Autodrome de Linas-Montlhéry

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Autodrome de Linas-Montlhéry
Autodrome de Linas-Montlhéry
Caractéristiques générales
Lieu Linas (France)
Coordonnées 48° 37′ 19″ N 2° 14′ 49″ E / 48.622054, 2.24703548° 37′ 19″ Nord 2° 14′ 49″ Est / 48.622054, 2.247035  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Autodrome de Linas-Montlhéry
Événements
Bol d'or
Dimensions
Nombre de virages 13
Longueur 12,5

L'autodrome de Linas-Montlhéry est un circuit automobile, situé dans le département français de l'Essonne, à cheval sur les communes de Linas, Bruyères-le-Châtel et Ollainville. L'autodrome de Linas-Montlhéry, construit en 1924 par l'architecte Raymond Jamin, sous l'impulsion de l'industriel Alexandre Lamblin, fabricant de radiateurs pour automobiles et avions, propriétaire du journal sportif, l'Aéro-sport, a reçu le label « Patrimoine du XXe siècle »[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Naissance du circuit[modifier | modifier le code]

Ce circuit est né en 1924 sous l'impulsion de l'industriel Alexandre Lamblin, fabricant de radiateurs pour automobiles et avions, également passionné de sports et possédant un journal sportif, l'Aéro-sport.

En ce début des années 1920, l'industrie automobile est en effervescence, cherchant à battre des records de vitesse et lançant des défis insensés (course voiture contre avion…). La Grande-Bretagne possède depuis 1907 le circuit de Brooklands, les États-Unis disposent du circuit d'Indianapolis construit en 1911, l'Italie celui de Monza élaboré en 1922.

Alexandre Lamblin fait l'acquisition, en 1923, d'un terrain situé sur le plateau de Saint-Eutrope, à Linas, non loin de Montlhéry. Deux études sont proposées et la moins onéreuse est retenue. Elle consistera en un anneau de vitesse de deux kilomètres et demi qui sera complété par la suite d'un circuit routier. Le circuit sera dessiné par l'ingénieur Raymond Jamin.

La piste sera ovale, offrira deux lignes droites de cent quatre-vingts mètres. Grosse particularité du circuit, les virages seront concaves, de forme parabolique cubique à axe vertical, le raccord étant tracé selon une spirale logarithmique. Le dessin doit permettre à des véhicules d'une tonne d'atteindre une vitesse de 220 km/h au sommet des virages. Le circuit, mesuré sur son axe médian, développe 2 548,24 mètres.

Mille tonnes d'acier et 8 000 m3 de béton seront nécessaires à deux mille ouvriers pour réaliser l'ouvrage, les travaux dureront six mois. L'usage d'éléments préfabriqués en feront un chantier d'avant-garde.

La construction de la piste de vitesse construite sur une charpente à la fois métallique et en béton débute le 15 mars 1924. L'autodrome est mis en service lors de son inauguration le 4 octobre 1924[2].

Plan du circuit routier de l'autodrome de Linas-Montlhéry.

L'âge d'or[modifier | modifier le code]

De nombreux pionniers des records équipés de leurs machines exceptionnelles investissent le circuit, venant particulièrement de Grande-Bretagne où les restrictions sonores imposées par les autorités brident leur fougue. Deux mois à peine après son inauguration, une centaine de records sont établis voire battus sur l'autodrome. Le premier exploit est à mettre sur le compte de la marque Rolland Pilain, puis le record du tour de piste sera pendant longtemps l'apanage de Gwenda Stewart sur Derby Miller avec une moyenne de 234,681 km/h.

De nombreuses courses seront organisées sur le circuit. Le circuit routier de douze kilomètres et demi, construit rapidement en 1925, permettra d'accueillir durant l'été le Grand Prix de l'Automobile Club de France. Parmi les spectateurs venus nombreux assister à cette course, se trouve le président de la République. Lors des courses, les véhicules tournent dans le sens des aiguilles d'une montre, les records sont établis dans l'autre sens. Cette première course sera endeuillée par la mort d'Antonio Ascari qui, au volant de son Alfa Romeo P2, ne pourra éviter un accident sur la nouvelle portion du circuit, le 26 juillet 1925. La victoire sera finalement remportée par la Delage douze cylindres pilotée par Robert Benoist. Ce Grand Prix sera de nouveau organisé sur l'autodrome en 1931, puis de 1933 à 1937, sous différentes formes, le public sera toujours au rendez-vous, passionné par les duels entre Alfa Romeo et Bugatti et l'entrée en lice des Auto Union, des Mercedes et des Delage.

