Hébron

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Hébron (fr)
(ar) الخليل(he) חֶבְרוֹן
Image illustrative de l'article Hébron
Administration
Gouvernorat Hébron
Maire Daoud Zatari[1]
Démographie
Population 160 702 hab. (2007)
Géographie
Coordonnées 31° 31′ 26″ N 35° 06′ 11″ E / 31.524, 35.103 ()31° 31′ 26″ Nord 35° 06′ 11″ Est / 31.524, 35.103 ()  
Altitude 930 m
Divers
Site(s) touristique(s) Tombeau des Patriarches
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Palestine (administrative)

Voir sur la carte Palestine administrative
City locator 14.svg
Hébron (fr)
Liens
Site web http://www.hebron-city.ps

Hébron, en hébreu : חֶבְרוֹן (Hevron) et en arabe : الخليل (Al-Khalil), est une ville palestinienne de Cisjordanie, dans la région des monts de Judée, au sud de Jérusalem. Cette ville est une des plus anciennes cités du Proche-Orient encore habitée. Hébron est considérée comme une ville sainte par les trois grands monothéismes, depuis l'acquisition par Abraham d'une grotte où est bâti actuellement le Tombeau des Patriarches. Tout au long de l'Histoire, la ville a connu à plusieurs reprises la cohabitation d'une minorité juive aux côtés d'une majorité musulmane Dans le contexte du conflit israélo-palestinien la ville d'Hébron est depuis longtemps le théâtre de tensions religieuses et politiques.

Signification du nom de la ville[modifier | modifier le code]

Le nom hébreu Hévron aussi bien que le nom arabe Al-Khalil signifient tous deux l'Ami, en référence à Abraham, l'Ami de Dieu (" 'HeVRon" a pour racine Hvr, et vient de "'HaVeR", signifiant en Hébreu "Ami").

En hébreu, le nom de Hevron, déjà présent dans le texte biblique il y a plus de 2500 ans, a pour racine חֶבְר dont dérivent beaucoup de mots qui ont une signification de lier, associer, ou encore allier. Le mot hébreu Haver qui signifie ami est de cette même racine. Le suffixe du nom, composé d'un Vav et d'un Noun, indique un lieu. Hébron désignerait donc le lieu de l'alliance. Le nom d'Hébron n'a pas de rapport avec « Hébreu » : le premier commence par un Het, alors que le mot « Hébreu », 'Ivry, commence par un Ayin.

En arabe, le terme Al khalil signifie « Ami privilégié », il a une connotation supérieur au simple ami, il fait référence au verset du Coran il y a 1400 ans : « … Et Allah avait pris Ibrahim pour ami privilégié (Khalil) » (Sourate 4:125) après que celui ci s'est détourné de l'adoration des idoles vénérées par son peuple et détruit toutes les idoles du panthéon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Hébron est une ancienne ville royale cananéenne. Elle devint la capitale du Royaume de Juda jusqu'à la prise de Jérusalem.

Selon la tradition, dans la grotte de Machpelah, à Hébron, sont enterrés Abraham et sa famille : Sarah, Isaac, Rébecca, Jacob et Léa.

Des fouilles archéologiques ont révélé des traces de fortifications importantes qui datent de l'âge du bronze ancien. La ville fut détruite par un incendie et repeuplée pendant l'âge du bronze moyen-final. Des fragments d'objets cultuels utilisant l'écriture cunéiforme et établissant la liste des animaux à sacrifier ont été retrouvés lors des fouilles et datent de la période du bronze moyen-final. L'archéologie n'a pu déterminer si au Bronze récent (entre -1500 et -1200) le site était occupé ou non. Par contre, les premiers israélites y apparurent au Fer I (entre -1200 et -1000), dès la fin du XIIIe siècle av. J.-C.[2]. Des jarres portant des inscriptions, dits sceaux LMLK, datant de 700 avant l'ère commune ont été retrouvées à Hébron et mentionnent le nom de la ville en hébreu.

Après la destruction du Premier Temple de Jérusalem, la plupart des Israélites de Hébron ont été exilés à Babylone vers -587 et des Iduméens se sont installés dans la ville à leur place. Hérode le Grand a fait construire le mur d'enceinte qui entoure encore aujourd'hui le Tombeau des Patriarches.

