Hilaliens

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Les Bani Hilal ou Hilaliens (en arabe: بنو هلال) étaient une confédérations d'arabes bédouins qui a migré d'Arabie à l'Égypte puis au Maghreb.

Ibn Khaldoun écrivait lui-même à leurs propos : « Semblables à une armée de sauterelles, ils détruisaient tout sur leur passage. » Il dénonce surtout l'incompatibilité d'une civilisation urbaine avec la vie de ces envahisseurs nomades : « Si les Arabes ont besoin de pierres afin de caler leurs marmites sur un foyer, ils dégradent les murs des bâtiments afin de se les procurer ; s'il leur faut du bois pour en faire des piquets ou des mâts de tentes, ils détruisent les toits des maisons. »

Expédition des Bani Hilal

Ancêtre[modifier | modifier le code]

Les Bani Hilal se compose de 4 principales clans : les Riyah, les Zoghba, les Athbedj et les Djusham.

Leurs ancêtre est Hilal ibn Amr ibn Sasa ibn Muawiya ibn Bakr ibn Hawazin ibn Mansour ibn Khasafa ibn Qays Ghailan ibn Mudar ibn Nizar ibn Adnan.

Origine[modifier | modifier le code]

Les Bani Hilal étaient originaire d'Arabie et vivaient entre Taëf et La Mecque sur la montagne du Ghazouan. Quelquefois, ils allaient prendre leurs quartiers d'été aux frontières de l'Irak et de la Syrie d'où ils faisaient des incursions dans les cantons voisins pour y dévaliser les voyageurs et piller les caravanes. Leurs cousins de Banu Soulaïm se permettaient eux aussi de dévalisé des pèlerins mecquois durant le Hajj ou à Médine pendants qu'il visitaient le lieux où repose le prophète de l'Islam. Les califes de Bagdad envoyaient sans cesse quelques de leurs serviteurs pour ainsi punir leurs méfaits et protégé les pèlerins de pareils outrage.

Les Bani Hilal et d'autre descendants de Rabiah ibn Amr partirent s'alliés avec les Qarmates lors de la première apparition de ces sectaires et ils les servirent en qualité de milices au Bahreïn et à Oman. Quand les Fatimides issu d'Ubayd Allah al-Mahdi eurent subjugué l'Égypte et la Syrie, Al Aziz un des souverains de cette dynastie enleva aux Qarmates les villes dont ils s'étaient emparées et les refoulât au Bahreïn. Il fit envoyer en Haute-Égypte les Bani Hilal et Banu Sulaym pour avoir été leurs partisans. Bien que la présence de ces nomades dû nuire à la prospérité de cette région il prit le parti de les y établir en les installant sur le bord oriental du Nil.

En 1048, Al Muiz devint souverain des sanhaja de Kairouan, ayant reçu son investiture, Il va rompre avec les Fatimides et se déclarât vassal des Abbassides. Quand cette nouvelle parvint au calife de l'Égypte et à ses sectateurs ainsi qu'aux autres partisans de la dynastie Fatimides ils décidèrent de les corriger en leurs envoyant les incontrôlable Hilal et Soulaïm déjà cantonnées dans la Haute-Égypte. Leurs présence répandait la dévastation et nuisait non seulement à la province mais à l'empire.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Athbedj[modifier | modifier le code]

Généalogie des Bani Hilal

Doreïd (ou Dreïd.) Oulad-’Atïa. Oulad-Serour. Djar-Allah. Touba Kerfa (ou Garfa) Beni-Moh’ammed. Beni-Merouane (ou Meraounïa). H’adjelate (Kleïb, Chebib, Sabah’, Serh’ane. Nabele ‘Amour Morra. Abd-Allah (Mihia, Oulad-Zekrir, Oulad- Farès, Oulad-Abd-es-Selam). Beni-Korra Dahhak et Aïad Mehaïa. Oulad-Difel. Beni-Zobeïr. Mortafa. Kharadj. Oulad-Sakher. Rah’ma.

