Palmiro Togliatti

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Palmiro Togliatti le 23 juillet 1950.

Palmiro Togliatti (né le 26 mars 1893 à Gênes et mort le 21 août 1964 à Yalta) est un homme politique italien.

Il fut l'un des fondateurs du Parti communiste italien, qu'il dirigea comme secrétaire général de 1927 à 1934, puis de 1938 jusqu'à son décès. Il a été ministre sans portefeuille dans le 2e gouvernement de Pietro Badoglio (22 avril 1944 - 8 juin 1944), puis garde des Sceaux, ministre de Justice dans le gouvernement de Ferruccio Parri (21 juin 1945 - 8 décembre 1945) et dans le 1er gouvernement d'Alcide De Gasperi (10 décembre 1945 - 1er juillet 1946)

Biographie[modifier | modifier le code]

Ce Gênois étudia le droit à l'université de Turin. Il est rédacteur aux côtés d'Antonio Gramsci du journal L'Ordine Nuovo dans les années 1920. En 1921, Togliatti, qui était socialiste, est un des membres fondateurs du Parti communiste italien. Il dirige l'Internationale communiste à partir de 1924 et se fait l'interprète fidèle des directives de Moscou. Lié d'abord à Boukharine, il se rallie ensuite à Staline et exécutera notamment ses ordres en Espagne. En 1937, il est en effet envoyé par le Komintern en Espagne pour renforcer l'activité du Parti communiste espagnol, et il en deviendra officieusement le secrétaire.

Il écrit des textes de propagande sous le nom de plume d'Ercole Ercoli jusqu'en 1926, époque où le régime fasciste l'expulse du pays. En exil à Moscou, il participe aux activités du Komintern et coordonne l'action clandestine du Parti communiste italien. En août 1936, il signe avec tout le comité central du PCI émigré en France, l’« Appel aux fascistes » (publié par Lo Stato Operaio, revue du PCI) , qui proclame entre autres :

« Pour le salut de l’Italie, réconciliation du peuple italien ! La cause de nos maux vient du fait que l’Italie est dominée par une poignée de grands capitalistes. (...) Seule l’union fraternelle du peuple italien obtenue par la réconciliation entre fascistes et non fascistes pourra abattre la puissance des requins dans notre pays. (...) Les communistes adoptent le programme fasciste de 1919 qui est un programme de paix, de liberté, de défense des intérêts des travailleurs. Peuple italien, fascistes de la vieille garde, jeunes fascistes, luttons ensemble pour la réalisation de ce programme ! »

[réf. nécessaire]

Cet appel s’inscrit dans une des stratégies géopolitiques de Staline, en prévision du conflit mondial qui s’annonce.

En 1944, Mussolini ayant été renversé, il est autorisé à rentrer en Italie où il reprend la direction du Parti et devient membre des gouvernements d'unité nationale qui se succèdent jusqu'à l'éviction des ministres communistes (1947). En 1946 il est ainsi ministre de la Justice : il marquera cette période par un décret d'amnistie d'une grande générosité envers les fascistes. Le 14 juillet 1948, à la sortie de la Chambre des députés, il est victime d'un attentat de la part d'un illuminé qui lui inflige de graves blessures à la tête.

En 1956, il influence fortement le développement de la théorie du polycentrisme en opposition à la thèse défendue par la direction soviétique. Après la répression du soulèvement en Hongrie (insurrection de Budapest) par l'Union soviétique, il proclame un propre « chemin national vers le socialisme. »

Il se maintiendra à la tête du Parti jusqu'à sa mort le 21 août 1964 à Yalta. Un million de personnes participeront à ses obsèques à Rome.

En Russie, Stavropol-sur-la-Volga, ville de 705 000 habitants et futur site des usines Lada, est rebaptisée Togliattigrad pour honorer sa mémoire.

Sa compagne Nilde Iotti (1920-1999) a été présidente de la Chambre des députés de 1979 à 1992.

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