Silvio Pellico

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Silvio Pellico

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Portrait de Silvio Pellico

Naissance 24 juin 1789
Saluzzo
Décès 31 janvier 1854 (à 64 ans)
Turin
Nationalité italien
Profession
écrivain

Silvio Pellico (Saluzzo, 24 juin 1789 - Turin, 31 janvier 1854) est un écrivain et poète italien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Silvio Pellico naquit à Saluces (Italie) de Onorato et Marguerite Tournier, une famille piémontaise de moyenne bourgeoisie. Le poète eut une enfance maladive. Il sortait d’une grave maladie pour tomber dans une plus grave encore. Sa mère, d’origine savoisienne l’aimait beaucoup et prit soin de lui. Plus tard, du fond de sa prison, il se rappela celle qui passa tant de temps à son chevet et le souvenir de sa mère lui fut d’un grand secours.

Malgré sa maladie, il développa une intelligence très précoce et il n’avait pas plus de dix ans qu’il s’intéressait déjà à la poésie et surtout au théâtre. Naturellement porté à la mélancolie, il n’aimait des jeux de son âge que les représentations d’œuvres dramatiques. C’est à cette époque que sa famille vint s’installer à Turin. Un gouvernement républicain venait d’y être établi, et son père, bien que monarchiste, l’emmena souvent avec son frère aux assemblées populaires. Ces joutes oratoires l’impressionnèrent pour le reste de sa vie et firent de lui un fervent patriote.

Quelques années plus tard, son père l’envoya chez un cousin de sa mère à Lyon. Il y passa quatre ans, se livrant aux distractions mondaines mais s’intéressant aussi aux mœurs et surtout à la littérature française.

Il semblait oublier sa patrie lorsque son frère lui envoya un nouveau poème de Foscolo, un poète qu’il avait déjà lu avec passion étant jeune : « En le lisant, il se sentit redevenir italien et poète… » et prit bientôt le chemin de Milan où se trouvait alors sa famille. Nommé professeur de français au collège des orphelins militaires, il disposait alors d'assez de temps pour se consacrer à sa véritable passion, la littérature et la poésie. Deux poètes se partageaient la gloire en Lombardie, Monti et Foscolo. Il se lia plus avec Foscolo, mais la façon de procéder du poète le déçut. Il publia une première tragédie, Laodicée, puis une seconde, Francesca da Rimini. En 1819, sa tragédie fut représentée à Milan, puis à Naples et bientôt, Silvio Pellico fut considéré comme l’un des poètes les plus distingués de l’Italie.

Avec le grand bouleversement de 1814, l’Italie avait espéré un moment que l’Europe consentirait à lui donner l’indépendance. Mais cet espoir fut bientôt déçu et le royaume de Lombardie-Vénétie fut instauré. À la tête des patriotes qui tentèrent de résister aux Autrichiens se trouvèrent deux hommes très puissants : le comte Porro, que Silvio connaissait bien et aimait comme un père et le comte Frédéric Confalonieri. Silvio Pellico, membre des carbonari, prit sa part de la lutte et pour fédérer les esprits, il conçut et proposa le plan d’un journal, Il Conciliatore (Le Conciliateur), qui fut fondé, en 1818, dans la maison du comte Porro.

L'arrestation de Pellico et de Maroncelli

C’est alors qu’éclata la révolution napolitaine, bientôt suivie par l’insurrection du Piémont. Une même idée de résistance semblait se propager dans toute l’Italie mais le mouvement, mal préparé et mal conduit, finit par avorter. La réplique des Autrichiens fut terrible : tous les hommes éminents que comptait la Lombardie furent arrêtés. Silvio Pellico fut, quant à lui, arrêté pour conspiration, le 13 octobre 1820, et emprisonné à Milan, puis à Venise. Condamné à mort puis gracié par l’empereur, il fut envoyé en mars 1822 dans la terrible prison du Spielberg en Moravie où il passa dix ans. Il fit connaitre ses conditions de vie lors de son emprisonnement par la rédaction d'un livre qui connut plus tard un immense succès : Mes prisons – Mémoires de Silvio Pellico.

Cette œuvre, extrêmement romantique, larmoyante et édifiante fut promue par les autorités religieuses et servit les fins des autorités politiques, engageant tous les tièdes à ne pas s'occuper de politique. Elle donna cependant des détails intéressants sur la condition carcérale dans le premier tiers du XIXe siècle, sur les effets psychologiques de l'arbitraire princier érigé en système : les autorités utilisèrent le secret comme source d'anxiété et de paranoïa chez le prisonnier qui se torturait lui-même. Silvio Pellico ne trouva de salut qu'à travers sa culture catholique : l'abandon à la providence divine, la prière[1]