Djochem[modifier | modifier le code]

Acem Mokaddem Djochem Kholt. Soltane (H’areth, Oulad Mota, Klabia). Beni-Djâber Mirdas Daouaouïda (Meçaoud-ben-Soltane, Acer-ben- Solatane). Sinber. Amer (Moussa, Moh’ammed, Djâber). Meslem Ali Fader’ . Dahmane (Menàkcha). Amer Al-Akhdari (Khadr). S’aïd Oulad-Youçof (Mekhàdma, R’oïout, Bohour).


Zoghba
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Malek Souéïd (Chebaba , H’assasna, Flitta, S’béïh’, Modjaher, Djoutha, Oulad-Meïmoun). Bakhis ‘Attaf Dïalem Yezid Oulad-Lahek s’àad (Beni-Madi, Beni-Mansour, Zor’li). Khachna Beni-Moussa Moafâa Djouab Herz Marbâa Haméïane Hocéine Djendel Kharrach (Oulad-Meçaoud, Oulad-Feredj, Oulad-Taref). ‘Amer (‘Amour) Yakoub. H’amid (Beni-Obeïd, Beni-Hidjaz, Meharez). Chafaï (Chekara, Metarref). ‘Oroua En-Nadr (Oulad-Khelifa, Hamakaa, Cherifa, Sahari, Douï-Ziane, Oulad-Slimane). Homeïs (Obéïd-Allah, Fedar’, Yak’dane).

Maqil (& Adi)[modifier | modifier le code]

Sakil Thâaleba. Douï-Obéïd-Allah (Heladj, Kharaj). Moh’ammed Beni-Mokhtar (Doui-Hassane, Chebânate, Rokaïtate). Douï-Mansour (Oulad-bou-l-Hocéïne, Hocéïne, Amrâne, Monebbate).


Soulaïm
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Debbab Oulad-Ah’med. Beni-Yezid. Sobh’a. H’amarna. Khardja. Oulad-Ouchah’ (Mehamid, Djouari, Hariz). Oulad-Slimane. Nouaïl. Slimane. Heïb Chemmakh. Sâlem (Ah’amed, Amaïm, Alaouna, Oulad- Merzoug). Beni-Lebid. Zir’b. Aouf. Mirdas. Allak. Kaoub (Beni-’All, Beni-Abou-el- Leill). Dellab (Troud). Hisn. (Beni-Ali, H’akim). Mohelhel. Riah’-ben-Yah’ïa et H’abih.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Invasion hilalienne en 1048-50

1049 : Ruée vers Barqa et la Tripolitaine[modifier | modifier le code]

Al Mustansir envoya son vizir auprès des Bani Hilal, qui commença par faire des dons peu considérables aux chefs, une fourrure et une pièce d'or à chaque individu, ensuite il les autorisa à passer le Nil en leur adressant ces paroles :

« Je vous offre le Maghreb et l'empire de Al Muiz ibn Badis qui s'est soustrait à l'autorité de son maître, ainsi dorénavant vous ne serez plus dans le besoin »

« قد أعطيتكم المغرب ، و ملك المعز بن بلكين الصنهاجي العبد الآبق فلا تفقرون »

Il écrivit alors au gouvernement du Maghreb une lettre ainsi conçue « Nous enverrons des coursiers rapides. Des hommes intrépides pour accomplir cela, que le destin décide » « أما بعد فقد أنفذنا إليكم خيولاً فحولاً ، و أرسلنا عليها رجالاً كهولاً ليقضي الله أمراً مفعولا »


Ces Arabes animés par l'espoir du butin franchirent le Nil et allèrent occuper la province de Barqa. Ayant pris et saccagé les villes de cette région ils adressèrent à leurs frères qu'ils avaient laissés sur la rive droite du Nil une description attrayante du pays qu'ils venaient d'envahir. Les retardataires s'empressèrent d'acheter la permission de passer le fleuve et comme cette faveur leur coûta une pièce d'or pour chaque individu le gouvernement égyptien obtint non seulement le remboursement des sommes qu'il venait de leur distribuer mais encore bien au-delà.

