Marie-Clotilde de Savoie

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Marie-Clotilde de Savoie

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Photographie de la princesse Marie-Clotilde (1890).

Titre

Princesse Napoléon

30 janvier 185917 mars 1891
(32 ans, 1 mois et 15 jours)

Prédécesseur Création du titre
Successeur Clémentine de Belgique
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Naissance 2 mars 1843
Turin (Piémont-Sardaigne)
Décès 25 juin 1911 (à 68 ans)
Moncallier (Italie)
Père Victor-Emmanuel II d’Italie
Mère Adélaïde d’Autriche
Conjoint Napoléon-Jérôme Bonaparte
Enfants Victor Bonaparte
Louis Bonaparte
Marie-Laëtitia Bonaparte
Religion Catholicisme romain
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Épouses des prétendants bonapartistes
au trône impérial français

Louise Thérèse Marie Clotilde de Savoie, née le 2 mars 1843 à Turin et décédée le 25 juin 1911 à Moncallier, était une princesse de Savoie, fille aînée de Victor-Emmanuel II d’Italie et d’Adélaïde d’Autriche.

Par son mariage avec Napoléon-Jérôme Bonaparte, la princesse est aussi connue sous le titre officieux de princesse Napoléon.

Famille[modifier | modifier le code]

Marie-Clotilde de Savoie.

Marie-Clotilde est la fille aînée de Victor-Emmanuel II (1820-1878), duc de Savoie, roi de Sardaigne et prince de Piémont, qui devient le premier roi d’Italie en 1861, et de l’archiduchesse Adélaïde d’Autriche (1822-1855). Par son père, la princesse appartient à la maison de Savoie et compte pour ancêtres les ducs de Savoie tandis que par sa mère Adélaïde, qui à pour grand-père l’empereur Léopold II du Saint-Empire, Marie-Clotilde se rattache aussi à la maison de Habsbourg-Lorraine.

Née le 2 mars 1843, Marie-Clotilde est l’aînée d’une fratrie de huit enfants — dont trois meurent en bas-âge — qui est vouée à des destinées royales en Europe. Humbert de Savoie, de près de deux ans son cadet, est à la suite de son père le deuxième roi d’Italie sous le nom de règne d’Humbert Ier ; Amédée, duc d’Aoste, est un éphémère roi d’Espagne (1870-1873) sous le nom d’Amédée Ier ; Othon reste duc de Montferrat ; et Marie-Pie épouse en 1862 Louis Ier de Portugal.

L’union scellée le 30 janvier 1859 à Turin (royaume de Sardaigne) entre la princesse avec le prince Napoléon donne à la maison Bonaparte de possibles héritiers à la Couronne impériale :

  1. Victor Bonaparte (1862-1926)
    Le prince Victor devient à la mort du prince impérial, en 1879, le prétendant bonapartiste au trône impérial ; il épouse en 1910 la princesse Clémentine de Belgique (les prétendants actuels descendent du couple).
  2. Louis Bonaparte (1864-1932)
    Le prince Louis s’oriente vers une carrière militaire en France, en Italie et en Russie ; il n’a pas de descendance.
  3. Marie-Laëtitia Bonaparte (1866-1926)
    En 1888, son oncle Amédée de Savoie, duc d’Aoste l’épouse en secondes noces. Leur fils unique, Humbert de Savoie, comte de Salemi meurt au combat en 1918.

Biographie[modifier | modifier le code]

De princesse de Savoie à princesse Napoléon[modifier | modifier le code]

Afin de lutter contre la puissance autrichienne dans les provinces italophones de l’empire, le roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II recherchait un appui de la France. De son côté, Napoléon III, qui était considéré comme un « parvenu » aux yeux des cours européennes, recherchait une « union royale » pour asseoir sa légitimité. Lors de l’entrevue secrète de Plombières du 21 juillet 1858 entre le comte de Cavour, principal ministre du roi de Sardaigne, et l’empereur Napoléon III, la question d’un mariage princier fut évoquée, en gage de l’alliance entre les deux nations ; l’union d’un prince de la maison Bonaparte et d’une princesse de la maison de Savoie a été envisagée.

La prince Napoléon (1865)

Pour l’heure, les seuls « candidats » possibles au mariage étaient d’un côté un cousin de l’empereur, le prince Napoléon-Jérôme, âgé de trente-six ans, fils de Jérôme Bonaparte, ancien roi de Westphalie et de la princesse Catherine de Wurtemberg, et de l’autre la fille aînée du roi Victor-Emmanuel et de la feue reine Adélaïde d’Autriche, la princesse Clotilde de Savoie, âgée de quinze ans. La princesse n’avait pas encore atteint l’âge nubile et il fallut attendre une année avant de pouvoir célébrer les noces. On parla alors du « mariage d’un éléphant et d’une gazelle ».

La princesse Clotilde et son fils Victor (1863).

Le promis de vingt-et-un son aîné s’était fait remarquer au début du second Empire par ses positions anticléricales et ses idées démocratiques qui lui avaient valu le surnom de « prince rouge ». Dirigeant l’aile gauche du mouvement bonapartiste et constitutionnel, le prince Napoléon n’était pas moins imposant, mécréant et jouisseur, quand la promise était frêle, pieuse et dotée d’un sens profond de ses devoirs. De plus, le prince aimait le luxe et la vie mondaine quand la princesse désirait une vie retirée consacrée à sa famille. Enfin, la princesse était fière de son sang royal — à l’instar des membres de sa famille — et considérait son mariage avec un napoléonide comme une mésalliance.

Pourtant le mariage eut lieu le 30 janvier 1859 à Turin et plusieurs princes sont nés de cette union : le prince Victor en 1862, le prince Louis Bonaparte en 1864 et la princesse Laëtitia en 1866.

Dans cette cour de parvenus qu’était la cour impériale, la princesse Marie-Clotilde tint son rang avec dignité mais ne manquait de rappeler à sa belle-famille y compris à l’impératrice Eugénie, qui manquait parfois de goût voire de tenue, ses origines royales.

Après la chute du second Empire[modifier | modifier le code]

En 1870, alors que l’empereur est fait prisonnier des Prussiens, que la république est proclamée à Paris et que l’impératrice et les membres de la famille impériale cherchent à fuir, la princesse Marie-Clotilde reste chez elle ne craignant pas de sortir dans un carosse portant ostensiblement ses armes.

La princesse fût cependant contrainte de quitter la France. Elle se réfugie d’abord en Suisse à Prangins puis à la mort de son père en 1878, elle retourne en Italie et s’installe avec sa fille la princesse Laëtitia au château de Moncallier, près de Turin.

En 1879, la mort du prince impérial fait de son mari l’aîné des Bonaparte et le prétendant au trône impérial français. Cependant, par ses opinions et son anticléricalisme celui qui était appelé « Plon-Plon » est rejeté par les bonapartistes qui lui préfèrent son fils aîné, le prince Victor. Le prince Napoléon refuse cet état de fait et, malgré l’intervention de son épouse, se brouille avec son fils. Il meurt en 1891.

Entre-temps en 1888, la princesse marie sa fille Laëtitia à son frère Amédée, l’ancien roi d’Espagne ; celui-ci meurt prématurément deux ans plus tard. En 1910, son fils épouse la princesse Clémentine de Belgique.

La princesse Clotilde meurt en 1911 à Moncallier à l’âge de 68 ans.

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]