Umberto Eco

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Umberto Eco
Linguiste occidentalXXe siècle
Umberto Eco en 2005
Umberto Eco en 2005
Naissance 5 janvier 1932 (82 ans)
Alexandrie, Drapeau de l'Italie Italie
Nationalité Drapeau de l'Italie Italienne
Principaux intérêts Linguistique, herméneutique, épistémologie, esthétique, littérature
Idées remarquables Signe, encyclopédie, métaphore, lecteur modèle, sémiosis illimitée
Œuvres principales Le Nom de la rose
Le Pendule de Foucault
Lector in fabula
Sémiotique et Philosophie du langage
Les Limites de l'interprétation
Influencé par Aristote, Abélard, Thomas d'Aquin, Guillaume d'Ockham, Charles S. Peirce, Karl R. Popper, Structuralisme

Umberto Eco, né le 5 janvier 1932 à Alexandrie dans le Piémont (Italie), est un universitaire, érudit et romancier italien. Reconnu pour ses nombreux essais universitaires sur la sémiotique, l’esthétique médiévale, la communication de masse, la linguistique et la philosophie, il est surtout connu du grand public pour ses œuvres romanesques.

Titulaire de la chaire de sémiotique et directeur de l’École supérieure des sciences humaines à l’université de Bologne, il en est professeur émérite depuis 2008.

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé en philosophie en 1954 à l'université de Turin (avec une thèse sur Thomas d'Aquin), il s'intéresse dans un premier temps à la scolastique médiévale (Sviluppo dell'estetica medievale, 1959), puis à l'art d'avant-garde (L'Œuvre ouverte, 1962) et à la culture populaire contemporaine (Apocalittici e integrati, 1964). Il rencontre un succès immédiat en Italie.

Devenu ensuite un pionnier des recherches en sémiotique (La Structure absente, 1968, Trattato di semiotica generale, 1975), il développe une théorie de la réception (Lector in fabula, Le rôle du Lecteur) qui le place parmi les penseurs européens les plus importants de la fin du XXe siècle.

Son premier roman, Le Nom de la rose (1980) connaît un succès mondial avec 17 millions d'exemplaires vendus à ce jour[Quand ?] et des traductions en vingt-six langues, malgré un contenu dense et ardu. Umberto Eco met en application dans ce « policier médiéval » ses concepts sémiologiques et ses théories du langage, ceux-là mêmes qu'il enseigne à Turin. En 2002, le quotidien La Repubblica le vend comme supplément au journal (tirage spécial à cette occasion : 2 millions d'exemplaires).

Son deuxième roman, Le Pendule de Foucault (1988) connaît également un énorme succès, quoique pour des raisons inverses : le public, guidé par Eco, part à la découverte de symboles énigmatiques ou prophétiques, à rebours de la dénonciation de l'ésotérisme qui est pourtant le propos de l'auteur, mais celui-ci démontre par la même occasion que le lecteur est libre de ses interprétations (théorie qu'Eco continue de développer dans ses œuvres théoriques sur la réception, Les Limites de l'interprétation en 1990). Le livre tourne d'ailleurs en ridicule l'interprétation à outrance des faits avérés ou légendaires de l'histoire, en tirant avec un égal succès des dimensions d'un simple kiosque à journaux le même genre d'informations de portée cosmique que certains se croient fondés à lire dans celles de la pyramide de Khéops.

Umberto Eco donne ensuite plusieurs conférences sur ses théories de la narration en littérature, Six promenades dans les bois du roman et d'ailleurs (1996), sur la traduction, Experiences in translation (2000), et sur la littérature, De la littérature (2003).

Le 17 février 1997, il reçoit le titre de docteur honoris causa par l'université Stendhal-Grenoble 3[1].

Tout au long de sa carrière, il écrit régulièrement dans des quotidiens et des hebdomadaires des chroniques sur des sujets de l'heure, avec un souci de « débusquer du sens là où on serait porté à ne voir que des faits ».

