Tarente

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Tarente (homonymie).
Tarente
Blason de Tarente
Héraldique
Palazzo del Governo, Tarente
Palazzo del Governo, Tarente
Noms
Nom italien Taranto
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Flag of Apulia.svg Pouilles 
Province Tarente 
Maire Ippazio Stefàno
2007-2017
Code postal 74100
Code ISTAT 073027
Code cadastral L049
Préfixe tel. 099
Démographie
Gentilé tarentin (ou tarentino, pluriel tarentini)
Population 191 810 hab. (31-12-2010[1])
Densité 884 hab./km2
Géographie
Coordonnées 40° 28′ 00″ N 17° 14′ 00″ E / 40.46667, 17.2333340° 28′ 00″ Nord 17° 14′ 00″ Est / 40.46667, 17.23333  
Altitude Min. 15 m – Max. 15 m
Superficie 21 700 ha = 217 km2
Divers
Saint patron San Cataldo vescovo
Fête patronale 10 mai
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Pouilles

Voir sur la carte administrative des Pouilles
City locator 14.svg
Tarente

Géolocalisation sur la carte : Italie

Voir la carte administrative d'Italie
City locator 14.svg
Tarente

Géolocalisation sur la carte : Italie

Voir la carte topographique d'Italie
City locator 14.svg
Tarente
Liens
Site web http://www.comune.taranto.it/

Tarente (Taranto en italien, Tarde en tarentin, Τάρας / Táras en grec ancien, Tarentum en latin) est une ville italienne d'environ 200 000 habitants, chef-lieu de la province du même nom dans les Pouilles[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Ponte Girevole

Tarente est un port du sud de l'Italie construit sur le golfe de Tarente. La vieille ville, la città Vecchia, ou encore Borgo Antico, héritière de la colonie spartiate qui fut dans l'Antiquité l’une des cités les plus riches de la Grande-Grèce, a été établie sur une île rectangulaire qui commande le chenal d'accès à la rade, appelée Mare Piccolo.

Un pont tournant métallique à deux volées, appelé Ponte Girevole[3], inauguré en 1887, livre passage à la navigation entre le golfe de Tarente et la rade. Ce pont est très semblable à l'ancien pont tournant nommé pont National (1861)[4] de Brest, ville avec laquelle Tarente se trouve jumelée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des Pouilles.
Nomos de la cité de Tarente à l'effigie d'un Taras et d'un cavalier.Description revers : Taras nu, chevauchant un dauphin à gauche, tenant une petite Niké stéphanophoros de la main droite et une corne d’abondance de la main gauche ; derrière à droite, un foudre (fulmen) . Description avers : Cavalier nu, coiffé d’un casque attique à triple aigrette, galopant à droite, tenant une javeline transversale de la main droite, un bouclier et deux autres javelines de la main gauche
Nomos incus de Tarente : Phalanthos chevauchant le dauphin, inscription ΤΑΡΑΣ (Taras), env. 500 av. J.-C.
Tarente au XVIe siècle, gravure (1761)
Vue du port, 1930
Photo de Ernesto Burzagli

La ville est fondée par les Parthénies, des exilés spartiates, en 706 av. J.-C. menés par Phalantos choisi comme œciste par l'oracle de Delphes. Néanmoins, il est assez probable qu'à Tarente une colonie grecque mycénienne ait été fondée dès la fin du XVe siècle avant J.-C.[5]. Le site est avantageux, et ce pour deux raisons : sa position stratégique sur la mer avec un port naturel déjà réputé depuis une Antiquité plus lointaine et sa position dominante sur les plaines de l'arrière-pays. Par contre, celui-ci est peuplé par des communautés denses et hostiles, empêchant l'extension du domaine agricole[6].

