Lakhdaria

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Palestro (homonymie).
Lakhdaria
Noms
Nom algérien الأخضرية
Nom amazigh ⵍⴰⴽⵀⴷⴰⵔⵉⴰ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Kabylie
Wilaya Bouira
Daïra Lakhdaria
(chef-lieu)
Code postal 10200
Code ONS 1013
Démographie
Population 59 746 hab. (2008[1])
Densité 622 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 37′ 00″ N 3° 35′ 00″ E / 36.616667, 3.58333336° 37′ 00″ Nord 3° 35′ 00″ Est / 36.616667, 3.583333  
Superficie 96 km2
Localisation

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Lakhdaria

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Lakhdaria (الأخضرية, al-Akẖḍariyah, en arabe et ⵍⴰⴽⵀⴷⴰⵔⵉⴰ en tamazight), anciennement nommée Palestro, est une commune d'Algérie, située dans le nord de la wilaya de Bouira, en Kabylie; elle est le chef-lieu de la daïra du même nom.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Lakhdaria se trouve à 33 kilomètres au nord-ouest de Bouira et à 74 kilomètres au sud-est d'Alger sur une boucle de l'oued Isser. La ville est entourée de montagnes dont la plus haute est "Lalla Moussaad ". L'oued a creusé sur 4 km dans la montagne des gorges qui portent le nom de gorges de Ammal (autrefois gorges de Palestro).

Lakhdaria

Relief, géologie, hydrographie[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

  • Suite à la réalisation de l'autoroute est-ouest passant à proximité de la ville de Lakhdaria, la distance Lakhdaria - et le reste des autres destinations est grandement améliorée, ainsi que le trafic beaucoup diminué. Ceci conférerait à la ville d'être une des villes géographiquement intéressantes, d'où l'intérêt économique.
  • Le transport reliant Lakhdaria au chef-lieu de Bouira est quasi permanent pendant la journée, par mini-cars exploités par des privés.

Lieux-dits, quartiers et hameaux[modifier | modifier le code]

Outre son chef-lieu Lakhdaria-ville, la commune de Lakhdaria est composée des localités suivantes[2] : Guergour, Hazama, Igil Izafane, Taouint, Belazem, Bouyegdad, Ouled Sidi Mahdi, Ouled El Hadj, Ould Sidi Abdelaziz, Taliouine, Boumelah, Talghoumt, Ouled Osmane, Bourebeche, Tassalaht, Messouna, Mesmoulata, Takoucht, Zemala, Mohali, Mehouene Berkata et Sebt.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

En 1962, la ville est renommée Lakhdaria, en hommage à un martyr de la guerre de libération contre la colonisation française, Mokrani Rabah, dont le nom de guerre était Si Lakhdar, né à Guergour[3]. Le patronyme "Lakhdar" signifiant en arabe "vert", le nom de Lakhdaria prend le sens de "la verdoyante".

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

À 5 km de l'actuelle Lakhraria, se trouve une grotte occupée à l'époque préhistorique et où plusieurs outils ont été retrouvés durant l'époque coloniale.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le nom pendant l'époque romaine de la région de Lakhdaria est Zazzi. Puis elle prend le nom de watn Beni Hinni[réf. nécessaire].

Conquête arabe[modifier | modifier le code]

Abderrahmane Ethaalibi exégète en islam (fondateur de la mosquée "Qortoba" de Cordoue en Espagne, dont le mausolée se trouve actuellement à Alger Centre), est originaire de la région, plus précisément dans l'ex-commune de Yesseri actuellement Zbarbar dans la daira de Lakhdaria[réf. nécessaire].

Période ottomane[modifier | modifier le code]

Un fort datant de l'époque ottomane, dont les ruines ont survécu à l'occupation française, a été détruit après l'indépendance pour laisser place à des cités dortoirs.

Période française[modifier | modifier le code]

Conquête de l'Algérie par la France[modifier | modifier le code]

En 1838, l'émir Abd el-Kader débarqua dans la région et installa sa "zmala" (cour itinérante) au niveau des Aït Hini, à proximité du pont dit de Ben-Hini( Quantrate el-Turk) . Il avait fait une "emplette" dans les villages avoisinants (Tamarkaunit, Aït Ziane, Arkoub, Bellemou) habités jadis par les Kouloughlis[4]. À noter que les habitants de la région surnommés "zouatnas" (Les huiliers), eu égard à l'importance de leurs oliveraies, ont prêté allégeance à l'émir Abdelkader. D'où la venue de ce dernier pour prélever "la zakate" (3e précepte de l'Islam, consistant en des offrandes annuelles faites par chaque famille aisée et destinées aux nécessiteux et au renflouement des caisses de l'État.)

