Guy Spitaels

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Guy Spitaels
Fonctions
Ministre-président de la Région wallonne
7 janvier 199225 janvier 1994
Prédécesseur Bernard Anselme
Successeur Robert Collignon
Président du Parti socialiste belge
19811992
Prédécesseur André Cools
Successeur Philippe Busquin
Président du Parti socialiste européen
Février 1989Mai 1992
Prédécesseur Vítor Constâncio
Successeur Willy Claes
Biographie
Date de naissance 3 septembre 1931
Lieu de naissance Ath, Hainaut
Drapeau de la Belgique Belgique
Date de décès 21 août 2012 (à 80 ans)
Lieu de décès Uccle, Bruxelles-Capitale
Drapeau de la Belgique Belgique
Nationalité Drapeau de la Belgique Belge
Parti politique Parti socialiste belge
Diplômé de Université catholique de Louvain

Guy Spitaels
Ministre-Président wallon

Guy Spitaels C.M.W (né à Ath le 3 septembre 1931 et mort à Uccle dans la nuit du 20 au 21 août 2012) est un homme politique belge d’expression française. Il fut président du Parti socialiste de 1981 à 1992[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Docteur en droit de l’université catholique de Louvain (1955)[2], Guy Spitaels suit ensuite une licence en sciences politiques et sociales (UCL, 1957), avant d’être diplômé en hautes études européennes du Collège d’Europe à Bruges (1958). Chercheur à l’université libre de Bruxelles, à l’institut de sociologie Solvay (1958–1964), avec une mission de recherche au Congo (1959–1960), il devient directeur de recherches de ce même institut (1964–1968) puis directeur du Centre d'économie sociale et de sociologie (1968) ; maître de conférences à l’Institut du travail de l'ULB (1961–1964)[3], professeur (1966–1971), professeur extraordinaire (1975), il enseigne encore dans d’autres écoles supérieures, dont le Collège d'Europe et la faculté de droit de l’université de Reims.

A l'ULB, il entre dans la franc-maçonnerie[4].

Affilié au PSB à la suite de la grève générale contre la Loi unique, Guy Spitaels s’affilie en même temps au Mouvement populaire wallon créé par André Renard (1961). Chef de cabinet dans deux gouvernements (1972–1974), il figure parmi les orateurs les plus remarqués au congrès doctrinal du PSB-BSP de novembre 1974. Préoccupé par tout ce qui a trait aux problèmes de la sécurité sociale, de l’emploi et de la santé publique, il devient membre du Bureau national du PSB (1975) [5] et du comité scientifique de l’institut Émile-Vandervelde. En 1976, son exposé devant le congrès des Socialistes wallons porte sur l’évolution défavorable de la démographie et de l’emploi en Wallonie. Bourgmestre d’Ath et sénateur (1977), le nouveau ministre de l’Emploi (1977) lance les fameux projets CST et arrive à un accord sur la réduction de travail à 38 h/semaine. Il est vice-premier ministre lorsqu’est votée la loi de révision constitutionnelle créant la Région wallonne. En 1981, il quitte le gouvernement pour présider aux destinées de son parti. Succédant à André Cools, il est confronté à la crise posée par la reconversion de la sidérurgie wallonne. Tout au long des années 1980 marquées par une politique d’opposition aux thèses néo-libérales, Guy Spitaels donne à son parti une image de socialisme gestionnaire ; il introduit aussi et défend le principe d’un fédéralisme radical[6]. La proposition de régionalisation des secteurs définis comme nationaux (1981), la réforme institutionnelle de 1988-1989, sa désignation à la tête de l’exécutif de la Région wallonne (1992) apparaissent comme les étapes d’une ligne politique tracée depuis longtemps. Qui conduira le PS wallon à obtenir son sommet électoral historique de 43,9 % aux élections fédérales de 1987, menées sous le slogan "Le retour du cœur"[7].