Des luttes incessantes l’opposent aux populations d’Apulie. Tarente atteint son apogée au IVe siècle av. J.-C. et exerce alors une véritable hégémonie sur la Grande-Grèce, aussi bien sur le plan politique, qu'économique et culturel. Sa situation maritime favorable contribue à faire de la cité un centre important de commerce maritime et de pêche. Au IVe siècle av. J.-C., Tarente voit les plus grands pythagoriciens : Philolaos très probablement (vers -400), Lysis, Archytas, Eurytos.

En 212 av. J.-C., Tarente passe sous l’autorité d’Hannibal, ce qui lui vaut, une fois reprise, d’être mise à sac par les troupes de Fabius Cunctator. Les Romains en font la conquête définitive en 209 av. J.-C., mais la paix avec la ville n'est faite qu'à partir de 123 av. J.-C.. Après la conquête romaine, son importance décroît, les Romains lui préférant Brindisi.

À la suite des guerres avec les Goths, l'Empire byzantin la reconquiert en 540.

Elle est successivement conquise en 661 par les Lombards, les Sarrasins, et enfin par le normand Robert Guiscard, en 1063. Plus tard, elle partage le sort du royaume de Naples.

De 1806 à 1815, Tarente, dont les travaux de fortifications ont été confiés au général Soult, est une base navale française très importante dans la guerre contre les Anglais et les Russes. Le titre de duc de Tarente est donné par Napoléon au maréchal Macdonald (1765-1840).

En 1940, lors de la Seconde Guerre mondiale, la flotte de la Regia Marina italienne, mouillée dans le port de Taranto, subit de grosses pertes à la suite d'un bombardement massif de la flotte aérienne de la Royal Navy britannique (Bataille de Tarente (1940)).

Archéologie[modifier | modifier le code]

Monuments grecs[modifier | modifier le code]

Temple dorique[modifier | modifier le code]

Les deux colonnes du temple dorique

Le « temple de Poséidon » ou temple dorique de Tarente est l'un des plus anciens temples de la Grande-Grèce. Il est le seul lieu de culte grec encore visitable du quartier ancien (Borgo Antico). Les ruines du temple, situé sur la piazza Castello, se trouvent incluses à la fois dans l'église de la Sainte-Trinité, la cour de l'Oratorio dei Trinitari, la maison Mastronuzzi et le couvent des Célestins. En 1700, on pouvait encore voir les vestiges de dix colonnes, mais celles-ci furent enlevées, et finalement disparurent lors de la reconstruction du couvent, en 1729.

À la fin du XIXe siècle, l'archéologue Luigi Viola étudia les restes et attribua le temple au culte de Poséidon, mais on considère aujourd'hui comme plus probable de l'attribuer à une divinité féminine : Artémis, Perséphone ou encore Héra. D'autres éléments du temple ont été dispersés avec les démolitions du couvent en 1926 et de l'église en 1973.

Les deux colonnes doriques subsistantes ont 8,47 m de hauteur, avec un diamètre de 2,05 m et un empattement de 3,72 m : on peut supposer que le temple faisait face au chenal navigable, et qu'il présentait 6 colonnes en façade et 13 sur les côtés. Le profil de chapiteaux fait remonter la construction du temple au début du Ve siècle av. J.-C.[7].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Castello Aragonese, Tarente

Castello Aragonese[modifier | modifier le code]

Le Castello Aragonese, qui commande le chenal d'accès à la rade, a des fondations byzantines du Xe siècle, mais il doit son état actuel aux travaux menés à la fin du XVe siècle par le roi Ferdinand II d'Aragon[8].

Maria Torati, épouse de Pompeio Fraula, seigneur de Resina, de Trimonti et Nosera, conseiller de la grande chancellerie de Naples, y est enterrée dans l'Église Saint-Léonard[9].

Archéologie industrielle[modifier | modifier le code]

Le pont tournant[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ponte Girevole.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Palazzo del Governo[modifier | modifier le code]

Ce beau palais d'allure médiévale, en front de mer près du chenal, côté Borgo Nuovo, est en réalité une création de l'architecture de l'époque fasciste, inaugurée en 1934[10].