Pendant la Première guerre judéo-romaine, la ville est conquise par Simon bar Giora, chef des Sicaires.

Hébron est ensuite sous domination byzantine. L'empereur Justinien érige une église chrétienne sur le lieu du caveau des Patriarches au VIe siècle. Cette église sera détruite par les Sassanides.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le Califat établit sa domination sur Hébron sans résistance en 638. L'église byzantine est alors transformée en mosquée. Les échanges se multiplient avec les Bédouins du Néguev et la population à l'est de la mer Morte. Des sources musulmanes et chrétiennes notent que Omar Ier autorise les Juifs à construire une synagogue et un carré de cimetière près de la Grotte de Macpela.

Au XIXe siècle, Zedakah ben Shomron, un érudit karaïte, écrivit sur la présence juive permanente et décrit un homme juif comme le « gardien du tombeau ». El Makdesi, un historien arabe, décrit « une synagogue et une cuisine que les Juifs ont mises en place pour tous les pèlerins riches et pauvres » à la fin du siècle.

La domination arabe dure jusqu'en 1099, quand Godefroy de Bouillon prend la ville et la renomme "Castellion Saint Abraham". Les Croisés convertissent la mosquée et la synagogue en églises et les Juifs vivant à Hébron en sont expulsés.

En 1166, Maïmonide se rend à Hébron et écrit : « Et au premier jour de la semaine, le 9e jour du mois de Heshvan, je quittais Jérusalem pour Hébron pour embrasser les tombes de mes ancêtres dans la Grotte de Makhpela. Et le même jour, je me tenais dans la grotte et je priais, louant l'Éternel pour tout ».

Le kurde musulman Saladin prend Hébron en 1187, et redonne à la ville son nom de "Hébron". Richard Cœur de Lion lui reprend rapidement la ville.

En 1260, Baybars établit la domination des Mamelouks; des minarets sont construits sur la Mosquée Ibrahami construite à cette époque au-dessus du Tombeau des Patriarches.

Pendant cette période, une petite communauté juive continue de vivre à Hébron; toutefois, le climat est moins tolérant envers les Juifs et les Chrétiens que pendant l'époque musulmane. Une taxe est imposée aux Juifs qui veulent se rendre sur le Tombeau puis en 1266, un décret interdit l'accès aux Juifs et aux Chrétiens. Ils ne sont autorisés qu'à se tenir sur une marche à l'extérieur du mur oriental de la structure.

Jean de Mandeville écrit que les juifs et les chrétiens étaient vus « comme des chiens »[3]. De nombreux visiteurs juifs et chrétiens écrivent sur la communauté juive de Hébron. Parmi eux, un étudiant de Moshe ben Nahman (en 1270), le voyageur Ishtori haFarhi (en 1322), Stephen von Gumfenberg (en 1449), Rabbi Meshulam de Voltara (en 1481) et Rabbi Ovadia mi Bertinoro, un illustre commentateur de la Bible (en 1489). Dès 1333, il est fait mention, par Hakham Yishak Hilo de Larissa (en Grèce) de visite à Hébron, de Juifs y travaillant le verre et commerçant du coton. Il note qu'à Hébron, "il y a une ancienne synagogue où ils prient jour et nuit".

Sous la domination ottomane[modifier | modifier le code]

Hébron en 1910

De 1517 à 1917, la ville d'Hébron fait partie de l'empire ottoman. Des groupes de Juifs venus d'autres parties de Terre sainte ainsi que des Juifs expulsés d'Espagne et d'autres régions de la diaspora juive se réinstallent dans la ville.

En 1517 un massacre fut commis dans la ville par des soldats turcs de l'empire ottoman durant lequel une grande partie de la communauté juive de cette ville fut assassinée[4],[5].

Article détaillé : Massacre d'Hébron (1517).

En 1533 les Juifs se réinstallèrent dans la ville. En 1540, Rabbi Malkiel Ashkenazi achète un terrain pour y construire la Synagogue Avraham Avinou (en). En 1807, la communauté juive achète une zone de 5 dounams, là où le marché de Hébron se tient aujourd'hui. Hébron devient alors un centre de l'étude juive.