Il siégea pendant la 47e législature de la chambre des Représentants de Belgique. Ancien président du Parti socialiste (poste auquel il a succédé à André Cools et auquel il a été remplacé par Philippe Busquin). Ancien président de l’exécutif régional wallon, qu’il contribua à faire appeler Gouvernement wallon.

En janvier 1994, alors qu’il est parvenu à obtenir la reconnaissance du Hainaut comme zone objectif 1 par la Communauté européenne, il doit se résoudre à démissionner en raison de son implication dans l’affaire Agusta[8]. En 1998, il sera condamné dans le cadre de cette affaire de corruption par la Cour de cassation à deux ans de prison avec sursis et à cinq ans de déchéance du droit de remplir des fonctions, offices ou emplois publics[9].

Le 20 juin 1995, les premiers députés wallons élus séparément le choisissent comme président du nouveau parlement wallon[10]. Il a été choisi comme un des Cents Wallons du siècle, par l’institut Jules-Destrée, en 1995[11]. Suite à la défaite du parti socialiste aux élections fédérales du 10 juin 2007, Guy Spitaels sort exceptionnellement de sa réserve pour demander à Elio Di Rupo de choisir entre les postes de président du parti et de ministre-président wallon. Le soir même, Elio Di Rupo annonce qu’il renoncera au mandat de ministre-président si les militants du PS le ré-élisent en juillet président du parti.

Guy Spitaels meurt dans la nuit du 20 au 21 août 2012, des suites d'une tumeur au cerveau[12].

Sa vision de la politique belge[modifier | modifier le code]

« Je ne sais pas, mais il n'y a aucune solution dans le fait de céder toujours[13] »

Dans une interview accordée au journal Le Soir, Guy Spitaels avoue ne plus avoir envie d'investir dans la Belgique, au sens affectif s'entendant. Selon lui, il faut s'accommoder de ce désamour accumulé des deux côtés de la frontière linguistique et constater que la clarté est aveuglante sur l'évolution de l'opinion en Flandre, incarnée par Bart De Wever[13].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • L’hégémonie contrariée. Obama, deux ans après, Luc Pire, 2011.
  • Obama président, la méprise, Luc Pire, 2008 (ISBN 2507004959).
  • Chine, la fin de l’hégémonie américaine, Luc Pire, 2007 (ISBN 2874156965).
  • La triple insurrection islamique, Fayard, 2005 (ISBN 221362433X).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Guy Spitaels: hommages pour "l'un des plus grands Wallons du siècle" RTBF, 21 août 2012
  2. Guy Spitaels est décédé La Libre.be, 21 août 2012
  3. Sur l'itinéraire de Guy Spitaels avant son entrée en politique, lire Mateo Alaluf, Guy Spitaels : du parc Léopold à l’Élysette, Politique, Bruxelles, n° 77, novembre-décembre 2012.
  4. http://archives.lesoir.be/%AB-spitaels-tu-es-la-tout-va-bien-%BB-_t-20120822-022AY6.html?queryand=10+septembre+2011+Spitaels&firstHit=0&by=10&when=-1&sort=datedesc&pos=3&all=5&nav=1 « Entretien testament» avec Béatrice Delvaux dans le journal Le Soir
  5. Guy Spitaels est mort à l'âge de 80 ans L'avenir.net, 21 août 2012
  6. [1]
  7. L'ex ministre belge Guy Spitaels est mort L'Essentiel Online, 21 août 2012
  8. Guy Spitaels: et "Dieu" marqua la politique belge de son empreinte RTBF, 21 août 2012
  9. Guy SPitaels est décédé, Le Soir, 21 août 2012
  10. [2]
  11. Sur la vision régionaliste et socialiste de Guy Spitaels, voir : Philippe Destatte, Guy Spitaels : plus socialiste et plus wallon, Politique, Bruxelles, n°77, novembre-décembre 2012.
  12. http://www.sudinfo.be/496807/article/regions/tournai/2012-08-21/guy-spitaels-ex-patron-du-ps-est-mort-cette-nuit
  13. a et b Le précipice et le rebond, Yvon Toussaint, Le Soir, 16 septembre 2011, page 12

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]