Histoire de l'Algérie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'histoire de l'Algérie, qui s'insère dans l'histoire plus large du Maghreb, remonte à des millénaires. Dans l'Antiquité, le territoire algérien connait la formation des royaumes numides avant de passer sous la domination partielle des Romains , des Vandales et des Byzantins, et des principautés berbères indépendantes [1].

Le VIIe siècle marque le début de l'islamisation puis l'arabisation partielle de la population. Le Maghreb central connait alors plusieurs dynasties locales : Rostémides (767 – 909), Hammadides (1014 – 1152), Zianides (1235 – 1556) ; ou des périodes d'intégration dans des groupements impériaux plus larges : Omeyyades (au VIIIe siècle), Fatimides (au Xe siècle), Almoravides (au XIe siècle), Almohades (au XIIe siècle)[L 1].

L'Algérie contemporaine commence à se constituer territorialement au début de la régence d'Alger, soit au XVIe siècle. La colonisation française va lui permettre de s'étendre aux confins du Sahara et va bouleverser la formation sociale existante. L'émergence au début du XXe siècle d'un mouvement national mène au déclenchement de la guerre d'Algérie en 1954, une insurrection armée qui s'achève par l'indépendance du pays en 1962, et la constitution de l'État-nation actuel[L 1].

Sommaire

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Préhistoire de l'Algérie.
Peinture rupestre du Tassili n'Ajjer datant d'environ 10 000 ans.

Paléolithique[modifier | modifier le code]

Site d'Aïn El Ahnech

Les plus anciens restes attestés d'hominidés en Afrique du Nord ont été mis au jour dans le site d'Aïn El Ahnech près de Sétif. Le site est considéré comme le plus ancien gisement archéologique d'Afrique du Nord. L'âge des vestiges est évalué par archéomagnétisme à 1,8 million d'années, coïncidant avec la période présumée de l'apparition de l'Homo habilis[2],[3].

Site de Tighennif
Articles détaillés : Tighennif et Atlanthropus mauritanicus.

Le site acheuléen de Tighennif (anciennement Ternifine ou Palikao), dans la wilaya de Mascara, a livré des vestiges dont l'âge est évalué entre 800 000 et 400 000 BP. Parmi ces vestiges, composés essentiellement d'ossements d'animaux et d'objets de pierre taillée, les archéologues ont découvert les ossements d'un Hominidé qui ont conduit à la définition de l'Atlanthrope, aujourd'hui considéré comme un Homo erectus[4],[5],[6]. L'homme de Tighennif est considéré comme le plus ancien représentant connu du peuplement de l'Afrique du Nord[7].

L'Atlanthrope avait un cerveau plus petit que celui de l'homme moderne et une mâchoire plus puissante. Il était contemporain d'autres variantes d'Homo erectus telles que le Pithécanthrope de l'île de Java. L'Atlanthrope vivait de la cueillette et de la chasse et se déplaçait fréquemment dans sa quête de nourriture. Il a occupé le Maghreb central durant plusieurs millénaires et fabriquait des bifaces et des hachereaux ainsi que plusieurs autres types d'outils[8]. Homo erectus disparaît vers 250 000 av. J.-C., après près de 2 millions d'années de présence (probablement en évoluant vers Homo heidelbergensis en Europe). L'Algérie est alors exclusivement peuplée d'Homo sapiens, originaires de la corne de l'Afrique, qui occupent le Maghreb central pendant 150 siècles, de 250 000 à 50 000 av. J.-C., soit jusqu'à la fin du Paléolithique moyen. À partir de - 50 000 et jusqu'à - 20 000 av. J.-C., l'Acheuléen cède la place à l'Atérien[9],[10].

L'Atérien
Articles détaillés : Atérien et Ibéromaurusien.

Correspondant globalement au Paléolithique moyen et supérieur, l'Atérien a été défini à partir de vestiges mis au jour dans le site éponyme de Bir el-Ater, dans la wilaya de Tébessa. Il s'étend jusqu'à la révolution néolithique vers 7 500 av. J.-C. Durant cette période, vers 20 000 av. J.-C., de fortes pluies tombent au Sahara et au Nord de l'Algérie, qui connaissent alors un climat très humide favorisant le développement des populations d'éléphants, de girafes, de rhinocéros et autres, que les Atériens chassent en grand nombre[11].

Les fouilles archéologiques ont mis en évidence des armes très raffinées, servant probablement à la chasse, faites de pierre, de bois et même de cordage. Les premières pointes de lances du Maghreb sont introduites par les Atériens et sont appelées Oraniennes (également Ibéromaurusienne). Ces industries semblent être apparues vers 15 000 ans av. J.-C. aux alentours d'Oran, dans l'Ouest algérien, avant de se propager sur toute la côte maghrébine durant les cinq millénaires qui ont suivi[12].

Néolithique[modifier | modifier le code]

L'Atérien disparaît vers 7 500 av. J.-C., lors de la révolution néolithique. L'Homme de Néandertal a longtemps été considéré comme l'auteur de l'Atérien mais cette espèce est désormais perçue comme exclusivement eurasiatique. Il est probable que des Homo sapiens archaïques aient produit les outils atériens[13].

Avec la révolution néolithique apparaissent des sociétés sédentaires qui produisent leur nourriture grâce à l'agriculture et à la domestication. En Algérie, cette révolution débouche sur la civilisation capsienne[14],[15].

Protohistoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Protohistoire de l'Algérie.

La civilisation capsienne, ancêtre des Berbères[réf. nécessaire], apparaît avec la révolution du Néolithique entre 9 000 et 7 500 av. J.-C. et dure jusqu'à l'apparition de l'âge du fer vers 2000 av. J.-C. Les Capsiens, ancêtres directs des Numides Berbères, apparaissent dans le sud constantinois d'abord, avant de se répandre dans l'ensemble du Maghreb. Les Capsiens qui habitaient des campements faits de huttes et de branchages[16] s'installaient généralement sur des sites à proximité d'un oued ou d'un col montagneux. À cette époque la plupart du Maghreb ressemblait à une savane, comme en Afrique de l'Est aujourd'hui, avec des forêts méditerranéennes uniquement en haute altitude[17].

Les Capsiens furent les premiers au Maghreb à domestiquer les ovicapridés et les bovidés[18]. Ils étaient considérés comme les premiers artistes du Maghreb ; ils fabriquèrent divers objets, y compris des objets d'art décoratifs et des bijoux, tels que des colliers faits de coquillages marins, et produisirent diverses peintures abstraites et figuratives[16]. Les Capsiens se nourrissaient d'ovins et de bovins, ainsi que de produits agricoles, mais également d'escargots : en effet de vastes dépôts de coquilles vides d'escargots datant de l'époque capsienne furent retrouvés, notamment à Mechta Sidi El Arbi dans la wilaya de Constantine. Du point de vue anatomique les Capsiens regroupaient 2 types ethniques : les Mechta Afala (Mechtoïdes) et les Proto méditerranéens, dont certains pensent qu'ils auraient émigré de l'est ; ces derniers assimileront les populations plus anciennes (les Mechtoïdes)[19].

Mechta el Arbi a été trouvé près de Constantine.

La langue Capsienne est reconnue par les historiens linguistes comme étant l'ancêtre des langues berbères en Afrique du Nord ; par ailleurs la décoration des poteries capsiennes présente de grandes similarités avec celle des poteries berbères plus récentes. Peu de choses sont connues de la religion des Capsiens. Toutefois, leurs pratiques funéraires (monticules de pierres et peintures figuratives) suggèrent que ces derniers croyaient en une vie après la mort[20].

Vers 3000 avant JC, les Capsiens commencèrent à migrer au sud de l'Atlas tellien et s'installèrent au-delà de l'actuel Batna puis progressivement jusqu'aux confins du Sahara qui se situait à l'époque plus au Sud, vers l'actuel Tamanrasset. Durant cette même période, le Sahara s'est rapidement asséché, devenant un désert extrêmement aride, comme on le connaît de nos jours. Le Maghreb n'ayant pas connu l'âge du bronze, à l'instar de toute l'Afrique, la civilisation capsienne survécut jusqu'au début de l'âge du fer, daté avec l'apparition des fournaises vers 1500 avant JC. Cela dit, cette ancienne thèse du passage direct à l'âge du fer a été abandonnée, avec la découverte de représentations d'armes métalliques sur les gravures rupestres du Haut Atlas marocain[21].

Les Capsiens ayant migré au Sahara laissèrent derrière eux des peintures rupestres magnifiques comme celles du Tassili n'Ajjer datant de la période -5000 à –1500 ou celles de la région d'El-Bayadh, qui toutes deux témoignent du mode de vie, des pratiques de chasse, d'agriculture et des rites capsiens, ainsi que de l'assèchement progressif du Sahara qui commença à partir de 2600 avant JC[22]. L'aridité du désert qui a suivi cette civilisation a permis de conserver naturellement ces œuvres dans des musées à ciel ouvert et cela à travers plusieurs millénaires. Aujourd'hui, le contraste entre la luxuriance de la faune peinte sur ces peintures et l'aridité actuelle du désert du Sahara renforce encore leur attrait historique et artistique. Malheureusement, ces sites rupestres du Sahara sont de nos jours menacés par la fréquentation touristique et les dégradations qui en découlent.

Antiquité[modifier | modifier le code]

L'histoire de l'Algérie dans l'Antiquité est marquée par l'émergence des royaumes de l'Âge du fer qui s'étalent sur une période d'environ 1 500 ans. Ces royaumes sont d'abord les Gétules au sud du pays, et la fondation des comptoirs Phéniciens au Nord, ensuite les Garamantes et finalement les Numides. Le territoire de l'actuelle Algérie fut ensuite progressivement conquis par Rome et transformé en province romaine. Il s'étendait sur les provinces d'Afrique proconsulaire, de Numidie et des Maurétanies. Ces provinces africaines sont marquées par une grande prospérité jusque dans l'antiquité tardive.

Les Berbères, christianisés par Rome[23], résistèrent de façon différenciée à la chute de Rome, puis des Vandales, et l'instabilité durant la période byzantine. Certains s'enfuirent[24] en Sicile[25].

Le roi berbère Massinissa, fondateur du royaume de Numidie (vers 201 av. J.-C.).
Jugurtha emprisonné par les Romains.

En mai 429, 80 000 Vandales et Alains, dont 15 000 soldats, conduits par leur roi Genséric (Gaiséric) traversent le détroit de Gibraltar pour passer en Afrique romaine[26]. Selon les chroniqueurs de l'empire d'Orient (Jordanès), le comte Boniface, alors en révolte contre Galla Placidia, aurait été l'instigateur de leur passage en Afrique[27]. Boniface, inquiet du succès des Vandales, cherche à limiter le dommage par la cession de la Maurétanie. Genséric refuse de s’arrêter. Il dévaste la Numidie et une partie de la Proconsulaire. Il dépasse Hippone et tente sans succès de prendre Carthage, puis revient sur ses pas et met le siège devant Hippone[28]. Les tribus réunies des Vandales et des Alains comptent 80 000 âmes. La population romaine en Afrique est alors de 7 à 8 millions d’habitants[29].

En 442, le roi des Vandales Genséric signe un second traité de paix avec Valentinien III, avec l'approbation de Théodose II. Il obtient les pleins droits pour diriger la province romaine d'Afrique proconsulaire, Byzacène, et l'est de la Numidie. La partie occidentale de la Numidie et les Maurétanie Sitifienne et Césarienne retournent à l'Empire[30].

En mars 534, le roi vandale Gélimer, battu à Hippone, se rend aux forces de Byzance conduites par Bélisaire[31]. La plus grande partie de l'Afrique du Nord jusqu’à Ceuta est maintenant sous le contrôle de l'Empire d'Orient. Gélimer est envoyé à Constantinople orner le triomphe de Bélisaire, puis déporté en Galatie, où il reçoit des domaines. Une partie des Vandales est vendue comme esclaves, une autre incorporée dans la cavalerie romaine[32].

Le 13 avril, Bélisaire réorganise l’Afrique récemment conquise, qui devient une préfecture du prétoire byzantine, divisée en cinq provinces (534-698). Archélaos, questeur de Bélisaire, devient préfet du prétoire et Solomon gouverneur militaire. Dès le départ de Bélisaire, les Berbères se révoltent, les uns en Byzacène conduits par Iabdas, roi des sédentaires de l’Aurès, les autres en Numidie, conduits par Cutzinas, chef des nomades de Tripolitaine[33].

L'islamisation et l'ère des dynasties arabo-berbères[modifier | modifier le code]

Cette ère correspond à la période du Moyen Âge occidental.

Islamisation du pays[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conquête musulmane du Maghreb.
Étendue maximale du califat omeyyade, allié des Zénètes.

La conquête militaire arabe du Maghreb qui a duré entre 641 et 711, est lente et difficile[L 2]. La résistance était plus marquée dans les Aurès et la région de Tlemcen, où les Berbères s'organisent en structure étatique[L 2]. Les Arabes sont également repoussés par les troupes du royaume des Djédars et les dernières garnisons byzantines[L 3]. Les figures les plus connues de ce conflit sont le roi chrétien Koceila, qui vainc Oqba Ibn Nafaa en 689, près de Biskra[L 4], puis la reine guerrière Kahena, qui est à la tête des Berbères des Aurès[L 4]. En 693, elle inflige prés de Meskiana, une sévère défaite au corps expéditionnaire arabe de Hassan Ibn Numan, qu'elle repousse jusqu'en Tripolitaine[L 5]. Mais elle est vaincue par la suite.

Dans le Maghreb central, les kharidjites œuvrent efficacement à l'islamisation des territoires[L 6]. Au VIIIe siècle, les insurrections se multiplient contre les Omeyyades, en raison des impôts imposés aux Berbères et qui sont, en principe, réservé aux non-musulmans[L 2]. L'Islam se diffuse ensuite depuis les mosquées, les centres de savoir religieux tel que Tahert et Kairouan, les ribats et les zaouïas[L 7]. La conversion définitive des Berbères s'achève au IXe siècle, mais des ilots de christianisme subsistent jusqu'au XIIe siècle[L 8].

Le processus de l'arabisation est plus long. La diffusion de la langue arabe est d'abord l'œuvre des miliciens arabes qui s'installent notamment dans les forteresses byzantines du Constantinois puis à partir des cités telles que Tahert et Tlemcen[L 9]. L'usage de cette langue devient plus répandu avec l'arrivée des tribus des Arabes hilaliens dans les plaines, les hauts plateaux et le désert. Plus tard, les immigrés andalous et les confréries religieuses contribuent à d'autres avancées de l'arabisation[L 9]. Le berbère subsiste dans les massifs montagneux notamment en Kabylie, les Aurès, le Dahra et l'Ouarsenis[L 9].

L'apogée du kharidjisme[modifier | modifier le code]

La ville de Tlemcen dont la fondation est attribuée aux Banou Ifren au VIIIe siècle.

Après la conquête musulmane du Maghreb, les berbères se révoltent contre le régime omeyyade, ses révoltes s'associent au milieu du VIIIe siècle au dogme kharidjite qui les séduit par son puritanisme et son message égalitaire et gagnent une bonne partie du Maghreb[L 10]. À partir du 741, le Maghreb central gagne son autonomie, sous l'emblème du kharidjisme[L 11]. Abou Qurra, chef de la tribu des Ifren,fonde le royaume sufrite de Tlemcen[L 12]. Mais l'entité kharidjite la plus importante en Algérie est celle de la dynastie des Rostémides[L 11]. Dans le reste du Maghreb deux autres dynasties s'installent : les Aghlabides sunnites de Kairouan et les Idrissides chiites de Fès[L 13].

En 760, Ibn Rustom, kharidjite d'origine perse installé en Ifriqiya, est attaqué et vaincu par le gouverneur arabe d'Égypte. Il abandonne l'Ifriqiya aux armées arabes et se réfugie dans l'Ouest algérien où il fonde Tahert en 761 qui devient la capitale du royaume rostémide[L 14]. Un État théocratique réputé pour le puritanisme de ses dirigeants, le commerce florissant[L 15], son rayonnement culturel ainsi que sa tolérance religieuse[L 16],[34]. Celui-ci, comme l'émirat de Cordoue depuis sa création en 756[35], conserve son indépendance du califat des Abbassides, malgré les pressions diplomatiques et militaires ainsi que les pertes de territoires[L 14].

