Mouvement 5 étoiles

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Mouvement 5 étoiles
Movimento 5 Stelle
Image illustrative de l'article Mouvement 5 étoiles
Logo officiel
Présentation
Fondation 4 octobre 2009
Leader Beppe Grillo
Idéologie Populisme
Euroscepticisme
Cyberdémocratie
Écologie politique
Décroissance
Anti-corruption
Anti-particratie
Altermondialisme
Anticapitalisme
Affiliation européenne Europe libertés démocratie
Couleurs Jaune et rouge
Site web www.movimentocinquestelle.it/
Représentation
Députés
104 / 630
Sénateurs
40 / 315
Députés européens
17 / 73

Le Mouvement 5 étoiles (en italien, Movimento 5 Stelle ou Cinque Stelle, M5S) est un mouvement politique italien qui se qualifie d'« association libre de citoyens »[1]. Il est dirigé par son fondateur, l'humoriste Beppe Grillo[2]. Ses militants sont appelés grillini ou activistes 5 étoiles en italien ; « grillistes » par Marc Lazar[3].

Lors des élections générales italiennes de 2013, le mouvement recueille plus de 23,5 % au Sénat, presque autant que la coalition du Parti démocrate, et plus de 25,5 % à la Chambre des députés, où il frôle le score du même parti (total Italie et circonscriptions étranger)[4]. Il obtient l'élection de 163 parlementaires, à leur première expérience électorale.

Historique[modifier | modifier le code]

Créé le 4 octobre 2009, à partir du site du blog de Beppe Grillo, sous la direction de Gianroberto Casaleggio, le Mouvement 5 étoiles est un mouvement politique, qui se qualifie de « non-parti » et qui prône la cyberdémocratie et la démocratie participative directe, inspiré par son « garant » Beppe Grillo (il est également le président de l'association déclarée avec ce nom en décembre 2012). Il compte 100 000 inscrits environ et quatre conseillers régionaux élus lors des dernières élections administratives, peu après sa création. Les intentions de vote lui donnent 4,6 % des voix au niveau national (Demos, novembre 2011), donnée qui dépasse le plus souvent les 15 % et approchait les 20 %, à la veille des élections générales italiennes de 2013. Lors des élections municipales italiennes de 2012, le Mouvement connaît un succès électoral conséquent, réussissant à faire élire un maire dès le 1er tour dans une petite ville et à participer au ballotage dans de nombreux chefs-lieu de province ou grandes villes dont Federico Pizzarotti à Parme. En 2012, on le crédite désormais de 19 % d'intentions de vote au niveau national (SWG, juin 2012). Lors des élections anticipées de l'Assemblée régionale sicilienne le 28 octobre 2012, le Mouvement se classe au 3e rang des coalitions et devient la première force politique de Sicile, avec plus de 18 % des voix.

Beppe Grillo à Rome, lors de la campagne électorale du Mouvement 5 étoiles en 2014.
Gianroberto Casaleggio, cofondateur et idéologue du mouvement.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Les cinq étoiles symbolisent : l'eau publique, les transports « durables », le développement, la connectivité et l'environnement[5]. Le V majuscule en rouge représente à la fois le "V" de la victoire et le début de « vaffanculo »[réf. nécessaire] (« va te faire foutre »[6]).

Dans le Mouvement 5 étoiles convergent des thèmes issus de l'écologisme et de l'antipartisme. Promouvant la participation directe des citoyens dans la gestion des affaires publiques à travers des formes de la démocratie digitale, le mouvement utilise les réseaux sociaux comme un moyen d'information s'exerçant sans censure, permettant une grande liberté. Ce mouvement vise à changer radicalement la société, mais aussi la façon de faire de la politique.

Du point de vue économique, il prône la création d'emplois « verts », le développement des énergies propres, la décroissance[réf. nécessaire], rejette ce qui est coûteux et polluant, comme les incinérateurs, et aspire à une meilleure qualité de vie.

Le programme économique du mouvement est d'inspiration libérale. Il préconise « la réduction de la dette publique à travers de fortes interventions sur le coût de l’État avec la lutte contre le gaspillage et le recours aux nouvelles technologies pour consentir au citoyen l'accès aux informations et aux services sans avoir besoin d'intermédiaires » ainsi que l'abolition des stock-options et des cascades de holdings pour les sociétés cotées.

Durant la campagne pour les élections générales de 2013, d'autres problématiques apparaissent, comme le refus de rembourser la dette publique ou la sortie de l'Italie de la zone euro ainsi que la création d'un « revenu de citoyenneté » pour tous, y compris pour les précaires, dont le coût est évalué entre 20 et 30 milliards d'euros[citation nécessaire].

