Val de Suse

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Val de Suse
Vue de la vallée au départ de Turin
Vue de la vallée au départ de Turin
Massif Alpes grées / massif du Mont-Cenis / massif des Cerces / Alpes cottiennes
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Piémont
Province Turin
Coordonnées géographiques 45° 08′ N 7° 03′ E / 45.133, 7.0545° 08′ Nord 7° 03′ Est / 45.133, 7.05

Géolocalisation sur la carte : Piémont

(Voir situation sur carte : Piémont)
Val de Suse

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Val de Suse
Orientation est
Longueur 80 km
Type Vallée glaciaire
Écoulement Doire Ripaire
Voie d'accès principale A 32, SS 24, SS 25

Le val de Suse, (en italien Val di Susa, en occitan Val Susa et en francoprovençal (ou arpitan) Vâl Susa), est une vallée alpine qui se trouve dans la partie occidentale du Piémont en Italie, à l'ouest de Turin.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte du Val de Suse
Le sommet du Chaberton, une des plus hautes cimes du val de Suse

La vallée est traversée par la Doire Ripaire, affluent du et doit son nom à la ville de Suse, située au confluent avec le val Cenis d'où proviennent la route qui passe au col du Mont-Cenis et celle venant du col de Montgenèvre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières implantations humaines remontent à environ 5000 av. J.-C. mais, depuis que les Romains ont découvert une possibilité de passage vers les Gaules par le val de Suse, d'innombrables passages de peuples et de soldats se sont succédé ; il a été traversé, entre autres, par Hannibal avec ses éléphants selon certaines théories, par Jules César se rendant en Gaule, par Charlemagne et les Lombards, puis par des troupes françaises et espagnoles à plusieurs reprises.

En 726, Abbon, au pied du col du Mont-Cenis, fonde l'abbaye de la Novalaise, qui devient un des centres culturels les plus importants à l’époque carolingienne.

La partie amont de la vallée a été française de 1343 à 1713, la frontière se situant alors non loin de la ville fortifiée d’Exilles. Cette partie, alors rattachée au Dauphiné, était sous l'administration des Escartons du Briançonnais. En 1713, elle passe sous la coupe de la Maison de Savoie grâce à la signature du traité d’Utrecht.

Le 25 avril 1610, le château de Bruzolo (fondée par la famille de Bertrand en 1227) est lieu de la signature du traité de Bruzolo entre François de Bonne de Lesdiguières, représentant de Henri IV de France, et Charles-Emmanuel Ier, duc de Savoie, contre l'Espagne.

En 1857 fut commencé le percement du tunnel ferroviaire du Mont-Cenis entre Modane (non encore française car savoyarde jusqu'en 1860) et Bardonèche qui permit de relier Turin à la France par la ligne du Fréjus accentuant son rôle de voie de communication entre la plaine du Pô et l'Europe occidentale par la France.

En 1947, nouveaux changements frontaliers, la France récupérant 81,79 km2 sur le plateau du Mont-Cenis, 47 km2 au mont Thabor et 17,1 km2 au mont Chaberton sur lequel l'armée italienne avait établi un complexe militaire[1]. La frontière du Montgenèvre est déplacée à l'entrée sud du village de Clavières.

En 1980, le tunnel routier du Fréjus a été ouvert parallèlement au tunnel ferroviaire, prolongé dans les années 1990 par l'A 32 qui la relie au réseau autoroutier italien, autoroute qui s'ajoute aux deux routes nationales (statali) traversant la vallées, la 24 et la 25 desservant respectivement les cols de Montgenèvre et du Mont-Cenis. Un projet de liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin, comprenant notamment un tunnel de base de 53,1 km sous le massif du Mont d'Ambin. Ce projet soulève l'opposition d'une partie de la population locale (NO TAV). Il faut également noter l'existence d'un projet de tunnel ferroviaire entre Oulx et Briançon qui permettrait une liaison directe entre Marseille et la plaine padane.

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la vallée s'appuie surtout sur le tourisme hivernal lié aux stations de sports d'hiver de Bardonèche, Cézanne, Sestrières, Sauze d'Oulx. C'est précisément là qu'au début du XXe siècle le ski commença à se répandre en Italie. La vallée a accueilli les XXe Jeux olympiques d'hiver en 2006.

Culture[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Fresque avec saint Eldrade, dans l'abbaye de la Novalaise, XIe siècle

Langues[modifier | modifier le code]

La partie basse de la vallée est francoprovençale, comme le sont le Val d'Aoste, la Romandie, la Savoie et le Lyonnais. Le dialecte est généralement appelé patois ou patouà. La haute vallée est de tradition occitane (Bardonèche). Ce patrimoine culturel se manifeste notamment dans les noms de lieux (Champlas, Séguin, Beaulard, Exilles, Jouvenceaux, Mélezet...) bien que la plupart aient été italianisés depuis. De nos jours, l'italien est la langue principale comme dans le reste de l'Italie.

Chants choraux[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de chœurs contribuent au maintien des traditions locales en diffusant la culture du Val de Suse par l'intermédiaire du chant populaire, donnant des concerts non seulement dans la vallée, mais aussi dans le reste de l'Italie et dans des pays étrangers. Parmi ces chœurs, les plus prestigieux sont le Coro Alpino Valsusa de Bussoleno, le Coro Alpi Cozie de Suse et la Corale Rocciamelone de Saint-Antoine de Suse.

Notes et références[modifier | modifier le code]