Histoire de la Centrafrique

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La majorité des habitants de la Centrafrique se sont installés sur ce territoire depuis la seconde moitié du XVIIIe siècle. Les populations de langue soudanaise ont ainsi à cette période migré vers les forêts, pour fuir l'arrivée des guerriers peuls et les marchands d'esclaves. L'esclavage a été malgré tout un fléau omniprésent dans les plateaux de Centrafrique durant le XIXe siècle. Le pays a par la suite été annexé par les expéditions arabes de Bahr al-Ghazal.

Les temps anciens[modifier | modifier le code]

Les premiers habitants d´un pays autrefois totalement couvert par la forêt étaient les pygmées babingas, suivis par les Bantous et les Peuls.

Le début de la colonisation occidentale[modifier | modifier le code]

L'Oubangui-Chari vers 1910.
Article détaillé : Oubangui-Chari.

En 1885, des explorateurs belges découvrent le fleuve Oubangui. Le territoire ainsi découvert est partagé entre la France et la Belgique de part et d'autre du fleuve qui marque ainsi la frontière entre ces deux puissances coloniales. En 1889, sur la rive droite de l'Oubangui est fondée la première ville française, Bangui, qui deviendra plus tard la capitale de la République centrafricaine. En 1905, l'Oubangui-Chari devient une colonie française, dont la population est exploitée. En 1910, elle appartient à l'Afrique-Équatoriale française. La moitié du territoire est distribué en concessions. Celles-ci sont cotées en bourse et sont confiés à des exploitants qui ne recherchent que le profit. Face à cette hégémonie, les missionnaires apparaissent comme de grands défenseurs du peuple. De 1928 à 1931, la guerre du Kongo-wara fait rage dans la région, les populations sont soutenues activement par les missionnaires et refusent le travail forcé imposé dans les concessions. La figure emblématique de l'indépendance du pays est l'abbé Barthélemy Boganda qui meurt en pleine campagne électorale, dans un accident d'avion le 29 mars 1959.

L'indépendance[modifier | modifier le code]

La République centrafricaine est proclamée le 1er décembre 1958. Le 13 août 1960 le pays accède à l'indépendance. Après l'assassinat de Boganda en 1959, le père de l'indépendance centrafricaine, c'est Goumba qui semble être son successeur mais David Dacko, soutenu par la France, devient le premier président de la république en 1960. Il instaure très vite un régime dictatorial et commet l'erreur de se rapprocher de la Chine. La France se décide alors à soutenir le chef d'état-major de l'armée centrafricaine, Jean-Bedel Bokassa.

La période Bokassa[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire centrafricain.

En 1965, lors du « coup d'État de la Saint-Sylvestre », Jean-Bedel Bokassa renverse son cousin David Dacko et prend le pouvoir. Le 4 décembre 1976, il devient l'empereur Bokassa Ier. Il met alors en place une politique très répressive dans tout le pays. En septembre 1979, « l'opération Caban », organisée par la France, renverse Bokassa et « l'opération Barracuda » remet au pouvoir David Dacko. En effet, depuis quelque temps Bokassa se rapprochait de plus en plus de Kadhafi dont la politique au Tchad est en contradiction complète avec les intérêts français.

L'après Bokassa[modifier | modifier le code]

David Dacko réinstaure la République et rétablit les libertés fondamentales. En septembre 1981, le général André Kolingba, profitant d'une période d'agitation sociale, contraint David Dacko à lui remettre le pouvoir et instaure un régime militaire fortement influencé par le colonel Mansiont, l'officier de renseignement français qui dirige aussi la garde présidentielle. Au début des années 1990, Kolingba est peu à peu lâché par la France qui lui reproche un régime trop dictatorial et en contradiction avec le discours de La Baule du président François Mitterrand en 1990. En 1993, des mutins finissent par contraindre Kolingba à organiser des élections. En 1993, des élections sont finalement organisées, et Ange-Félix Patassé est élu Président de la République. Après une instabilité politique et des troubles en 1996, pendant lesquels l'ancien dictateur Bokassa meurt à Bangui, les accords de Bangui de janvier 1997 semblent mettre un terme aux conflits. Le 19 septembre 1999, Ange-Félix Patassé est réélu.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

De nouvelles périodes de troubles suivront et, malgré l'intervention de la communauté internationale, Ange-Félix Patassé est renversé le 15 mars 2003 par son ancien chef d'état-major, le général François Bozizé. Après des élections plusieurs fois reportées pour des problèmes d'organisation, le général Bozizé est élu président de la République au second tour le 8 mai 2005.

En décembre 2012, le pays est à nouveau dans une situation insurrectionnelle. Une coalition rebelle prenant le nom de Sékéla (Alliance en langue sango) s'est constituée contre le régime de Bozizé. Réunissant au moins trois mouvements préexistants, cette coalition, qui dispose de troupes bien armées et disciplinées, a pris le contrôle de la ville diamantifère de Bria le 18 décembre, avant de progresser rapidement vers la capitale[1]. Le président Bozizé espéra un temps obtenir un soutien militaire de la France ou des États-Unis[2], mais ces deux pays choisissent de ne pas intervenir. En mars 2013, les rebelles de la coalition Séléka reprennent les hostilités et finissent par chasser Bozizé du pouvoir le 24 mars 2013. Le chef de la Seleka Michel Djotodia s'auto-proclame président de la République[3]. Incapable de rétablir l'ordre, la situation s'enlise et la crise débouche sur des affrontements inter-communautaires.

Face au risque de génocide, la France annonce, le 26 novembre 2013, l'envoi d'un millier de soldats pour rétablir la sécurité dans le pays[4]. Le 5 décembre 2013, par la résolution 2127, le conseil de sécurité des Nations unies autorise le « déploiement de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) pour une période de 12 mois » officiellement pour mettre fin à la « faillite totale de l'ordre public, l'absence de l'état de droit et les tensions interconfessionnelles »[5]. La MISCA est appuyée par des forces françaises (opération Sangaris), autorisées à prendre « toutes les mesures nécessaires ».

Le 10 janvier 2014, le président de la transition centrafricaine Michel Djotodia et son premier ministre Nicolas Tiangaye annoncent leur démission lors d'un sommet extraordinaire de la communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC)[6],[7]. Le 20 janvier 2014, le conseil national de transition de la République centrafricaine élit Catherine Samba-Panza comme chef de l'État de transition de la République centrafricaine[8]

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Pierre Kalck, Histoire centrafricaine : des origines à 1966, L'Harmattan, Paris, 1992 (2e éd.), 353 p. (ISBN 2-7384-1556-3) (texte abrégé d'une thèse d'État de Lettres, Paris, 1970)
  • (fr) Yarisse Zoctizoum, Histoire de la Centrafrique, L'Harmattan, Paris, 1983-1984, 2 vol., tome I, 1879-1959, 300 p. ; tome II, 1959-1979, 382 p. (texte remanié d'une thèse de 3e cycle soutenue à Paris 7 en 1981, sous le titre La formation socio-économique de la R.C.A. de 1879 à 1979)