En 767, Abou Qurra, uni aux kharidjites de Tahert et du djebel Nefoussa, lance une expédition vers l'est. Ils cernent le gouverneur abbasside dans la forteresse de Tobna dans le Hodna et gagne Kairouan[L 17]. Cependant, le calife envoie de l'Orient une forte armée sous le nouveau gouverneur Yazid ibn Hatim qui défiaient les kharidjites en Ifriqiya, mais le reste du Maghreb échappent à l'autorité de Bagdad[L 18]. De retour à Tlemcen, son pouvoir est battu en brèche par les tribu des Maghraoua[L 11]. Idris Ier négocie avec les Maghraouas la remise de la ville de Tlemcen, et un de ses descendants, Muhammed b. Sulayman, crée dans la région le « royaume sulaymanid », un État qui ne semble contrôler que les villes et qui prend fin sous les Fatimides en 931[L 19].

En 800, un gouverneur arabe du Zab, Ibrahim ibn al-Aghlab obtient le titre d'émir et fonde la dynastie des Aghlabides, une dynastie qui, sans rompre avec les califes abbassides, demeure indépendante[L 20]. Cette dynastie a occupé la partie orientale du pays, cependant les Aurès et la petite Kabylie leur échappent[L 21].

El Atteuf, la plus ancienne ville du Mzab.

Tahert devient une riche cité commerçante[L 15] et un foyer culturel, ses bibliothèques renfermaient des textes d'exégèse coranique et des manuscrits de médecine et d'astronomie[L 16]. Cette période connait également l'émergence du commerce transsaharien favorisé par la stabilité des pouvoirs politiques. Les Andalous réaniment le commerce méditerranéen et établissent des colonies sur le littoral : Ténès en 872 et Oran en 902[L 22]. Tlemcen devient une cité dont les liens avec la culture arabe d'Al-Andalous vont croisant[L 19].

En 909, en proie à des crises intérieures, l'état rostémide succombe aux premières attaques fatimides[L 11]. Sa capitale est ruinée par l'attaque des berbères montagnards Kutama conduits par le « dâ`i » Abu Abd Allah ach-Chi'i. Ses habitants sont massacrés ou exilés[L 23]. Les réfugiés fuient dans le désert. Ils s'établissent à Sedrata, près d'Ouargla. Puis, ils atteignent le Mzab. Au xie siècle, ils battissent plusieurs villes dans la région : Ghardaïa, Melika, Beni Isguen, Bounoura et El Atteuf[36]. Le kharidjisme demeure un temps, mais, après la révolte d'Abu Yazid, il n'y a plus de protestations affilées au kharidjisme. Il est substitué par le malikisme, mieux installé à Al-Andalous et à Kairouan. Les dynasties issues du substrat berbère local : Zirides et Hammadides étaient malikites[L 24].

Dynastie fatimide[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Fatimides et Kutamas.

Au début du Xe siècle, une nouvelle dynastie supplante les Aghlabides et les Rostémides en Ifriqiya et dans le Maghreb central, les Fatimides. De doctrine chiite, et pensant que le khalifat doit revenir à la descendance d'Ali et de Fatima, fille du prophète Mahomet, ils considèrent les khalifes Abbassides comme des usurpateurs. Aussi, dès sa prise de pouvoir en 909 à Raqqada, le premier représentant de cette dynastie, Ubayd Allah, revêt le titre de Mahdi et celui de commandeur des croyants[37].

Son accession au pouvoir a été préparée par un prédicateur ismaélien, le Yéménite Abu Abdallah, venu en Ifriqiya, après sa rencontre à la Mecque de pèlerins berbères de la Petite Kabylie, des Kutamas. Installé à Ikjan, près de Sétif, où il développe son prosélytisme, il constitue une armée parmi les Kutamas, et s'attaque aux Aghlabites dont il conquiert l'émirat en une quinzaine d'années (893-909)[37]. Abu Abdallah entreprend alors d'aller chercher Ubayd Allah, le Mahdi, tenu en captivité à Sijilmassa, et ce dernier fait son entrée triomphale à Raqqada en 909. Le souverain est autoritaire et intolérant, pratiquant une politique fiscale rigoureuse. Il se heurte dès 911 à un complot des chefs Kutamas où Abu Abdallah avait trempé, il les fait exécuter. Pour marquer ses ambitions tournées vers l'Orient, il établit sa nouvelle capitale à Mahdia[37].

Ubayd Allah se proclame mahdi et fait assassiner Abu Abdallah. Ce meurtre déclenche des révoltes berbères chez les Kotamas et les Zénètes[L 25]. Plusieurs tribus érigent des principauté dans les régions montagneuses : les Kotamas de Petite Kabylie, les Sufrites de Tlemcen et les Kharidjites des Aurès[L 26]. La plus importante des révoltes est celle que dirige d'Abu Yazid, un kharidjite zénète des Banou Ifren surnommé « l'homme à l'âne » dans les Aurès en 943. La révolte gagne l'ensemble du Maghreb[L 27]. Il parvient, en 944, à défaire l'armée fatimide et à s'emparer de Kairouan[L 28]. Mais, vers 947, il est tué. Cela marque la fin du kharidjisme insurrectionnel[L 29].

Des parties des tribus Zénètes Maghraouas et Ifrenides participent à la grande révolte anti-fatimide d'Abu Yazid. Une branche des Banou Ifrens devient vassal des Omeyyades de Cordoue et contrôle l'Oranie[L 19]. Leur chef Yala Ibn Mohamed choisit Ifgan comme capitale (Aïn Fekan, prés du Mascara) en 938 et détruit Oran en 955. En 958, la nouvelle capitale des Banou Ifren est saccagée par le générale Jawhar al-Siqilli qui élimine Yala Ibn Mohamed[L 19].

Les Fatimides avec l'aide de leurs alliés Sanhadjas menés par le chef berbère Ziri ibn Menad répriment les révoltes Zénètes et kharidjites. Ils contrôlent désormais le Maghreb et la Sicile[L 30]. En 969, l'armé fatimide dont les Kutama forment le noyau conquiert l'Égypte[L 31]. Par la suite, les mahdis fatimides deviennent méfiants à l'égard des Berbères et s'entourent d'étrangers, notamment Slaves[L 30]. Avant son départ, le calife fatimide désigne le chef des Sanhadjas Bologhine ibn Ziri, gouverneur du Maghreb[L 27].

Dynasties sanhadjiennes[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Zirides et Hammadides.
Ruines d'Achir, fondée par Ziri ibn Menad, dont descend la Dynastie ziride.

Ziri ibn Menad est le chef des tribus berbères Sanhadjas[L 30] qui habitaient entre Alger et M'Sila[L 27]. Client des Fatimides, il commence la construction d'Achir en 935[L 31], qui devient sa capitale[L 30]. Les Zirides commencent à bâtir une souveraineté dans le Maghreb central[L 32]. Ziri charge son fils Bologhine ibn Ziri de construire trois villes : Miliana, Médéa et Alger[L 27]. En 972, Bologhine est nommé émir du Maghreb par les Fatimides. Il vise à étendre son autorité à l'ouest[L 32] et s'empare de Tahert et de Tlemcen, dont il déporte une partie de la population à Achir[L 33].

Par la suite les Zirides s'installent en Tunisie et laissent la police du Maghreb central à leurs cousins Hammadides[L 27]. Le fondateur de la dynastie, Hammad ibn Bologhine est le fils de Bologhine ibn Ziri, nommé gouverneur dans le Maghreb central[L 33]. Les Hammadides se détachent de l'autorité ziride et construisent une nouvelle capitale Al-Qalaa en 1007[L 27].

La Kalâa des Béni Hammad (minaret, face sud).

En 1005, Hammad impose à son neveu Badis ben Mansur un accord de partage du pouvoir, dès lors le Maghreb central et l'Ifriqiya sont gouvernés par deux autorités distinctes[38]. À l'ouest, les Hammadides manœuvrent pour renforcer leur pouvoir sur les tribus Zénètes[L 34], mais les émirs Maghraouas s'appuient sur les Omeyyades de Cordoue pour contrarier leur extension[L 27]. Les Hammadides rejettent la suzeraineté fatimide pour signifier leur indépendance[L 34].

Les Hammadides adoptent le sunnisme en 1015 et les Zirides en 1048[38]. Pour les punir, les Fatimides envoient contre eux les tribus arabes des Hilaliens installés en Haute-Égypte en 1051 et 1052[L 35]. Les Hilaliens déferlent d'abord en Ifriqiya[L 36], les Zirides se réfugient dans le littoral et sont chassés définitivement par les Normands en 1148[L 35]. Le royaume hammadide est moins touché par les incursions des Hilaliens[L 35] et profite des troubles qui secouent l'Ifriqiya pour prendre l'avantage sur les Zirides[L 37].

Toutefois, pour éviter l'affrontement avec les tribus arabes[L 35] et pour mieux s'intégrer au commerce méditerranéen[38], les Hammadides transfèrent leur capitale à Béjaïa[L 35] qu'ils fondent en 1064[L 38] et s'y installent définitivement en 1090[L 39] avant d'être vaincus par l'Almohade Zénéte Abd al-Mumin en 1151[L 40].

Cette migration connue en français sous le nom d'« invasion hilalienne »[L 41], est un long processus de migration qui s'étale sur trois siècles. Elle ne concerne pas que des guerriers mais des tribus[L 42]. Elle constitue un événement majeur pour tout le Maghreb[L 43]. Le le bilan de cette migration est contrasté[L 44], Ibn Khaldoun était un grand citadin qui exprimait les vues des hommes d'ordre de son époque[L 45]. Des tensions ont existé entre Arabes nomades et sédentaires. Mais ce type de tensions existent de longue date entre les sédentaires et les nomades berbères[L 46]. Les Arabes nomades sont progressivement intégrés dans la société d'accueil qui pratiquait déjà la transhumance pastorale[L 47]. Ils entrainent l'arabisation plus poussée dans le pays surtout chez les Zénètes nomades[L 47] et élargissent les espaces des migrations pastorales[L 46]. Cela a provoqué la régression urbaine et de l'agriculture, le déplacement de la vie urbaine vers le littoral et l'abandon des villes des plaines intérieurs et des Hauts Plateaux[L 43].

Vue sur la casbah de Béjaïa
Citadelle (casbah) au-dessus du port de Béjaïa, d'époque hammadide.

Au temps des Zirides, Achir située dans le Titteri devient rapidement un centre commercial actif[L 32]. Son architecture est soignée et d'inspiration machrekienne. Les Hammadides vont édifier une nouvelle capitale, la Kalâa des Béni Hammad dans le Hodna, chaque nouveau dynaste tient à avoir sa capitale, mais Achir n'est pas abandonnée[L 48]. La nouvelle capitale sera rapidement peuplée par les citadins, commerçants, savants et lettrés qui ont fui l'Ifriqiya notamment Kairouan, mais également les habitants des villes détruites par Hammad comme M’sila. La région connait alors une vrai prospérité[L 34]. La cité abritait de nombreux palais et lieux de cultes[L 49]. Le souverain hammadide Al Nacir construit une nouvelle ville Béjaïa qui devient la capitale du royaume[L 39] et l'un des ports les plus actifs du Maghreb[L 35]. Dès lors, la cité devient un centre d'enseignement et un pôle intellectuel renommé pour la science qui attire les étudiants et les savants[L 50]. La Kalâa reste un centre commercial et intellectuel actif, mais décline progressivement[L 44].

Almoravides et Almohades[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Almoravides et Almohades.

Du XIe siècle au XIIIe siècle, les Almoravides puis les Almohades ont tenté de construire deux empires qui regroupaient le Maghreb et Al-Andalus[L 51]. Au début du XIe siècle, les nomades Sanhadjas du Sahara occidental se regroupent au sein d'une communauté et se proclament des Almoravides[L 52] (al-Murābitūn, « ceux du ribat »[L 52] ou les gardes frontières du jihad[L 53]). La guerre sainte vise l'Afrique noire qu'ils veulent convertir[L 53]. Des campagnes sont lancées dans le Sahel et dans les oasis Drâa et à Sijilmassa[L 53]. Au début du XIIe siècle, cet empire berbère s'étend du Sénégal à l'Èbre et au Tage en Espagne[L 54].

L'État almoravide est à la fois religieux et militaire, son armée est composée de Sanhadjas (Lamta et Goudla)[L 43] auxquelles se sont joints des mercenaires noirs et européens[L 54]. L'autorité religieuse est présentée par les légalistes malékites[L 43].

Au Maghreb central, les Almoravides prennent Tlemcen en 1075[L 54], Oran et s'arrêtent à Alger[L 43], qu'ils enlèvent après un siège en 1082[L 55]. En 1102, les Hammadides contre-attaquent[L 40], et les font reculer jusqu'à Tlemcen, mais les Almoravides ripostent, dès lors leur aire de souveraineté va jouxter le domaine hammadide[L 56]. Les villes telles qu'Alger et Tlemcen ont connu un épanouissement pendant leur règne, mais sans dépasser Béjaïa la hammadide qui était le centre économique et culturel du Maghreb central[L 57]. Les Almoravides édifient les grandes mosquées de Tlemcen et d'Alger et laissent d'autres vestiges mineurs à Oran, Ténès et Cherchell[L 58]. Le déclenchement du mouvement Almohade marque la fin de l'empire des Almoravides[L 57].

Drapeau des armées almohades

Le mouvement almohade est fondé par Ibn Toumert qui commence à prêcher sa doctrine en 1117[L 59]. Il s'installe dans les années 1120 chez les Masmoudas, à Tinmel dans le Haut Atlas marocain[L 60]. Les Almohades (al-Muwahhidoun, les unitaristes) prêchent pour une doctrine qui réclame l'unicité absolue du Dieu et pensent que les Almoravides sont coupables d'anthropomorphisme[L 61]. Ibn Toumert prêche dans une mosquée à Béjaïa, il critique les mœurs des citadins, mais il en est chassé[L 61]. À sa mort, les Almohades désigne son successeur : Abd al-Mumin, disciple Zénète originaire de la région de Nedroma[L 61].

Abd al-Mumin transforme la structure politique en monarchie héréditaire et s'appuie sur sa tribu d'origine les Koumya de Nedroma et les Hilaliens qu'il les intègre dans l'armée régulière[L 57]. Il s'empare de la région de Tlemcen, il prend Oran en 1143, puis Tlemcen en 1145-1146 [L 62]. En 1151, il bat les Hammadides et occupe Béjaïa[L 63] et écrase les Hilaliens prés de Sétif en 1153[L 57]. Puis, il achève en Ifriqiya la conquête du Maghreb. Les Beni Ghania qui se sont maintenus aux Baléares, attaquent le Maghreb central et s'emparent de Béjaïa en 1184 puis Alger, al Qalaa et Miliana et assiège Constantine[L 64]. En 1185, les Almohades contre-attaquent, les Beni Ghania se replient alors en Ifriqiya[L 64].

L'empire décline et se décompose au cours de la première moitié du XIIIe siècle[L 65]. En 1212, lors de la bataille de Las Navas de Tolosa, ils subissent une importante défaite face aux armées chrétiennes en Espagne[L 63]. Au Maghreb, le gouverneur de l'Ifriqiya se proclame indépendant en 1229, puis le gouverneur de Tlemcen en 1236[L 66]. Dans le même temps, la Reconquista progresse[L 67]. Les Mérinides mettent fin à l'empire Almohade, en 1269, par la prise de Marrakech[L 68]. Sous les Almohades, l'activité économique se concentre sur le littoral, où se pratique le commerce portuaire[L 57]. L'empire a connu de nombreuses révoltes malékites[L 57], les Almohades vont procéder également à des conversions forcées de juifs et de chrétiens[L 69]. Cependant, les Almohades ont tenté de constituer un État institutionnalisé[L 70]. Pendant leur règne, l'arabisation progresse sans retour, l'arabe devient la langue de haute culture[L 71], le mysticisme et les chants soufis se développent[L 72] et le Maghreb connait un grand afflux d'immigrés andalous[L 65].

Hafsides et Zianides[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Hafsides et Zianides.
Pièces de monnaies hafsides de Béjaïa.

Après la fin de l'empire des Almohades, le Maghreb est partagé en trois entités politiques : les Hafsides à l'est, les Zianides au centre et les Mérinides à l'ouest[L 73]. Cependant, ces États étaient fluctuants et rivalisaient pour établir leur emprise sur tout le Maghreb[L 74] et s'appuyaient sur le fait tribal. Des trois, l'État Hafside qui se pose en héritier de l'empire almohade[L 75] était le plus structuré[L 76].

