Salvador (Bahia)

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Salvador
Surnom : Capital da Alegria, ou Roma Negra (Capitale de la joie, ou Rome noire)
Devise : Sic illa ad arcam reversa est
Blason de Salvador
Héraldique
Drapeau de Salvador
Drapeau
Image illustrative de l'article Salvador (Bahia)
Administration
Pays Drapeau du Brésil Brésil
Région Nord-Est
État Bahia Bahia
Langue(s) portugais
Maire Antônio Carlos Magalhães Neto (ACM Neto) (DEM)
Code postal 40 000-000
Fuseau horaire
Heure d'été
UTC-3
UTC-3
Indicatif 71
Démographie
Gentilé soteropolitano
ou salvadorense
Population 2 892 625 hab.[1] (01-04-2007)
Densité 4 091 hab./km2
Population de l'agglomération 3 408 273 hab.
Géographie
Coordonnées 12° 58′ 25″ S 38° 30′ 41″ O / -12.973717, -38.5114212° 58′ 25″ Sud 38° 30′ 41″ Ouest / -12.973717, -38.51142  
Altitude 8 m
Superficie 70 700 ha = 707 km2
Divers
Site(s) touristique(s) plages et culture afro-brésilienne
Fondateur
Date de fondation
Tomé de Sousa
29 mars 1549
Localisation
Localisation de Salvador sur une carte
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Salvador
Liens
Site web http://www.salvador.ba.gov.br/

Salvador est une ville du Brésil capitale de l'État de Bahia.

Elle est située sur une péninsule au bord de l'océan Atlantique au nord-est du pays. Elle comptait 2 998 056 habitants en 2009 (plus de 3 200 000 pour l'agglomération la même année).

Sa dénomination exacte est São Salvador da Bahia de Todos os Santos, « Saint Sauveur de la Baie de tous les Saints ». Elle est située au bord de la baie du même nom. C'est le port principal de la région Recôncavo Baiano. Il y a environ deux heures d'avion entre Salvador et São Paulo.


Salvador en 1900.

Histoire[modifier | modifier le code]

Première capitale du Brésil de 1549 à 1763, Salvador de Bahia a été un point de convergence des cultures européennes, africaines et amérindiennes.

La colonie est fondée en 1549 par Tomé de Sousa et devient rapidement un centre de la culture de la canne à sucre. Le besoin de main d'œuvre et sa proximité avec les côtes africaines en font une plaque tournante de l'esclavage d'Africains. Elle est la capitale du vice-roi de Grão-Pará.

Les Hollandais capturent et pillent la ville en mai 1624 ; elle est reprise par les Portugais en avril de l'année suivante.

La ville est la capitale du Brésil jusqu'en 1763. S'étant révoltée, elle est prise d'assaut par les troupes portugaises en 1822, pour être « libérée » officiellement le 2 juillet 1823.

En 1948, la ville compte 340 000 habitants. Dans les années 1990, le quartier historique du Pelourinho (« petit pilori » car c'est là que les esclaves étaient punis) est nettoyé et restauré. Il est inscrit par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'Humanité sous la dénomination « Centre historique de Salvador de Bahia ». C'est un quartier très populaire.

Le musicien Gilberto Gil y est né, et c'est là que se trouve la maison de Jorge Amado, le plus fameux des écrivains bahianais, chantre de Salvador.

L'aéroport international de Salvador s'appelait « Dois de Julho », « 2 juillet », jusqu'au 16 juin 1998, quand il fut renommé aéroport international « Deputado Luis Eduardo Magalhães », d'après le nom du fils d'un des gouverneurs de cet état brésilien, Antônio Carlos Magalhães.

De nos jours[modifier | modifier le code]

Immeubles modernes à Salvador.

La ville a pu préserver de nombreux exemples exceptionnels d'architecture Renaissance. Les maisons polychromes aux couleurs vives, souvent ornées de décorations en stuc de grande qualité, sont une des caractéristiques de la vieille ville.

La ville est divisée entre sa partie haute, avec notamment le Pelourinho, et la partie basse la cidade baixa où se trouvent la cathédrale (la première au Brésil) et les immeubles administratifs. Autour de ce centre historique bicéphale, la ville s'étend sur une importante superficie, faite de quartiers souvent très typés (pavillonnaires, favelas, anciens villages intégrés dans la métropole, grands ensembles, immeubles luxueux) séparés par des voies rapides.

