Sauterelle (insecte)

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Sauterelle
Nom commun ou
nom vernaculaire ambigu :
L'expression « Sauterelle » s'applique en français à plusieurs taxons distincts. Page d'aide sur l'homonymie
{{#if: Grande Sauterelle verte (Tettigonia viridissima)   Grande Sauterelle verte (Tettigonia viridissima)
Grande Sauterelle verte

(Tettigonia viridissima)

Taxons concernés
Plusieurs espèces de :

Sauterelle est un nom vernaculaire ambigu désignant en français non pas un genre, mais plusieurs familles et sous-familles d'insectes orthoptères communs presque partout dans le monde et qui se déplacent en sautant à l'aide de leurs longues pattes postérieures. Ce terme dérive de « sauter ». Elles ont des antennes longues, et des organes auditifs situés sur leurs pattes avant. Les Américains les nomment katydids et les Anglais bush-crickets.

Le nom « sauterelle » est réservé par les spécialistes pour certaines espèces d'orthoptères à antennes longues appartenant à la famille des Tettigoniidae (du sous-ordre des ensifères). Dans le langage courant le nom est souvent aussi utilisé pour les espèces du sous-ordre Caelifera, qui ont des antennes courtes, mais ces derniers sont plus correctement appelés sauteriaux ou criquets.
La famille des sauterelles stricto sensu contient à ce jour plus de 6 400 espèces. Elle fait partie du sous-ordre Ensifera et de la seule famille que contient la superfamille des Tettigonioidea.

Le nom de familles des espèces de sauterelles dérive de Tettigonia, donné par Linnaeus, en 1748. Il fait appel au grec ancien τέττιξ / téttix, qui désigne la cigale, en raison du fait que les sauterelles « chantent », comme les cigales[1].

Diversité et distinction des espèces[modifier | modifier le code]

Beaucoup de tettigoniidés miment les plantes pour se camoufler, en adoptant des formes et des couleurs proches de celles de leur environnement. Elles sautent brutalement pour échapper à leurs prédateurs. Quelques espèces ont des couleurs plus ternes ou très contrastées. De rares sauterelles (tropicales) ont évolué en divergeant du schéma classique et ont adopté des formes éloignées de celles de la plupart des sauterelles.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les mâles ont des organes produisant des sons (via la stridulation) situés sur les angles postérieurs de leurs ailes avant. Chez certaines espèces, les femelles sont aussi capables de stridulation. Au moment de la reproduction, le mâle fournit à la femelle une spermathèque sous forme d'un spermatophylax (organe rattaché aux spermatophores des mâles, et qui est consommé par la femelle) ; la fonction du spermatophylax serait d'augmenter la durée de fixation du spermatophore et d'accroître ainsi les chances de paternité[2].

Les œufs de sauterelles sont généralement ovales et déposés par la femelle dans les sols meubles grâce à leur oviscapte.

Distribution[modifier | modifier le code]

On en compte 255 espèces en Amérique du Nord, mais la plupart des espèces vivent en zone tropicale.

Écologie[modifier | modifier le code]

Les sauterelles sont souvent omnivores et ont de longues antennes. Les criquets sont herbivores stricts et ont de courtes antennes articulées. Le régime alimentaire des sauterelles est habituellement herbivore (feuilles, fleurs, écorces, et parfois graines), mais quelques espèces se comportent aussi en prédateurs se nourrissant d'autres insectes, d'escargots, voire de petits vertébrés (serpents ou lézards). Quelques espèces sont localement considérées comme nuisibles par les producteurs de cultures commerciales.

Quelques grandes sauterelles européennes et tropicales peuvent, si on les manipule sans précaution, pincer ou infliger des morsures douloureuses (non venimeuses), mais elles n'arrivent que rarement à percer la peau. Certaines espèces en brousse, comme Ruspolia baileyi en Ouganda et dans les régions voisines, sont consommées.

En France[modifier | modifier le code]

Tettigonia viridissima ou la grande sauterelle verte, parfois confondue avec Tettigonia cantans (la sauterelle cymbalière) sont localement très courantes. Tettigonia cantans est plus rare dans le nord, a les ailes plus courtes et son stridulement, faible au début, devient de plus en plus fort, plus rapide et dure longtemps.

Invasions et Histoire[modifier | modifier le code]

La bible et les chroniqueurs passés citent tout au long de l'histoire des épisodes d'invasion de sauterelles, responsables de défoliations à grande échelle (l'une de ces invasions était l'une des dix plaies d'Égypte de la Bible). Dans l'Antiquité, on combattait les invasions parfois par l'allumage d'incendies[3]. Au Moyen Âge, une dévastation de l'Hispanie vers 584 aurait été causée par des sauterelles : selon Grégoire de Tours, « le royaume de la Manche -Carpitanie- était cruellement dévasté par les sauterelles, de telle sorte qu’il n’y avait ni arbres, ni vignes, ni forêts, ni fruits, ni aucune verdure, qu’elles n’eussent entièrement détruits… »[4]. En réalité, il s'agit du criquet pèlerin et non de sauterelles, mais à cette époque, on ne faisait pas cette différence.

À la fin du VIe siècle, vers 595, une invasion de sauterelles est également signalée par Paul Diacre dans le N.-E. de l'Italie : « Il y eut cette année-là une très forte sécheresse, de janvier jusqu'à septembre, qui fut cause d'une grande famine. Il y eut aussi dans le territoire de Trente une multitude de sauterelles, plus grandes qu'elles ne sont d'ordinaire ; chose étonnante, elles mangèrent les herbes, les plantes des marais, mais touchèrent à peine aux moissons des champs. Elles revinrent aussi l'année suivante, exactement de la même façon. »[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Family Tettigoniidae – Katydids consulté 2010/07/28, publié 2008/01/01
  2. Karim Vahed (1998), The function of nuptial feeding in insects : review of empirical studies ; Biological Reviews, Volume 73 pages 43–78 Accès à l'article (PDF)]
  3. Modèle:HomIli, XXI
  4. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Livre sixième
  5. Paul Diacre, Histoire des Lombards, Livre IV, 2