Plusieurs recueils, dont seulement certains ont été traduits, regroupent les textes les plus amusants, Pastiches et Postiches (1988) (Diario minimo, 1963) et Comment voyager avec un saumon (1998) (Il secondo diario minimo, 1992). Certains autres recueils regroupent des textes plus polémiques, Croire en quoi (1998), Cinq questions de morale (2000), Islam et occident (2002).

Parmi ses activités les moins connues, Umberto Eco est membre du Forum international de l'Unesco (1992), de l'Académie universelle des cultures de Paris (1992), de l'Académie américaine des arts et des lettres (1998) et a été nommé au conseil de la bibliothèque d'Alexandrie (2003). Il a assuré en 1992-1993 un cours à la chaire européenne du Collège de France sur le thème « La quête d'une langue parfaite dans l'histoire de la culture européenne ».

Fin octobre 2009, Umberto Eco propose l'ouvrage Vertige de la liste qui est traduit par Myriem Bouzaher.

En 2010, il est titulaire de plus de trente doctorats honoris causa[2].

Il est élu membre associé de l’Académie royale de Belgique (Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques) le 7 mars 2011[3].

Travaux[modifier | modifier le code]

Il fonde en 1988 avec Alain le Pichon l'Institut international Transcultura, réseau universitaire international.

Depuis 20 ans, ensemble avec ses partenaires chinois, africains ou indiens, l’Institut développe une approche de la connaissance réciproque et des méthodologies qu’elle suscite. Il s’agit, en considérant la réalité des forces et des ressources culturelles en présence, de proposer des scénarios d’échanges culturels et artistiques, fondés sur ce principe de réciprocité.

L'abduction[modifier | modifier le code]

Umberto Eco distingue quatre niveaux d'abduction:

  • l'abduction sur-codée
  • l'abduction sous-codée
  • l'abduction créative
  • la méta-abduction[4]

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Tous les romans sont traduits en français par Jean-Noël Schifano

Essais[modifier | modifier le code]

