Tunnel ferroviaire du Fréjus

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Tunnel ferroviaire
du Fréjus
Portail du tunnel côté Italie.
Portail du tunnel côté Italie.

Type Tunnel ferroviaire
Traversée Col du Fréjus
Gabarit B+ (en cours)
Pays Drapeau de la France France - Drapeau de l'Italie Italie
Longueur du tunnel 13 688 m
Nombre de tubes 1 tube
Nombre de voies par tube 2 voies
Début des travaux 1857
Fin des travaux 1871
1881 (nouvelle entrée)
Ouverture à la circulation 19 septembre 1871
Coordonnées 45° 08′ 27″ N 6° 41′ 20″ E / 45.140833, 6.688889 ()45° 08′ 27″ Nord 6° 41′ 20″ Est / 45.140833, 6.688889 ()  

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Tunnel ferroviaire  du Fréjus

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Tunnel ferroviaire  du Fréjus

Le tunnel ferroviaire du Fréjus (parfois nommé tunnel ferroviaire du Mont-Cenis) relie Modane (France) à Bardonèche (Italie) dans le haut val de Suse, sur la ligne de Culoz à Modane (frontière) pour la partie française et sur la ligne du Fréjus pour la partie italienne.

Historique[modifier | modifier le code]

La première mention connue d'un percement d'un tunnel entre les vallées de la Maurienne et de Suse remonte à août 1839. C'est Jean-François Médail, un fonctionnaire des douanes sardes à Montmélian, qui propose au roi Charles-Albert de Sardaigne un tunnel entre Modane et Bardonèche passant sous le col du Fréjus[1]. Ce-dernier meurt toutefois en 1844 sans n’avoir jamais pu connaître la décision du roi[2].

Ce n’est que près de 20 ans plus tard, le 31 août 1857, que le successeur de Charles-Albert, le roi Victor Emmanuel II de Savoie, ordonne le début des travaux d'un tunnel ferroviaire, dont l'étude préliminaire a été menée par l'ingénieur belge Henri Maus. Arrivé en 1849 avec le but de relier Chambéry à Gênes, ce-dernier prend connaissance du projet de tunnel sous le Fréjus de Médail et le retient, bien qu'il doive retourner en Belgique dès 1854[2]. Les travaux sont alors désormais repris et conduits par l'ingénieur savoisien Germain Sommeiller, après avoir déposé un brevet pour un bélier hydraulique un an auparavant, en octobre 1853[2]. Pour l'aération des deux galeries du tunnel en construction on a installé des fabriques de compresseurs volumineux liés par un grand conduit générateur aux compresseurs mobiles sur des chariots[3].

La première mine des travaux du tunnel du Mont-Cenis est tirée aux Fourneaux le 31 août 1857, en présence du roi Victor-Emmanuel II et du cousin de l'Empereur français Napoléon III[1]. Symboliquement, le premier bloc arraché au mont du Fréjus constitue la première pierre du futur pont de Culoz traversant le Rhône[1], déposée le 1er septembre 1857.

Alors qu'au début de sa construction, le tunnel était exclusivement situé sur le territoire du royaume de Sardaigne, il devient tunnel international avec l'annexion de la Savoie à la France en 1860 d'une part, et de la création de l'Italie en 1861 d'autre part.

La jonction des deux galeries débutées de par et d'autre de la montagne se fait le 25 décembre 1870[1]. Le tunnel est inauguré du 17 au 19 septembre 1871 : le convoi inaugural part de Turin pour rejoindre Modane où était basé le ministre des Travaux Publics Victor Lefranc en compagnie de Ferdinand de Lesseps. Le premier train à le traverser sera un Paris-Rome en octobre 1871. Une plaque aurait dû recevoir cette inscription : Un travail herculéen a permis de forcer la porte des Enfers.

C'était à son ouverture le plus long tunnel ferroviaire au monde. Il le resta jusqu'au 1er juin 1882, date de l'ouverture du tunnel ferroviaire du Gothard, long de 15 kilomètres. Le percement de la galerie a été réalisé selon un tracé rigoureusement rectiligne d'une longueur de 12 234 m[4]. Après la construction des galeries de raccordement à chaque extrémité, à sa mise en service, l'ouvrage avait une longueur de 12 820 m[4]. En 1881, à la suite de l'apparition de fissurations au niveau du portail de la tête nord, une nouvelle galerie de raccordement plus longue a été construite, ce qui a porté la longueur du tunnel à 13 637 m (mise en service le 16 août 1881)[4]. Les destructions des 2 portails par l'armée allemande battant en retraite le 13 septembre 1944 a entraîné des travaux importants qui ont porté la longueur définitive de l'ouvrage à 13 688 m dont 6 906 m en France[5].

Le tunnel est électrifié en 1915[1]. Jusqu'en 1980, des navettes pour le transport d'automobiles sont mises en service l'hiver, la route nationale 6 passant par le col du Mont-Cenis étant coupée à cause de la neige. Ce service cesse avec la mise en service le 12 juillet 1980 du tunnel routier du Fréjus, qui offre une liaison routière entre la France et l'Italie continue au cours de l'année. La route d'accès au portail du tunnel routier passe dorénavant juste au-dessus du portail ferroviaire primitif (env. 1 km avant le péage du tunnel routier).

Actuellement[modifier | modifier le code]

L'entrée actuelle du tunnel côté français.

Ce tunnel ferroviaire est actuellement utilisé, notamment pour le transport commercial de voyageurs (Paris-Milan, par exemple) et de marchandises. En particulier, il est utilisé par les navettes de l'autoroute ferroviaire alpine, qui relie les plateformes de chargement d'Aiton-Bourgneuf dans la vallée de la Maurienne (Savoie) et Orbassano (banlieue de Turin). A ce titre, le tunnel a été mis au gabarit GB1 qui permet de transporter la majorité des semi-remorques sur les wagons Modalohr, dans les 2 sens de circulation.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Ratel et Prieur 1996, p. 68
  2. a, b et c Matthieu Lapadu-Hargues, « Histoire de la gare de Modane : le tunnel ferroviaire du Fréjus », sur archivchemindefer.free.fr (consulté le 4 octobre 2013)
  3. H.castelmans, Percement du Mont Cenis, L'Illustration, 1862, p. 108-109
  4. a, b et c Revue : La Vie du rail, no 1294, page 18.
  5. Revue de l'AFAC, no 426, année 1994, page 10 (source : Direction des ouvrages d'art de la SNCF).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Ratel et Jean Prieur, Le tunnel ferroviaire du Fréjus : 1857 - 1995 ; le chemin de fer, son évolution, Impr. Roux,‎ 1996, 188 p.