La dynastie zianide fondée par Yaghmoracen Ibn Ziane, ancien gouverneur Almohade de Tlemcen en 1235[L 73], étend son emprise sur la moitié occidentale du pays[L 74] et fait de Tlemcen sa capitale[L 73]. La dynastie hafside d'abord alliée et vassale des Almohades rompt avec eux dès 1229[39]. Elle domine sur l'Ifriqiya et la moitié orientale de l'Algérie actuelle[L 74] avec Tunis pour capitale ; Béjaïa sert de capitale à la marche[N 1] occidentale de cet État[39],[40]. Les deux dynasties subsistent pendant plus de trois siècles[L 73]. Les limites entre les aires zianide et hafside suivent une ligne courant de l'ouest du Béjaïa au Hodna et au Zab, même si à l'ouest de cette ligne, les tribus vivent en quasi-autonomie[L 77]. À l'est, les Zianides tentent d'élargir leur influence et de nombreuses révoltes éclatent à Béjaïa et Constantine[L 73], marquées par un esprit autonomiste et indépendantiste[L 78]. Elles constituent une série de principautés instables[39]. Ainsi, le domaine hafside s'est divisé pendant des périodes entre deux États ayant pour capitales Béjaïa et Tunis[L 79].

Palais El Mechouar à Tlemcen construit par les Zianides.

En 1299, les Mérinides assiègent Tlemcen pendant 7 ans mais sans réussir à s'emparer de la ville[L 80]. Ils parviennent à occuper la ville à deux reprises : 1337-1348 et 1352-1359[L 5] et envahissent le domaine hafside en 1347 et en 1353, mais sans pouvoir y demeurer[39]. Le royaume zianide connait son apogée sous la règne d'Abou Hammou Moussa II (1359-1389)[L 81]. Au XVe siècle, la dynastie hafside, profitant du déclin des Mérinides et des Zianides connaît son deuxième apogée[L 82]. Les Zianides reconnaissent une suzeraineté nominale[L 83] et les Wattassides successeurs des Mérinides se reconnaissent leurs vassaux[L 84]. Les deux dynasties hafside et zianide disparaissent après la prise de leur capitale Tunis et Tlemcen par les Ottomans respectivement en 1574[L 85] et 1555[L 86].

Les Zianides font de Tlemcen une cité importante dotée de riches édifices et peuplée de cent mille habitants[L 87]. Elle est également un centre de rayonnement des religieux malikites et des panégyristes[L 87] qui abrite plusieurs médersas[L 88] et un centre commercial vue par les Européens comme une des villes les plus considérables du Maghreb et réputée pour sa tolérance religieuse[L 89]. Dans le domaine hafcide, le malikisme gagne du terrain via Béjaïa, Constantine et Biskra. Les recherches scientifiques sont concentrées dans le foyer des savants andalous immigrés de Béjaïa et à Constantine[L 90]. Béjaïa était également une ville de plus de cent mille habitants avant l'occupation espagnole[40].

Crise générale dans l'Occident musulman[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Expulsion des Morisques d'Espagne et Al-Andalus.

À partir de la moitié du XIVe siècle, le Maghreb connait une décadence générale et une offensive ibérique[L 91]. Au niveau socio-économique, le commerce s'arrête par la marginalisation du Maghreb dans le commerce mondial, la citadinité recule et l'agriculture connait une régression avec les concessions terriennes accordées aux tribus nomades[L 91]. Sur le plan politique, le modèle étatique tribal est en crise, le paysage politique est marqué par les rivalités entre les dynasties, des guerres intestines et des révoltes sociales. Les États ne forment plus qu'une mosaïque de féodalités autonomes[L 91]. Le climat devient également plus sec à partir du XIe siècle, les famines et le repli démographique s'amorcent selon certains historiens à l'époque fatimide. De 1350 à 1450, la peste noire et les sécheresses prolongées engendrent une diminution de la population de 30 % à 50 %[L 92]. Cette crise dépeuple les campagnes et les villes[L 93] et renforcent le nomadisme[L 92] et engendre la généralisation du culte des saints et du maraboutisme[L 94].

Au Maghreb central, le royaume zianide se fragmente et s'affaiblit par les querelles familiales, les émirs installés à Oran et Ténès luttent contre les souverains de Tlemcen[L 95]. Dans le royaume hafside, les émirs hafsides de Béjaïa et de Constantine qui régnaient déjà en autonomie jusqu'à Collo et Annaba sont indépendants de toute autorité de Tunis[L 83]. Les ports forment de petites républiques[L 95] : Alger, Annaba, Jijel et Dellys, à Alger une aristocratie marchande d'origine andalouse, protégée par une tribu arabe dirigeait la ville[L 96]. Dans les Hauts plateaux, les Aurès[L 96] et le Sud, les confédérations tribales sont indépendantes de tout pouvoir central et en Kabylie des principautés indépendantes se sont constitués[L 95].

Débarquement des Morisques au port d'Oran par Vicente Mestre (1613)

En 1492, les rois catholiques ont achevé la Reconquista, entre le XIIIe siècle et 1609, date de l'expulsion définitive des Musulmans et des Juifs de la péninsule Ibérique, le Maghreb connait un grand afflux d'immigrés andalous[L 97]. Dans le Maghreb central, ils s'installent en masse dans les villes du nord du pays, dont Oran, Tlemcen, Nedroma, Mostaganem, Cherchell, Blida, Alger, Koléa, Béjaïa, Dellys et Médéa[L 97],[41]. L'apport de ces immigrés est très important dans leur société d'accueil, notamment sur le plan économique et culturel[42].

La présence des Andalous est plus ancienne dans le territoire algérien. À l'époque des Omeyyades de Cordoue, ils établissent des colonies sur le littoral pour pratiquer le commerce méditerranéen : Ténès en 872 et Oran en 902[L 22]. Sous l'effet de la progression de la Reconquista dans la période almohade, la région connait un grand afflux d'immigrés andalous[L 65]. Dans le royaume zianide, Tlemcen a accueilli 50 000 Andalous de Cordoue, faisant bénéficier la ville du savoir et de l'art d'une civilisation raffinée[L 98]. L'afflux des administrateurs andalous contribue à la prospérité du royaume[L 80], mais également à l'émergence d'une orthodoxie malikite[L 8]. Les hafsides recrutent également des notables andalous[L 99].

Par la suite, l'expulsion des Morisques vers la Régence d'Alger, a eu des effets positifs sur son essor : ils ont relevé Cherchell, Ténès et Dellys de leurs ruines, repeuplé Blida et fondé Koléa[43]. Alger accueillait 25 000 morisques au début du XVIIe siècle qui ont contribué à l'expansion urbaine de la ville[43]. Plusieurs familles juives d'Espagne ont trouvé refuge dans le Maghreb central, les rabbins espagnols vivifient les communautés citadines notamment à Tlemcen, Constantine, Oran et Miliana[L 100].

Fort au milieu de la ville
Le Borj Moussa à Béjaïa, ancien fort espagnol qui abrite maintenant le musée de la ville.

Durant le début du XVIe siècle, l'Espagne va entreprendre la conquête des ports algériens, Mers el-Kébir tombe en 1505 suivi par Oran en 1509[L 95]. La prise de la ville par le cardinal Francisco Jiménez de Cisneros est suivie par le massacre des populations, la fuite des habitants, la razzia des tribus voisines[L 101] et la conversion de deux mosquées en églises[L 94].

En 1508, Pedro Navarro ravage Honaïne et Rachgoun[L 94] et prend Béjaïa en 1510[44]. Les habitants de Béjaïa, fuient l'occupation espagnole pour échapper aux mêmes atrocités, commises par les Espagnols à Oran[45] et se réfugient dans l'arrière-pays, une partie d'entre eux s'installe dans la Kalâa des Beni Abbès[46].

Sous la menace espagnole d'autres villes vont payer un lourd tribut : Dellys, Cherchell et Mostaganem ; et Alger livre l'ilot qui contrôlait son port : le Peñón d'Alger[L 95]. Le roi de Tlemcen reconnait la suzeraineté de Ferdinand le Catholique[L 101], et les hafsides chargent les maîtres de la Kalâa des Beni Abbès et de Koukou à défendre l'intérieur du pays[L 101]. Les habitants sont mécontents de leurs chefs incapables de les défendre ce qui engendre l'émergence des mouvements soufis dont les chefs prennent un poids politique et vont aider les frères Barberousse[L 102].

Cette période a vu l'émergence d'une littérature qui exhorte la résistance, dénonce les traitres et fait appel aux Turcs, vus comme la seule force capable de mener une résistance cohérente et unifiée[L 103]. Les chefs marabouts font appel aux corsaires ottomans pour écarter la menace espagnole[L 87]. Khayr ad-Din Barberousse chargé d'unifier et d'organiser la résistance, mobilise les tribus et parcourt le pays notamment en Kabylie où il recrute la légendaire Lalla Khadidja[L 103]. Parmi les autres figures de la résistance sont Sidi Ahmed Benyoucef, le saint patron de Miliana[L 103] et Lalla Gouraya, la sainte patronne de Béjaïa[L 104].

Algérie ottomane, de 1516 à 1830[modifier | modifier le code]

Khayr ad-Din Barberousse, bey d'Algérie au XVIe siècle

Les frères Barberousse et la fondation de la Régence d'Alger[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Régence d'Alger.

Au début du XVIe siècle, le Maghreb central connait une décadence, une fragmentation politique et une offensive espagnole. Les Espagnols occupent plusieurs villes côtières et imposent à d’autres de payer un lourd tribut[L 95].

L’oligarchie citadine commerçante d’Alger, désigne le chef de la tribu arabe des Tha'alibi, Salim at-Toumi émir de la ville qui sera favorable à un compromis avec les Espagnols[L 105]. Les Espagnols construisent sur un des îlots face à Alger, une forteresse : le Peñon d’Alger, qui menace la ville[L 106]. Les Algérois, séduits par la protection dont bénéficiaient les habitants de Jijel et excités par les anciennes antipathies des monarchistes, font appel aux frères Barberousse[47]. Ces derniers s’étaient distingués par l’aide fournie aux musulmans andalous[L 102].

En 1516, Arudj Barberousse se proclame sultan d’Alger et repousse une attaque espagnole[L 105]. Ensuite, il s'empare de Ténès, Miliana, et Médéa[L 102]. Il organise l'administration de la ville et poursuit la lutte contre les Espagnols et leur principal vassal, le roi de Tlemcen[L 107]. En 1517, il confie le gouvernement à son frère Khayr ad-Din, et se lance dans la conquête de l'ouest[L 105]. Mais cette tentative échoue, il est tué à Rio Salado (El Malah), défait par les Espagnols en 1518[L 102].

Son frère Khayr ad-Din Barberousse lui succède, sentant le danger à l'ouest, il sollicite l'appui ottoman, et demande au sultan de Constantinople Sélim Ier de lui reconnaitre son pouvoir et de lui accorder sa tutelle à Alger[L 108]. Ayant prêté hommage au sultan-calife, il devient le premier dirigent de la régence ottomane d'Alger qui sera officialisé en 1520 et sera nommé beylerbey[L 109]. Il reçoit l'aide militaire ottomane[L 102], peu après il cherche à regrouper le Maghreb central sous son autorité, il commence par la Kabylie où il se heurte au roi de Koukou[L 110] puis il conquit le Constantinois et déloge les Espagnols du Penon d'Alger[L 102].

Beylerbeys, pachas et aghas[modifier | modifier le code]

Les Beyliks de la Régence d'Alger.

Au XVIe siècle, alors que la Berbérie est le théâtre d'une lutte intense entre Espagnols et Ottomans, ces derniers s’appuyaient sur les corsaires qui ont pris le pouvoir à Alger[L 111]. L'autorité des beylerbeys s’étendait sur les régences d'Alger, de Tunis et de Tripoli[L 112]. Dans la hiérarchie ottomane, les trois beylerbeys d'Anatolie, de Roumélie et d'El-Djazaïr venaient directement après le Sultan, l'autorité de celui d'El-Djazaïr était absolue[L 113]. Hassan Agha qui succède à Khayr ad-Din Barberousse, triomphe sur Charles Quint lors de l'attaque d'Alger en 1541 et recueille un prestige énorme aux prés des populations[L 114]. Les autres beylerbeys importants sont Hassan Pacha, fils de Barberousse, Salah Rais et Uludj Ali[L 112].

Les beylerbeys s'étendaient à l’intérieur du pays, et sont à l'origine de l'organisation des Beyliks dans les provinces[L 115]. Ils luttent à la fois contre les Espagnols, les Chérifs marocains et les pouvoirs locaux : Tlemcen est prise définitivement en 1554, Bougie en 1555 et les Espagnols sont vaincus lors de la bataille de Mazagran en 1558 prés de Mostaganem[L 114]. Ils s'allient également avec certaines tribus, et nomment des hakems dans les villes et des caïds dans les tribus soumises, ils construisent des bordjs pour les garnisons et des postes au long des routes[L 115]. Les Béni Abbès sont soumis et le Royaume de Koukou en Kabylie est évincé, les tribus de l'intérieur font leurs soumissions, et Salah Rais pénètre jusqu’au Touggourt et Ouargla dans le Sud[L 114].

Drapeau régimentaire utilisé sous la Régence d'Alger[48],[49],[N 2]

En 1587, le sultan ottoman supprime la fonction de beylerbey pour mettre à terme l'affrontement direct avec les Espagnols[L 116] et par peur que les beylerbeys mènent une politique d'indépendance[L 117]. Mais ce changement de statut distend les liens des régences avec Istanbul[L 116]. Les beylerbeys sont remplacés par des pachas triennaux, nommés par la Sublime Porte[L 117], toutefois, le pouvoir du pacha est réduit par les raïs et les janissaires[L 118].

Les pachas accentuent l'imposition des tribus pour remplir les caisses de la Régence, ce qui entraine des révoltes, notamment en Kabylie et dans le Constantinois[L 117]. Les Kouloughlis qui réclamaient les mêmes droits que les janissaires[L 116] soutiennent les insurgés ; le résultat est que l'administration des beylicks est confiée aux Kouloughlis, alors que le pouvoir à Alger reste entre les mains de l’odjaq[L 117]. Les rais perdent leurs influences et les Morisques prennent un poids politique et économique important[L 116]. En 1659, une révolte donne le pouvoir au chef des janissaires « l’Agha »[L 118], une sorte de « république militaire » où le chef de la Régence est élu[L 117], mais cela ne met pas fin à la crise, les quatre aghas sont tous assassinés[L 118] et l’anarchie s’installe dans le pays. Pour atténuer les effets de la course sur le commerce maritime en Méditerranée occidentale, les Anglais et les Français bombardent Alger à plusieurs reprises[L 116].

L'âge d'or des corsaires d'Alger, 1650-1750[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.
Carte maritime ottomane du XVIe siècle représentant la côte entre Alger et Bejaia.

Vers 1600, la milice turque de janissaires qui résidait à Alger, et qui avait été jusque-là sous l'autorité d'un pacha envoyé de Constantinople, obtint du sultan la permission de se donner un dey, pour lui servir d'appui dans ses revendications contre les pachas gouverneurs.

C'est lors de cette période que se stabiliseront définitivement les frontières orientales et occidentales de la Régence, à la suite des victoires sur le sultan marocain Moulay Ismaïl de 1694. Moulay Ismaïl, qui venait parfois ravager l'ouest du territoire algérien, incita le Dey Chaâbane à déclarer la guerre à son voisin. Les Algériens se portèrent à cet effet sur la frontière où ils rencontrèrent l'armée ennemie, et malgré l'infériorité de leur nombre, ils repoussèrent Moulay Ismaïl jusqu'à Fès[50]; après cette expédition, Chaâban dirigea cette même année ses forces contre Tunis, dont il finit par s'emparer après plusieurs assauts. Il imposa aux habitants une forte rançon, leur laissa pour gouverneur Hamed-ben-Chouquer, un de ses favoris, et revint à Alger avec de riches dépouilles[50]. Mais à peine eut-il quitté Tunis, que les habitants chassèrent Hamed-ben-Chouquer. En 1702, le bey de Tunis et le sultan marocain ne pouvant payer le tribut qui leur avait été imposé, s'entendirent pour envahir simultanément la Régence[50] ; le bey de Tunis fut d'abord vaincu puis le chérif marocain mis en déroute dans l'ouest algérien par le Dey Hadj Mustapha qui se fit le trophée du cheval de Moulay Ismaïl richement harnaché ; celui-ci fut par la suite offert au roi de France Louis XIV, par l'ambassadeur d'Alger[50].

Palais des Raïs à Alger.