  • Le Problème esthétique chez Thomas d'Aquin (1993) (traduction de Il problema estetico in Tommaso d'Aquino, 1970, édition revue et développée de Il problema estetico in San Tommaso, 1956, sa thèse de doctorat)
  • Art et beauté dans l'esthétique médiévale (1997) (traduction de Arte e bellezza nell'estetica medievale, 1987, seconde édition de « Sviluppo dell'estetica medievale » in Momenti e problemi di storia dell'estetica, 1959)
  • L'Œuvre ouverte (1965, seconde révision 1971) (version originale révisée de Opera aperta, 1962 et incluant Le poetiche di Joyce, 1965) (extrait)
  • Il Nuovo Medioevo (1972) con Francesco Alberoni, Furio Colombo e Giuseppe Sacco (en espagnol : La Nueva Edad Media)
  • Pastiches et postiches (1996) (version augmentée de Diario minimo, 1963)
  • La Structure absente, introduction à la recherche sémiotique (1972) (édition révisée de La Struttura assente, 1968)
  • Le Signe, histoire et analyse d'un concept, adapté de l'italien par Jean-Marie Klinkenberg (1988) (Segno, 1971).
  • A semiotic Landscape. Panorama sémiotique. Proceedings of the Ist Congress of the International Association for Semiotic Studies, La Haye, Paris, New York, Mouton) 1979 (avec Seymour Chatman et Jean-Marie Klinkenberg).
  • La Guerre du faux (1985 ; 2008 pour la nouvelle édition chez Grasset) (tiré de Il costume di casa, 1973; Dalla periferia dell'impero, 1977 ; Sette anni di desiderio, 1983)
  • Beatus de Liébana (1982) (Beato di Liébana, 1973)
  • La Production des signes (1992) (version partielle de A Theory of Semiotics, version anglaise de Trattato di semiotica generale, 1975)
  • De Superman au Surhomme (1993) (Il superuomo di massa, 1976)
  • Lector in fabula ou la Coopération interprétative dans les textes narratifs (1985) (Lector in fabula, 1979)
  • Apostille au Nom de la Rose (Postille al nome della rosa, 1983)
  • Sémiotique et philosophie du langage (1988, PUF) (Semiotica e filosofia del linguaggio, 1984, Einaudi)
  • De bibliotheca (1986) (conférence du 10 mars 1981, Milan)
  • Notes sur la sémiotique de la réception (1987) (Actes Sémiotiques IX, 81. Documents de recherche. Centre national de la recherche scientifique - groupe de Recherches sémio-linguistiques (URL7 de l'Institut national de la langue française) École des hautes études en sciences sociales)
  • L'Énigme de la Hanau 1609 (1990) (Lo strano caso della Hanau 1609, 1989) (« Enquête bio-bibliographique sur l'Amphithéâtre de l'Éternel Sapience... de heinrich Khunrath. »)
  • Les Limites de l'interprétation (1992) (I limiti dell'interpretazione, 1990)
  • Comment voyager avec un saumon, nouveaux pastiches et postiches (1998) (traduction partielle de Il secondo diario minimo, 1992)
  • Interprétation et surinterprétation (1995) (Interpretation and overinterpretation, 1992)
  • La Recherche de la langue parfaite dans la culture européenne (1993) (La ricerca della lingua perfetta nella cultura europea, 1993) [détail des éditions]
  • Six promenades dans les bois du roman et d'ailleurs (1996) (Six Walks in the Fictional Woods, 1994)
  • Incontro - Encounter - Rencontre (1996) (en italien, anglais et français)
  • Croire en quoi ? (1998) (In cosa crede chi non crede ?, 1996)
  • Cinq questions de morale (2000) (Cinque scritti morali, 1997)
  • Kant et l'ornithorynque (1999) (Kant e l'ornitorinco, 1997)
  • (en) Serendipities: Language and Lunacy, Mariner Books, 1999
  • De la littérature (2003) (Sulla letteratura, 2002)
  • La Licorne et le Dragon, les malentendus dans la recherche de l'universel (collectif, 2003), sous la direction de Yue Daiyun et Alain Le Pichon, avec les contributions d'Umberto Eco, Tang Yijie, Alain Rey. Éditions Charles Léopold Mayer.
  • Histoire de la beauté (2004) (Storia della bellezza, 2004)
  • À reculons, comme une écrevisse (A passo di gambero, 2006)
  • Dire presque la même chose, expériences de traduction (2007) (Dire quasi la stessa cosa, esperienze di traduzione, 2003)
  • Histoire de la laideur (2007) (Storia della bruttezza)
  • Histoire de la beauté (2008) (Storia della bellezza)
  • La quête d'une langue parfaite dans l'histoire de la culture européenne Leçon inaugurale au Collège de France (1992), CD audio, Ed. Le Livre qui parle, 2008.
  • Vertige de la liste (Vertigine della lista), Flammarion, 2009. Cet essai est le pendant d'une exposition et d'une séries de conférences orchestrés par Eco, invité du musée du Louvre en novembre 2009.
  • De l'arbre au labyrinthe (2011) (Dall'albero al labirinto)
  • Confessions d'un jeune romancier (2013)
  • Histoire des lieux de légende (2013)
  • Construire l’ennemi (2014)

En collaboration[modifier | modifier le code]

Œuvres pour la jeunesse[modifier | modifier le code]

  • Les trois cosmonautes, avec Eugenio Carmi, Grasset, 1989

Traductions[modifier | modifier le code]

Umberto Eco a traduit en italien les Exercices de style, l'un des ouvrages les plus célèbres de l'écrivain français Raymond Queneau dont il est ami et admirateur (proche, par beaucoup de ses travaux, de l'Oulipo).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Université Stendhal-Grenoble 3.
  2. « Curriculum vitæ d’Umberto Eco », sur l’Académie royale de Belgique (consulté le 29 juin 2013), p. 1.
  3. « Umberto Eco », sur l’Académie royale de Belgique (consulté le 29 juin 2013)
  4. Pek Van Andel & Danièle Bourcier, De la sérendipité, Hermann, 2013, p. 75-83.
  5. Catherine Portevin, « Le livre est une invention aussi indépassable que la roue ou le marteau », Télérama, no 3117,‎ 10 octobre 2009 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]