En 1834 un massacre est commis contre des Arabes musulmans et des Juifs dans la ville le 24 juillet 1834 par des soldats égyptiens sous les ordres d'Ibrahim Pacha. Les Arabes furent tués en représailles de leur révolte contre leur enrôlement forcé dans son armée. Les Juifs de cette ville, bien que n'ayant pas participé à la révolte, subirent des exactions, 12 d'entre-eux furent assassinés[6],[7]. L’armée d'Ibrahim Pacha occupera la ville jusqu'en 1840.

Article détaillé : Massacre d'Hébron (1834).

Sous le mandat britannique[modifier | modifier le code]

le massacre de 1929

En décembre 1917 et pendant la Première Guerre mondiale, les Britanniques occupent Hébron. La déclaration Balfour de novembre 1917 précise la position du Royaume-Uni en faveur de l'établissement d'un foyer national juif en Palestine.

À l'issue de la Première Guerre mondiale, la Société des Nations (ancêtre de l'ONU) donne aux Britanniques un mandat sur la Palestine, officialisé en juillet 1922. La population arabe organise à plusieurs reprises des troubles, notamment les émeutes de 1920.

En 1929, le conflit touche particulièrement la ville de Hébron où des Arabes massacrent 67 Juifs et en blessent 60. Des maisons juives et des synagogues sont saccagées.

Article détaillé : Massacre d'Hébron (1929).

Une commission d'enquête britannique est nommée après les émeutes.

Deux ans plus tard, 35 familles juives retournent sur les ruines du quartier juif de Hébron mais, après de nouveaux soulèvements arabes, le gouvernement britannique décide de déplacer tous les Juifs hors de Hébron pour « éviter un autre massacre ». Hébron est resté dans la Palestine mandataire britannique jusqu'en 1948.

Dans l'ancien hôpital Beit Hadassa (he) se trouve aujourd'hui un petit musée-mémorial consacré à cette tragédie.

Pendant l'annexion jordanienne[modifier | modifier le code]

Le Plan de partage de la Palestine de 1947 attribue Hébron à l'État arabe palestinien. Toutefois, après la Guerre de Palestine de 1948, ce dernier ne voit pas le jour et la ville passe sous administration égyptienne puis sous autorité jordanienne après l'opération Yoav et la débâcle de l'armée égyptienne.

En mars 1950, la Jordanie organise des élections et le Parlement élu vote en avril l'annexion de l'ensemble de la Cisjordanie par le Royaume hachémite de Jordanie. Les habitants reçoivent alors la nationalité jordanienne. L'annexion n'est toutefois reconnue que par la Grande-Bretagne. Elle est rejetée par la Ligue arabe et le gouvernement national palestinien établi à Gaza. Israël ne fait aucun commentaire officiel.

Les Juifs ne sont plus autorisés à se rendre sur leurs lieux saints en Cisjordanie, notamment Hébron. Le quartier juif et des cimetières sont détruits et un enclos à animaux est construit sur les ruines de la Synagogue Avraham Avinou (en).

Après la guerre des Six Jours en juin 1967, Hébron et le reste de la Cisjordanie passent sous autorité militaire puis administrative israélienne.

C'est en juillet 1988 que le royaume de Jordanie renonce officiellement aux territoires de Cisjordanie, mettant fin à la représentation électorale des populations au sein du parlement jordanien, et faisant redessiner les cartes du royaume pour le limiter à la rive Est du Jourdain, dans les frontières qu'on lui connaît aujourd'hui.

Sous l'administration israélienne[modifier | modifier le code]

Après le succès militaire israélien de la guerre des Six Jours, Israël occupe la Cisjordanie administrée sous le nom des régions de Judée (au sud autour de Hébron) et de Samarie.