Le pouvoir de ces chefs s'accrut rapidement ; enfin Baba-Ali, élu en 1710, déposa le pacha, et obtint du sultan Ahmet III l'investiture de la régence. Comme leur pouvoir était électif, les deys restèrent toujours à la merci des janissaires, qui les élevaient ou les déposaient à leur gré : on en vit six installés et assassinés le même jour (1732). Baba-Mohammed eut seul le privilège de régner 25 ans (1760-1791). Le dernier dey d'Alger, Hussein, régnait depuis 12 ans au moment de la conquête française, en 1830.

La décadence du régime des Deys, 1750-1830[modifier | modifier le code]

Soldats de la régence d'Alger

Pendant ce temps, les puissances occidentales cherchent tous les moyens de se débarrasser de la prédation maritime et des réductions en esclavage de leurs ressortissants, problème toujours d'actualité au début du XIXe siècle. Les expéditions contre Alger se succèdent : expédition américaine de 1815 (en), expédition britano-hollandaise de Lord Exmouth en 1816. Ces opérations ponctuelles ont quelque effet (en particulier l'expédition anglaise permet de délivrer de nombreux esclaves), mais le corso (la piraterie maritime) reprend une fois les Occidentaux repartis. La conquête française de l'Algérie prend la suite de ces expéditions avec, en partie du moins, les mêmes motifs (faire cesser le corso), auxquels s'ajoute une volonté de conquête.

En principe, l'autorité des Ottomans s'étendait sur l'ensemble de la Régence d'Alger, c'est-à-dire le nord de l'Algérie actuelle. Mais en réalité celle-ci variait selon l'époque et les régions concernées. Ainsi des régions montagneuses comme la Kabylie et ou les Aurès entraient à nombreuses reprises en révolte contre l'Autorité ottomane. Les Ottomans étaient incapables d'étendre leur autorité aux régions sahariennes. Le Sahara était l'axe principal des échanges commerciaux entre l'Afrique noire et le nord.

Le royaume de Koukou[51] a duré pendant deux siècles[52]. Il a été fondé au XVIe siècle par Ahmed Belkadi.

En 1823, les Beni Abbas de la Basse Kabylie entrèrent en révolte contre l'autorité de la Régence et coupèrent les voix de communications entre Alger et Constantine. Ce n'est qu'après plusieurs mois de combats que l'agha Yahia put négocier la soumission des tribus révoltées[53].

La relation entre les Saadiens et les Ottomans se dégrade, cela amène Ahmed al-Mansour à contrôler Gourara et Touat[54]. Ensuite, Mulay M'hammed sultan saadien prend le pays de la Gourara avec l'aide des tribus locales. À l'arrivée du pouvoir des Alaouites, ces derniers abandonnent les régions du Sahara Gourara, Touat, etc. Alors les émirs locaux prennent en charge la gouvernance de leurs territoires. L'impôt était prélevé par les Caïds envoyés par les Alaouites, et celui qui ne voulait pas payer était emmené comme esclave[54].

À Ouargla, les habitants étaient gouvernés par l'autorité des Zaouïas[54]. Au sud, le Sultanat de Touggourt prit son indépendance en 1414. À la constitution du Beylic de Constantine, Touggourt devient rapidement tributaire de celui-ci. Les refus récurrents des Sultans de Touggourt de s'acquitter du tribut imposé par les Turcs provoqua de nombreuses expéditions des autorités de la Régence à leur encontre[55].

Enfin dans l'extrême sud, une confédération targuie, les Kel Ahaggar, fut formée dans le Sahara algérien vers l'année 1750.

Les mouvements des Marabouts étaient fort implantés dans toutes les régions du sud et dans une partie des Aurès.

Période de la colonisation française, de 1830 à 1962[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Algérie française.

Premières expéditions[modifier | modifier le code]

L'Affaire de l'éventail entre le pacha Turc Hussein Dey et le consul Français Pierre Deval est le casus belli qui provoque le blocus maritime d'Alger par la marine royale française en 1827.

Le gouvernement français avait attendu trois ans après le « coup d'éventail » de 1827 (raison affichée de la conquête) pour la conquête d'Alger[L 119]. En fait, le gouvernement ultra du prince de Polignac, espérait renouer avec les conquêtes militaires de Napoléon et consolider l'influence française dans le bassin occidental de la Méditerranée[L 119]. Mais également motivé par la volonté de juguler l'opposition intérieure pour renouer avec le prestige monarchique dont rêvait Charles X[L 119].

Le 16 mai 1830, la flotte française quitte Toulon de en direction d’Alger[56].

Le 14 juin, le maréchal de Bourmont accoste près de la presqu’île de Sidi-Ferruch, 25 km à l’ouest d’Alger[56] avec 37 500 hommes[57]. Lors de la bataille de Staoueli[58], les troupes françaises prennent l'avantage sur l'armée ottomane[56].

Bombardement d'Alger par mer le 3 juillet 1830. La Provence (à droite) montée par l'amiral Duperré participe à la manœuvre.

Le 5 juillet, les Français occupent Alger[59] et, le jour même, le dey Hussein signe l'acte de capitulation[60]. Les caisses de l'État seront pillées[57]. Les janissaires d'Alger sont expulsés pour l'Asie Mineure. La France accapare toutes les terres du Beyliks (propriétés publiques)[L 120].

Les Français mettent la main sur le légendaire trésor de la Casbah, évalué à 48 millions[59], partiellement et curieusement disparu pendant son transfert en France.

Après la prise d’Alger par les Français, l’effondrement du pouvoir ottoman dans le beylik de l'ouest ouvre une période d’anarchie. Les habitants de Tlemcen sollicitent la protection du sultan marocain Abd ar-Rahman, qui envoie son beau-père Moulay Ali ibn Sulayman ainsi qu’Idris al-Jirari, le gouverneur d’Oujda. Cependant, ils n'arrivent pas à unir les deux factions rivales de la ville, l'élite citadine pro-marocaine et les Kouloughlis[61].

Le 1er décembre, Louis-Philippe nomme le duc de Rovigo chef du haut-commandement en Algérie. Celui-ci réussit à s'emparer de Bône et met en œuvre activement la colonisation. La violence de ses actions choque tant qu'il est rappelé en 1833.

Le 15 décembre 1830, un arrêté du général en chef Clauzel prononce la déchéance de Ahmed, bey de Constantine[62] ; celui-ci contrôle la majeure partie du beylicat de Constantine jusqu’à la prise de la ville en 1837.

Conquête coloniale et résistances populaires[modifier | modifier le code]

Carte chronologique de la conquête française.

Cette période marque la fin de la domination ottomane et début de la domination française.

La population algérienne est estimée entre 1 et 3 millions d'habitants par les observateurs européens à la veille de la conquête française de 1830[63]. Selon l'ouvrage Coloniser, exterminer de l'historien Olivier Le Cour Grandmaison :

« Le bilan de la guerre, presque ininterrompue entre 1830 et 1872, souligne son extrême violence ; il permet de prendre la mesure des massacres et des ravages commis par l'armée d'Afrique. En l'espace de quarante-deux ans, la population globale de l'Algérie est en effet passée de 3 millions d'habitants environ à 2 125 000 selon certaines estimations, soit une perte de 875 000 personnes, civiles pour l'essentiel [...] Le déclin démographique de l'« élément arabe » était considéré comme bénéfique sur le plan social et politique, car il réduisait avantageusement le déséquilibre numérique entre les « indigènes » et les colons »

— Olivier Le Cour Grandmaison, Coloniser, Exterminer : Sur la guerre et l’État colonial[64].

Plusieurs observateurs s'accordent à dire que la conquête de l'Algérie a causé la disparition de presque un tiers de la population algérienne[65], puis son augmentation [réf. nécessaire], grâce à la médecine occidentale amenée par les Français[66]. Des méthodes singulières ont été utilisées, telles que les enfumades, les massacres de prisonniers et de civils, les razzias, les destructions de cultures et de villages - couramment employées par les militaires français[67]. Un nombre très important de bâtiments ont été détruits, cela dans l'objectif d'effacer l'identité culturelle et religieuse ainsi que dans le cadre d'« aménagements ». Dans un rapport adressé à Napoléon III, un des généraux français a résumé la détermination de l'administration française à combattre les institutions culturelles algériennes en disant : « Nous sommes tenus de créer des entraves aux écoles musulmanes… chaque fois que nous le pouvons… En d'autres termes, notre objectif doit être de détruire le peuple algérien matériellement et moralement »[68]. On peut citer les 349 zaouias détruites[69].

Daniel Lefeuvre, dans son livre Pour en finir avec la repentance coloniale[70], conteste les chiffres des victimes de la conquête en avançant notamment que la différence de population entre 1830 et 1872, qui est d'environ 875 000 personnes, serait en partie due au fait que, de 1861 à 1872, il y eut plusieurs crises sanitaires : invasions de sauterelles en 1866 et 1868 et un hiver très rigoureux (1867-1868), occasionnant une grave famine suivie d'épidémies (de choléra notamment). Mais selon Olivier Le Cour Grandmaison[71], la colonisation de l'Algérie s'est bien traduite par l'extermination du tiers de la population, dont les causes sont multiples, massacres, déportations, famines ou encore épidémies, mais étroitement liées entre elles.

Une conquête limitée[modifier | modifier le code]

L'expédition de Constantine, 1836.

26 février : cessez-le-feu entre le général Desmichels et l'émir Abd El-Kader (Traité Desmichels). Mostafa ben Smaïl refuse de reconnaître l'autorité d'Abd El-Kader. Ce dernier, avec l'aide de ses alliés français, est victorieux de Mostafa ben Smaïl le 13 juillet[Quand ?]. Le 22 juillet, l'ex-Régence d'Alger devient « Possession française d'Afrique du Nord ».

La « convention du figuier » est signée, en juin 1835, entre la France et les tribus des Douaïr et des Zmela qui deviennent alors « des sujets français ».

Abd El Kader attaque des tribus alliées de la France et bat le général Trézel dans les marais de la Makta près de son fief de Mascara, dans l'Ouest algérien. Il encercle la ville voisine d'Oran pendant 40 jours. Arrivé en renfort de métropole, le général Bugeaud inflige une défaite à Abd El Kader.

Le 13 janvier 1836, le général Clauzel décide la reprise des hostilités. Il s’empare de Mascara (décembre 1835) puis de Tlemcen où il installe une garnison. Puis il soumet les tribus du Cheliff en mars et chasse le représentant de l’émir à Médéa, déserté par sa population (4 avril). Considérant que la menace est conjurée à l’ouest, il destitue le bey de Constantine et nomme à sa place le chef d’escadron Youssouf, qui s’établit provisoirement à Bône[72].

Le 25 avril, Abd el-Kader organise une contre-offensive et bat les troupes du général d’Arlanges sur la Tafna. Un corps expéditionnaire commandé par le général Bugeaud est envoyé de France pour dégager le camp français établi à l’embouchure de la Tafna[73].

En novembre 1836, le maréchal Bertrand Clauzel ordonne l'assaut sur Constantine qui tourne au désastre ; les cavaliers berbères refluent en masse. Le commandant Nicolas Changarnier arrive cependant à protéger le retrait des troupes françaises. Constantine prolonge la résistance. Mais Clauzel, qui veut attaquer Constantine, se voit refuser des renforts par le président du Conseil Molé. Il réunit cependant 7 000 hommes, mais sa première expédition est battue[73].

La prise de Constantine, par Horace Vernet, 1837.

Le traité de Tafna est signé, le 30 mai 1837, entre le général Bugeaud et l’émir Abd el-Kader. L’émir obtient les deux tiers du territoire de l’ex-régence (province de Titteri et province d’Oran, à l’exception des villes d’Oran, d’Arzew et de Mostaganem). Il établit sa capitale à Mascara. Les Français se chargent d’exiler ses propres opposants. Damrémont entre en contact avec le bey de Constantine pour obtenir une Convention du même type, mais Ahmed rejette son ultimatum le 19 août[74].

Abd el-Kader entreprend la réorganisation administrative de son territoire, qui est divisé en trois califats, en respectant l’organisation politique tribale[75]. Abd el-Kader ne partage son pouvoir de décision avec l’assemblée tribale qu’en ce qui concerne la conduite de la guerre sainte.

Le 13 octobre, le Gouverneur général reçoit l’ordre de marcher sur Constantine avec 10 000 hommes. La ville est prise après sept jours de siège. Damrémont a été tué la veille d’un coup de canon. Son successeur le général Valée s’attache à organiser la province de Constantine, puis doit affronter Abd el-Kader (fin en 1840)[74].

L'expédition des Portes de Fer menée par les troupes françaises en 1839 relance la guerre contre Abd el-Kader.

L'armée française passe, en septembre 1839, les « Portes de fer » dans la chaîne des Bibans, territoire que l'émir comptait annexer. Abd El-Kader, considérant qu'il s'agit d'une rupture du traité de Tafna, reprend, le 15 octobre 1839, la guerre contre la France.

le 20 novembre 1839, l’émir Abd el-Kader déclare la guerre à la France. Abd el-Kader voulant occuper le district de Hamza (Bouira), Valée fait traverser par ses troupes le territoire contesté, mais le 20 novembre, l’émir annonce la reprise des combats après la réunion de son Assemblée, dans le poste fortifié de Taza (3 juillet). Ses partisans pénètrent dans la Mitidja, massacrent des colons européens et détruisent la plupart des fermes[58]. Valée reçoit des renforts et se trouve à la tête d’une armée de 60 000 hommes, mais ses succès restent limités en raison de la politique d’occupation restreinte, qualifiée de chimère par Bugeaud à la Chambre des députés en janvier 1840. Abd el-Kader a constitué une armée régulière de 10 000 hommes instruits par les Turcs et des déserteurs européens. L’émir dispose d’une fabrique d’arme à Miliana, d’une fonderie de canon à Tlemcen, et reçoit des armes européennes par le Maroc.

Reddition d'Abd El-Kader (1847)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de la Smala.
L’Émir Abd el-Kader, figure de la résistance berbère à l'Armée d'Afrique.

Le 22 février 1841, Bugeaud, nommé gouverneur général de l’Algérie française, arrive à Alger (fin en 1847)[76]. Il décide la reprise des hostilités en vue d’une conquête totale de l’Algérie. L’effectif des troupes passe de 63 000 (1840) à près de 110 000 hommes. Par l’intermédiaire du « bureau arabe », Bugeaud recrute des autochtones et pose les premières bases de l’armée d'Afrique. Il encourage l’établissement de colonies. Abd el-Kader de son côté dispose de 8 000 fantassins, 2 000 cavaliers, 240 artilleurs, auxquels il faut ajouter les irréguliers (environ 50 000 cavaliers et goumiers)[74].

Le 25 mai, l’armée française occupe Tagdempt, puis Mascara le 30 mai[76] (la nouvelle et l’ancienne capitale de l’émir), puis Boghar, Taza et Saïda, razziant les tribus favorables à l’émir et détruisant les récoltes et les silos à grains. Abd el-Kader fait en vain appel au sultan ottoman[74].

Le 23 août, le Cheik el Kadiri, lors d'une réunion au Caire, publie une fatwa (décision conforme aux principes de la Sunna et du Coran) qui précise que les tribus sont autorisées à ne pas obéir à Abd El-Kader et qu'il est insensé de faire la guerre aux chrétiens, tant que ceux-ci laissent les musulmans exercer librement leur culte.

Le 16 mai 1843, Le duc d’Aumale attaque par surprise avec 600 cavaliers la smala d’Abd el-Kader à la source de Taguin et fait 3 000 prisonniers. La Smala est une ville de tente habitée par 20 000 à 60 000 habitants qui se déplacent avec les troupes régulières de l’émir[77].

Prise de la Smala d'Abd el-Kader par le duc d'Aumale: le lieutenant-colonel Louis-Michel Morris chargeant à la tête du 4e régiment de chasseurs d'Afrique, par Horace Vernet.

Le 1er février 1844, la France crée une direction des Affaires arabes supervisant les bureaux arabes locaux dans les provinces d’Alger, Oran et Constantine pour d'établir un contact avec la population indigène[76].

Le 30 mai, des troupes marocaines attaquent les troupes françaises basées dans l’Oranais et sont repoussées par le général Lamoricière[78].