La majorité de la population comporte une ascendance africaine, ce qui lui vaut le surnom de Rome noire, une culture africaine marquée (nourriture épicée et rites vaudou), des danses (axé et samba) et un carnaval coloré. Les conditions sanitaires ne sont pas correctes pour au moins un tiers d'entre eux.

Dans les environs proches, les plages magnifiques attirent les touristes. Depuis le milieu des années 90, le littoral Nord a été ouvert au tourisme grâce à la création d'une route côtière (route du coco), et l'accroissement des constructions, village touristiques et « resorts » y est très important.

À cause de la traite des esclaves, l'antique cité portugaise d'Amérique du Sud est devenue un creuset où se retrouvent des gens d'origines ethniques différentes mais de pays proches. Il y a du méditerranéen et de l'africain à la fois dans la cohue de la vielle ville ainsi que, bien sûr, dans ce peuple de sang-mêlé.

D'après les Bahianais, Salvador est réputée moins dangereuse que les villes du sud (Rio et São Paulo). Pour les gens de ces villes en revanche, les Bahianais ont la réputation de se consacrer essentiellement à faire la fête.

Manger dans la rue est chose courante mais cela fait souvent également partie des rites à Salvador de Bahia. Caranguejos (crabes) et camarões (crevettes) y côtoient acarajés (boulettes de haricots) et sarapatéis (tripes de porc) ainsi que des sucreries innombrables à base de noix de coco.

La société de construction d'automobiles Ford y possède une grande usine d'assemblage.

Brusquement tirée de sa somnolence, la ville de Salvador avance à marches forcées vers le modernisme. On y parle que de nouvelles usines, de chaînes de montage, et les gens des campagnes y affluent par milliers. Les gratte-ciels poussent comme des champignons et menacent les quartiers anciens. Sans doute s'efforcera-t-on de sauver un patrimoine culturel d'une valeur inestimable, surtout ces superbes églises de l'époque coloniale. Mais des pans entiers de la vieille cité vont disparaître : entre autres, les maisons sur pilotis, pittoresques mais passablement insalubres.

L'Elevador Lacerda (1873) relie la ville haute (le Pelourinho) et la ville basse en surplombant la baie de tous les Saints.

Le carnaval[modifier | modifier le code]

Le carnaval de Salvador est le plus grand carnaval populaire de rue du monde (Guinness Book). C'est sans aucun doute l'évènement le plus important de l'année pour la majorité des habitants : en 2005, la police militaire (PM) a recensé près de 2,2 millions de participants au même instant.

Quelques chiffres sur le carnaval de 2005 (source : Mairie de Salvador) :

  • 209 entités carnavalesques ont participé, en général des "Trios", semi-remorques tapissés de haut-parleurs et avec orchestre sur le toit, souvent accompagnés d'un second camion "d'appui" avec bar et infirmerie réservés aux inscrits.
  • 25 km de rues, places et avenues ont été fermés pour le carnaval, dont 11 km strictement réservés aux défilés (4 km pour le circuit Dodô et 7 km pour le circuit Osmar et Batatinha).
  • La recette dégagée a été de 87 millions de dollars
  • 220 087 emplois provisoires ont été créés.
  • 85 % des participants sont brésiliens, dont une grande majorité venant d'autres états, et 15 % d'étrangers (parmi ces derniers, 12 % de Français et 5 % de Suisses)
  • 16,9 millions de litres de bière et 9,8 millions de litres d'eau minérale y ont été bus.
  • Très surveillé par la police, on y dénombre néanmoins chaque année de nombreux vols et violences, mais aucun décès n'a été répertorié en 2005.

Contrairement au carnaval de Rio, qui relève en grande partie du spectacle, le carnaval de Salvador est un carnaval de rue. Le carnaval est la fête des fêtes. Beaucoup de Brésiliens viennent le vivre à Salvador, laissant plutôt Rio aux étrangers. Pendant quatre jours et quatre nuits, la ville entière est dans la rue. Groupes, corporations et sectes se mélangent pour chanter et danser jusqu'à l'épuisement. Toutes les extravagances sont permises.

À ce sujet, voire l'ouvrage de Michel Agier, Anthropologie du carnaval. La ville, la fête et l'Afrique à Bahia. Paris, Éd. Parenthèses - ird, « Eupalinos », 2000, 256 p.

Personnalités illustres[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Michel Agier, Anthropologie du carnaval. La ville, la fête et l'Afrique à Bahia , Paris, Éd. Parenthèses - ird, « Eupalinos », 2000, 256 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Le centre-ville vu depuis la mer.