En 1969, un groupe de colons Juifs du mouvement Gush Emunim s'installe à nouveau à proximité d'Hébron, dans la colonie de Kiryat Arba, à l'est de la ville[8], leur établissement en centre-ville ayant été interdit par le gouvernement[9]. À partir de 1979, des Juifs sortent de Kiryat Arba pour fonder le Comité de la Communauté Juive de Hébron dans le quartier juif historique autour de la Synagogue Avraham Avinou (en), puis dans d'autres quartiers de la ville comme Tel Romeida (en) où le bâtiment Beit Menahem a été inauguré en 2005, Beit Romano (he), Beit Hadassa (he) et le centre Gutnick inauguré à Pâques 1996.[réf. souhaitée]

Article détaillé : Kiryat Arba.

En 1968, les Juifs obtiennent une autorisation provisoire de célébrer dans l’édifice les fêtes juives, ce qui provoque des manifestations hostiles de musulmans. Durant la fête de Souccot, le 9 octobre, 47 Israéliens sont blessés par un jet de grenade, et l'autorisation est suspendue l'année suivante. En 1975, de nouvelles autorisations sont accordées, entrainant les protestations du Conseil suprême musulman. En octobre 1976 le rideau d'une arche contenant des rouleaux de Torah est déchiré, ce qui conduit à des échauffourées entre Juifs et Arabes durant lesquelles un livre du Coran est déchiré. En réaction 200 Arabes investissent le site et détruisent les rouleaux de Torah et des livres de prière, entrainant un couvre-feu et la fermeture provisoire du bâtiment[9]. En mai 1980, une attaque contre des fidèles juifs au retour de prières au Caveau des Patriarches fait 6 morts et 17 blessés[10].

Le 2 mai 1980, 6 Juifs sont assassinés par des terroristes de l'OLP alors qu'ils sortaient d'un service religieux au Caveau des Patriarches[11].

Le 15 juillet 1983, un étudiant de 19 ans d'une école talmudique meurt après avoir été poignardé par un terroriste palestinien dans le marché de la ville[12].

La première Intifada se déroule en partie en Cisjordanie où les attaques anti-israéliennes se multiplient.

Depuis les accords d'Oslo[modifier | modifier le code]

Les accords d'Oslo mettent Palestiniens et Israéliens à la table des négociations pour une résolution du conflit israélo-palestinien.

La communauté juive de Hébron est particulièrement opposée à la signature des accords d'Oslo puis des accords bilatéraux qui sont négociés par Israël et la nouvelle Autorité palestinienne.

Le 25 février 1994, Baruch Goldstein, un militant nationaliste religieux israélien qui se définissait comme fidèle du rabbin Kahane, ouvre le feu sur des fidèles musulmans en prière dans la mosquée d'Ibrahimi. Il tue 29 personnes et en blesse 125 autres lors du massacre. L'attaque est condamnée par le gouvernement israélien et la population israélienne et entraîne l'interdiction du mouvement Kach et Kahane Chai. Ce massacre contribue à l'échec du processus de paix[13].

Les affrontements entre les deux communautés sont récurrents. La communauté juive israélienne de Hébron est notamment l'objet d'attaques nombreuses qui se multiplient après les accords d'Oslo[14], et tout particulièrement après le déclenchement de la Seconde Intifada incluant contre elle des attaques-suicides, des attaques à l'arme blanche et des tirs depuis le quartier de Abu-Sneina. 12 Israéliens sont tués dans une embuscade sur le chemin du Tombeau des Patriarches et un enfant est tué par un sniper. Deux observateurs de la présence internationale du TIPH sont tués par des tireurs palestiniens dans une attaque sur une route vers Hébron[15],[16],[17].

Hebron redeployment 1997.jpg

Depuis le début de l'année 1997, le Protocole d'Hébron s'applique[18]. Bien que l'unité de la ville soit réaffirmée[19] la ville est divisée en deux zones pour définir qui intervient sur les questions de sécurité : H1, sous contrôle palestinien recouvre l'essentiel de la ville, et H2, sous contrôle de l'IDF, avec interventions de patrouilles conjointes, représente la bordure orientale de la cité (où vivent environ 30 000 Palestiniens) qui comprend une enclave de peuplement juif de 600 à 800 habitants près du centre-ville, sous contrôle israélien. Les pouvoirs et responbalités civils sont dévolus aux Palestiniens, « à l’exception de ceux qui concernent les Israéliens et leurs biens, et qui continueront à être exercés par le Gouvernement Militaire israélien ». Il est prévu une « Présence Internationale Temporaire », le TIPH.

