Résistance en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale

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La Résistance en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale apparaît en 1943 avec la chute du régime fasciste. Pour de nombreuses personnes, elle est cependant la poursuite de la lutte menée depuis 1922 contre le régime de Benito Mussolini, arrivé au pouvoir cette même année.

L'antifascisme avant 1943[modifier | modifier le code]

L'antifascisme avant 1943 est venu de différents segments de la population italienne, notamment :

  • La Fédération Anarchiste Italienne, et les anarcho-syndicalistes de l'Union Syndicale Italienne, en lien avec les Arditi Del Popolo.
  • le parti communiste en exil, dirigé par Palmiro Togliatti. Son chef en titre, Gramsci, passe toute la période fasciste dans une prison. Soutenu par l'Internationale communiste, le PCI anime d'importantes campagnes d'opinion antifascistes et envoie de nombreux volontaires aux Brigades internationales en Espagne.
  • le comte Carlo Sforza, diplomate libéral, républicain convaincu malgré son titre, qui démissionne en 1922 de son ambassade à Paris pour s'opposer à l'arrivée au pouvoir de Benito Mussolini. Exilé, il deviendra une (voire la) grande figure morale de l'opposition au fascisme italien.
  • le mouvement Giustizia e Libertà, qui regroupe républicains, libéraux et fédéralistes de la gauche non marxiste. Actif en Italie, puis en Espagne au moment de la guerre civile (où il se range du côté des autonomistes catalans), le mouvement est décapité en 1937 avec l'assassinat en France de ses principaux dirigeants, les frères Nello Rosselli et Carlo Rosselli.
  • le mouvement Alleanza nazionale, d'inspiration monarchiste-constitutionnelle, entend faire contrepoids aux partis de gauche et a notamment pour objectif de convaincre la monarchie italienne de rompre avec le fascisme. Son principal dirigeant, le poète Lauro De Bosis, trouve la mort en 1931 aux commandes de son avion après avoir lâché sur Rome, du haut des airs, 400 000 tracts antifascistes et des livres d'histoire.
  • maints antifascistes, de diverses inspirations et obédiences, furent assassinés par les squadristes pendant les premières années du régime. Parmi les plus connus : Giacomo Matteotti (parlementaire socialiste), Giovanni Amendola (parlementaire libéral), Piero Gobetti (penseur libéral-socialiste), Don Minzoni (prêtre éducateur)...
  • encyclique "non abbiamo bisogno" du 29 juin 1931 qui condamne la "statolâtrie" (culte de l'État) et le culte de la force du fascisme


La Libération (1943-1945)[modifier | modifier le code]

Situation en 1943[modifier | modifier le code]

En 1943, compte tenu de l'avance alliée dans le sud de l'Italie, le roi Victor-Emmanuel III renverse (25 juillet 1943) Mussolini, le remplace par le maréchal Pietro Badoglio et l'Italie se range du côté des alliés (armistice du 8 septembre 1943). La Résistance prend de l'ampleur en Italie (surtout dans le centre-nord montagneux) après que Mussolini crée un État fantoche, la République sociale italienne, fabriqué de toutes pièces par les allemands.

Les Partisans ont souvent une orientation politique communiste, mais on retrouve aussi des libéraux, des catholiques et même des monarchistes. Ils sont groupés au sein du Comité de libération nationale (CLN, 9 septembre 1943) de la Haute-Italie et se rendent maître, lors de la débâcle allemande du printemps 1945, des localités de la plaine du Pô.

Le Comité de libération nationale (CLN)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Comité de libération nationale.

Le Comité de libération nationale italien est créé le 9 septembre 1943 pour suppléer à l'incapacité de la monarchie de prendre seule la charge de l'État à la suite de la chute du fascisme (25 juillet 1943) et dans le but d’empêcher la restauration du fascisme par les Allemands.

Sous la présidence d'Ivanoe Bonomi, le CLN est constitué des partis politiques antifascistes italiens :

Le CLN chapeaute des sous-comités tels le comité d’action militaire à Rome, des comités départementaux et même le Comité de la libération nationale pour l’Italie septentrionale.

La Résistance à Rome[modifier | modifier le code]