Pour passer de la contestation à la proposition, Jean-Paul Fitoussi, de l'OFCE, a récemment été consulté, ainsi que Bruce Greenwald (Columbia University), Mauro Gallegati (Università di Ancona) et Joseph Stiglitz (Columbia University, prix de la Banque de Suède)[7].

Le Mouvement 5 étoiles propose l'adoption de projets de grande envergure en faveur de l'informatisation, de la conservation de l'énergie, de l'élimination des déchets et de la protection du territoire face à l'ultra-urbanisation. Il se définit comme « hors du clivage gauche-droite » mais d'après une enquête de l'Istituto Cattaneo, une écrasante majorité des électeurs du mouvement serait issue des partis de centre-gauche, d'après un article de Massimo Gramellini pour La Stampa[8].

Pour le journaliste et universitaire Erhard Stackl, il s'agit d'un « populisme qui va au delà du clivage droite-gauche »[9].

Élections générales de 2013[modifier | modifier le code]

Lors des élections générales italiennes de 2013, qui ont lieu en février, le Mouvement 5 étoiles arrive en troisième position, derrière la coalition de centre-gauche de Pier Luigi Bersani et la coalition de centre-droit de Silvio Berlusconi, mais loin devant la coalition du président du conseil sortant, Mario Monti. Avec plus de 23 % des voix, il est considéré comme le grand gagnant du scrutin[10], puisqu'il est devenu le premier parti[11][réf. insuffisante]. Beppe Grillo, chef de coalition, n'était pas candidat et ne sera donc pas élu. Tous les parlementaires du Mouvement n'ont jamais été élus précédemment, ont été sélectionnés sur vote Internet, sont fortement féminisés (38 %). La moyenne d'âge des élus est de 37 ans (33 ans à la Chambre, 43 au Sénat) : ce seront les groupes les plus jeunes du Parlement italien élu, lui-même le plus jeune des 16 législatures précédentes. Luigi Di Maio, étudiant, est élu vice-président de la Chambre des députés le 21 mars 2013.

Aux élections municipales partielles de 2013, le Mouvement 5 étoiles ne recueille pas le succès électoral initialement escompté, n'obtenant que 50 % des suffrages par rapport à février et ne se maintenant au second tour dans aucune grande ville[12]. Beppe Grillo, qui jusque là refusait d'être interviewé et conspuait le monde journalistique, change de tactique et participe désormais à des talks-shows, de même que les élus du mouvement[13],[14].

Élections européennes de 2014[modifier | modifier le code]

Lors des élections européennes de 2014, le M5E est souvent présenté comme le favoris du scrutin. Le soir des élections le parti obtient 25,6 % et 17 députés, ce qui est un bon score pour un parti partant sans élu, mais est analysé comme une défaite car il est largement distancé par le Parti démocrate de Matteo Renzi, qui obtient 40,8 % et 31 sièges[15]

L'affiliation européenne du parti fait débat, après un vote en ligne le 13 juin 2014 les militants choisissent, via un référendum très fermé, de rejoindre le groupe Europe libertés démocratie (ELD) présidé par le britannique Nigel Farage (UKIP) et réunissant quasi-exclusivement des partis d'extrême droite europhobes[16].

Programme politique[modifier | modifier le code]

Programme officiel : http://www.beppegrillo.it/iniziative/movimentocinquestelle/Programma-Movimento-5-Stelle.pdf

Prises de position diverses qui ne figurent pas dans le programme[modifier | modifier le code]

Résultat électoraux[modifier | modifier le code]

Votes % Sièges
Régionales 2010[17] 396.402 1,77 4
Nationales 2013 Chambre 8.689.458 25,55 109
Sénat 7.285.850 23,79 54

Ces données n'incluent pas le vote des Italiens à l'étranger, où il obtient 95 041 voix (9,67 %) à la Chambre et 89 562 voix (10 %) au Sénat.

Polémiques[modifier | modifier le code]

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Plusieurs observateurs ont cependant émis des critiques sur le Mouvement 5 étoiles et certains des « grillini » qui le composent : le Conseil représentatif des institutions juives de France a par exemple dénoncé l’amitié de Beppe Grillo pour Maurizio Blondet, qui dirige en Italie un site Internet antisémite[réf. nécessaire], ainsi que la désignation à la tête du groupe parlementaire à la Chambre des députés de Roberta Lombardi, une juriste qui avait fait polémique à cause de propos sur son blog laissant entendre pour certains journalistes une admiration pour le fascisme italien, notamment sur son « sens très élevé de l’État et de la protection de la famille »[18],[19],[20], chose rapidement démentie par l'intéressée[réf. nécessaire].