L'organisation de la colonie[modifier | modifier le code]

Le village colonial de Palestro (arrondissement) est créé le 18 novembre 1869 par un décret de l'empereur français Napoléon III portant superficie exacte, origine des populations qui y vivent et les tribus s'y rattachant. Le chef-lieu du douar de Palestro était un village de 59 feux sur le territoire de Ben Hini, Hini étant le nom d'un hameau kabyle, situé sur les hauteurs des gorges de Palestro, d'accès difficile, à pente abrupte et rocailleuse.

Le village de Palestro était, à l'époque coloniale, traversé par la route impériale numéro 5 d'Alger à Constantine ; il se trouvait à 79 kilomètres d'Alger et à 25 kilomètres de Tizi n'Aït Aïcha (Thenia). Il est renommé Palestro , en mémoire de la bataille de Palestro en Italie.

Le 20 avril 1871, lors de la révolte des Mokrani qui fit suite à la défaite française face à la Prusse, le village fut attaqué et en partie détruit par des insurgés berbères kabyles dirigés par le cheikh El-Mokrani. On rapporta 46 morts et de nombreux disparus. Le village fut reconstruit par la suite. Une statue représentant Bassiti Dominique et sa famille a été érigée par les Français. Ce monument a été détruit après l'indépendance par des badauds[5].

Guerre d'indépendance algérienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Embuscade de Palestro.

Le 18 mai 1956, une embuscade surprend une vingtaine de soldats français du 9e RIC : 21 sont tués ; un seul survécut.

Lakhdaria, peuplé de populations d'origine kabyle, aujourd'hui majoritairement arabisée, est connue pour ses poteries au décor berbère angulaire, ocre sur fond blanc.

Depuis l'indépendance[modifier | modifier le code]

Après l'indépendance en 1962, la ville est renommée Lakhdaria, en hommage à un martyr de la guerre de libération contre la colonisation française, Mokrani Rabah, dont le nom de guerre était Si Lakhdar, né à Guergour[3].

La commune est rattachée au département d'Alger, puis au département de Grande Kabylie et enfin à la wilaya de Bouira en 1974, lors la création de cette nouvelle wilaya.

Démographie[modifier | modifier le code]

La cité du 5 juillet

La population de la commune de Lakhdaria est évaluée à 53 000 habitants. Les habitants sont d'origine berbère zénètes. L'arabe algérien est dominant, toutefois, la population reste en partie berberophone. L'arabe classique est étudié dans les écoles de façon généralisée. Suite à l'insécurité pendant la guerre civile algérienne, Lakhdaria a connu un exode rural important.

Administration et politique[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Installation de télécommunication

Agriculture[modifier | modifier le code]

Avec une moyenne de 600 mm de pluie annuellement, la région de Lakhdaria est la plus humide de la wilaya. Ceci se constate par sa végétation luxuriante et verdoyante. La région produit en grande partie des olives d'où le surnom de ses habitants " les Zouatnas " (les huiliers). Elle produit également des agrumes (oranges, mandarines, citrons, vallentialate, double fine, thomson, clémentines). D'autre part, beaucoup d'arbres fruitiers et de vignobles sont cultivés ; les cultures maraîchères sont aussi très présentes. Mais la région se distingue par sa grosse production de viandes blanches (poulet de chair, dinde, caille…) et de miel. Par ailleurs, la région a bénéficié de la réalisation d'un grand barrage (Koudiète Acerdoune), 2e en Algérie et 5e en Afrique avec ses 769 millions de m3 d'eau, bâti sur l'oued Isser. Ce barrage alimente également par canalisations plusieurs wilaya du pays en eau potable (M'sila, Tizi-Ouzou, Bordj-Bou Arreridj, Medéa, Alger). Une station d'épuration et de traitement de l'eau du barrage est en fonctionnement à Djebahia (ex. Laperrine). Ce qui confère à cette eau une qualité identique aux eaux minérales naturelles, après traitement bien sûr.

Industrie et télécommunications[modifier | modifier le code]

La région est dotée d'un complexe de fabrication de peintures et vernis (ENAP) et abrite la direction générale de l'Entreprise nationale de peintures. Elle possède également un complexe de fabrication de détergents (ENAD).