Ces envahisseurs se partagèrent alors le pays de sorte que la partie orientale en échut aux Soulaïm et la partie occidentale aux Hilal. Ils dévastèrent ensuite Al Madinah Al Hamra[1], Adjedabia, Asmou[2] et Sirt. Les Soulaïm de Haïb se fixa sur le territoire de Barqa avec ses confédérés les Rouaha, les Nacera et les Omeira mais les Diab, les Auf, les Zoghb et toutes les familles hilaliennes se précipitèrent sur l'Ifriqiya comme une nuée de sauterelles abîmant et détruisant tout ce qui se trouvait sur leur passage.

1051 : Entrée en l'Ifriqya[modifier | modifier le code]

Invasion hilalienne en 1051-52

Les Arabes entrèrent en Ifriqiya, Munes ibn Yahia as-Sinbari émir des Riyah fut le premier qui y pénétra. Al Muiz chercha aussitôt à gagner l'appui de ce chef en le faisant venir auprès de lui. Il le déclara son ami et épousa sa fille. Ensuite il lui proposa d'attirer les Arabes des stations éloignées où ils s'étaient arrêtés afin de pouvoir accabler par leur nombre les princes des Hammads qui se tenaient en révolte contre lui dans la partie occidentale de l'empire. Après quelques hésitations Mounès y donna son consentement. Ces nomades se mirent aussitôt à dévaster le pays en proclamant partout l'autorité d'Al Mustansir le calife fatimide. Ils défirent aussi l'armée sanhadjienne et les corps de troupes alliées qu'Al-Muizz avait fait marcher contre eux. Ce prince si rempli d'orgueil fut outré de cet échec. Transporté de colère il arrêta le frère de Mounès qui avait dressé son camp en dehors de Kairouan et envoya demander des secours à son cousin El Caïd Ibn Hammad Ibn Bologhin seigneur de la Qalâa des Beni Hammad. El Caïd leva une troupe de mille cavaliers et la lui envoya. Les Zenata nomades auxquels il avait aussi adressé un appel lui envoyèrent un autre millier tous tirés de la famille d'El Montacer Ibn Khazroun el Maghraoui et commandés par El Montacer lui-même qui était un des chefs les plus puissants de la nation zenatienne.

Al-Muizz se mit alors en marche avec ses alliés, ses partisans, ses domestiques, ses amis et un petit nombre des descendants des anciens conquérants arabes qui habitaient encore son pays. Cette troupe s'accrut ensuite des contingents berbères de sorte qu'Al-Muizz put aller à la rencontre de l'ennemi avec une armée très nombreuse composée dit on d'environ trente mille combattants.

Les tribus arabes de Riyah, Zoghba et Adi se postèrent au midi de Haideran[3] lieu des environs de Gabès. Quant aux anciens conquérants arabes, ils se détachèrent d'Al-Muizz pour passer aux côtés des Hilal alors que les Zenata et les Sanhadja l'abandonnèrent de sorte qu'il dut s'enfuir avec les siens pour se réfugier à Kairouan. Ses trésors ses bagages et ses tentes devinrent la proie des vainqueurs.

Les Arabes vinrent alors bloquer Al Muiz à Kairouan et pendant ce long siège ils portèrent la dévastation dans les campagnes et les villages des alentours. Ils n'épargnèrent même pas les lieux où la vengeance d'Al Muiz s'était déjà fait sentir parce qu'il en avait soupçonné leurs habitants d'être de traitrise.

Les gens de la campagne se réfugièrent à Kairouan, comme les Arabes continuaient à presser le siège et à commettre des ravages épouvantables, les habitants finirent par s'enfuir a Tunis et à Sousse.

1053 : Ruée vers l'Ifriqya[modifier | modifier le code]

Invasion hilalienne en 1053-54

Toute la province de l'Ifriqiya fut pillée et saccagée , les villes d'Obba[4] et de Laribus[5] tombèrent au pouvoir des Arabes. Pendant ce temps les Zoghba et les Rîah se tenaient aux environs de Kairouan. Mounès étant alors venu camper sous les murs de la ville accorda sa protection aux membres de la famille Zîri famille dont Al-Muizz faisait partie et les conduisit à Gabès. Les Arabes s'emparèrent ensuite du pays de Castîlïa[6] et un de leurs chefs Abed Ibn Abi Ghaïth entrepris une expédition contre les Zenata et les Maghraouas et revint avec un fort butin.