Fin février 2014, quatre sénateurs de Mouvement 5 étoiles sont exclus du parti à la demande de Beppe Grillo pour avoir critiqué son attitude lors d'un entretien avec le nouveau président du Conseil Matteo Renzi ; cette décision est critiquée comme étant une « purge »[21].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Flora Zanichelli, Mouvement 5 étoiles - Pour une autre politique en Italie, édition des Accords, 2013.
  • Gianni Barbacetto, Compagni che sbagliano. La sinistra al governo e altre storie della nuova Italia, Milan, Il saggiatore, 2007.
  • Paolo Crecchi, Giorgio Rinaldi, Beppe Grillo. La biografia non autorizzata del comico che ha fatto tremare la casta, Reggio Emilia, Aliberti, 2007.
  • Beppe Grillo, Tutte le battaglie di Beppe Grillo. www.beppegrillo.it, Milan, Casaleggio associati, 2007.
  • Paolo Crecchi, Giorgio Rinaldi, Indignati speciali contro la casta, Reggio Emilia, Aliberti, 2008.
  • Federica De Maria, Edoardo Fleischner, Emilio Targia, Chi ha paura di Beppe Grillo?, Milan, Selene, 2008.
  • Eurispes, 20º Rapporto Italia. RI 2008. Percorsi di ricerca nella società italiana Rome, Eurispes, 2008.
  • Emanuele Giudice, Walter Veltroni. Lo scompiglio tra scommessa e azzardo, Palerme, La Zisa, 2008.
  • Enrico Maria Milič con la consulenza di Enrico Marchetto, Francesco Biasiol e Roberto Costa, La rete partecipata: attivismo mediatico e politico nell'Italia del 2008. Studio Etnografico sui MeetUp degli “Amici di Grillo”, Trieste, SWG, 2008.
  • Francesco Orazi, Marco Socci, Il popolo di Beppe Grillo. Un nuovo movimento di cittadini attivi, Ancône, Cattedrale, 2008.
  • Andrea Scanzi, Ve lo do io Beppe Grillo, Milan, Mondadori, 2008.
  • Diego Pascale, Il naufragio della ragione, Milan, Pascale, 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Mouvement 5 étoiles.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://blogs.rue89.com/storitalia/2012/05/10/beppe-grillo-le-comique-qui-fait-la-peau-des-vieux-partis-227455
  2. Il se considère uniquement comme le « garant » du mouvement.
  3. Nouvelobs, 22 février 2013, article de Céline Lussato
  4. Ministère de l'Intérieur italien. Résultats des élections à la Chambre 2013
  5. http://www.polisemantica.blogspot.fr/2013/02/il-movimento-5-stelle-detto-m5s-beppe.html
  6. il Francese compatto Zanichelli, dictionnaire français-italien-français, entrée « vaffanculo »
  7. http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202618570624-grillonomics-stiglitz-et-fitoussi-planchent-sur-le-programme-economique-de-beppe-grillo-543966.php
  8. http://www.dagospia.com/rubrica-3/politica/compagni-di-beppe-la-stragrande-maggioranza-degli-elettori-di-grillo-non-il-popolo-deluso-46135.htm Article La Stampa/Dagospia sur les électeurs déçus des partis politiques italiens, en pleine crise
  9. Erhard Stackl, Nouvelles forces politiques en Europe, in The New York Times International Weekly, cité dans le supplément du Figaro, 19 mars 2013, page 2.
  10. http://www.leparisien.fr/international/italie-la-gauche-serait-nettement-en-tete-25-02-2013-2597609.php
  11. Archive des élections
  12. Philippe Ridet, « Le mouvement de Beppe Grillo échoue aux élections municipales », in lemonde.fr, 29 mai 2013.
  13. « Rome repasse à gauche », in Le Figaro Magazine, semaine du 14 juin 2013, page 26.
  14. « Grillo change de grille », in Le Nouvel Observateur, semaine du 6 juin 2013, page 18.
  15. « Maalox et calculette pour Beppe Grillo », sur lemonde.fr, 27 mai 2014.
  16. « Le Mouvement 5 Etoiles s’allie avec Nigel Farage en Europe », sur lemonde.fr, 16 juin 2014.
  17. Seulement en Campanie, Émilie-Romagne, Piémont, Vénétie et Lombardie
  18. Richard Heuzé, « Pas à pas, Beppe Grillo dévoile son jeu », in Le Figaro, 6 mars 2013, p. 7.
  19. Yohann Taïeb, « Beppe Grillo, le Dieudonné italien, aux portes du pouvoir », in crif.org, 27 février 2013.
  20. Lizzy Davies, « One of Beppe Grillo's MPs castigated for praise of fascism », in guardian.co.uk, 5 mars 2013.
  21. Philippe Ridet, « Mouvement 5 étoiles : les purges à portée de clic », in lemonde.fr, 27 février 2014.