Selon la mythologie, des araignées géantes vivaient à Tarente, c'est ce qui a donné le nom « tarentule » aux grosses araignées. Les habitants ont souvent essayé de lutter contre. Lorsque quelqu'un souffrait d'une morsure, une danse mythologique très rythmée permettait de lutter contre la douleur et guérissait la personne.

Économie[modifier | modifier le code]

Tarente possède une importante base navale militaire dotée d'un arsenal, des chantiers de constructions navales, des industries chimiques, un complexe sidérurgique et des industries alimentaires, ainsi qu'une cimenterie du groupe français Vicat.

Pollution[modifier | modifier le code]

Tarente est la ville la plus polluée d'Europe[11] à cause des poisons des industries qui se répandent sur son territoire. La pollution de Tarente provient seulement à 7 % des citoyens, le reste, soit 93 %, est d'origine industrielle. À Tarente chacun des 200 000 habitants respire chaque année 2,7 tonnes de monoxyde de carbone et 57,7 tonnes de dioxyde de carbone.

L'industrie sidérurgique de Tarente a vu le jour vers 1965 et est aujourd'hui une des plus importantes d'Europe grâce au complexe sidérurgique ILVA et à la raffinerie de la société Shell. Toutefois, cette industrie est très polluante et très peu de mesures ont été prises par le gouvernement tant national que local pour combattre la pollution. Celle-ci a des conséquences très néfastes sur la population. Dès 1997, des cas de néoplasie ont été mis en évidence. En 1999, un parlementaire italien a demandé par une question écrite[12] à la Commission Européenne si elle était au courant de cette situation et si elle avait l'attention de prendre des mesures en la matière. Celle-ci a répondu qu'elle n'était pas au courant et que la directive 84/360/CEE du Conseil du 28 juin 1984 relative à la lutte contre la pollution atmosphérique en provenance des installations industrielles ne fixant aucune valeur limite d’émission pour les substances polluantes, il n’était pas possible de conclure qu’il y a eu infraction à la législation communautaire.

Dix ans plus tard, en octobre 2008, des résultats publiés par INES, l'Inventaire National des Emissions et de leur Augmentation (Inventario nazionale delle emissioni e loro sorgentioni) a estimé que Tarente est comparable à la chinoise Linfen, appelé «Toxic Linfen» et la roumaine Copşa Mică, les villes les plus polluées au monde pour les émissions industrielles.

La présence de dioxine est particulièrement problématique à Tarente. On y produit 92 % de la dioxine italienne et 8,8 % des émissions totales européennes. En dix ans leucémies, lymphomas et myelomas ont augmenté du 30-40 %. La dioxine va s'accumuler dans le temps et à Tarente on estime la quantité répandue à 9 kg, trois fois la quantité présente à la catastrophe de Seveso (la ville contaminée par une fuite de dioxine en 1976)

Le 21 octobre 2008, un article[13] paru dans le journal italien Corriere della Sera a dénoncé publiquement la situation catastrophique de Tarente et le manque de mesures prises pour combattre cette pollution. L'association italienne contre la leucémie a mis en ligne une pétition[14] pour protester contre le manque d'action.

Administration[modifier | modifier le code]

Les maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
30 avril 2000 3 avril 2005 Rossana Di Bello FI  
3 avril 2005 25 février 2006 Rossana Di Bello FI  
25 février 2006 14 juin 2007 Tommaso Blonda   Commissaire extraordinaire
14 juin 2007 2012 Ippazio Stefàno SEL  
Les données manquantes sont à compléter.

La faillite[modifier | modifier le code]

La commune de Tarente est en état de faillite à cause de l'accumulation de passif, au 31 décembre 2005, de 637 million d'euros, évalué par Francesco Boccia, chef de la commission de liquidation. Il s'agit d'une des plus lourdes faillites jamais subie par une collectivité locale.