Abd el-Kader, réfugié au Maroc devant l’avance des troupes françaises, convainc le sultan Mulay Abd ar-Rahman, d’envoyer une armée à la frontière algéro-marocaine. Les incidents de frontières qui se multiplient entre le Maroc et l’Algérie obligent les militaires français à construire un fort à Lalla-Marnia au début de l’année. Le sultan du Maroc proteste contre ce qu’il considère comme une violation de territoire et appelle à la guerre sainte les tribus marocaines. Bugeaud, pour ne pas mécontenter la Grande-Bretagne, entre en pourparlers avec le caïd d’Oujda mais les négociations sont interrompues par une attaque de la cavalerie marocaine le 15 juin[74].

Le 14 août, le général Bugeaud écrase l'armée du sultan marocain à la bataille d'Isly. L'armée marocaine se replie en direction de Taza. Le sultan s'engage alors à interdire son territoire à Abd el-Kader en traitant avec la France.

La reddition d'Abd el-Kader, le 23 décembre 1847 par Régis Augustin.

Le 23 septembre, les troupes d'Abd El Kader sortent victorieuses lors de la bataille de Sidi-Brahim engagée par le colonel Montagnac. Les survivants français résistent trois jours dans le marabout de Sidi Brahim. Cette bataille est la bataille de référence pour les chasseurs à pied.

En décembre 1847, Abd El-Kader se rend aux spahis (nomades des régions steppiques de l'Algérie) colonel Yusuf. Placé en résidence surveillée pendant quatre ans en France, l'émir fut libéré par Napoléon III, visita plusieurs villes de la métropole avant de rejoindre Damas et résida le restant de sa vie en Syrie.

Le 12 décembre 1848, la nouvelle Constitution française déclare l’Algérie partie intégrante du territoire français[79]. Bône, Oran et d'Alger deviennent les préfectures de trois départements français (Alger, Oran et Constantine). Les musulmans et juifs d'Algérie deviennent « sujets français » sous le régime de l'indigénat.

Conquête de la Kabylie (1857)[modifier | modifier le code]

Lalla Fatma N'Soumer, figure de la résistance contre l'armée coloniale française

Le territoire de l'ex-Régence d'Alger est donc officiellement annexé par la France, mais la région de la Kabylie qui ne reconnaît pas l'autorité de l'émir Abd el-Kader, et donc sa soumission à la France en 1847, résiste encore. L'armée française d'Afrique contrôle alors tout le nord-ouest de l'Algérie. Les succès remportés par l'armée française sur la résistance d'Abd el-Kader, renforcent la confiance française, et permettent de décréter, après débats, la conquête de la Kabylie qui doit intervenir à l'issue de la guerre de Crimée (1853-1856) qui mobilise une partie des troupes françaises. Napoléon III souhaite disposer d'une force suffisante pour permettre une conquête durable de la Kabylie.

Le 26 novembre 1849, l’oasis de Zaatcha, dans le Sud algérien entre Biskra et Ouargla, dernier îlot de résistance des nomades conduits par Bou Ziam, compagnon d’arme d’Abd el-Kader, tombe aux mains des troupes françaises au bout de 53 jours de siège. Sur 7 000 soldats français engagés, 1 500, dont 30 officiers, sont tués ou blessés, et 600 meurent du choléra[80].

Entre 1849 et 1852, la domination française s'étend à la Petite Kabylie. Le 11 juillet 1857, le dernier réduit la résistance kabyle en Djurdjura est pris d’assaut par les troupes française. La maraboute Lalla Fatma N'Soumer est capturée[81]. Avec la soumission de la Grande Kabylie, la France met fin à la résistance algérienne.

Politique coloniale[modifier | modifier le code]

Sous Napoléon III (1848 à 1870)[modifier | modifier le code]

L'Empereur Napoléon III salue les « colons français et les Algériens » depuis le balcon de la sous-préfecture de Mostaganem (département d'Oran) lors de sa visite officielle en Algérie le 20 mai 1865. Croquis de M. Moulin paru dans Le Monde illustré, 1865

Napoléon III essaye de transformer la conquête en un « royaume arabe » associé à la France et dont il serait lui-même le souverain.

En 1865, 225 000 colons, français ou européens possèdent environ 700 000 hectares[82]. Mais la colonisation […] se déclare satisfaite si […], on demande aux indigènes, soit par acquisition, soit par expropriation, un complément de 400 000 hectares[83].

Le 14 juillet 1865, un sénatus-consulte laissant « le libre choix de la citoyenneté française aux Algériens tout en leur assurant sans condition les droits civils des Français ». Ce texte est considéré comme le plus libéral de la législation coloniale française[84]. Les Juifs d’Algérie peuvent obtenir leur naturalisation française s’ils la demandent.

Le 27 décembre 1866, un décret crée des conseils municipaux élus par quatre collèges séparés français, musulman, juif et étrangers européens ; les Français disposent des deux tiers des sièges ; dans les « communes de plein exercice », les maires ont des adjoints indigènes.

L'installation des colons européens[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Algérie française et Pieds-Noirs.
Les premiers colons sont les militaires français débarqués en 1830 et leurs familles. L'armée d'invasion devient armée d'occupation.

La chute de Napoléon III en 1870 est accueillie avec soulagement[Qui ?]; les colons vont pouvoir s'administrer eux-mêmes[réf. nécessaire]. L'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Allemagne après la guerre de 1870 entraîne un exode de population qui viendra s'établir en Algérie : plus de 500 000 hectares furent confisqués après la révolte de 1871 et attribués aux réfugiés. Le nombre des colons passe de 245 000 en 1872 à plus de 750 000 en 1914. De son côté les indigènes voient leur nombre passer de 2 000 000 à 5 000 000 grâce, en partie, à l'action sanitaire de la colonisation[85]. La communauté européenne et la communauté musulmane vivent ensemble mais sans se mélanger ; les lois de la Troisième République ne font qu'accroître la division en séparant de plus en plus les Français d'Algérie et d'autre part les sujets français régis par un code spécifique. Le décret Crémieux en accordant aux juifs algériens le même statut que les Français d'Algérie divise les autochtones car les musulmans ne tenaient pas, dans un premier temps, à ce statut de citoyen français, surtout en raison de leur culture et religion. Plus tard, on accordera la citoyenneté française aux musulmans qui le demanderont expressément.

Sur 7 millions d'hectares de terres cultivables, la colonisation s'empara en un siècle de 2,9 millions d'hectares, lesquels étaient aussi les terres de meilleure qualité[réf. nécessaire]. Cette colonisation chassa des centaines de milliers de paysans, dépossédés, et devenus une armée errante de ruraux clochardisés.

Sous la Troisième République (1870 à 1940)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolte des Mokrani.
Décret no 137, la Naturalisation des Indigènes musulmans et des Étrangers résidant en Algérie.

L'avènement de la Troisième République provoque de grands troubles en Algérie, notamment entre civils et militaires. La Troisième République mène une politique d'assimilation : francisation des noms, suppression des coutumes musulmanes.

Le 24 octobre 1870, les décrets du Gouvernement provisoire mettant notamment fin au gouvernement militaire en Algérie, pour le remplacer par une administration civile, et accordant la nationalité française aux Juifs d'Algérie, sous l'appellation de décret Crémieux[86]. La très ancienne communauté juive d’Algérie se trouve séparée des musulmans et bientôt exposée à l’antisémitisme qui gagne les colons. Le décret Crémieux permet la promotion d’une communauté en majorité pauvre et augmente la population française d’Algérie de 37 000 nouveaux citoyens.

À la suite des décrets, à la défaite de la France en Europe dans la guerre franco-prussienne, à la lutte que se livrent colons et militaires pour le pouvoir et à cause de la condition misérable des indigènes favorisée par plusieurs années de sécheresse et de fléaux, la dernière grande révolte d'Algérie a lieu en 1871. Elle débute au mois de janvier avec l'affaire des Spahis, s'aggrave en mars avec l'entrée en dissidence de Mohamed El Mokrani, qui fait ensuite appel au Cheikh El Haddad, le maître de la confrérie des Rahmaniya. Plus de 150 000 Kabyles se soulèvent et le mouvement touche une grande partie de l'Algérie. La révolte est cependant rapidement et sévèrement réprimée.

Les biens des insurgés ayant échappé à la destruction sont confisqués selon les mesures préconisées par le général de Lacroix en décembre 1871. La loi du 21 juin 1871 attribue 100 000 hectares de terres en Algérie aux immigrants d'Alsace-Lorraine. Le 26 juillet 1873, est promulguée la loi Warnier visant à franciser les terres algériennes et à délivrer aux indigènes des titres de propriété. Cette loi donne lieu à divers abus et une nouvelle loi la complétera en 1887. Son application sera suspendue en 1890.

Le Code de l'indigénat est adopté le 28 juin 1881 ; ce code distinguait deux catégories de citoyens : les citoyens français et les sujets français. Les sujets français soumis au Code de l'indigénat étaient privés de la majeure partie de leurs libertés et de leurs droits politiques ; ils ne conservaient au plan civil que leur statut personnel, d'origine religieuse ou coutumière.

Dans le sud, la prise de Laghouat et de Touggourt, la soumission des Beni-M'zab du Mzab (1852) et celle du Souf, reculent les limites de l'Algérie jusqu'au grand désert, territoire autonome, non soumis aux Ottomans, et jusque-là contrôlé par une confédération de tribus nomades touarègues, les Kel Ahaggar. À la suite de la bataille de Tit, le lieutenant Guillo Lohan reçoit la soumission à la France des Kel Ahaggar en novembre 1902, dans le Hoggar[87].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]
Khaled el-Hassani ben el-Hachemi , à droite et un général belge lors d'une cérémonie de remise de médaille dans le nord de la France lors de la Première Guerre mondiale.

Pour faire face aux pertes humaines de la Grande Guerre, la France mobilisa les habitants des départements français d'Algérie : Musulmans, Juifs et Européens. Selon Gilbert Meynier, ce recrutement fut relativement facile grâce au paternalisme des officiers et dans une indifférence générale malgré quelques révoltes en 1914 et 1917 : la seconde fut peut être inspirée par l'appel des Turcs[88].

Au cours de la Première Guerre mondiale, les tirailleurs et spahis musulmans ont combattu avec les zouaves (et parfois tirailleurs) européens et juifs d'Algérie. 249 000 Algériens furent mobilisés (73 000 mobilisés dans la population française, et 176 000 dans la population « indigène ») et ils ont laissé de 38 000 à 48 000 des leurs sur les champs de bataille d'Orient et d'Occident de la Première Guerre mondiale (dont 12 000 à 22 000 « Français de souche » et « néos », et 26 150 musulmans)[89]. Les dépouilles des morts au combat reposent à la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette (pour ceux tombés aux champs de bataille du Hartmannswillerkopf) et à l'ossuaire de Douaumont. Les Algériens ont été de toutes les grandes batailles de l'armée française de la Première Guerre mondiale. Ils se sont distingués notamment à la Bataille de Verdun, sur la Somme en 1916, ou encore au chemin de Dames en 1917. Les tirailleurs et spahis algériens ont été, pendant ces quatre années de guerre, mêlés à toutes les batailles de l'armée française. La devise du 2e régiment de tirailleurs algériens résume bien, à elle seule, l'esprit des Algériens de 1914, soldats de la liberté « Dieu est avec nous, pour notre drapeau et pour la France »[90]. L'émir Khaled participera à la Première Guerre mondiale au côté des Français[91].

L'entre-deux-guerres (1919 à 1938)[modifier | modifier le code]

Charles Jonnart crée plusieurs réformes, en faveur des Algériens musulmans, qui sont adoptées sous la loi du 4 février 1919, aussi appelée « loi Jonnart ». En 1930, des manifestations du centenaire de la prise d'Alger sont ressenties comme une provocation par la population[Qui ?][réf. nécessaire].

En 1936, le projet de loi Blum-Viollette (Front populaire), pour l'octroi de droits politiques à certains musulmans, est présenté mais il sera refusé à l'unanimité lors du congrès d'Alger du 14 janvier 1937[réf. nécessaire].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En Algérie, la conscription engagea 123 000 musulmans Algériens et 93 000 Européens d'Algérie (Pieds-Noirs) dans l'armée française; 2 600 des premiers, et 2 700 des seconds furent tués dans les combats de 1940[92]. En revanche, durant l'Occupation allemande (1940-1944), plusieurs centaines de musulmans Nord-Africains installés en métropole s'engagèrent dans la Milice française (vichyste), constituant la Légion nord-africaine.

Carte des opérations

La bataille de Mers el-Kébir désigne l'attaque du 3 juillet 1940 de la marine britannique contre une escadre de la marine française mouillant dans le base navale de Mers el-Kébir (golfe d'Oran). Il y eut 1 380 morts. Le statut des Juifs est appliqué aux Juifs d'Algérie, le Décret Crémieux est aboli en 1940, puis finalement rétabli en 1944.

Après le coup d'État du 8 novembre 1942 à Alger, auquel prennent part des Juifs d'Algérie, et dans le cadre de l'opération Torch (débarquement des Anglo-Américains à Oran, Arzew, Alger et à Bône[93]), de nombreux Algériens furent engagés dans les forces alliées au sein de l'armée française de la Libération et engagés sur les fronts italiens et français (débarquement de Provence). Contrairement à Alger, les troupes vichystes d'Oran combattent les Alliés. Lors du débarquement de l'opération Reservist et des parachutages, de nombreux Anglo-Américains sont tués avant que les autorités d'Oran ne capitulent.

Affiche imprimée à Alger en 1943, La France vous parle, composée de manchettes de la presse clandestine de la résistance intérieure française sur fond tricolore.

Le 8 novembre 1942, au lendemain de l'invasion anglo-américaine de l'Algérie qui s'est faite sans le concours de la France Libre, depuis Brazzaville (Congo) le général de Gaulle lance un Appel aux Français d'Afrique du Nord sur les ondes de la BBC. Il s'adresse aux colons et leur demande de collaborer avec les Anglo-Américains.

Le chef du CCMA, commandant des Forces Françaises, général Giraud (à droite) et le commandant en chef des Armées Alliées en Afrique du Nord, général Eisenhower (à gauche), saluant les drapeaux des deux nations au quartier général des Alliés à Alger en 1943.

En 1942, le général Henri Giraud prend le commandement civil et militaire en Algérie. Les Algériens sont remobilisés pour poursuivre la guerre aux côtés des Alliés. L'hymne de l'Armée d'Afrique est la version 1943 du chant des Africains. Les effectifs mobilisés en Algérie s'élèvent sur la période à 304 000 Algériens (dont 134 000 « musulmans », et 170 000 « européens »[92]). Ils sont engagés en Tunisie de novembre 1942 à mai 1943, en Italie de novembre 1943 à juillet 1944, et enfin en France et en Allemagne d'août 1944 à juin 1945.

Le 8 mai 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale prend fin en Europe, en Algérie, des manifestations nationalistes algériennes suivies de lynchages d'Européens sont réprimées par l'armée française à Sétif et Guelma (Est algérien) ; on dénombre 103 Européens tués et entre 10000 et 45000 Algériens[réf. nécessaire].

Sous la Quatrième République (1946 à 1958)[modifier | modifier le code]

Les élections législatives de 1946 sont un succès pour l'Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) de Ferhat Abbas, son parti remporte onze des treize sièges réservés à l'Algérie à l'Assemblée nationale[réf. nécessaire]. La loi sur le statut de l'Algérie est promulguée en septembre 1947 : l'Algérie reste composée de trois départements et le pouvoir est représenté par un gouverneur général nommé par le gouvernement français. Une Assemblée algérienne est créée, composée de deux collèges de 60 représentants chacun ; le premier sera élu par les Européens et une élite algérienne (diplômés, fonctionnaires…) (63 194 exactement) et le second par le reste de la population algérienne. Enfin l'article 2 précise « l'égalité effective est proclamée entre tous les citoyens français ».

En octobre 1947, le MTLD de Messali Hadj obtient une large victoire lors des élections municipales. Ce parti devient la cible de la répression des autorités françaises[réf. nécessaire]. En avril 1948, des fraudes massives ont lieu lors des élections[94] de l'Assemblée algérienne : par des intimidations, l'armée force les populations à voter, les urnes sont également remplies d'avance, et les populations les plus rebelles ne sont pas convoquées. Trente-six des 59 candidats du MTLD sont arrêtés. Hocine Aït Ahmed organise, en mars 1949, le cambriolage de la poste d'Oran qui leur rapporte 3 070 000 francs. Cet argent sera le début du trésor de guerre du FLN.

