Protohistoire

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Le terme « Protohistoire » renvoie à plusieurs notions distinctes :

  • d'une part, il a un sens épistémologique et désigne « la science qui regroupe l'ensemble des connaissances sur les peuples sans écriture contemporains des premières civilisations historiques »[1]. L'étude de ces peuples se caractérise donc par l'impossibilité d'exploiter des sources écrites indigènes (inexistantes) et par la possibilité de s'appuyer sur des textes émanant d’autres peuples contemporains ;
  • d'autre part, il a un sens chronologique :
    • il désigne en Europe et en Asie centrale la période correspondant aux âges des métaux (âge du cuivre, âge du bronze, âge du fer)[1]. Ces bornes chronologiques sont sujettes à débat.
    • pour certains, la période protohistorique est caractérisée par l'adoption de l'économie de production (phénomène économique et social) ; dans ce cadre elle est formée du Néolithique et de l'âge des métaux[2].

Émergence et évolution de la notion de Protohistoire[modifier | modifier le code]

Le terme vient du grec « proto » qui signifie « premier ». Littré définit l'adjectif protohistorique ainsi : « Qui appartient aux débuts de l'histoire. » [3].

Une science[modifier | modifier le code]

La Préhistoire a été initialement définie comme la période comprise entre l’apparition de l’Humanité et l’apparition des premiers documents écrits. Si l'Histoire commence avec l'écriture, celle-ci n'apparaît toutefois pas simultanément dans toutes les régions du monde. La notion de Protohistoire a donc été introduite initialement pour nommer l'étape au cours de laquelle des populations ne possèdent pas elles-mêmes l’écriture, mais sont mentionnées par des textes émanant d’autres peuples contemporains : c'est le cas par exemple des Gaulois d'avant la conquête romaine, décrits par des auteurs grecs et latins.

Une période[modifier | modifier le code]

L'âge des métaux[modifier | modifier le code]

En Europe[1] et en Asie centrale[4], la Protohistoire a également un sens chronologique pour désigner une période postérieure à la Préhistoire et antérieure à l'Histoire, correspondant aux âges des métaux : âge du cuivre (Chalcolithique), âge du bronze et âge du fer[5],[1]. le tableau schématique en bas de l'article fait exclusivement référence à cette acception chronologique de la Protohistoire.

Des phénomènes sociaux et économiques particuliers[modifier | modifier le code]

Sous l'impulsion de certains chercheurs tels que Jean Guilaine et Marcel Otte, certains tendent à vouloir faire débuter la Protohistoire dès le début du Néolithique (début de l'économie de production). Dans le cadre chronologique le plus large, la Protohistoire intègre donc le Néolithique, ainsi que les âges des métaux pour les populations sans écritures avérées [6],[7].

En tenant compte de ces acceptions, la Protohistoire est caractérisée par une structuration croissante de la société (modification de l’habitat, agglomération, socialisation avancée, hiérarchisation, pouvoir administratif, économie avancée, monnaie (elle apparaît par exemple au IIIe siècle en Gaule), échanges commerciaux, etc.) et par une maîtrise progressive de la métallurgie à partir de la fin du Néolithique. Elle s'intercale dès lors entre :

  • d'une part, la Préhistoire qui la précède et concerne les populations dont la subsistance est assurée par la prédation. Les groupes de chasseurs-cueilleurs, pêcheurs, collecteurs exploitent des ressources naturelles disponibles sans les maîtriser. La Préhistoire stricto sensu comprend alors le Paléolithique, l’Épipaléolithique et le Mésolithique ;
  • d'autre part, l'Histoire (l'Antiquité pour le Bassin méditerranéen et sa très large périphérie), qui lui succède et concerne les populations de producteurs ayant adopté l'écriture mais aussi le plus souvent un pouvoir centralisé.

Groupes de peuples et peuples protohistoriques[modifier | modifier le code]

(Liste non limitative)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Jacques Briard, Encyclopædia Universalis.
  2. Otte 1999
  3. Émile Littré, Dictionnaire de la langue française : supplément, Paris, Librairie Hachette,‎ 1886
  4. Henri-Paul Francfort et al., « Asie centrale », sur http://www.universalis.fr, Encyclopædia Universalis France (consulté le 7 juillet 2013)
  5. Protohistoire, Dictionnaires Le Robert,‎ 2013
  6. J. Guilaine - Caïn, Abel, Ötzi : L’héritage néolithique - Gallimard à Paris / 2011 L’histoire commence au Néolithique (lire en ligne)
  7. Otte 1999, p. 8-11

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Tableau[modifier | modifier le code]