Gaule cisalpine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Carte de la moitié nord de l'Italie sous Auguste, après la réforme de l'an 7 l'Italie avait été divisé en 11 régions administratives. L'ancienne Gaulle Cisalpine correspondait aux 4 régions suivantes: Liguria, Transpadana, Aemilia et Venetia et Histria.

La Gaule cisalpine (Latin : Gallia Cisalpina, Gallia Transpadana, Gallia Citerior, Provincia ariminum ou Gallia togata) correspondait essentiellement à la plaine du Pô en Italie du Nord. Elle était ainsi nommée par les Romains de par sa position en deçà des Alpes par opposition à la Gaule Transalpine s'étendant au-delà.

Localisation[modifier | modifier le code]

Plaine du Pô correspondant approximativement à la Gaule-cisalpine et à la Gallia Transpadana

Le territoire de la Gaule Cisalpine couvrait approximativement les actuels territoires suivants :

Le territoire de la Gaule Transpadana Strabon, "Géographie", Livre V, 1, 4 couvrait approximativement les actuels territoires suivants :

Ses limites topographiques étaient :

Statut[modifier | modifier le code]

La plaine du Pô était romaine depuis la fin du IIIe siècle av. J.-C., mais ce n'est qu'en -81 que la province de Gaule cisalpine fut créée[1].

La Gaule cisalpine était administrée par un propréteur. Elle ne faisait donc pas partie des provinces romaines impériales. Elle était gouvernée depuis Mutina (d'aujourd'hui Modène). La province est annexée à l'Italie vers -42/43 sous le second triumvirat. Les poètes Virgile et Catulle ainsi que l'historien Tite Live étaient natifs de cette province.

Histoire[modifier | modifier le code]

Expansion celtique des IVe et IIIe siècles av. J.-C.[modifier | modifier le code]

Carte de l'actuelle Italie du nord et des peuples qui l'habitait au temps de la Gaule cisalpine.
Les peuples de la Gaule cisalpine au IVe siècle av. J.-C.

Alors que le Monde celte apparaît globalement stable au milieu du Ier millénaire av. J.‑C., les IVe et IIIe siècles av. J.-C. voient d'importants groupes celtes se mettre en mouvement vers la plaine Padane, la Pannonie, le bassin des Carpates, les Balkans et la Grèce puis l'Asie Mineure[2],[3].

Au début du IVe siècle av. J.-C. se produit l'invasion celtique en Italie, demeurée célèbre en raison de la victoire remportée en -387 sur les Romains lors de la bataille de l'Allia et de l'épisode des oies du Capitole suivi du célèbre « Vae victis » lancé par Brennus aux vaincus. Des groupes migrants de Sénons, Boiens, Lingons[note 1]et Cénomans s'établissent en force en Italie du Nord. Au côté des peuples celtiques Insubre et Taurin y étant déjà établis depuis au moins le VIe siècle av. J.-C., ils constituent la Gaule transpadane[4].

Dans le même temps a lieu l'Invasion celtique en Pannonie, première étape d'une expansion plus vaste en direction du Bassin des Carpates dont témoignent de nombreuses tombes découvertes sur le territoire de l'actuelle Hongrie. Vers -279, la Grande expédition commandée par le Second Brennos pénètre en Thessalie, force le Passage des Thermopyles et marche sur Delphes. L'un des groupes celtes partis envahir la Grèce s'installe au retour au confluent de la Save et du Danube pour donner naissance aux Scordiques. D'autres groupes s'établissent en Thrace pour y fonder le Royaume de Tylis. Un dernier groupe passe au service de Nicomède Ier, roi de Bithynie, qui l'installe en Anatolie où il fonde le Royaume-galate[3],[5].

Conquête romaine[modifier | modifier le code]

Début du IIIe siècle av. J.-C.[modifier | modifier le code]

La Troisième guerre samnite voit la défaite de la coalition constituée par les Sénons, Samnites, Étrusques et Ombriens devant les Romains à la Bataille de Sentinum en -295. Malgré cette défaite à laquelle sont associés les Sénons, les Celtes de Gaule cisalpine parviennent à contenir les Romains au prix des batailles d'Arretium en -284 et du Lac Vadimon en -283[6].

Fin du IIIe siècle av. J.-C.[modifier | modifier le code]

Avec sa victoire lors de la Première Guerre Punique, Rome est libre de reprendre la conquête du territoire des Sénons. Pour ce faire, elle conclut des traités d'alliance avec les Vénètes et les Cénomans[7]. En dépit de leur pugnacité, les Sénons doivent se retirer d'Étrurie et se replier sur la Plaine padane en -232. Cette même année, le Sénat romain, sur proposition de Flaminius, vote une loi sur le partage des terres de ces derniers[7]. En -226, les Boïens et les Insubres obtiennent le renfort des Gésates. Rome fait alors appliquer les traités conclus avec les Vénètes et les Cénomans qui lèvent une armée d'environ 20 000 hommes afin de s'opposer aux Insubres[7]. En -225, ces derniers remportent la Bataille de Faesulae[7]. Lors de leur repli, ils sont mis en déroute par une seconde armée romaine au Cap-Télamon[8]. En -224, les légions romaines investissent le territoire des Boïens qui capitulent. En -223/-222, les Insubres sont défaits à la bataille de Clastidium[8]. En -222, Publius Cornélius Scipion et Marcus Claudius Marcellus prennent Mediolanum, après avoir tué le chef des Gésates Viridomar[8], et obtiennent la reddition des Insubres.