Depuis les années 1970, un Centre de télécommunications par satellites est en fonctionnement à Lakhdaria, doté de plusieurs paraboles géantes que les habitants appellent "le radar ". Ce centre est à l'échelle nationale et la télévision terrestre et numérique ainsi que les communications téléphoniques de l'ensemble du pays transitent par lui. Le site est implanté sur un vallon à l'entrée est de la ville et communique avec des installations situées sur le sommet de la montagne "Lalla Moussaad " qui domine la ville.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Les gorges de Palestro attirent beaucoup de touristes nationaux pendant la saison estivale. Une grande partie est constituée de clientèle de transit empruntant la route nationale 5 qui n'hésitent pas à s'arrêter au bord de la route, émerveillés par la fraîcheur et le pittoresques des lieux couverts de végétation irriguée par des cascades d'eaux tombant dans l'oued Isser. D'autres sont attirés par les fruits exposés ou les rôtisseries sur braises improvisées de cailles, oies, canards, pintades, paons, lapins, poulet local. Une grande partie des visiteurs est constituée de bambins venus à pieds de Lakhdaria goûter au plaisir des baignades dans l'oued et des douches froides des cascades tombant du haut des rochers. Aucun investissement n'a été réalisé ni par la wilaya de Bouira ni par celle de Boumerdès limitrophes. D'autre part une source thermale (Hammam Théllath) existe sur les hauteurs des gorges mais qui n'est exploitée ni par l'État ni par des privés.

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Enseignement et formation[modifier | modifier le code]

La ville est dotée d'un Institut national de la formation professionnelle (INSFP). Les étudiants y sortent avec un diplôme de technicien supérieur équivalent à Bac + 3 et perçoivent une bourse d'études équivalente à celle des étudiants de l'université. Un Centre de formation professionnelle et apprentissage existe depuis l'indépendance et forme les élèves recalés de l'enseignement général, aux petits métiers (vacher, trayeur, tailleur sur arbres, greffeur, maçon etc.). L'enseignement général est quant à lui, suffisamment doté d'écoles primaires, de collèges d'enseignement moyens et de lycées.

Culture[modifier | modifier le code]

  • La région compte parmi ses enfants célèbres, Mohamed Bouzid, un peintre de renom mondial qui a créé en 1962 l'emblème de la République algérienne démocratique et populaire,

Sports[modifier | modifier le code]

La nouvelle mosquée avec ses deux minarets.

Le club de l'Union sportive de Palestro (USP) a été créé en 1929. Après plusieurs changements d'appellation suite à l'indépendance du pays (US Lakhdaria, IR Lakhdaria), on a finalement opté pour IBL, "Itihad Baladiète Lakhdaria". Cette équipe a souvent joué les premiers rôles dans les poules de son évolution. Pour la saison en cours (2010/2011), elle accède en division nationale amateur. L'été passé, la wilaya à accordé à la commune un milliard de centimes pour la réfection du stade de football et l'installation de gazon artificiel (tartan) sur le terrain de jeu. À côté de l'équipe de l'IBL doyenne, les années 1970-1990 ont vu l'émergence de l'équipe de la SNIC (l'usine de peinture) qui a laissé une trace indélébile dans la mémoire collective des lakhdaris du fait des derbies acharnés opposant ces deux équipes inconciliables pour la représentativité de la ville de Lakhdaria. Actuellement, l'équipe de la SNIC a été dissoute par manque de subventions.

Un projet de réalisation d'une piscine semi-olympique est en cours d'exécution près du lycée Bouguerri. Plusieurs salles de body-building sont exploitées par des privés dans la ville.

Loisirs[modifier | modifier le code]

Une maison de jeunes dépendant du ministère de la Jeunesse et des Sports existe dans la ville. Cette infrastructure culturelle abrite également l'association culturelle "Thaalibia". Les jeunes qui s'y rendent pratiquent de la musique andalouse, du théâtre amateur et autres loisirs.

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

Il existe cinq mosquées dotées d'imams. Un certain nombre d'autres sont en projet de construction. Ces lieux sont réservées exclusivement à la prière ou occasionnellement à l'apprentissage du Coran destiné aux enfants pendant les périodes de vacances scolaires. À noter qu'une partie isolée dans ces mosquées est destinée aux femmes pour la prière collective. Des quêtes d'argent sont souvent sollicitées des fidèles à l'occasion des prières pour la construction ou réfection de mosquées ou sous forme de dons aux pauvres.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Palestro, Algérie - Histoire d'une embuscade, est un documentaire sortis en 2012 qui retrace les causes et les conséquences d'une embuscade montée par des maquisards d’Ali Khodja, l’un des jeunes chefs locaux du FLN, sur les hauteurs des gorges de Palestro et revient sur des témoignages et l'histoire coloniale de cette vallée[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources, notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Wilaya de Bouira : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. « Décret no 84-365 du 1er novembre 1984 fixant la composition, la consistance et les limites territoriales des communes », Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire, no 67,‎ 19 décembre 1984, p. 1494 (lire en ligne).
  3. a et b Commémoration du 48e anniversaire du décès du commandant Si Lakhdar par Ath Mouhoub, dans la Dépêche de Kabylie (7 mars 2006)
  4. D'après Daumas et Fabar, 1847, éd. L. Hachette et Cie
  5. Étude historique sur la ville d'Aumale par Joseph Parrès (1912), avec un chapitre sur les insurrections à Palestro
  6. Palestro, Algérie : histoires d'une embuscade, présentation sur Arte