À partir de la seconde intifada, les violences entre les deux communautés deviennent quotidiennes, avec des responsabilités des deux bords. En 2002, l'armée israélienne viole le Protocole, et prend le contrôle de la totalité de la ville[20].

Le nombre d'habitants palestiniens dans la zone H2 a diminué durant la seconde Intifada, à cause des restrictions de mouvements et des couvre-feux imposés par l'armée qui invoque des raisons de sécurité[21],[22]. La ville est donc coupée en deux, l'une sous administration palestinienne (zone ouest H1), où vivent les trois-quarts de la population, et la zone sous administration israélienne (zone est H2) qui comprend la vieille ville et les lieux de colonisation juive. Les commerces sont interdits aux abords des zones de colonisation, ce qui a provoqué la fermeture de 1 829 magasins ou échoppes[23] en centre-ville. Plus d'un milliers de maisons ont été abandonnées par les Palestiniens. Plusieurs routes et rues sont interdites à la circulation et certaines uniquement aux Palestiniens. D'autres sont fermées à la circulation automobile et piétonnière et uniquement réservées aux riverains. Certaines sont même totalement interdites. La rue Suhada, principale artère commerçante avant la Seconde Intifada, traverse un centre-ville déserté et n'a plus de commerces en 2010.

Sous l'administration de l’Autorité palestinienne[modifier | modifier le code]

En 1993, Hébron comprenait une forte proportion islamiste traditionaliste et religieuse et est un bastion du Hamas[24], mouvement islamiste fondamentaliste et radical palestinien[25],[26] qui exerce notamment son contrôle sur l’université d'Hébron[27].

Depuis la prise du pouvoir dans la bande de Gaza par le Hamas en juin 2007, l’Autorité palestinienne a lancé une répression sévère contre les militants islamistes en Cisjordanie. Vainqueur des élections législatives palestiniennes en janvier 2006, le Hamas se trouve dans une situation de quasi clandestinité dans cette ville et ses membres n’hésitent pas à parler d’une « inquisition » contre leur parti. Le 27 novembre 2007, les forces de sécurité de Mahmoud Abbas ont tiré sur des manifestants islamistes qui protestaient contre la conférence d’Annapolis, tuant l’entre eux[28].

Certains colons ultra-sionistes présents à Hébrons se livrent régulièrement à des actes de violences et de provocations sur la populations palestiniennes (jet de pierres contre les maisons, profanation de cimetières, destructions de bien), mais aussi parfois à affrontements contre les soldats israéliens chargés de leur sécurité[29]. Dans la vieille ville d'Hébron, des filets servent à protéger les habitants palestiniens des objets jetés par certains colons vivant au-dessus d'eux ont été installés (ceux-ci vont parfois jusqu'à uriner sur les Palestiniens)[30].

Le 26 mars 2001, un terroriste du Tanzim, tue avec un fusil à lunette un bébé israélien de 10 mois, Shalhevet Pass, alors qu'elle se trouve dans sa poussette prés d'un bac à sable où jouent des enfants, son père est grièvement blessé[31].

Le 17 juin 2012, deux Palestiniens de 35 et 29 ans sont abattus par balle par un chauffeur de camion israélien qui les accusé d'avoir essayer de lui voler son camion, chose démentie par la police palestinienne selon laquelle les deux hommes se rendaient simplement à leurs lieux de travail en Israël[32].

Le 25 octobre 2008, l’Autorité palestinienne a envoyé 550 membres des services de sécurité supplémentaires en renfort aux 2 400 positionnés dans cette ville afin d'en garder le contrôle. Des dizaines de membres et sympathisants du Hamas ont été arrêtés[33].

Le 14 avril 2014 un Israélien est abattu alors qu'il conduisait son véhicule afin de se rendre avec sa famille célébrer la fête juive de Pessah dans la ville. Sa femme et l'un de ses fils âgé de 9 ans sont blessés dans l'attaque[34]. Le 7 mai 2014, l'assassin, un membre du Hamas de Hébron qui avait été relâché de prison avec plus de 1000 autres palestiniens impliqués dans des actes de terrorisme dans l’échange contre le soldat israélien Gilad Shalit, est arrêté ainsi que son fils qui l'a aidé par les services de sécurité israéliens[35].