1054 : Prise de Tunis[modifier | modifier le code]

Les Arabes se partagèrent les villes de l'Ifriqiya. La tribu de Zoghba s'appropria la ville et la province de Tripoli pendant que la tribu de Mirdas branche de celle des Rîah occupa Béja et les lieux voisins. Un nouveau partage se fit plus tard et la région située au couchant de Gabès devint la propriété des tribus de Rîah, Zoghba, Makil, Djochem, Corra, Athbedj, Cheddad, Kholtet et Sofyan branches de la grande tribu de Hilal. De cette manière l'empire d'Al-Muizz se morcela et lui échappa. Abed Ibn Abi Ghaïth s'empara de Tunis et réduisit les habitants en esclavage pendant qu'Abou Masoud un autre de leurs chefs prit la ville de Annaba par capitulation.

Invasion hilalienne en 1055-56

1057 : Prise de Kairouan et pillage Mahdia[modifier | modifier le code]

En 1057, Al-Muizz ben Badis s'enfuit à Mahdia et livre Kairouan et ses environs au pillage. Les Arabes y pénétrèrent aussitôt après et commencèrent l'œuvre de dévastation pillant les boutiques abattant les édifices publics et saccageant les maisons de sorte qu'ils détruisirent toute la beauté tout l'éclat des monuments de Kairouan. Rien de ce que les princes sanhadjiens avaient laissé dans leurs palais n'échappa à l'avidité de ces brigands tout ce qu'il y avait dans la ville fut emporté ou détruit les habitants se dispersèrent au loin et ainsi fut consommée cette grande catastrophe. Les Arabes marchèrent ensuite contre Mahdia et réduisirent cette ville à la dernière extrémité en lui coupant les communications et les vivres.

Après avoir renversé le pouvoir des Sanhadja les envahisseurs tournèrent leurs armes contre les Zenata et leur enlevèrent tout le pays ouvert. La guerre entre ces deux peuples ne se termina pas de sitôt et un descendant de Mohammed Ibn Khazer qui régnait à Tlemcen plaça un corps de troupes sous les ordres de son vizir Abou Soda Khalîfa el Ifréni et l'envoya combattre les Arabes. Il s'ensuivit une longue série d'hostilités.

À cette époque le commandement des Zenata et des Berbères nomades était partagé entre quatre grandes familles les Ifren, les Maghraouas, les Ouémannou et les Ilouman. Après avoir vaincu les Sanhadja et enlevé aux Zenata les pays ouverts de l'Ifriqiya, les Arabes conquirent encore la province du Zab et ayant subjugué tous les Berbères de cette région ils les accablèrent d impôts et de contributions

Tous ces événements ébranlèrent profondément la prospérité de l'Ifriqiya, la dévastation s'étendit partout et une foule de brigands interceptaient les routes et dépouillaient les voyageurs.

1057: Maîtrise des campagnes[modifier | modifier le code]

Quand Al-Mustansir Billah envoya les Banou Hilal en Ifriqya il investit leurs chefs du commandement des villes et des forteresses de ce pays ainsi que de l'administration des provinces qu'ils allaient conquérir. Ce fut alors qu'il nomma Mounès Ibn Yahya el Mirdassi gouverneur de Kairouan et de Bèja, 'Hacen lbn Serhan 'gouverneur de Constantine et rendit la tribu de Zoghba maîtresse de Tripoli et de Gabès. Ces Arabes, ayant enlevé au peuple sanhadjien toutes ses villes, établirent leur autorité sur les lieux que le khalife leur avait assignés et firent subir sans relâche à leurs nouveaux sujets toute espèce de vexations et de tyrannie. En effet les Hilaliens n'ont jamais eu un chef capable de les diriger et de les contenir. Expulsés bientôt auprès des grandes villes dont ils avaient poussé à bout les habitants par leur insolence et leur injustice. Ils allèrent s'emparer des campagnes et là ils ont continué à opprimer les populations, à piller les voyageurs et à tourmenter le pays par leur esprit de rapine et de brigandage.

