité impériale. Avec quelques troupes qu’il avait levées en Piémont, Humbert, organisa un long siège de la ville de Saint-Jean-de-Maurienne, résidence de l’évêque, puis la prit d’assaut et la fit entièrement raser[6].
L’empereur Conrad, annexa l’évêché de Maurienne à celui de Turin, et le siège épiscopal de Saint-Jean-de-Maurienne fut interdit jusqu’en 1061. Il récompensa son fidèle lieutenant en le créant comte souverain de Savoie (comes in agro Savojensi), et le titra (dates non connues) comte de Maurienne, cependant cette première concession, ne s’étendait qu’à une partie de la Maurienne et à quelques-unes de ses petites vallées. Plus tard Humbert devint aussi comte de la Tarentaise, comte du Val d'Aoste, comte de Bugey, comte de Chablais et comte de Sermorens (1038).
Humbert s’installa au château-fort de Charbonnières, bâti vers le milieu du IXe siècle et qui dominait la ville d’Aiguebelle, la capitale du comté, et défendait la vallée de la Maurienne. Il était situé à un endroit stratégique, aux marches de la vallée de La Rochette et de ce qui est aujourd’hui la Savoie Propre et la Haute-Savoie. Ce castel féodal resta jusque vers le milieu du XIIIe siècle la résidence ordinaire des premiers comtes de Savoie.
Le comte Humbert s’occupa activement d’améliorer le sort de la population, son surnom de aux blanches mains (Albimanus) semble être apparu au XIVe siècle et signifiait, pour certains, non pas qu’il avait les mains blanches, mais qu’il était un homme généreux, selon d’autres, l’appellation pourrait venir d’une déformation de aux blanches murailles montagneuses faisant référence aux montagnes enneigées, c'est-à-dire celui qui contrôle — qui a la main sur — le passage stratégique des grandes vallées alpines de la Savoie.
Famille[modifier]
Des interrogations existent sur l’identité réelle de son épouse :
- Ancilie d'Aoste (ou Ancilia, Ancilla, Auxilia), fille du recteur laïc de l’abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, qui semble la plus probable, au vu de la relation très forte de la maison de Savoie avec cette abbaye ;
- Ancilie de Lenzbourg (ou Ancillie de Lensbourg), (974-?), fille de Arnold Von Schannis, maître de cérémonie de la maison de Bourgogne ;
- Ancilie de Nyon, fille d’Anselme de Nyon.
Son épouse lui donna cinq enfants, dont :
- Amédée Ier de Savoie, surnommé la Queue (1016 - 1051), 2e comte de Savoie et de Maurienne ;
- Berthold de Savoie ou Bouchard ou Burckard (avant 1023 - 1065 ou 1068), coadjuteur d’Aoste, prieur de St-Maurice d’Agaune, archevêque de Lyon ;
- Aymon de Savoie, abbé bénédictin de St-Maurice d’Agaune, évêque de Sion (avant 1023 - 1053 ou 1054) ;
- Othon Ier de Savoie (v. 1023-1060), marquis en Italie (v. 1045), 3e comte de Savoie et de Maurienne (1051 à 1060) ;
- Adélaïde de Turin (v. 1025), ép. de Guigues le Vieux (1000 - 1070), comte d’Albon et de Grésivaudan.
Humbert mourut à Hermillon en juillet 1047/1048 et fut regretté de son peuple. Sous son règne, originaires de ses terres, vécurent :
- Saint Anselme (1033-1109), qui devint archevêque de Canterbury;
- Le moine Gérald l’Allobroge (vers 980 - 1061), qui fut pape sous le nom de Nicolas II ;
- Saint Bernard de Menthon, prédicateur et fondateur des hospices du grand et du petit Saint-Bernard.
Notes et références[modifier]
: ouvrage ou article utilisé comme source pour la rédaction de cet article
- Généalogie d'Humbert sur le site Medieval Lands
- Demotz 2000, p. 21-22.
- Christian Sorrel, Histoire de la Savoie en images : images, récits, La Fontaine de Siloé, collection « Les Savoisiennes », 2006, 461 p. (ISBN 2-84206-347-3), p. 116-117.
- Demotz 2000, p. 19-20.
- Ruth Mariotte Löber, Ville et seigneurie : Les chartes de franchises des comtes de Savoie, fin XIIe siècle-1343, Librairie Droz - Académie florimontane, 1973, 266 p. (ISBN 978-2-60004-503-2), p. 4.
- Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, Chambéry, 1937, p. 43
Bibliographie[modifier]
[Demotz 2000] Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, 2000, 496 p. (ISBN 2-05101-676-3).
Voir aussi[modifier]
Articles connexes[modifier]
- Maison de Savoie • Liste des comtes et ducs de Savoie
- Comté de Savoie • Comté de Maurienne
- Histoire de la Savoie au Moyen Âge
Lien externe[modifier]
André Palluel-Guillard, « Humbert Ier », www.sabaudia.org. Consulté le 15 janvier 2013 - in Dossier « La Maison de Savoie ». Site des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org.
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