En 1930, Alexandre Lamblin, fondateur du circuit, tombe gravement malade et liquide son journal L'Aéro-sport. Le 18 octobre 1932, son usine est mise en faillite ; il meurt des suites de sa maladie en 1933, ruiné et dans l'anonymat.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Devant les frais d'exploitation élevés et l'état du revêtement de béton se dégradant et ne permettant plus de faire tourner les monoplaces à vitesse élevée, les administrateurs de l'autodrome doivent se résigner à sa vente en 1939. Les sept cent cinquante hectares du domaine seront acquis par le Domaine national qui les mettra à la disposition du ministère de la Guerre. La Seconde Guerre mondiale aura des conséquences dramatiques pour le circuit : il sera très fortement endommagé.

Contre versement d'une redevance annuelle aux Domaines, l'Union technique de l'automobile, du motocycle et du cycle (UTAC) obtiendra du ministère de la Guerre, en décembre 1946, un bail de longue durée pour gérer au civil les pistes et installations de l'autodrome, sous condition de sa remise en état, de l'entretien et de l'organisation de compétitions. La réhabilitation des circuits durera deux ans et verra l'élaboration d'une tour de contrôle, d'une tribune de mille places, de l'aménagement d'une station de carburant, de pistes à surface spéciale ainsi que la création de laboratoires.

Le 27 septembre 1953, une 2 CV « barquette » créée par Pierre Barbot et pilotée par Jean Vinatier bat neuf records du monde dont : douze heures à 90,96 km/h de moyenne et vingt-quatre heures à 85,02 km/h de moyenne.

Ces travaux vont permettre au circuit d'accroître son activité, en particulier dans les domaines techniques et expérimentaux (entre autres, les bancs d'essai de l'Auto-Journal), tout en organisant des compétitions. Ainsi, les coupes du Salon de l'automobile s'y tiennent en octobre puis, dès 1956 mais de façon anecdotique, s'y déroulent les Mille kilomètres de Paris.

Malheureusement, le tracé du circuit n'est plus adapté aux vitesses de plus en plus élevées, pour preuve, l'accident qui, en 1964, emportera Peter Linder, Franco Patria et trois commissaires de piste.

Les 1 000 kilomètres de Paris ne reprendront qu'en 1966 pour voir leurs derniers tours de piste en 1994. Les deux derniers événements à se produire sur l'autodrome seront les coupes du Salon et le Grand Prix de l'Âge d'or. Ce dernier restera, en 1996, la troisième manifestation automobile de France après les 24 Heures du Mans et le Grand Prix de France de Formule 1. Les Coupes du salon ne pourront plus être organisées, faute de concurrents suffisants.

Le chant du cygne[modifier | modifier le code]

Stage de Formule Renault sur l'autodrome, avril 2002

L'évolution des consignes de sécurité ont confronté le circuit à plusieurs homologations telles celle d'avril 1997 puis celle de 2001 par la Commission nationale des circuits de vitesse. La dernière en date a été délivrée le 9 mai 2001 pour une durée de quatre ans (Journal officiel de la République française no 114 du 17 mai 2001). Cette homologation est indispensable pour toute organisation de compétition. Des travaux de réaménagement ont dû être effectués afin de pouvoir continuer de recevoir les coupes du Salon ou le Grand Prix de l'Âge d'or, tels l'implantation d'un grillage de protection des spectateurs dans la ligne droite menant aux tribunes jusqu'au virage dit des deux ponts, ou en haut de l'anneau, devant pouvoir résister à des chocs à 300 km/h.

L'homologation n'a pas été renouvelée en 2004. Afin de remettre le circuit aux normes, il faudrait débourser plus de quinze millions d'euros. C'est pourquoi le 20 juin 2004 s'est déroulé sur l'autodrome le quarantième et dernier Grand Prix de l'Âge d'or. Désormais, le circuit n'est plus consacré qu'aux tests de constructeurs par l'UTAC. Le futur probable du circuit risque d'être son démantèlement, c'est pourquoi l'Association pour la sauvegarde de l'autodrome de Linas-Montlhéry (ASALM) a été mise sur pied sous le parrainage de : Christian Estrosi, Hubert Auriol, Henri Pescarolo, Patrick Tambay, Patrick Delage, Jean-Claude Andruet, Jean-François Baldé, Jean-Pierre Beltoise, Jacky Hutteau.