Le 15 juin 2014, l’armée israélienne impose un bouclage complet de la ville dans le cadre des recherches pour tenter de retrouver trois adolescents israéliens présumés avoir été enlevés par des membres du Hamas. Les recherches se concentrent sur la localisation de deux membres du Hamas disparus de la ville depuis le jour de l’enlèvement, le 12 juin 2014[36]. À cette occasion, l'armée israélienne abat un adolescent palestinien de 14 ans lors d'affrontements[37] (deux autres enfants palestiniens seront abattus par l'armée israéliennes dans des circonstances semblables[38]). Aziz Dweik, membre du Hamas et président du Parlement palestinien ainsi que cinq autres députés du Hamas originaires de la ville et plus de 150 membres de cette organisation ont été arrêtés[39].

Démographie[modifier | modifier le code]

Enfants palestiniennes à Hébron

Hébron était peuplée de 130 533 habitants selon le recensement de 1997 : 130 000 musulmans, 530 juifs et 3 chrétiens[40].

La ville compterait environ 160 000 habitants, selon plusieurs estimations pour l'année 2007 et 202 172 pour l'année 2014[41]. L'évolution de la population de la ville est la suivante en croisant différentes sources :

Années Musulmans Chrétiens Juifs Total Notes
1538 749 f 7 f 20 f 776 f (f = foyers) ; Source : Cohen & Lewis
1817 500 [40]
1838 700 [40]
1837 423 Recensement de Montefiore
1866 497 Recensement de Montefiore
1922 16 074 73 430 16 577 Recensement du mandat britannique
1929 700 [40]
1930 0 [40]
1931 17 275 112 135 17 522 Recensement du mandat britannique
1944 24 400 150 0 24 550 Estimations
1967 38 203 106 0 38 309 Recensement
1997 130 000 3 530 130 533 [40]

Hébron est divisée en deux parties (accord du 15 janvier 1997), l'une sous le contrôle de l'autorité palestinienne et l'autre sous le contrôle d'Israël[42],[43]. Les chiffres après 1967 n'incluent pas la communauté juive de Kiryat Arba, une implantation israélienne située dans la banlieue Est d'Hébron et où 7 000 Israéliens résident.

Géographie[modifier | modifier le code]

Hébron est située au Proche-Orient, en Judée-Samarie ou Cisjordanie, à environ 30 kilomètres au sud de Jérusalem. Hébron est à une altitude de 930 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Religion[modifier | modifier le code]

Hébron est un des lieux saints des trois religions abrahamiques. Ce lieu saint, aujourd'hui partagé entre une synagogue et une mosquée, est vénéré par les juifs, les chrétiens, dont les orthodoxes ont un monastère aux abords de la ville, et les musulmans.

Selon la Bible[modifier | modifier le code]

Selon la Bible, les patriarches hébreux Abraham, Isaac et Jacob y séjournèrent à tour de rôle et y furent ensevelis avec leurs épouses respectives dans le Tombeau des Patriarches.

Selon le Pentateuque (Ge 18 et Ge 23, parasha Vayera et Haye Sarah) Abraham, séjourne dans ce lieu du Pays de Canaan également désigné comme Kiriyat Arba. C'est près d'Hébron que se trouve le Chêne de Mambré où Abraham reçoit la visite des trois anges dont l'un va annoncer la naissance d'Isaac. Il y achète la cave de Makhpéla afin d'y enterrer son épouse décédée, Sarah.

Hébron est également mentionné comme l'un des objectifs des 12 explorateurs envoyés par Moïse lorsque le peuple d'Israël réside dans le désert après sa sortie de l'esclavage d'Égypte.

Cette ville fait partie de la conquête du pays de Canaan par Josué. Dans le livre de Josué, la ville est donnée à Caleb et à sa famille, pour récompenser leur mérite. Hébron devient ainsi la capitale de la Tribu de Juda.