Quand la tribu de Banou Hilal eut vaincu les Sanhadja, une nation voisine les Zenata s'apprêta à lui faire une vigoureuse résistance. Les Zenata, peuple que ses habitudes nomades avaient rendu très belliqueux, se mirent en marche de l'Ifriqya et du Maghreb central pour repousser les Arabes. Le prince de la famille Khazer qui régnait à Tlemcen fit partir son général Abou Soda el Ifreni chargé de combattre les Banou Hilal, Abou Soda leur livra plusieurs batailles mais il perdit enfin la vie dans la province du Zab. La tribu des Banou Hilal se rendit alors maîtresse de tout le pays ouvert. Les Zenata ne purent plus leur résister ni dans l'Ifriqya ni dans le Zab et dorénavant le Mont Rached (le Djebel Amour) et le pays du Mozab dans le Maghreb central formèrent la ligne de séparation entre les deux peuples.

Restée victorieuse la tribu des Banou Hilal cessa de se livrer à la guerre et les Sanhadja purent conclure la paix avec elle mais sous la dure condition de lui céder les campagnes et de ne garder pour eux que les villes.

1146-1163 : le début de la fin[modifier | modifier le code]

Ennacer Ibn Alennas prince de la Kalâa des Beni Hammad réunit des troupes pour soutenir les Athbedj et El Moëzz Ibn Zîri de la tribu de Maghraouas et souverain de Fèz vint se joindre à lui avec les Zenata. Ils prirent position à Laribus et ensuite ils eurent une rencontre avec les Rîah et les Zoghba à Sbiba. Dans ce combat El Moezz Ibn Zîri abandonna son allié cédant à ce qu'on prétend aux inspirations de Temîm Ibn el Moëzz lbn Badîs prince de Kairouan. Cette trahison entraîna la défaite d'Ibn Alennas qui dut abandonner aux Arabes et aux Zenata ses trésors et son camp après avoir perdu son frère El Kacem dans la mêlée. Il se réfugia à Constantine vivement poursuivi par la tribu de Hilal et plus tard il atteignit la Kalâa des Beni Hammad où il se vit bientôt bloqué par l'ennemi. Les assiégeants après avoir dévasté les jardins et coupé tous les bois qui entouraient la place allèrent insulter les autres villes de la province. Ayant mis en ruine celles de Tobna et de M'sila dont ils avaient chassé les habitants ils se jetèrent sur les caravansérails, les villages, les fermes et les villes abattant tout à ras de terre et changeant ces lieux en une vaste solitude après en avoir comblé les puits et coupé les arbres.

De cette manière ils répandirent la désolation partout et ayant forcé les Sanhadja princes de l'Ifrîqya et du Maghreb ainsi que leurs administrateurs dans les provinces à s'enfermer dans les grandes villes ils leur enlevèrent peu à peu les territoires qui leur restaient.

Toujours guettant les moments favorables pour les surprendre ils leur firent acheter par un tribut la permission de se servir de leurs propres terres. Fidèles à leurs habitudes destructives les Arabes ne cessèrent de se livrer à toute espèce de brigandage au point qu ils forcèrent Ennacer d'abandonner la Kalâa et de se transporter avec ses trésors à Béjaïa ville qu il avait bâtie sur le bord de la mer pour y établir sa résidence. El Mansour son fils et successeur fit aussi sa demeure à Béjaïa afin de se soustraire à l'oppression et aux brigandages que les Banou Hilal exerçait dans les plaines; les montagnes de Béjaïa étant d'un accès fort difficile et les chemins étant impraticables pour des chameaux mettaient son territoire à l'abri de toute insulte. Tant que la dynastie des Sanhadja conserva le pouvoir elle reconnut aux Athbedj le droit d'exercer le commandement sur les autres Arabes mais quand elle cessa de régner la tribu qu'elle avait ainsi favorisée perdit toute son autorité et se désorganisa.