Ducarios décapite Caius Flaminius Nepos à la bataille du lac Trasimène (d'après Joseph-Noël Sylvestre / Musée des Beaux-Arts de Béziers)

Malgré ces succès militaires, la République romaine n'a pas totalement soumis la Cisalpine. Lors de la deuxième guerre punique, les Celtes cisalpins s'allient à Carthage, exceptés les Taurins s'étant opposés au passage des troupes d'Hannibal sur leur territoire. La résistance celte s'affirme aux côtés des carthaginois, particulièrement à la Bataille du lac Trasimène voyant notamment le Consul romain Caius Flaminius Nepos tué par le cavalier insubre Ducarios,

IIe siècle av. J.-C.[modifier | modifier le code]

Casque gaulois cisalpin en bronze (IIe siècle av. J.-C.)

L'issue de la deuxième guerre punique n'ayant pas été favorable à la Cisalpine gauloise, les Romains défont de nouveau les Celtes à Bedriacum en -200, bataille à l'issue de laquelle seuls Boïens et Insubres opposent une résistance. Après la reddition de ces derniers à Mutina en -194, les Boïens résistent face à Rome jusqu'en -191. Dès lors, la Gaule-cisalpine tombe sous la dépendance de la République romaine[9].

Romanisation[modifier | modifier le code]

La première forme de romanisation de la province est la création de Via Flaminia en 220 avant J.-C. par le censeur Flaminius. Cette voie, reliant Rome à l'Adriatique, correspond à l'itinéraire qui avait été suivi par les légions romaines au début du IIIe siècle av. J.-C. pour se rendre de l'Ombrie au territoire des Sénons[10]. Les premières cités de Droit latin fondées en Cisalpine sont Plaisance et Crémone en -219[10].

En -73, Spartacus défait la légion de Gaius Cassius Longinus sur le territoire de Cisalpine, laquelle devient en -81 la Provincia ariminum administrée par un propréteur. Vers -42, elle est intégrée à l'Italie romaine[11],[12].

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Tite-Live, Histoire romaine, XXXIV, XXXV, XXXVI
  2. Venceslas Kruta & Paul-Marie Duval, Les Mouvements celtiques du Ve au Ier siècle avant notre ère, CNRS / 1978
  3. a et b Henri Hubert, Les Celtes et l'expansion celtique jusqu'à l'époque de La Tène, Albin Michel à Paris (collection « Évolution de l'humanité ») / 1989 (ISBN 2226000771)
  4. Henri Hubert, « L'expansion des Celtes à l'époque de la Tène / Les Celtes en Italie », Les celtes depuis l'époque de la Tène et la Civilisation celtique, La Renaissance du Livre à Paris, 1933 lire en ligne
  5. Venceslas Kruta & Paul-Marie Duval, Les mouvements celtiques du Ve au Ier siècle avant notre ère, CNRS / 1978
  6. J.-H.-C.Williams, Romans and Gauls in Republican Italy, 2001, Oxford classical monographs ISBN 0-19-815300-7 lire en ligne
  7. a, b, c et d André Piganiol, La conquête romaine, p. 229.
  8. a, b et c André Piganiol, La conquête romaine, p. 230.
  9. Venceslas Kruta, Les Celtes en Italie, Mondadori à Milan / 1999
  10. a et b André Piganiol, La conquête romaine, p. 231.
  11. Elena Percivaldi, Les Celtes, une civilisation européenne, Giunti à Florence / 2003
  12. C. Peyre, La Cisalpine-gauloise du IIIe au Ier s. av. J.C., Paris / 1979

Notes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Henri Hubert, Les Celtes et l'expansion celtique jusqu'à l'époque de La Tène, Paris, Albin Michel, coll. « Évolution de l'humanité »,‎ 1989, 381 p. (ISBN 978-2-226-00077-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Venceslas Kruta, Luana Kruta-Poppi et Marco Tizzoni, Les Celtes en Italie, Epernay,‎ 1985-1986 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Elena Percivaldi, Les Celtes, une civilisation européenne, Florence, Giunti,‎ 2003 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • C.Peyre, La Cisalpine-gauloise du IIIe au Ier siècle av. J.-C., Paris, Musée municipal,‎ 1979, 53 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]