Dans le Deuxième livre de Samuel, Hébron est offerte au roi David comme sa capitale lorsqu'il régna sur le Royaume de Juda, avant que Jérusalem ne devienne la capitale du royaume d'Israël unifié.

La ville de Hébron est également parfois mentionnée parmi les villes d'assignation des Lévites, notamment de la famille de Kohath.


Lieux remarquables[modifier | modifier le code]

  • le Tombeau des Patriarches
  • le Musée archéologique présentant des objets de l'époque cananéenne
  • le Chêne de Mambré[44] : c'est un très vieux chêne, dont l'âge est estimé à 850 ans, situé à l'ouest d'Hébron et connu sous le nom d'Eshel Avraham ("אשל אברהם") bien que le mot Eshel en hébreu signifie tamaris. Ce serait le site de l'apparition des trois anges à Abraham.
  • Monastère de la Sainte-Trinité d'Hébron, dont dépend le site du chêne de Mambré.
  • le site archéologique de Tel Romeida, localisation de la ville antique d'Hébron.
  • les tombes de Abner, Jessé (père du Roi David) et Ruth (grand-mère de Jessé, voir dans la Bible, Livre de Ruth 4,22) à Tel Romeida.
  • Synagogue Avraham Avinou (en) dans le quartier juif historique.
le verre bleu d'Hébron

Les verreries[modifier | modifier le code]

À Ras al-Jora, à l'entrée nord d'Hébron se trouvent des verreries et des fabriques de céramiques renommées. Elles produisent en particulier un verre de couleur bleue très joli. On trouve aussi du vert, du turquoise ainsi que du rouge foncé. Ces couleurs sont obtenues grâce à des oxydes métalliques. Ce verre est utilisé pour les vitraux ainsi que des bijoux et des lampes. La plupart des objets vendus dans les magasins de la ville sont des verres, des plats, des bols ou des vases.

Cette fabrication du verre existe depuis des siècles (elle remonterait à l'époque romaine), et on trouve même dans la vieille ville un quartier dénommé "le quartier des souffleurs de verre". La technique utilisée est similaire à celle que l'on trouve à Venise.

Jumelage[modifier | modifier le code]