Les Almohades subjuguèrent les royaumes de l'Afrique septentrionale et plus tard leur cheikh Abd el Moumen entreprit une expédition en Ifriqya. Arrivé à Alger il reçut la visite de deux chefs de ces Arabes nomades l'un était Abou al Khalîl Ibn Keslan émir de la tribu d'Athbedj et l'autre Habbas Ibn Mocheifer personnage notable de la tribu de Djochem. Il leur fit un excellent accueil et les ayant nommés au commandement de leurs tribus respectives il reprit sa marche et s'empara de Béjaïa en l'an 1163.

1164-1185 : Soumission, révolte et scission[modifier | modifier le code]

Les Hilaliens se révoltèrent contre les Almohades et embrassèrent le parti des Sanhadja. S'étant placés sous les ordres de l'émir des Rîah Mahrez Ibn Zîad membre de la famille Fadegh branche de la tribu des Beni Ali fraction des Rîah, ils rencontrèrent à Sètîf les troupes almohades qui s'avançaient contre eux sous la conduite d'Abd Allah un des fils d'Abd el Moumen. Décidés à vaincre ou à mourir ils coupèrent les jarrets de leurs montures pour s'ôter leur seul moyen de fuite et pendant trois jours ils se tinrent de pied ferme au milieu d'un champ de carnage. Le quatrième jour ils reculèrent en désordre après avoir essuyé des pertes énormes. Leurs troupeaux leurs femmes et leurs chefs les plus distingués tombèrent au pouvoir des vainqueurs. Une fuite précipitée put seule soustraire les débris de l'armée arabe à une poursuite qui ne s'arrêta qu à la plaine de Tebessa.

Cette rude leçon leur inspira des sentiments plus sages et ils s'empressèrent de reconnaître l'autorité des Almohades et d'adopter la cause de ce peuple en partisans dévoués Abd el Moumen leur rendit alors les prisonniers qu'on leur avait faits et depuis lors les Arabes continuèrent à servir fidèlement la dynastie almohade. Ils lui fournirent même des troupes pour l'aider à faire la guerre sainte en Espagne.

Les appels qu'Abd el Moumen leur adressait pour les excitera cet acte de religion étaient quelquefois rédigés en vers. Ils combattirent en Espagne sous Abd el Moumen et sous son fils Youçof jusqu'à l'an 1185, ils demeurèrent fidèles à cette famille Yacoub el Mansour fils de Youçof venait de monter sur le trône quand les fils de Ghanîa émirs de Maïorque et membres de la tribu almoravide des Messoufa traversèrent la mer avec une flotte et surprirent la ville de Béjaïa. Les tribus hilaliennes de Djochem et de Rîah ainsi que tous les Athbedj se déclarèrent les adversaires des Almohades, mais la tribu de Zoghba se joignit aux troupes que le gouvernement almohade envoya en Ifrîkïa pour étouffer l'insurrection.

Les fils de Ghanîa se rendirent à Gabès avec toute la tribu de Djochem et toute celle de Rîah. Arrivés là ils rallièrent autour d'eux les débris de leur peuple, les Messoufa ainsi que leurs frères de la tribu de Lemtouna accoururent de l'extrémité du pays et proclamèrent la suprématie des Abbassides principe que les émirs de la famille de Tachefin avaient toujours soutenu dans le Maghreb et propagé chez tous les peuples et dans tous les royaumes qui reconnaissaient leur autorité. Installés à Gabès les fils de Ghanîa firent demander au khalife Al Mostancer le renouvellement de l'acte qui assurait à leurs aïeux le droit de régner sur le Maghreb. Leur secrétaire Abd el Berr Ibn Ferçan se rendit à la cour de Baghdad et obtint pour Ibn Ghanîa la reconnaissance de son autorité et l'autorisation de faire la guerre aux Almohades.

Ali Ibn Ghanîa ayant réuni sous ses drapeaux toutes les branches de la tribu de Souleim Ibn Mansour et se trouvant appuyé par Caracoch l'arménien et par un corps très nombreux d'Almoravides d'Arabes et de Ghozzi se rendit maître de la campagne et soumit Gafsa, Tozeur, Nefta et les autres villes du Djerîd. El Mansour marcha contre lui et partit de Maroc traînant à sa suite les populations du Maghreb. Son armée renfermait des troupes zenatiennes et masmoudiennes celles de la tribu de Zoghba et la grande majorité de la tribu d El Athbedj. Son avant-garde ayant été écrasée par Ibn Ghanîa dans la plaine d'Omra aux environs de Gafsa il sortit lui-même de Tunis pour aller à la rencontre des insurgés.