La guerre d'Indochine (1946-1954) absorbe les cadres militaires et fait combattre les volontaires et soldats de métiers, légionnaires et les troupes coloniales dont 35 000 Maghrébins[95] (Marocains & Algériens) qui comptent pour 1/4 de l'effectif du corps expéditionnaire[96]. Lors de la bataille de Diên Biên Phu (1954), sont présents le 1er régiment de tirailleurs algériens, 3e régiment de tirailleurs algériens et le 7e régiment de tirailleurs algériens[97]. Les troupes françaises en Algérie avant le déclenchement de la guerre d'Algérie sont faibles : 40 000 hommes en 1948, 48 300 au 1er juin 1954, 81 145 au 1er janvier 1955.

Le nationalisme algérien (1900 à 1954)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mouvement national algérien.

Naissance du mouvement national[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, plusieurs dirigeants algériens revendiquent le droit à l'égalité ou à l'indépendance. Plusieurs partis vont être créés et plusieurs pamphlets seront écrits pour défendre les droits des Algériens. Plusieurs penseurs algériens vont vilipender les plus importantes personnalités du régime colonial français.

La plupart des figures du mouvement algérien vont être surveillées de près par les services policiers français, et d'autres seront exilées vers d'autres pays comme l'a été l'émir Khaled el-Hassani ben el-Hachemi en Égypte puis en Syrie.

Messali Hadj[98], Malek Bennabi[99], Mohamed Hamouda Bensai, Saleh Bensai, Ben Badis[100], Mohamed Bachir El Ibrahimi, Fodil El Ouartilani, Larbi Tébessi, Ferhat Abbas, Omar Ouzeggane, etc., tous vont diverger entre eux sur la question algérienne, ce qui provoquera l'émergence de plusieurs associations et partis algériens: Parti de la réforme ou mouvement pour l'égalité, Association des oulémas musulmans algériens, association de l'Étoile nord-africaine, le parti Parti du peuple algérien, Amis du Manifeste des Libertés, Parti communiste algérien, etc.

Le massacre du 8 mai 1945[modifier | modifier le code]

Le 8 mai 1945 ont lieu des manifestations d'Algériens dans plusieurs villes de l'Est du pays (Sétif et le Constantinois), qui devaient permettre de rappeler leurs revendications nationalistes, de manière concomitante avec la liesse de la victoire. À Sétif, après des heurts entre policiers et nationalistes, la manifestation tourne à l'émeute et la colère des manifestants se retourne contre les « Français » : 27 Européens sont assassinés (103 trouveront la mort dans les jours suivants). La répression de l'armée française est brutale.

Officiellement, elle fait 1 500 morts parmi les autochtones, chiffre potentiellement sous-estimé et probablement plus proche des 20 000 à 30 000 selon l'historien Benjamin Stora. Le Parti du peuple algérien (PPA) estime qu'il y a eu 45 000 morts[101]. De par la radicalisation qu'ils ont engendrée dans les milieux nationalistes algériens, certains historiens considèrent ces massacres comme le véritable début de la guerre d'Algérie[102].

La révolte algérienne de 1945 à 1954[modifier | modifier le code]

À la suite de la mort de Abdelhamid Ben Badis en 1940 et à l'emprisonnement de Messali Hadj et l'interdiction du Parti du peuple algérien, le parti Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques revendique le statut de l'égalité ou de l'indépendance des Algériens en 1948. Aussi, l'Association des oulémas musulmans algériens fut interdite. Alors, l'Organisation spéciale (Algérie) apparait et elle a pour but de rassembler les armes pour le combat. Mohamed Belouizdad fut le premier chef de l'organisation clandestine. Ensuite, Hocine Aït Ahmed prend la tête de l'Organisation et continue à œuvrer pour l'achat des armes. La poste d'Oran est attaquée par les membres de l'OS.

Ahmed Ben Bella prend la place de Hocine Aït Ahmed en 1949. Le plan de l'organisation est dévoilé et les autorités françaises arrêtent plusieurs membres en 1950. Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques niait toute relation avec l'Organisation spéciale pour faire obstacle aux arrestations.

Le CRUA est fondé en mars 1954. Il organisera la lutte armée. Le parti du Mouvement national algérien est fondé en juillet 1954 par les messalistes[103]. Le Front de libération nationale (Algérie) lui succède en octobre 1954 par la branche du CRUA (Comité révolutionnaire d'unité et d'action).

Le Front de libération nationale (Algérie) et le Mouvement national algérien seront rivaux pour le contrôle de la révolution. À l'indépendance, des centaines de combattants du Mouvement national algérien de Messali Hadj seront tués par leurs rivaux du FLN[104] Messali Hadj sera libéré de la prison en 1958 et il sera assigné à une résidence surveillée en France.

Guerre d'Algérie (1954 à 1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre d'Algérie.
Portrait du président Charles de Gaulle en 1961
Délégation des principaux dirigeants du FLN (de gauche à droite : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) après leur arrestation à la suite du détournement, le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte).

Le terme de « Révolution algérienne » est utilisé en Algérie pour désigner ce que la France appelle la « guerre d'Algérie » (et appelait officiellement évènements d'Algérie jusqu'en 1999). Un vaste mouvement de révoltes naît au fil des ans. L'Algérien sujet, sans droit politique, de la France devient citoyen Français par la loi du 20 septembre 1947[105] et peut désormais circuler librement entre l'Algérie et la métropole[106],[107]. L'action armée va venir du CRUA (Mohamed Boudiaf, Mostefa Ben Boulaïd, etc). Le déclenchement de la révolution algérienne a été décidé dans la Casbah d'Alger et à Batna sous la présidence du Batnéen Mostefa Ben Boulaïd dans la réunion des 22 cadres du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA)[108]. Le CRUA se transformera en Front de libération nationale (FLN). Les six chefs du FLN qui décident la « révolution » le 1er novembre 1954 sont Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Mourad Didouche, Mohamed Boudiaf, Belkacem Krim et Larbi Ben M'hidi. La Déclaration du 1er novembre 1954 est émise par radio depuis Tunis. Dans la nuit du 1er novembre 1954, la caserne de la ville de Batna est attaquée par les moudjahidines. Cette nuit sera appelée par les historiens français (Toussaint rouge). Un caïd et deux enseignants français vont être abattus sur la route de Biskra et Arris, il y aura deux versions des faits différentes. Des attentats sont enregistrés dans trois districts (Batna, Biskra, Khenchela) et le reste du pays.

François Mitterrand va déclarer : « L'Algérie, c'est la France » . Il déclenche la répression dans les Aurès. Au départ, il y avait juste 500 hommes de l'Armée de libération nationale (ALN). Après quelques mois, ils seront plus de 15 000 hommes à défier l'autorité française[104],[109]. 100 000 soldats français sont affectés dans les Aurès et plus tard ils seront plus de 400 000 en Algérie. Le général Cherrière donne l'ordre d'opérer le ratissage des Aurès. Il croit gagner, mais il va subir une grosse défaite[109].

Le massacre de Skikda (anciennement Philippeville), la mort d'une centaine de manifestants algériens, eut lieu du 20 au 26 du mois d'août 1955. La même année, à l'Assemblée générale des Nations unies, l'inscription de l'affaire algérienne est à l'ordre du jour. Mostefa Ben Boulaïd, Youcef Zighoud, sont tués. Plusieurs chefs sont emprisonnés[109].

Des intellectuels français vont aider le FLN[109]. Maurice Audin fut torturé et tué par les services français[110]. Frantz Fanon s'engage auprès de la résistance algérienne et a des contacts avec certains officiers de l'ALN (Armée de libération nationale) et avec la direction politique du FLN, Ramdane Abane et Benyoucef Benkhedda en particulier. Il donne sa démission de médecin-chef de l'hôpital de Blida-Joinville en novembre 1956 au gouverneur Robert Lacoste, puis est expulsé d'Algérie en janvier 1957. Albert Camus, natif d'Algérie, fut un défenseur des droits des algériens[111], dans les années 1940, avant de refuser de prendre position pour l'indépendance avec cette phrase prononcée à Stockholm en 1957 : « En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c’est cela la justice, je préfère ma mère. »[N 3]. Dès 1956, Jean-Paul Sartre et la revue Les Temps modernes prennent parti contre l'idée d'une Algérie française et soutiennent le désir d'indépendance du peuple algérien. Sartre s'élève contre la torture[113], revendique la liberté pour les peuples de décider de leur sort, analyse la violence comme une gangrène, produit du colonialisme[114]. En 1960, lors du procès des réseaux de soutien au FLN, il se déclare « porteur de valise »[N 4] du FLN[115]. Cette prise de position n'est pas sans danger, son appartement étant plastiqué deux fois par l'OAS et Les Temps modernes saisis cinq fois.

Après la condamnation de Larbi Ben M'hidi et après le déroulement du Congrès de la Soummam, Le FLN intègre les dirigeants du mouvement national algérien (MNA). Plusieurs partis algériens adhèrent à la cause du FLN: le Front de libération nationale (FLN) et l'Armée française tiennent le même langage (« Ceux qui ne sont pas avec nous, sont contre nous »[109].

« Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement de la guerre le 1er novembre 1954. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Mourad Didouche et Mohamed Boudiaf. Assis : Belkacem Krim à gauche, et Larbi Ben M'hidi à droite.

La guerre éclate entre les chefs kabyles (Belkacem Krim , Ouamrane, etc) et les chefs chaouis et aussi entre les chefs chaouis des Aurès et les chefs chaouis de Nemencha[116]. Abdelhai et Abbès Laghrour seront condamnés à mort par les partisans du Congrès de la Soummam et le Comité de coordination et d'exécution (CCE). Il y a aura aussi un conflit entre les hommes du Sud algérien et les dirigeants kabyles[109]. La Tunisie va être le théâtre d'affrontement entre les différents chefs. Le président Bourguiba devait intervenir pour pacifier les choses. Les Aurès, le Constantinois, l'Ouest de l'Algérie, la Kabylie, etc. seront les zones les plus sensibles du point de vue stratégique et logistique. Les deux pays(le Maroc et la Tunisie) sont sous protectorat français. Ils hébergeront les deux armées de l'ALN aux frontières. Plusieurs chefs du FLN comme Ferhat Abbas contesteront leurs rôles.

L'armée française fait construire le « barrage de la mort », 320 km de long, 7 000 volts, un poste de contrôle chaque 15 km, des milliers de mine terrestre, etc., pour empêcher le passage des armes dans les Aurès et dans tout l'est de l'Algérie. Mais les éléments de l'ALN (Armée de libération nationale) vont déjouer toute la stratégie militaire française. La population algérienne des villes sera sous le contrôle de l'Armée de libération algérienne. La bataille d'Alger fera la une de la presse internationale et interne. Le conflit est porté jusqu'à L'ONU. Plusieurs grèves et manifestations sont organisées par le FLN.

Le colonel Amirouche Aït Hamouda fera un massacre dans les Aurès en voulant intervenir pour unifier des zones des Aurès et faire passer les armes en Kabylie[117]. L'Aurès fut le lieu de passage des armes vers l'intérieur du pays. Le colonel Amirouche Aït Hamouda réussira à faire passer les armes, en passant par la frontière de Tunisie et de l'Algérie. Il franchira les Aurès pour rejoindre la Kabylie. Une vingtaine de chaouis vont être du voyage, mais à la fin, ils abandonneront les troupes du colonel Amirouche pour revenir aux Aurès. Belkacem Krim voulait contrôler la région des Aurès pour établir l'union des forces. Et les hommes de Ben Bella et de Abdelhafid Boussouf, eux aussi désiraient avoir un pied dans les Aurès. Au même moment, la France connaîtra une crise interne jusqu'à l'arrivée au pouvoir du général Charles de Gaulle à cause de la situation en Algérie. Les ultras européens veulent garder l'Algérie française. L'Armée française décide de créer les zones interdites sous contrôle des S.A.S (sections administratives spécialisées) et entame une lutte contre les Djounoudes (maquisards) et la population locale, dans les villes, dans les villages, dans les douars et sur tous les territoires sensibles au FLN.

Les bombardements massifs, les tueries, les massacres, la torture, etc., tous les actes de crime (torture pendant la guerre d'Algérie) ont été employés dans cette guerre. Plusieurs attentats seront organisés par l'ALN dans les villes et les villages, dans les zones interdites et dans les zones montagneuses des Aurès. Le Comité de coordination et d'exécution (CCE) voit le nombre de ses membres s'agrandir et décide de garder le cap sur les objectifs militaires et ainsi que la primauté de l'intérieur par rapport à l'extérieur. Une grande crise se développe entre les membres du Comité de coordination et d'exécution.

Selon Yves Courrière, Ramdane Abane s'opposera sévèrement aux militaires. Il choisira de prendre le maquis, désignera un homme de l'Aurès, Hadj Ali, pour renverser le CCE à Tunis. Mais, Ramdane Abane sera condamné à la prison au Maroc par le CCE. Plus tard, il sera tué au Maroc, mais les sources du FLN diront qu'il aurait été tué lors d'un accrochage contre l'armée française. Le général Charles de Gaulle à la tête du pouvoir français engage une lutte contre les éléments de l'armée de libération nationale algérienne et il apporte les réformes tant attendues pour donner tous les droits aux Algériens. L'Armée française élimine presque tous les réseaux de l'Armée de libération nationale en Kabylie et dans quelques régions sensibles lors de l'Opération Jumelles. Les colonels Amirouche Aït Hamouda et Si El Haouès sont tués lors d'un accrochage avec les éléments de l'Armée française. Le FLN appelle les éléments de son armée à tenir jusqu'au bout.

La Délégation des principaux dirigeants du FLN (Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) est arrêtée, à la suite du détournement, le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte)[118].

En 1959, Messali Hadj sort de prison, il est assigné à résidence surveillée en France[119]. Les Algériens en France organisent des attentats et des manifestations en France en faveur du FLN.

1960, la semaine des barricades à Alger fait 22 morts algériens et des centaines de prisonniers. Le général de Gaulle annonce la tenue du référendum pour l'indépendance de l'Algérie. Les Algériens sont tenus à se prononcer. Certains généraux français se rebellent contre l'autorité du général de Gaulle (le coup d'État du 13 mai 1958 et putsch des généraux en avril 1961). Le général de Gaulle reprend en main le destin de la France, il annonce la tenue d'un référendum et invite le FLN à faire la paix des braves. Au même moment, le Gouvernement provisoire de la République algérienne est proclamé. Ferhat Abbas décline l'invitation française. Le colonel Houari Boumédiène est alors le chef de Armée de libération nationale.

En 1960, l'ONU annonce le droit à l'autodétermination du peuple algérien. Le côté français organise des pourparlers avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne. Plusieurs réunions à l'extérieur du pays vont aboutir aux accords d'Évian. Le colonel Houari Boumédiène refuse que les pieds-noirs restent en Algérie.

Le 17 octobre 1961, la nuit noire débute à Paris, appelée aussi la bataille de Paris (Massacre du 17 octobre 1961). Plusieurs Algériens sont tués en métropole lors d'une manifestation du FLN. Il y aura aussi des milliers d'arrestations au sein des Algériens pendant cette nuit. Ce fait survient à la suite de l'instauration du couvre-feu à Paris pour les Algériens à la suite de l'assassinat de 21 policiers français par le FLN. À Alger, le peuple algérien sort dans les rues pour manifester sa joie à l'indépendance. Il y aura plusieurs morts et blessés par la police française[109].

Une partie de la population d'Algérie s'oppose à la Révolution algérienne. Les figures majeures de ce mouvement anti-indépendantiste sont le bachaga Saïd Boualam (communauté musulmane) ainsi que le général Edmond Jouhaud et Jean-Jacques Susini (communauté européenne).

Suite au référendum d'autodétermination, un million de Français (Pieds-Noirs, les Harkis, les Juifs, etc.) à quitter l'Algérie en quelques mois, principalement d'avril à juin 1962.Un million de réfugiés algériens reviennent en Algérie.[réf. nécessaire]

De nombreux Harkis sont torturés et massacrés par des Algériens dès la proclamation du cessez-le-feu, le 19 mars 1962, sans que le FLN y fasse obstacle, en dépit des accords signés

Lors de la proclamation de l'indépendance le 5 juillet 1962, des exécutions sommaires[120], des lynchages[121]), des actes de torture sont commis contre la minorité européenne lors du massacre d'Oran. L'armée française présente sur place assiste à la scène sans possibilité légale d'intervenir, en raison des accords d'Évian.

République algérienne, depuis 1962[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Algérie depuis 1962 .
Population en liesse après la proclamation officielle de l'indépendance, le 5 juillet 1962

Période du parti unique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise de l'été 1962.