La ville d'Hébron est jumelée depuis 1982 avec la ville de Saint-Pierre-des-Corps (département d'Indre-et-Loire, région Centre, France).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. About the Mayor site municipal
  2. William G. Dever, Aux origines d'Israël Quand la Bible dit vrai, Bayard, 2005, p. 235
  3. (en) The Travels of Sir John Mandeville
  4. (en)Spencer C. Tucker, ed. (2008). "Hebron". The Encyclopedia of the Arab-Israeli Conflict. Santa Barbara, CA: ABC-CLIO. p. 436. Retrieved May 21, 2012.
  5. (en) Samuel M. Katz (May 2001). The Hunt for the Engineer: How Israeli Agents Tracked the Hamas Master Bomber. Fromm Intl. p. 86. ISBN 978-0-88064-267-5. "In 1517 the Ottoman Turks conquered Hebron and marked their victory by raping and killing a good portion of the Jewish community."
  6. (he)Oded Avsar (1970). Sefer Hebron. Keter. p. 56. "בשנת 1835, כשנה לאחר אותו פוגרום"
  7. (en) Moshe Maʻoz (1975). Studies on Palestine during the Ottoman period. Magnes Press. p. 147.
  8. (en) Robert Paine, « Behind the Hebron Massacre, 1994 », Anthropology Today,, Royal Anthropological Institute of Great Britain and IrelandStable, no 11,‎ 1995, p. 8-15 (lire en ligne)
  9. a et b (en) Esther Rosalind Cohen (1985). Human rights in the Israeli-occupied territories, 1967-1982. Manchester University Press ND. p. 215. ISBN 978-0-7190-1726-1.
  10. (en)Ervin Birnbaum (1990).In the shadow of the struggle. Gefen Publishing House Ltd. p. 286. ISBN 978-965-229-037-3.
  11. (en)Tatah Mentan, Dilemmas of Weak States: Africa and Transnational Terrorism in the Twenty-first Century Ashgate Publishing, Ltd., 2004, 380 pages, p. 79
  12. (en)http://www.jta.org/1983/08/02/archive/student-murdered-in-hebron-marketplace-was-a-member-of-a-prominent-yeshivau-family
  13. Charles Enderlin, Au nom du Temple : Israël et l'irrésistible ascension du messianisme juif (1967-2013), Paris, Seuil,‎ 2013, 377 p. (ISBN 9782021044072), p. 164
  14. Fatal Terrorist Attacks in Israel Since the DOP (Sept 1993) - Compte-rendu du ministère israélien des Affaires étrangères, 24 septembre 2000
  15. . Les Palestiniens sont l'objet d'attaques nombreuses de la part des colons, notamment à Tel Rumeida où se trouve une école primaire. Casualties of War, The Jerusalem Post
  16. Victims of Palestinian Violence and Terrorism since September 2000, Israel Ministry of Foreign Affairs
  17. Major Terrorist Attacks in Israel, Anti-Defamation League
  18. Protocol Concerning the Redeployment in Hebron, United Nations Information System on the Question of Palestine, 17 janvier 1997
  19. « Les deux parties réitèrent leur engagement à respecter l’unité de la ville de Hébron, et leur compréhension du fait que la répartition des responsabilités sécuritaires ne divisera pas la ville » selon la version israélienne de l'accord publiée en français sur Le Monde diplomatique, [1]
  20. Présentation du TIPH
  21. Israeli NGO issues damning report on situation in Hebron, Agence France-Presse, 19 août 2003
  22. Hebron, Area H-2: Settlements Cause Mass Departure of Palestinians, B'Tselem, août 2003
  23. Chagnollaud, op. cité, p. 40
  24. (en)http://www.independent.co.uk/news/world/shots-shatter-the-prestige-of-plo-chairman-robert-fisk-reports-from-hebron-on-threats-to-the-seller-of-our-country-1467536.html
  25. (en)http://news.bbc.co.uk/2/hi/in_depth/middle_east/2001/israel_and_the_palestinians/issues/1683017.stm
  26. (en)http://partners.nytimes.com/library/world/mideast-talks-hebron.html
  27. (en)http://www.haaretz.com/print-edition/news/hamas-scores-decisive-win-in-hebron-university-elections-1.153309
  28. http://www.rfi.fr/actufr/articles/100/article_64900.asp
  29. http://archives.tdg.ch/actu/monde/israel-durcit-face-colons-extremistes-2008-11-02
  30. http://www.geo.fr/photos/vos-reportages-photo/territoires-palestiniens-l-impossible-quotidien/les-filets-d-hebron
  31. (en)Human Rights Watch, Arab-Israeli conflict, 2001, 144 pages, p. 64
  32. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/06/17/97001-20120617FILWWW00062-deux-palestiniens-tues-pres-de-hebron.php
  33. http://fr.euronews.com/2008/10/25/abbas-sends-more-palestinian-police-to-hebron/
  34. (en)http://www.jta.org/2014/04/16/news-opinion/israel-middle-east/hebron-shooting-victim-laid-to-rest-amid-condemnations
  35. (en)http://www.timesofisrael.com/suspect-arrested-for-passover-eve-killing-of-police-officer/
  36. http://fr.timesofisrael.com/les-recherches-se-concentrent-a-tafoh-sur-la-disparition-de-2-membres-du-hamas/
  37. http://www.bfmtv.com/international/israel-un-adolescent-palestinien-tue-larmee-israelienne-797109.html
  38. http://rue89.nouvelobs.com/2014/07/02/les-trois-adolescents-israeliens-les-trois-mineurs-palestiniens-253383
  39. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/06/16/un-jeune-palestinien-tue-par-l-armee-israelienne-dans-le-camp-de-jalazone_4438709_3218.html
  40. a, b, c, d, e et f Jewish Virtual Library
  41. [2]
  42. http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/jpg/artoff638.jpg carte d'Hébron avec ligne de partage
  43. Protocole d’accord sur le redéploiement dans la ville d’Hébron
  44. The Land of Israel: A Journal of Travels in Palestine - Le chêne de Mamré sur Google Books, page 392