Les ayant mis en déroute il les refoula dans le désert de Barqa et leur enleva le pays de Castîlïa ainsi que les villes de Gabès et de Gafsa.

Les tribus de Djochem et de Rîah s'étant alors empressées de faire leur soumission il les déporta dans le Maghreb el Acsa où il établit la première dans la province de Temsna et la seconde dans le canton d'El Hebet et dans les régions maritimes d'Az ghar province située entre Tanger et Salé.

Depuis la défaite des Zenata par la tribu de Hilal, le Mozab, territoire situé entre le Désert de l'Ifrikïa et celui du Maghreb central devint un pays limitrophe servant à séparer ces deux peuples. On y voit encore plusieurs bourgades érigées par les Zenata et dont chacune porte le nom de la famille qui l'avait fondée portion des Zenata appelée les Beni Badîn et qui se composa des Beni Abd el Ouad des Toudjîn des Mozab des Beni Zerdal et des Beni Rached se montra partisan dévoué des Almohades dès le commencement de leur puissance. Les Beni Badîn s'étaient beaucoup plus rapprochés de cette dynastie que leurs rivaux.

les Beni Merîn dans le Maghreb central ils possédaient une plus grande étendue des plateaux et du littoral qu'aucune autre section des Zenata et dans leurs courses d'été ils y pénétraient plus avant qu'il n aurait été permis à aucune autre tribu nomade de le faire bien plus ils formaient une partie de l'armée almohade et du corps de troupes chargé de protéger les frontières de cet empire.

1200 : Les alliances[modifier | modifier le code]

Ils étaient sous les ordres du prince du sang gouverneur de Tlemcen. Ce fut chez ce peuple que les Zoghba allèrent s'établir quand on obligea leurs frères les Djochem et les Rîah à se transporter dans le Maghreb el Acsa. Cette tribu passa alors dans le Mozab et le Djebel Rached localités situées au sud du Maghreb central elle qui auparavant avait obtenu en partage les villes de Gabès et de Tripoli elle qui avait soutenu des guerres contre les Beni Khazroun souverains de Tripoli et tué Saîd Ibn Khazroun un des princes de cette famille.

Ainsi la révolte suscitée par Ibn Ghanîa et la préférence que les Zoghba montrèrent en cette occasion pour la dynastie almohade eureut pour leur établissement dans cette région Ils formèrent alors une confédération avec les Beni Badîn deux peuples s'obligèrent par serment à vivre en bons voisins à se prêter mutuellement secours pour la défense de leur territoire qui était toujours exposé aux attaques de leurs ennemis.

Leur alliance s'étant ainsi opérée par un contrat formel et l'influence du voisinage les Zoghba s'établirent dans le Désert les Beni Badîn sur les plateaux et dans les plaines du Maghreb. Plus tard Masoud Ibn Soltan Ibn Zemam émir des Rîahs s'évada d'El Hebet avec une portion de la tribu qui avait été en Maghreb. Après s'être arrêté chez les Zoghba et les Debbab branches de la tribu de Souleim, il alla avec ses Rîah au secour de Caracoch et assista sous ses ordres à la prise de Tripoli où il mourut.

Le commandement de sa tribu passa alors à son fils Mohammed Abou Mohammed Abd el Ouahed le hafside ayant établi son indépendance en Ifrîkïa marcha contre Yahya Ibn Ghanîa el Maïorki et le défit à El Hamma. Cette bataille coûta la vie un grand nombre de partisans d'Ibn Ghanîa et la liberté à plusieurs parents de Mohammed fils de Masoud. Dans le nombre prisonniers se trouvèrent son fils Abd Allah son cousin Haracat Ibn es Cheikh Ibn Açaker Ibn Soltan et le grand de la tribu de Corra. Abd el Ouahed leur fit trancher la tète tous et Yahya Ibn Ghanîa s'enfuit dans le Désert.

