Démocratie chrétienne (Italie)

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Démocratie chrétienne
(it) Democrazia Cristiana
Image illustrative de l'article Démocratie chrétienne (Italie)
Logo officiel
Présentation
Secrétaire politique Mino Martinazzoli (1994)
Fondation 15 décembre 1942
Disparition 29 janvier 1994
Siège Piazza del Gesù 46, Rome (Italie)
Vice-secrétaire politique Vacant (1994)
Président du conseil national Rosa Iervolino (1994)
Secrétaire administratif Severino Citaristi (1994)
Organisation de jeunesse Section jeune démocrate-chrétienne
Journal Il Popolo
Positionnement Centre
Idéologie Démocratie chrétienne, christianisme social, europhilie, atlantisme
Affiliation internationale Internationale démocrate-chrétienne
Affiliation européenne Parti populaire européen
Adhérents 813 753 (1993)
Couleurs Blanc, bleu
Présidents de groupe
Chambre des députés Gerardo Bianco (1994)
Sénat de la République Gabriele De Rosa (1994)
Parlement européen Leo Tindemans (PPE) (1994)
Représentation
Députés (1994)
206 / 630
Sénateurs (1994)
107 / 315
Eurodéputés (1994)
26 / 81

La Démocratie chrétienne (Democrazia Cristiana, en italien, DC) est un parti politique italien du centre, fondé en 1942 par Alcide de Gasperi et dont les activités ont pris fin en 1994.

Historique[modifier | modifier le code]

La force dominante de l'Italie d'après-guerre[modifier | modifier le code]

D'idéologie chrétienne démocrate et sociale, la DC a dominé, avec le Parti communiste italien (PCI), le paysage politique de l'Italie entre 1948 et 1992, ne perdant qu'une fois, aux élections européennes 1984, son statut de premier parti du pays.

Aux élections générales de 1963, le parti passe, pour la première fois depuis les élections constituantes de 1946, sous la barre des 40 % des voix. Il se maintient au-dessus des 35 % jusqu'en 1983, puis descend sous les 30 % en 1992, lors du dernier scrutin auquel il participe.

Tous les présidents du Conseil des ministres, entre 1948 et 1981, cinq présidents de la République sur neuf entre 1948 et 1992, et tous les présidents du Sénat de la République, de 1953 à 1987, sont issus de la DC.

Au centre de la politique italienne[modifier | modifier le code]

La DC était un parti centriste, traversé par de nombreux courants de centre-gauche et de centre-droit, ce qui lui a permis de gouverner aussi bien avec le Parti socialiste italien (PSI) qu'avec le Parti libéral italien (PLI). Opposé au fascisme et au communisme, le parti n'a formé une coalition avec le PCI que lors de la période constituante, même si une tentative avortée, connue sous le nom de « compromis historique », a eu lieu dans les années 1970, sous la conduite d'Aldo Moro.

Le tournant des années 1980[modifier | modifier le code]

Le 28 juin 1981, à la suite de la démission du gouvernement d'Arnaldo Forlani, du fait du scandale de la loge Propaganda Due, le président de la République, Sandro Pertini, nomme le secrétaire du Parti républicain italien (PRI), Giovanni Spadolini, président du Conseil des ministres. Soutenu par une coalition de cinq partis, dont la DC, il est le premier chef du gouvernement depuis 1945 à ne pas être issu du parti chrétien-démocrate.

Bien qu'il ait été remplacé, en 1982, par Amintore Fanfani, aux élections générales suivantes, en 1983, la DC passe, pour la première fois, sous le seuil de 35 % des suffrages exprimés, en recul de plus de cinq points. Après ce scrutin, c'est le secrétaire du Parti socialiste italien (PSI), Bettino Craxi, qui prend la direction du gouvernement jusqu'en 1987. La dixième législature, entre 1987 et 1992, est la première, depuis la septième, entre 1976 et 1979, à voir se succéder des présidents du Conseil uniquement démocrates chrétiens.

En 1992, avec le fort recul enregistré lors des élections générales, la DC laisse de nouveau la présidence du Conseil à un socialiste, Giuliano Amato. Giulio Andreotti, chef du gouvernement, pour la troisième fois entre 1989 et 1992, est donc le dernier président du Conseil issu de la DC.

La disparition[modifier | modifier le code]

En janvier 1994, la DC, épuisée par l'opération Mains propres, laminée aux élections municipales partielles de novembre 1993, se disperse entre le Parti populaire italien (PPI), successeur officiel de la Démocratie chrétienne, emmené par Mino Martinazzoli, et le Centre chrétien-démocrate (CCD), issu de l'aile droite du parti et conduit par Pier Ferdinando Casini.

Cependant, par un arrêt du 23 décembre 2010, la Cour suprême de cassation, confirmant un arrêt rendu le 23 mars 2009 par la cour d'appel de Rome, juge que la DC n'a jamais été dissoute, puisque aucun congrès extraordinaire, seule instance habilitée à prendre une telle décision, n'a délibéré en ce sens. Elle ordonne donc la réunion du dernier conseil national élu, qui s'est retrouvé pour la dernière fois en 1993, afin d'élire son président et le secrétaire politique de la DC.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Igino Giordani, Alcide De Gasperi il ricostruttore, Roma, Edizioni Cinque Lune, 1955.
  • Giulio Andreotti, De Gasperi e il suo tempo, Milano, Mondadori, 1956.
  • Pietro Scoppola, La proposta politica di De Gasperi, Bologna, Il Mulino, 1977.
  • Nico Perrone, Il segno della DC, Bari, Dedalo, 2002 ISBN 88-220-6253-1.
  • Luciano Radi, La Dc da De Gasperi a Fanfani, Soveria Manelli, Rubbettino, 2005.

Parti italiens issus de la Démocratie chrétienne[modifier | modifier le code]

Des éléments majeurs de la Démocratie chrétienne se retrouvent également au sein des Chrétiens sociaux (conflué dans le Démocrates de gauche, DS) et surtout de Parti populaire italien (conflué dans la La Marguerite, DL); DL et DS ayant conflué au sein du Parti démocrate; et, à droite, au sein de Forza Italia (qui a conflué dans la Peuple de la liberté, qui a à son tour donné naissance à Forza Italia (2013) mais aussi au Nouveau Centre-droit où se retrouvent de nombreux démocrates chrétiens). Les Populaires pour l'Italie qui ont formé deux groupes se revendiquent du même héritage.