Après sa libération, il occupa le poste de secrétaire et bibliothécaire auprès de Giulia Colbert Faletti et resta au Palazzo Barolo jusqu'à sa mort ayant interrompu sa production littéraire, dans les dernières années de sa vie en raison de problèmes familiaux et de santé.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Mes prisons. Mémoires de Silvio Pellico; traduit par C. Dalause, Paris, Vimont, 1833
  • Mes prisons. Mémoires de Silvio Pellico de Saluces, traduits de l'italien, et précédés d'une introduction biographique, par A. de Latour. Édition ornée du portrait de l'auteur et augmentée de notes historiques par P. Maroncelli, Paris, H. Fournier jeune, 1833
  • Mes prisons. Mémoires de Silvio Pellico de Saluces, traduits de l'italien, et précédés d'une introduction biographique, par A. de Latour. Deuxième édition, revue et augmentée de nouvelles notes historiques par P. Maroncelli, Paris, Fournier, 1833
  • Mémoires de Silvio Pellico, ou Mes prisons. Traduit de l'italien par M. Oct. B... , Paris, Gaume, 1833
  • Mes prisons. Mémoires. Par Silvio Pellico, Paris, Bricon, 1833
  • Des devoirs des hommes. Discours à un jeune homme. Par Silvio Pellico de Saluces, traduit de l'italien par G. D., Paris, Fournier, 1834
  • Des devoirs des hommes. Par Silvio Pellico, traduit de l'italien, avec une introduction, par Antoine de Latour, Paris, Fournier, 1834
  • Des devoirs de l'homme. Traité offert à la jeunesse. Par Silvio Pellico de Saluces. Traduit de l'italien par M. F., Paris, Imprimerie de Béthunes, 1834
  • Poésies de Silvio Pellico: légendes composées sous les plombs de Venise. suivies de Françoise de Rimini, tragédie, Paris, Debécourt & Jeanthon, 1834
  • Trois nouvelles piémontaises par Silvio Pellico, Paris, Ladvocat, 1835
  • Mélanges inédits, pour faire suite aux Œuvres de Silvio Pellico, Paris, Gaume frères - Lyon, Giberton et Brun, 1838
  • Choix des poésies inédites de Silvio Pellico, traduit par L. P. Eléard, Lille, Lefort, Nouvelle bibliothèque catholique, 1838
  • Poésies catholiques de Silvio Pellico, traduites par C. Rossignol, Lyon, Pélagaud, 1838
  • Mes prisons: mémoires de Silvio Pellico, traduction nouvelle, Bruxelles, Société des Beaux arts, 1839
  • Œuvres de Silvio Pellico. Mes prisons, suivies Des devoirs des hommes. Traduction de M. Antoine Delatour. 6e édition, revue et corrigée, avec des chapitres inédits, des notes de Maroncelli, etc., etc., Paris, Charpentier, 1840
  • Lettres de Silvio Pellico, recueillies et mises en ordre par m. Guillaume Stefani, traduites et précédées d'une introduction par M. Antoine de Latour, 2ª éd., Paris, E. Dentu, 1857
  • Rafaella, traduit de l'italien par Philippe Van der Haeghen, Tournai et Paris, H. Casterman, Bibliothèque Internationale Catholique, 1859
  • Mes prisons. Mémoires de Silvio Pellico, Paris, Firmin-Didot Texte en ligne
  • Silvio Pellico, musique de F. Masini, texte et musique extraits d'un recueil de chansons du Canada.
  • Manuel du jeune homme, préfacé par Julie-Victoire Daubié, extraits Des devoirs des hommes et discours à un jeune homme brochure éditée par L'association pour l'émancipation progressive de la femme 1872.

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Silvio Pellico, préface de Mes prisons
  • Louis de Loménie, Galerie des contemporains par un homme de rien. Louis de Loménie dit s’être inspiré de la notice de M. Antoine de Latour, qui accompagnait la première traduction de Mes Prisons.

Silvio Pellico[modifier | modifier le code]

Silvio Pellico écrivit un poème racontant sa vie de prisonnier. Sur ce texte, F. Masini composa une mélodie. Les paroles et la musique de cette chanson ont traversé l'Atlantique et sont devenus populaires jusqu'au Canada.

1.

Hélas! dans ma prison brise à la fraîche haleine,
Quand tu viens m'annoncer le doux retour des fleurs,
Quand tu viens m'apporter les parfums de la plaine,
Tu réveilles en moi de nouvelles douleurs!
Je le sais du printemps, ton haleine est remplie
Et ton aile a passé sur des gazons fleuris...
Mais pourquoi n'es-tu pas ma brise d'Italie?
L'air embaumé, l'air embaumé de mon pays...
Ah! pourquoi n'es-tu pas l'air embaumé de mon pays?
2.
Hélas! dans ma prison, quand d'un ciel sans nuage,
Glisse un rayon plus pur, comme un regard ami,
Loi de me consoler, je perds bientôt courage...
Je sens des pleurs venir, et mon cœur a gémi!
En voyant ce beau ciel, non, jamais je n'oublie
Qu'il n'est qu'un ciel, un seul, pour les pauvres proscrits...
Ah! pourquoi n'es-tu pas mon beau ciel d'Italie?
Le ciel aimé, le ciel aimé de mon pays...
Ah! pourquoi n'est-tu pas le ciel aimé de mon pays?
3.
Hélas! dans ma prison, parfois lorsque je rêve,
Un songe, cet ami de mon sommeil léger,
Me dit que je suis libre et que mon mal s'achève...
Que j'ai ma liberté sur un sol étranger!
Sur un sol étranger!... Oh! je vous en supplie,
Mon Dieu! je ne veux pas être libre à ce prix...
Qu'on me donne plutôt des fers en Italie...
Je veux mourir, je veux mourir dans mon pays!...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. nombreuses references dans "Mes prisons", par exemple : chapitre VI "Il Cristianesimo, invece di disfare in me cio che la filosofia potea avervi fatto di buono, lo confermava, lo avvalorava di ragioni piu alte, piu potenti... L'intento di stare di continuo alla presenza di Dio...era per me soavissima cosa."

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