L'état de faillite a été déclaré le 18 octobre 2006 par le commissaire extraordinaire Tommaso Blonda élu après la démission du maire Rossana Di Bello, condamnée à 1 an et 4 mois[Quoi ?] pour abus de pouvoir et faux idéologique dans l'enquête sur la fiducie de la gestion de l'incinérateur municipal à la société Termomeccanica.

Hameaux[modifier | modifier le code]

Talsano, Lido Azzurro, Lama, San Vito

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Carosino, Faggiano, Fragagnano, Grottaglie, Leporano, Lizzano, Massafra, Monteiasi, Montemesola, Monteparano, Pulsano, Roccaforzata, San Giorgio Ionico, San Marzano di San Giuseppe, Statte, Villa Castelli (BR)

Tourisme[modifier | modifier le code]

Lieux, monuments[modifier | modifier le code]

Musée archéologique national de Tarente[modifier | modifier le code]

Boucle d'oreille en or, fin du IVe siècle av. J.-C.

Objets et mobilier des sites et nécropoles de l'époque grecque (VIe - IVe siècles av. J.-C.).

Événements[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

Septimi, Gadis aditure mecum et
Cantabrum indoctum iuga ferre nostra et
Barbaras Syrtis, ubi Maura semper
Aestuat unda :

Tibur Argeo positum colono
Sit meae sedes utinam senectae,
Sit modus lasso maris et viarum
Militiaeque.

Unde si Parcae prohibent iniquae,
Dulce pellitis ovibus Galaesi
Flumen et regnata petam Laconi
Rura Phalantho.

Ille terrarum mihi praeter omnis
Angulus ridet, ubi non Hymetto
Mella decedunt viridique certat
Baca Venafro ;

Ver ubi longum tepidasque praebet
Iuppiter brumas, et amicus Aulon
Fertili Baccho minimum Falernis
Invidet uvis.

Ille te mecum locus et beatae
Postulant arces ; ibi tu calentem
Debita sparges lacrima favillam
Vatis amici.

« [...] Rien n'égale pour moi cette aimable retraite :
Là des verts oliviers les tiens seraient jaloux,
Ô fertile Vénafre, et le miel de l’Hymette
Est moins pur et moins doux ;
Là règne un long printemps que Baïa même envie ;
Là jamais n’ont sévi les hivers rigoureux ;
Là de Falerne, Aulon, cher à Bacchus,
Défie les raisins savoureux. [...] »

— Horace, Odes [détail des éditions] [lire en ligne], II, 6 (« À Septime »)

Sports[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Tarente est jumelée avec

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Popolazione residente e bilancio demografico sur le site de l'ISTAT.
  2. Carte de situation de Tarente dans les Pouilles Carto-mondo.fr
  3. Ponte Girevole, Structurae
  4. Pont National à Brest, Structurae
  5. Marcel Le Glay, Rome, I. Grandeur et déclin de la République, collection Tempus, éditions Perrin, 2005. ISBN 978-2-262-01897-9
  6. Biollet (Pierre-Yves), Barat (Claire), Costanzi (Michela), Les diasporas grecques du VIIIè s. au IIIè s. avant J.-C, Paris, 2012 (Dunod), p. 106
  7. Source : it:Tempio di Poseidone (Taranto)
  8. Source : it:Castello Aragonese (Taranto)
  9. François Alexandre de la CHENAYE-DEBOIS, Dictionnaire de la noblesse, t. VI, Paris, Chez Antoine Boudet, 1773, p. 665
  10. Source : it:Palazzo del Governo (Taranto)
  11. http://www.bastamag.net/article1248.html?id_mot=38
  12. question écrite
  13. article
  14. pétition en ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Wuilleumier, Tarente des origines à la conquête romaine, Paris, 1939 ; 2e éd., 1970.

Articles connexes[modifier | modifier le code]