L'indépendance en 1962 laisse le pays dans une situation difficile à la suite de la guerre, les affrontements internes et le départ massif des Européens d'où provenait l'essentiel de l'encadrement en place durant la période coloniale, ainsi que des rapports difficiles avec la France et le Maroc voisin qui se traduit par le conflit de la guerre des Sables en 1963 puis la crise entre les deux pays sur la question du Sahara occidental depuis les années 1970[L 121]. L'armée française évacue ses dernières bases en Algérie qui constituent autant d'enclaves autorisées par les accords d'Évian[précision nécessaire], Reggane et Colomb-Bechar (1967), Mers el-Kébir (1968), Bousfer (1970) et B2-Namous (1978).

Le Gouvernement provisoire de la République algérienne est mis en échec par l'Armée de libération nationale (ALN), qui place Ahmed Ben Bella à la tête du nouvel État, ce dernier va ériger le Front de libération nationale (FLN) en parti unique et mène une politique socialisante et populiste inspirée du modèle nassérien[L 121]. Le 19 juin 1965, un coup d'État militaire va placer Houari Boumédiène à la tête du pouvoir, il va continuer dans cette voie socialiste tout en renforcent la planification de l'économie et la bureaucratie de l'État[L 121]. Il entame une politique basée sur l'exploitation de la rente pétrolière pour la création d'une industrie lourde « Révolution industrielle » au profit de la marginalisation de l'agriculture malgré la « Révolution agraire » et une solarisation massive et une arabisation volontariste de l'enseignement : « Révolution culturelle »[L 122].

En 1979, Chadli Bendjedid devient le nouveau chef d'État, il entame des réformes économiques basées sur une libéralisation mal-gérée et alimentée par la corruption[L 122]. L'effondrement des prix des hydrocarbures en 1988, l'endettement de l'État et l'explosion démographique, vont accélérer la crise du « modèle de développement algérien » et le système mis en place par le FLN[L 122].

Le pouvoir doit aussi faire face aux premiers mouvements populaires depuis l'indépendance. Face au Printemps berbère de 1980, puis aux émeutes de Sétif en 1986, il réagit par la répression. Mais en octobre 1988, l'armée décide de tirer sur les émeutiers (plus de 500 morts). Les autorités sont contraintes d'autoriser le multipartisme.

L'ouverture démocratique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile algérienne.
Carte de l'Algérie

Les émeutes d'octobre 1988, violemment réprimées, vont entrainer la promulgation d'une nouvelle constitution qui prône la démocratie et le multipartisme[L 122]. Le processus est toutefois brutalement interrompu, à la suite de la victoire électorale du Front islamique du salut en 1991, parti visant la création d'un État islamique et remettant en cause l'option démocratique[L 122]. L'Algérie plonge alors dans un conflit militaire entre le pouvoir et les groupes armés issus du FIS[L 122]. La guerre civile dure plus d'une décennie et fait près de 50 000 morts en cinq ans[L 122]. Les groupes armés développent un terrorisme qui vise en premier lieu les civils notamment les femmes, les intellectuels, les étrangers ainsi que les villages isolés et la destruction des infrastructures publiques et économiques[L 122].

Le Groupe islamique armé (GIA) s'attaque à la France avec la vague d'attentats commis en 1995. Les non-musulmans sont désignés persona non grata en Algérie par les groupes islamiques armés, chose qui se manifeste par l'assassinat des moines de Tibhirine (1996) et le départ des derniers Juifs.

Le président Abdelaziz Bouteflika en visite au siège de l'OTAN en mai 2002.

Le pouvoir va alterner entre phases de dialogue avec l'opposition et des périodes plus répressives. Mais il est frappé par les difficultés sociales à la suite de la crise économique et l'assassinat de Mohamed Boudiaf en 1992[L 123]. Le 16 novembre 1995, le général Liamine Zéroual devient le premier président, issu des élections présidentielles pluralistes. En 1997, la première Assemblée nationale du pays, élue sur la base du multipartisme, entre en fonction, suivie par un Conseil de la nation ou « chambre haute » dans la même année[L 123].

Dès l'ère du président Liamine Zéroual, les prémices de tentatives d'un règlement politique de la crise commencent à voir le jour, mais aucun accord n'est trouvé. Néanmoins, durant sa présidence, l'AIS (branche armée du FIS) observe une trêve : le président Zéroual promulgue une loi Erahma (la Clémence) pour les terroristes repentis. La démission de Zéroual en 1999, sera suivie par l'élection d'Abdelaziz Bouteflika à la présidence de la République[L 123].

Lors des élections d'avril 1999, l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdelaziz Bouteflika se présente comme un candidat « indépendant », mais il est soutenu par l'armée[122] et tous ses adversaires se retirent la veille du premier tour[123].

L'avènement du président actuel Abdelaziz Bouteflika, en 1999, change un peu plus la donne avec une volonté plus affichée de parvenir à la paix civile. La loi dite de la « concorde civile » est votée et approuvée par référendum (en), et les groupes armés commencent à déposer les armes[124]. Il entame alors une politique de réconciliation nationale. Il est critiqué pour ses manières autocratiques, tandis que le chômage affecte encore plus d'un tiers de la population. En 2009, Bouteflika est réélu pour un troisième mandat après avoir fait amender la Constitution algérienne.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Mot désignant anciennement une province frontière d'un État (Source: Robert).
  2. Les couleurs du drapeau sont toujours utilisées par le club de football Nasr athlétique d'Hussein Dey.
  3. Voir les étapes de déformation de cette phrase ayant conduit à cette signification toute autre: « Si j'avais à choisir entre la justice et ma mère, je choisirais encore ma mère »[112].
  4. Sympathisant du FLN chargé du transport de fonds et de documents confidentiels à l'intérieur de la métropole.