Néanmoins, des stages de pilotage sont organisés chaque week-end par la société Renault-Mygale sur une portion de circuit de 1,4 kilomètre, avec des monoplaces de type Formule Renault Campus 2000 (moteur de 1 400 cm³ développant 113 ch, boîte 5 vitesses séquentielles, 450 kilogrammes, 210 km/h de vitesse de pointe).

Motocyclette[modifier | modifier le code]

Records[modifier | modifier le code]

  • En 1929, Herbert Le Vackl dépasse les 200 km/h sur un tour au guidon d'une Brough Superior ;
  • Le 5 octobre 1934, Marcel et Robert Pahin battent plusieurs records et notamment celui des 2 000 km à 120,3 km/h, les 24 heures avec 2 849,23 km à 118 km/h au guidon d'une Peugeot 515 ;
  • Le 8 mai 1938, Henri Nougier bat quatre records dont celui des 50 km à 115,32 km/h ;
  • Les 8 et 9 novembre 1953, les 350 et 500 Norton fish signent 141 records… ;
  • Le 7 avril 1957, une Vespa spéciale nommée Vespa Monthléry établit 17 records du Monde, conduite par sept pilotes. Parmi les records établis, figure celui de la moyenne horaire : 134 km/h ;
  • La Velocette établit le record de vitesse à 100 mph (160 km/h) de moyenne sur 24 heures.

Compétitions[modifier | modifier le code]

Le Bol d'or s'y est tenu de 1937 à 1939, de 1949 à 1950, de 1952 à 1960 et de 1969 à 1970 (victoire de Michel Rougerie et Daniel Urdich sur Honda CB 750 Four pour la renaissance de l'épreuve).

Manifestations[modifier | modifier le code]

Les Coupes Moto Légendes, réunion internationale de motos anciennes, alliant confrontation sur le circuit, concours de restauration et brocante sont nées ici et s'y sont tenues de 1993 à 2003.

En 2010, Ken Block est venu pour y faire un gymkhana car, pour lui, le circuit et sa rampe de 51 degrés sont un vrai défi.

Ken Block dans un virage sur le circuit de Linas-Monthléry.

Depuis 2010, l'UTAC à rouvert ses portes lors de la journée « Trackday » pour les amateurs, sur des sessions de roulage libre. En 2012, le public aura accès au circuit, en réservant ses places par Internet.

La grande fête des Youngtimers a réuni 700 autos des années 1970 à 90, pour une exposition et des démonstrations. L’occasion pour le public venu nombreux de retrouver sa jeunesse et ses souvenirs au volant de modèles cultes : Golf GTI, Renault Clio Williams, Ford RS, Citroën BX Sport, Saab 900 Turbo, Jaguar, Autobianchi, Alpina BMW, Mercedes, Datsun, Toyota, Audi, Honda Civic… et bien d’autres modèles étaient à découvrir. Une grande fête qui a également mobilisé les clubs, (Team91) de plus en plus nombreux à fédérer les Youngtimers[3].

Le 20 septembre 2014, le Mustang Club de France parvient à l'organisation d'une parade pour le Mustang Day sur le tracé de 3,405 km. Plus d'une centaine de véhicules effectuent alors 3 tours de circuit.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Monuments labellisés Patrimoine du XXe siècle en Essonne sur le site du ministère français de la Culture. Consulté le 22/01/2010.
  2. Louis Baudry de Saunier, Pol Ravigneaux, Charles Faroux, La Vie automobile, Dunod,‎ 1925, p. 172
  3. http://www.newsclassicracing.com/Youngtimers-Club-2013

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Autodrome de Linas-Montlhéry : le pari fou d'Alexandre Lamblin, mai 2014, (ISBN 9 782 362 140 280), Éditeur - Le Voyageur Éditions - Paris.
  • Magazine Sciences et Voyages no 292, 2 avril 1925, article : la France est dotée de deux autodromes qui comptent parmi les mieux installés du monde entier.
  • La Piste routière de Linas-Montlhéry et son revêtement au Colas, Magazine Le Génie Civil no 6, 8 août 1925 et no 13 du 26 septembre 1925, par Pierre Grézaud.
  • (en)The story of the Paris autodrome 1924-1960, By William Body, Éditions Montagu Motor Book 1961

Liens externes[modifier | modifier le code]

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