Personnages les plus célèbres[modifier | modifier le code]

  • Hacen Ibn Serhan son frère Bedr Ibn Serhan et Fadl Ibn Nahed ces trois guerriers tiraient leur origine de Doreid un descendant d'Athbedj
  • Madi lbn Mocreb de la tribu de Corra
  • Salama Ibn Rizc de la famille de Kethîr branche de Kerfa tribu qui forme une subdivision de la grande tribu des Athbedj
  • Chebana Ibn Ohaïmer son frère Solaïcel que l'on dit appartenir aux Beni Atïa branche des Kerfa Dîab Ibn Ghanem de la tribu de Thaur
  • Mounès Ibn Yahya que l'on fait descendre de Mirdas c'est-à-dire Mirdas de la tribu de Rîah personnage qu il ne faut pas confondre avec Mirdas de la tribu de Souleim En effet il appartenait aux Sinber famille de la tribu de Mirdas le rîahide
  • Zeid Ibn Zîdan de la tribu de Dahhak
  • Tholeïdjan Ibn Abes de celle de Himyer
  • Zeid el Addjadj Ibn Fadel que l'on dit être mort avant l'arrivée de sa tribu en Ifrikia
  • Farès lbn Abi Ghaïth son frère Abed
  • El Fadl Ibn Abi Ali chefs que leurs historiens font descendre de Mirdas c'est-à-dire Mirdas le rîahide
  • Dîab Ibn Ghanem leur servit d éclaireur lors de l'invasion de l'Ifriqiya et pour cette raison ils lui avaient donné le surnom d'Abou Moukheiber ( homme aux renseignements )

Tous les personnages sont mentionnés dans les poèmes de ces Arabes

La Geste Hilalienne[modifier | modifier le code]

Edward Lane écrit en 1836 que dans la seule ville du Caire se rencontre une cinquantaine de poètes musiciens (Ab-Zidyya) ayant pour répertoire unique la geste hilalienne[7]. La migration des tribus de Bani-Hilal a conservé chez les hilaliens et leurs progénitures des récits fort étranges au sujet de leur entrée en Afrique du Nord. L'ensemble de ces récits est depuis transmis par la tradition orale, des versions ou alternent prose et poésie sont recueillies en Arabie, au Soudan, en Libye, en Algérie, au Maroc, au Tchad[8]. La multiplicité des récits se transforme, en dépit des écarts par rapport à certaines réalités historiques, en un geste populaire qui porte le nom de Sira (biographie) projetant un idéal moral, atemporel et mythique sur ces hommes du passé[9].

La Geste (Sira) Hilalienne est répartie en trois cycles principaux. Les deux premiers rassemblent les événements qui se déroulent en Arabie et dans divers pays de l'Orient; la troisième, appelé Taghriba (marche vers ouest), relate la migration des Banu Hilal vers l’Afrique du nord. Les récits et les enregistrements que le poète folklorique Abdel Rahman el-Abnudi a recueillis auprès de bardes de la Haute-Égypte[10].

Il existe trois formes de récits de la geste hilienne : le poème classique entrecoupé de passages en prose rimée, le mawwal chanté et enfin le récit poétique libre[10].

Notes, Références et Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Actuellement El Merdj en Libye
  2. Ville en Libye actuellement disparue.
  3. Haidehan : colline située au NO de Gabès à la distance de trois ou quatre lieues
  4. Actuel Dahmani, anciennement appelée Ebba-Ksour ou Obba-Ksour
  5. Ville prés de l'actuel Le Kef
  6. Actuelle région de Tozeur, Nefta, Takïous, El Hamma du Jérid,Temouda et le Djebel-Hooura
  7. Lane Edward William, An Account of the manners and costums of modern Egyptians, London 1836.
  8. GALLEY et AYOUB, Histoire des Béni Hillal, Armand Collin, Paris, p. 23.
  9. LAGRANGE, Musiques d’Égypte, Actes Sud, Paris, 1996, p. 37.
  10. a et b Musique et spectacle: Le théâtre lyrique arabe - Esquisse d'un itinéraire... Par Mohamed Garfi, p. 38.

Liens externes[modifier | modifier le code]