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. a et b Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 39.
  2. a, b et c Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 17.
  3. Jolly 2008, p. 35.
  4. a et b Meynier 2007, p. 196.
  5. a et b Meynier 2007, p. 197.
  6. Meynier 2010, p. 20.
  7. Meynier 2010, p. 21.
  8. a et b Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 23.
  9. a, b et c Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 24.
  10. Meynier 2010, p. 25.
  11. a, b, c et d Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 18.
  12. Julien 1994, p. 365.
  13. Meynier 2010, p. 24.
  14. a et b Jolly 2008, p. 39.
  15. a et b Meynier 2010, p. 30.
  16. a et b Meynier 2010, p. 31.
  17. Meynier 2010, p. 27.
  18. Julien 1994, p. 366.
  19. a, b, c et d Meynier 2010, p. 28.
  20. Julien 1994, p. 380.
  21. Julien 1994, p. 381.
  22. a et b Meynier 2010, p. 26.
  23. Meynier 2010, p. 32.
  24. Meynier 2010, p. 33.
  25. Jolly 2008, p. 42.
  26. Jolly 2008, p. 44.
  27. a, b, c, d, e, f et g Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 19.
  28. Meynier 2010, p. 41.
  29. Meynier 2010, p. 42.
  30. a, b, c et d Jolly 2008, p. 45.
  31. a et b Meynier 2010, p. 43.
  32. a, b et c Meynier 2010, p. 44.
  33. a et b Meynier 2010, p. 45.
  34. a, b et c Meynier 2010, p. 48.
  35. a, b, c, d, e et f Jolly 2008, p. 50.
  36. Meynier 2010, p. 52.
  37. Meynier 2010, p. 56.
  38. Chitour 2004, p. 201.
  39. a et b Meynier 2010, p. 57.
  40. a et b Meynier 2010, p. 71.
  41. Meynier 2010, p. 51.
  42. Meynier 2010, p. 53.
  43. a, b, c, d et e Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 20.
  44. a et b Meynier 2010, p. 58.
  45. Meynier 2010, p. 54.
  46. a et b Meynier 2010, p. 60.
  47. a et b Meynier 2010, p. 61.
  48. Meynier 2010, p. 47.
  49. Meynier 2010, p. 49.
  50. Meynier 2010, p. 67.
  51. Meynier 2010, p. 112.
  52. a et b Jolly 2008, p. 47.
  53. a, b et c Meynier 2010, p. 77.
  54. a, b et c Jolly 2008, p. 48.
  55. Chitour 2004, p. 55.
  56. Meynier 2010, p. 79.
  57. a, b, c, d, e et f Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 21.
  58. Meynier 2010, p. 89.
  59. Meynier 2010, p. 92.
  60. Chitour 2004, p. 56.
  61. a, b et c Meynier 2010, p. 93.
  62. Meynier 2010, p. 97.
  63. a et b Jolly 2008, p. 51.
  64. a et b Meynier 2010, p. 104.
  65. a, b et c Meynier 2010, p. 108.
  66. Jolly 2008, p. 52.
  67. Meynier 2010, p. 110.
  68. Meynier 2010, p. 111.
  69. Meynier 2010, p. 113.
  70. Meynier 2010, p. 115.
  71. Meynier 2010, p. 126.
  72. Meynier 2010, p. 124.
  73. a, b, c, d et e Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 22.
  74. a, b et c Meynier 2010, p. 10.
  75. Jolly 2008, p. 54.
  76. Meynier 2010, p. 212.
  77. Meynier 2010, p. 194.
  78. Meynier 2010, p. 161.
  79. Meynier 2010, p. 164.
  80. a et b Meynier 2010, p. 195.
  81. Meynier 2010, p. 198.
  82. Meynier 2010, p. 168.
  83. a et b Meynier 2010, p. 202.
  84. Meynier 2010, p. 167.
  85. Meynier 2010, p. 170.
  86. Meynier 2010, p. 204.
  87. a, b et c Meynier 2010, p. 203.
  88. Meynier 2010, p. 226.
  89. Meynier 2010, p. 199.
  90. Meynier 2010, p. 169.
  91. a, b et c Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 25.
  92. a et b Meynier 2010, p. 228.
  93. Meynier 2010, p. 236.
  94. a, b et c Meynier 2010, p. 305.
  95. a, b, c, d, e et f Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 26.
  96. a et b Kaddache 1992, p. 3.
  97. a et b Kaddache 1992, p. 4.
  98. Stora 2004, p. 56.
  99. Meynier 2010, p. 159.
  100. Meynier 2010, p. 263.
  101. a, b et c Kaddache 1992, p. 5.
  102. a, b, c, d, e et f Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 27.
  103. a, b et c Meynier 2010, p. 312.
  104. Meynier 2010, p. 307.
  105. a, b et c Meynier 2010, p. 313.
  106. Kaddache 1992, p. 7.
  107. Kaddache 1992, p. 8.
  108. Meynier 2010, p. 314.
  109. Meynier 2010, p. 315.
  110. Kaddache 1992, p. 11.
  111. Jolly 2008, p. 60.
  112. a et b Kaddache 1992, p. 49.
  113. Kaddache 1992, p. 50.
  114. a, b et c Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 27.
  115. a et b Kaddache 1992, p. 56.
  116. a, b, c, d et e Jolly 2008, p. 63.
  117. a, b, c, d et e Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 28.
  118. a, b et c Kaddache 1992, p. 76.
  119. a, b et c Stora 2004, p. 13.
  120. Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 45.
  121. a, b et c Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 56.
  122. a, b, c, d, e, f, g et h Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 57.
  123. a, b et c Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 58.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gabriel Camps, « Rex gentium Maurorum et Romanorum. Recherches sur les royaumes de Maurétanie des VIe et VIIe siècles », Antiquités africaines, vol. 20, no no 20,‎ 1984, p. 183-218 (lire en ligne)
  2. Ginette Aumassip (en), L'Algérie des premiers hommes, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme,‎ 2001, 224 p. (ISBN 978-2-735-10932-6, présentation en ligne), p. 37-44.
  3. « Le gissement OLDOWAYEN d'Ain El Hanech », sur Setif.com,‎ 1999 (consulté le 29 mai 2014).
  4. Lionel Balout, P. Biberson et J. Tixier, « L'Acheuléen de Ternifine (Algérie) : gisement de l'Atlanthrope », Actes du VIIe Congrès International des Sciences Préhistoriques et Protohistoriques, Prague, UISPP,‎ 1970, p. 254-261
  5. Camille Arambourg , « Récentes découvertes de paléontologie humaine réalisées en Afrique du Nord française : L'Atlanthropus de Ternifine - L'Hominien de Casablanca », Third Panafrican Congress on Prehistory, Livingstone 1955,‎ 1957, p. 186-194
  6. Lionel Balout, P. Biberson et J. Tixier, « L'Acheuléen de Ternifine (Algérie) : gisement de l'Atlanthrope », L'Anthropologie, t. 71, no 2-3,‎ 1967, p. 217-237 (présentation en ligne)
  7. Olivier Dutour, « Le Peuplement moderne d'Afrique septentrionale et ses relations avec celui du Proche-Orient », Paléorient, vol. 21, no 21-2,‎ 1995, p. 97-109 (lire en ligne).
  8. Nasr-Eddine Djemmali, L'industrie lithique acheuléenne du gisement de Tighennif (Ternifine), Algérie, Paris, Université Pierre-et-Marie-Curie , Muséum national d'histoire naturelle, Thèse de Doctorat,‎ 1985 (présentation en ligne), p. 184
  9. (en) Denis Geraads, Jean-Jacques Hublin (en), Jean-Jacques Jaeger, Nasr-Eddine Djemmali, Haiyan Tong, Sevket Sen et Philippe Toubeau, The Pleistocene hominid site of Ternifine, Algeria : New results on the environment, age, and human industries, vol. 25, Paris, Quaternary Research (en),‎ 1986, p. 380-386
  10. Paul Pallary, « Caractères généraux des industries de la pierre dans l'Algérie occidentale », L'Homme Préhistorique, no 2,‎ 1905, p. 33-43.
  11. Debénath, A., Raynal, J.-P., Roche, J., Texier, P.-J. et Ferembach, D. (1986) - « Stratigraphie, habitat, typologie et devenir de l'Atérien marocain : données récentes », L'Anthropologie, t. 90, no 2, p. 233-246.
  12. Reygasse, M. (1922) - « Note au sujet de deux civilisations préhistoriques africaines pour lesquelles deux termes nouveaux me paraissent devoir être employés », in: XLVIe session de l'Association française pour l'avancement des Sciences, Montpellier, p. 467-472.
  13. D. Lubell, « Continuité et changement dans l’Épi-paléolithique du Maghreb », in : Le Paléolithique en Afrique, l'histoire la plus longue, Artcom' , Errance, 2005, ISBN 2-87772-297-X
  14. Tixier, J. (1967) - Fiches typologiques africaines : Pièces pédonculées atériennes du Maghreb et du Sahara, Paris, Congrès Panafricain de Préhistoire et d'Études Quaternaires, Muséum National d'Histoire Naturelle, sous la dir. de L. Balout
  15. R. Kéfi, A. Stevanovitch, E. Bouzaid, E. Béraud-Colomb, « Diversité mitochondriale de la population de Taforalt (12.000 ans BP - Maroc): une approche génétique à l'étude du peuplement de l'Afrique du Nord », Anthropologie, Volume 43/1, 2005, p. 1-11 (résumé)
  16. a et b Jean-Louis Heim et Jean Granat, « Prothèse dentaire préhistorique ostéo-implantée », sur Université Paris Descartes
  17. « La Préhistoire », sur villedoran.com (consulté le 18 novembre 2014).
  18. Marie Delorme, « L'attraction atlantique en Afrique saharienne et méditerranéenne durant le Néolithique et la Protohistoire à travers les mouvements de populations et le Livre des Morts egyptien », sur mmsh.univ-aix.fr (consulté le 18 novembre 2014).
  19. http://www.codesria.org/Links/Publications/review_books/remaoun.pdf
  20. Gabriel Camps, « L’ORIGINE DES BERBÈRES », sur Mondeberbere.com (consulté le 18 novembre 2014).
  21. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1986_num_130_1_14346
  22. « Le Sahara se serait asséché de façon progressive, et non soudaine », sur notre-planete.info,‎ 15 mai 2008 (consulté le 18 novembre 2014).
  23. Vincent Serralda et André Huard, Le Berbère… Lumière de l'Occident, éd. Nouvelles éditions latines, Paris, 1990 (ISBN 978-2-7233-0239-5)
  24. Bernard Heyberger, Chrétiens du monde arabe p. 5, Ed. Autrement, 2003
  25. Joseph Cuoq, L'Église d'Afrique du Nord du deuxième au douzième siècle p. 111, Le Centurion, Paris, 1984.
  26. Joan Mervyn Hussey, The Cambridge medieval history, CUP Archive,‎ 1957 (présentation en ligne)
  27. Christian Courtois, Les Vandales et l'Afrique : thèse pour le doctorat ès lettres présentée à la Faculté des lettres de l'Université de Paris, Paris, Arts et métiers graphiques,‎ 1955 (présentation en ligne)
  28. Léon Pol Homo, Nouvelle histoire romaine, A. Fayard,‎ 1941 (présentation en ligne)
  29. Jean Paul Perré, La guerre et ses mutations, des origines à 1792, Payot,‎ 1961 (présentation en ligne)
  30. Andrew H. Merrills, Richard Miles, The Vandals, John Wiley and Sons,‎ 2010 (ISBN 9781405160681, présentation en ligne)
  31. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, Paris, Albin Michel,‎ 1946, 596 p. (lire en ligne)
  32. Robert Lafont, Prémices de l'Europe, Éditions Sulliver,‎ 2007 (ISBN 9782351220283, présentation en ligne)
  33. Marie Armand Pascal d'Avezac, Jean Yanoski, Louis Lacroix, Adolphe Jules César Auguste Dureau de La Malle, Afrique : Esquisse générale de l'Afrique et Afrique ancienne Volume 11 de L'univers : Histoire et description de tous les peuples, Firmin Didot frères,‎ 1844 (lire en ligne)
  34. « Rustamid kingdom », sur Encyclopædia Britannica (consulté le 17 novembre 2014)
  35. Aline Laradji, La légende de Roland: De la genèse française à l'épuisement de la figure du héros en Italie, L'Harmattan,‎ 2008 (ISBN 2296070272, lire en ligne), p. 22
  36. C. Agabi, « Ibadites », in Encyclopédie berbère, 23 | Hiempsal – Icosium En ligne, mis en ligne le 01 juin 2011, consulté le 24 novembre 2012.
  37. a, b et c François Decret, « Les invasions hilaliennes en Ifrîqiya », sur clio.fr,‎ 2003 (consulté le 17 novembre 2014).
  38. a, b et c « Les Zirides et les Hammadides (972-1152) », sur Qantara (consulté le 22 novembre 2014)
  39. a, b, c et d E.B. et A. Dhina, « Hafsides », in Encyclopédie berbère, 22 | Hadrumetum – Hidjaba En ligne, mis en ligne le 01 juin 2011, consulté le 04 décembre 2012.
  40. a et b Youssef Benoudjit, La Kalaa des Béni Abbès : au XVIe siècle, Dahlab,‎ 1997, 350 p. (ISBN 9961611322, présentation en ligne), p. 16,17
  41. (es) Mikel de Epalza, « Los moriscos antes y después de la expulsión », sur cervantesvirtual.com (consulté le 22 novembre 2014)
  42. Beihdja Rahal et Saâdane Benbabaali, La Voix, la Plume et le Plectre, Ed : Barzak 2009
  43. a et b Samia Chergui , « Les morisques et l'effort de construction d'Alger aux xviie et xviiie siècles », Cahiers de la Méditerranée En ligne, 79 | 2009, mis en ligne le 16 juin 2010, Consulté le 17 décembre 2012.
  44. Alger, XVIe ‑ XVIIe siècle : journal de Jean-Baptiste Gramaye, évêque d'Afrique. Par Jean-Baptiste Gramaye, Abd El Hadi Ben Mansour. Publié par Cerf, 1998. ISBN 2-204-05730-4. Page 55
  45. La Kalaa des Béni Abbès…, op. cité, p. 63
  46. La Kalaa des Béni Abbès…, op. cité, p. 55
  47. Kamel Filali, L'Algérie mystique : Des marabouts fondateurs aux khwân insurgés, XVe-XIXe siècles, Paris, Publisud, coll. « Espaces méditerranéens »,‎ 2002, 214 p. (ISBN 2866008952), p. 56
  48. (ar) « دايات الجزائر », sur hukam.net (consulté le 18 novembre 2014).
  49. (en) « Algeria: Miscellaneous flag reports, late 18th - early 19th century », sur crwflags.com (consulté le 18 novembre 2014).
  50. a, b, c et d Histoire de l'Algérie ancienne et moderne By Léon Galibert, p. 233, 234, 235 [1]
  51. Lucien Leclerc, Une mission médicale en Kabylie, Paris, Baillière,‎ 1864, 251 p. (présentation en ligne), p. 51.
  52. Camille Lacoste-Dujardin, Voyage d'Idir et Djya en Kabylie : Initiation à la culture kabyle, Paris, Éditions L'Harmattan,‎ 2003, 133 p. (ISBN 2-7475-40324, lire en ligne)
  53. référence, Histoire de la Berbérie par Ernest Mercier, Tome III, page 515,516
  54. a, b et c Les oasis du Gourara (Sahara algérien): Le Temps Des Saints, par Rachid Bellil, Institut national des langues et civilisations orientales Centre de recherche berbère. Édition: illustrated. Publié par Peeters Publishers, 1999. ISBN 90-429-0721-5 [2]
  55. référence, http://www.ergreg.com/ville-touggourt-fr-1-21.html#cm
  56. a, b et c Thierry Fabre, Colonialisme et postcolonialisme en Méditerranée, Éditions Parenthèses,‎ 2004 (ISBN 9782863641286, présentation en ligne)
  57. a et b « ALGÉRIE - SULTAN MAHMOUD II », sur cgb.fr (consulté le 18 novembre 2014).
  58. a et b Pierre Montagnon, La conquête de l'Algérie : Les germes de la discorde, Éditions Flammarion (ISBN 9782756408774, présentation en ligne)
  59. a et b Roland Courtinat, La piraterie barbaresque en Méditerranée : XVIe-XIXe siècle, Serre Editeur, 139 p. (ISBN 2906431656, lire en ligne), p. 27
  60. René Gallissot, Les Accords d'Évian : en conjoncture et en longue durée, Éditions Karthala, 265 p. (ISBN 2865377040, lire en ligne), p. 107
  61. (en) Katherine Bennisonn, « Dynamics of rule and opposition in nineteenth century North Africa », The Journal of North African Studies, vol. 1, no 1,‎ 1996
  62. Louis-Désiré Véron , Revue de Paris, vol. 23, Bureau de la Revue de Paris,‎ 1843 (présentation en ligne)
  63. Kamel Kateb, Benjamin Stora;, Institut national d'études démographiques (France), Institut national d'études démographiques (France), Européens, « indigènes » et juifs en Algérie (1830-1962): représentations et réalités des populations, INED,‎ 2001, 386 p. (ISBN 273320145X, lire en ligne), p. 11
  64. Olivier Le Cour Grandmaison, Coloniser, Exterminer : Sur la guerre et l’État colonial, Paris, Fayard,‎ 2005 (ISBN 978-2213623160), p. 188.
  65. Coloniser. Exterminer Olivier Le Cour Grandmaison, p. 189, Fayard, 2005|date=15 octobre 2009
  66. Gisèle Berstein, Serge Berstein, Dictionnaire historique de la France contemporaine: 1870-1945, Complexe,‎ 1995, 822 p. (ISBN 2870275498, présentation en ligne), p. 15
  67. Préface de Coloniser Exterminer. Par Olivier Le Cour Grandmaison. Publié par Fayard, 2005. (ISBN 2-213-62316-3)
  68. http://www.algerian-history.info/avant1830imgeng.htm
  69. http://www.algerian-history.info/avant1830img.htm
  70. Pour en finir avec la repentance coloniale, de Daniel Lefeuvre, aux éditions Flammarion, septembre 2006, ISBN 2-08-210440-0
  71. Coloniser Exterminer, de Olivier Le Cour Grandmaison aux éditions Fayard, 2005
  72. Jean Blottière, L'Algérie, Éditions Maritimes et Coloniales,‎ 1955 (présentation en ligne)
  73. a et b Claude Rozet, Algérie, Firmin-Didot frères,‎ 1850 (présentation en ligne)
  74. a, b, c, d et e Jean Jolly, Histoire du continent africain : de la préhistoire à 1600, vol. 1, Éditions L'Harmattan,‎ 1996 (ISBN 9782738446886, présentation en ligne)
  75. C. De Decker et Jean Joseph Thonissen, Biographie d'Abd-el-Kader, J. E. Buschmann,‎ 1846 (présentation en ligne)
  76. a, b et c Jean-Pierre Bois, Bugeaud, Fayard,‎ 1997 (ISBN 9782213648743, présentation en ligne)
  77. Jean Jolly, Histoire du continent africain : du XVIIe siècle à 1939, vol. 2, Éditions L'Harmattan,‎ 1996 (ISBN 9782738446886, lire en ligne), p. 39
  78. Arthur Alexandre Behaghel, L'Algérie : Histoire, géographie, climatologie, etc., Paris, Challamel,‎ 1865 (lire en ligne), p. 50
  79. Jean-Jacques Tur, Ombres et lumières de l'Algérie française, Éditions L'Harmattan,‎ 2012 (ISBN 9782296489998, lire en ligne), p. 189
  80. Jean Jolly, Histoire du continent africain : de la préhistoire à 1600, vol. 1, Éditions L'Harmattan,‎ 1996 (ISBN 9782738446886, lire en ligne), p. 60
  81. Émile Carrey, Récits de Kabylie, M. Lévy,‎ 1858 (lire en ligne)
  82. Auguste Warnier, L'Algérie devant l'Empereur : pour faire suite à "L'Algérie devant le Sénat" et à "L'Algérie devant l'opinion publique", Paris, Challamel aîné,‎ 2003, 1865 p., p. 5.
  83. Auguste Warnier, L'Algérie devant l'Empereur : pour faire suite à "L'Algérie devant le Sénat" et à "L'Algérie devant l'opinion publique", Paris, Challamel aîné,‎ 2003, 1865 p., p. 7.
  84. Jacques Marseille, Empire colonial et capitalisme français, Albin Michel,‎ 2005 (ISBN 9782226216595, présentation en ligne)
  85. La guerre d'Algérie Alain-Gérard Slama Collections Découvertes Gallimard
  86. Bulletin des lois de la République française, vol. 12, Versailles, Imprimerie nationale,‎ 1871 (présentation en ligne)
  87. « Campagne de reconnaissance du lieutenant Guillo Lohan au Sahara », sur Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense,‎ 5 janvier 2009 (consulté le 22 novembre 2014)
  88. Gilbert Meynier, L'Algérie révélée. La guerre de 1914-1918 et le premier quart du XXe siècle, préface de Pierre Vidal-Naquet, Genève, Librairie Droz, 1981, XIX-793 p.
  89. Maurice Faivre, L'armée d'Afrique et l'armée coloniale des origines à 1962, in « L'Algérianiste » no 131, septembre 2010
  90. note, traduction de traduction de l'arabe de l'insigne régimentaire du 2e R.T.A
  91. Guy Pervillé, Les Étudiants algériens de l’Université française, 1880-1962, Paris, Éditions du CNRS,‎ 1984, p. 81.
  92. a et b Maurice Faivre, opus cité, p. 13
  93. Opération "Torch": 8 novembre 1942 : les Américains débarquent en Algérie : le rôle décisif de cinq jeunes Français dans le tournant de la guerre. Par Michel Junot. Publié par Fallois, 2001 (ISBN 2-87706-407-7), p. 8
  94. Guy Spitaels, La triple insurrection islamiste), Luc Pire ,‎ 2005 (ISBN 9782874154768, présentation en ligne), p. 59
  95. Maurice Vaïsse, L'Armée française dans la guerre d'Indochine (1946-1954) : Adaptation ou inadaptation, Paris, Éditions Complexe,‎ 2000, 363 p. (présentation en ligne), p. 146
  96. Jean-Charles Jauffret (dir.) La Guerre d'Algérie par les documents, t. 2, Les Portes de la guerre 1946-1954, Service historique de l'Armée de Terre, Vincennes, 1998, in 4°, 1023 p.
  97. « Les insignes de l'Infanterie à Diên Biên Phu », sur dienbienphu.org (consulté le 18 novembre 2014).
  98. Benjamin Stora, Messali Hadj : pionnier du nationalisme algérien, Paris, Hachette,‎ 2004 (ISBN 2-0127-9190-5)
  99. Benjamin Stora, Le dictionnaire des livres de la guerre d'Algérie : Romans, nouvelles, poésie, photos, histoire, essais, récits historiques, témoignages, biographie, mémoires, autobiographies, Paris, Éditions L'Harmattan ,‎ 1996, 347 p. (ISBN 2-7384-4863-1), p. 45
  100. Marianne Cornevin, Histoire de l'Afrique contemporaine : de la Deuxième guerre mondiale à nos jours, Payot,‎ 1978, 447 p. (présentation en ligne), p. 37-40
  101. Pierre Mannoni, Les Français d'Algérie : vie, mœurs, mentalité de la conquête des Territoires du Sud à l'indépendance, Paris, Éditions L'Harmattan,‎ 1993, 288 p. (ISBN 2-7384-1377-3, lire en ligne), p. 272-273
  102. Mohammed Harbi, « La guerre d’Algérie a commencé à Sétif », sur monde-diplomatique.fr,‎ mai 2005 (consulté le 15 novembre 2014)
  103. 1er novembre 1954
  104. a et b Christophe Boltanski, « Dans les Aurès, le spectre de l’autocar », sur algerie-dz.com,‎ 2004 (consulté le 17 novembre 2014).
  105. Kamel Kateb, Européens, « indigènes » et juifs en Algérie (1830-1962) : représentations et réalités des populations, Presses universitaires de France,‎ 2001, 386 p., p. 232.
  106. Joseph Leriche, Les Algériens en France : Étude démographique et sociale, vol. 10, Population,‎ 1955 (lire en ligne), chap. 1, p. 100.
  107. Valérie Morin, « Fiche sur l'identité française en Algérie », sur Institut français de l'éducation (consulté le 22 novembre 2014)
  108. Jacques Simon, Le MTLD, le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratique : 1947-1954, Paris, L'Harmattan, coll. « CREAC-histoire »,‎ décembre 2003, 22 cm, 314 p. (ISBN 2-7475-5384-1, notice BnF no FRBNF39097931)
  109. a, b, c, d, e, f et g Yves Courrière, La guerre d'Algérie
  110. Monique Lafon, Le Parti communiste français dans la lutte contre le colonialisme, Paris, Éditions sociales,‎ 1962, 217 p. (présentation en ligne), p. 140.
  111. Albert Camus, Jacqueline Lévi-Valensi et André Abbou, Fragments d'un combat : 1938-1940, Alger Républicain, le Soir Répulbicain : [articles, Volumes 1 à 2], Paris, Éditions Gallimard,‎ 1978 (présentation en ligne), p. 565
  112. Philippe Lançon, « Camus, cet étrange ami », sur liberation.fr,‎ 2 janvier 2010 (consulté le 18 novembre 2014)
  113. Anne Mathieu, « Jean-Paul Sartre et la guerre d'Algérie », sur monde-diplomatique.fr,‎ novembre 2004 (consulté le 14 novembre 2014)
  114. Arno Münster, Sartre et la praxis, Paris, Éditions L'Harmattan,‎ 2005, p. 257.
  115. « Exposition de la BnF sur Jean-Paul Sartre », sur bnf.fr (consulté le 14 novembre 2014)
  116. Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, page 78
  117. Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, page 92,93
  118. « Le 22 Octobre 1956 était détourné l’avion du FLN » [PDF], sur .al-djazair.com,‎ 25 octobre 2000 (consulté le 14 novembre 2014)
  119. Jacques Simon, La Fédération de France de l'Union syndicale des travailleurs algériens (USTA) : le premier congrès, juin 1957, Paris, L'Harmattan, coll. « CREAC-histoire »,‎ mai 2002, 22 cm, 195 p. (ISBN 2-7475-2526-0, notice BnF no FRBNF38912297), p. 134
  120. Georges-Marc Benamou, Un mensonge français : retours sur la guerre d'Algérie, Paris, Robert Laffont,‎ 2003 (ISBN 2-221-10435-8, présentation en ligne), p. 256.
  121. Jean Monneret, La Tragédie dissimulée : Oran, 5 Juillet 1962, Éditions Michalon,‎ 2006, 220 p. (ISBN 9782841863082, présentation en ligne), p. 124.
  122. (en) « Algeria launches election campaign », sur BBC Online,‎ 25 mars 1999 (consulté le 16 novembre 2014)
  123. (en) « Algerian Election Turmoil », sur CBS News,‎ 14 avril 1999 (consulté le 16 novembre 2014)
  124. « La loi sur la "concorde civile" du président algérien plébiscitée avec 98,6 % de "oui" », sur Le Monde,‎ 17 septembre 1999 (consulté le 16 novembre 2014)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]