  • Le Front clandestin militaire de Rome (FCMR) : fort mouvement de résistance qui regroupe des militaires loyaux au roi et au gouvernement Badoglio. Le FCMR sert de réseau de renseignement pour le gouvernement antifasciste de Pietro Badoglio et participe à des actions de sabotage. Le FCMR est aussi le bras d'influence du gouvernement Badoglio au sein de la Résistance romaine.
  • Le Parti d'action (Pd’A) : mouvement le plus actif au début de la résistance romaine. Il regroupe de jeunes intellectuels républicains de gauche. Mais deux vagues d'arrestation entraînent sa quasi paralysie début 1944.
  • Le Parti communiste italien (PCI) : le plus efficace dans la lutte armée grâce à une petite élite de révolutionnaires ?professionnels et de jeunes étudiants. Le PCI est le seul à agir contre les Allemands dans le centre de Rome.
  • Le Movimento comunista d’Italia (dit « Bandiera rossa », du nom de son journal) est un grand parti d’extrême gauche, en concurrence avec le parti communiste. Il regroupe la gauche révolutionnaire non stalinienne (« trotskistes », anarchistes, etc.) qui attend surtout une révolution sociale dans la foulée de la Libération. Il recrute dans les banlieues ghetto créées par le régime fasciste, les « Borgate ».
  • Le Parti socialiste italien : malgré une bonne organisation et plusieurs actions de guérilla urbaine dans la banlieue, il reste relativement faible dans la lutte contre l’occupant.
  • Trois partis du CLN mobilisent contre le fascisme mais ne participent pas à la lutte armée : le Parti libéral, le parti « Démocratie du travail » et les Démocrates chrétiens (DC). Mais ces derniers patronnent un vaste réseau d’assistance en faveur des persécutés en étroite collaboration avec l’Église.
  • Il n'y a pas de maquis à Rome à l’exception des Castelli Romani.
  • Le Mouvement de Résistance interallié, créé en 1942, regroupant des Anglais, des Suisses, des Français,des membres du Vatican et des religieux Français, Italiens. le but de ce mouvement sera de sauver de la gestapo et de la police fasciste des prisonniers, évadés, des pilotes américains et anglais abattus lors des combats aux dessus de l'Italie en 1942,1943,1944.

À partir de 1943 et de l'effondrement du fascisme à Rome et de l'invasion allemande, le mouvement prendra en charge les juifs italiens et les juifs résidents français pour les cacher les nourrir les héberger jusqu'aux combats de juin 1944 libérant Rome des troupes allemandes et de la gestapo. Environ 3 500  personnes furent ainsi sauvées.

La Résistance dans le reste de l'Italie[modifier | modifier le code]

Deux principaux mouvements de résistance : PCAI et Pd'A.

  • dans les campagnes, des brigades s'organisent (les "Garibaldi", les "Justice et Liberté", les "Matteotti", les "Mazzini", les "Autonomes", etc.)
  • dans les villes apparaissent les SAP (Equipes d’Action Patriotique) et les GAP (Groupes d’Action Patriotiques) qui mènent aussi bien des actions de propagande que de guérilla urbaine, soutenus par des mouvements engagés tels que les Groupes de Défense de la Femme (GDD) et le Front de la Jeunesse (FdJ).
  • se produisent aussi des soulèvements spontanés qui ne sont pas encadrés, ou après coup, par une Résistance organisée : ainsi les Quatre journées de Naples (28 septembre au 1er octobre 1943), qui voient le petit peuple napolitain s'attaquer aux nazis qui occupaient la ville et les mettre en déroute avant l'arrivée des Alliés.

Au printemps 1944, les partisans italiens signent les accords de Saretto avec Max Juvénal, chef de la région R2 des Forces françaises de l'intérieur[1].

Bilan de la Résistance italienne[modifier | modifier le code]

Selon le maréchal, Albert Kesselring, commandant des forces d'occupation allemandes en Italie :

  • Les pertes allemandes contre les partisans italiens sont :
    • 5 000 tués et 7 000  blessés (été 1944 seulement)[2]
  • Les pertes du CLN s'élèvent à :
    • 16 000 tués, blessés ou capturés (depuis septembre 1943 à mai 1944)[3]

Quelques données[modifier | modifier le code]

  • 270 000 partisans
  • dont 45 000 tombés au combat et 23 000 torturés et massacrés.[réf. nécessaire]
  • 20 000 blessés

Sans oublier :

  • 19 000 civils passés par les armes[réf. nécessaire]
  • 8 000 prisonniers politiques jamais revenus des camps de concentration
  • 30 000 militaires jamais revenus des camps de concentration[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Max Juvénal, « Préface », in Amicale des maquisards et résistants . Secteur Ubaye, Journal de marche de la Résistance en Ubaye, Digne-les-Bains : Imprimerie départementale administrative, 1979, p. V.
  2. (en) Charles O'Reilly, Forgotten Battles: Italy's War of Liberation, 1943-1945, Oxford,‎ =2001
  3. (en) Roger Moseley, Mussolini: The Last 600 Days of Il Duce, Taylor Trade Publishing,‎ 2004

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Dietschy, Les partisans italiens et le découverte de la violence de guerre. Dans Cahiers de la Méditerranée, vol. 70 : Crises, conflits et guerres en Méditerranée (Tome 1) sur http://revel.unice.fr/cmedi/document.html?id=913 et [1].
  • Claudio Pavone, Une Guerre civile, essai historique sur l'éthique de la Résistance italienne, préface de Jacques Droz, coll. l'Univers Historique, édition du Seuil, Paris, 2005

Liens externes[modifier | modifier le code]