Cirta

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36° 22′ 03″ N 6° 36′ 43″ E / 36.3675, 6.61194

Localisation de Cirta dans l'Afrique romaine

Cirta fut capitale du royaume de Numidie, puis romaine pour laisser place à la ville actuelle de Constantine dans l'Algérie actuelle. Cirta au temps de Massinissa prend une importance stratégique de par sa position géographique.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Cirta proviendrait, selon une première hypothèse, du phénicien QRTN, prononcé Kirta et signifiant « ville », dont la prononciation a depuis dérivé vers Sirta ; cependant, cette hypothèse est contestée, en raison de la difficulté de relier le K de Cirta au q punique. Une autre hypothèse présume une origine berbère du nom[1], peut être vient-il de « tissirt » (meule) vu l'abondance de la culture du blé dans la région.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte de la Numidie en rose
Maurétanie Tingitane (à l'ouest), Maurétanie Césarienne (au centre), et Numidie (à l'est)

Cirta était toujours une cité capitale des rois massyles, son site choisi pour être l’endroit préféré pour construire une capitale royale bien fortifiée.

Cirta fut, dès le IIIe siècle av. J.-C., la capitale orientale du royaume massyle. Après la mort du roi Gaïa, son rival Syphax s'en empara avec l'appui des Carthaginois. Il y régna aux côtés de son épouse, Sophonisbe, jusqu'en 203 av. J.-C., date à laquelle il fut vaincu par l'armée romaine de Scipion l'Africain et capturé par Massinissa, le fils de Gaïa. Ce dernier en fit sa capitale, et Cirta fut embellie par les souverains Numides qui s’y succédèrent.

La victoire de César à Thapsus en février 46 av. J.-C. fut déterminante : la Numidie est annexée et Cirta est léguée au « condottiere » campanien Publius Sittius, en reconnaissance de son appui décisif. Avec Rusicade (Skikda), Chullu (Collo) et Milève (Mila), Cirta forme une principauté autonome : la Colonia Cirta Sittianorum.

Incorporée à l'Afrique nouvelle (Africa Nova), elle devient la Colonia Iulia Cirta Iuvenalis Honos Virtus.

Au IIe siècle, la cité de Cirta eut un statut atypique : une confédération de cités et de villes moyennes est regroupée autour d’elle pour former la Respublica IV coloniarum cirtensium.

Cirta conservait le trésor commun et gérait les autres villes par l’entremise de préfets.

Après la réforme dioclétiennne, la confédération cesse d’être active et la ville conserve sa prééminence en devenant capitale de la Numidie du Nord (Numidie Cirtéenne).

Détruite au début de IVe siècle, Cirta est reconstruite par Constantin Ier qui en fera la capitale de la Numidie sous le nom de Civitas Constantina Cirtensium.

Sous les Romains, Cirta prend le nom de Cirta Régina et abrite la résidence du gouverneur de la province, le dux. Le site particulièrement bien défendu sur trois côtés par les gorges du Rhummel, a été continuellement habité depuis l’Antiquité.

Elle fut le lieu d'un concile en 412.

La ville de Constantine est bâtie sur ce même site, ce qui explique le peu de vestiges puniques et numides laissés par cette cité par rapport à d’autres sites algériens.

Personnalités originaires de Cirta[modifier | modifier le code]

Citation[modifier | modifier le code]

Massinissa (Massinisse) dans La Carthaginoise d'Antoine de Montchrestien, v. 501-502 :

Ma Cirta est reconquise, et sur ses hauts Remparts

Flotent legers au vent mes vainqueurs estendarts ;

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • AGGOUN (M.L.), Réfutation des thèses historicistes et affirmation des origines numides de la confédération cirtéenne, in revue des sciences humaines http://umc.edu.dz/revue/index.php/component/attachments/download/93 n°30,décembre 2008,volume B pp.57-67.
  • Benseddik (Nacéra), « Lueurs cirtéennes », Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik, CLIII, 2005, pp. 249-260.
  • Berthier (André), Juillet (Jacques) et Charlier (René), « Le Bellum Jugurthinum de Salluste et le problème de Cirta », Recueil de la Société d'Archéologie de Constantine, LXVII, 1950, pp. 1-104 (appendices, pp. 107-137).
  • Bertrandy (François), « La région de Constantine (Cirta) en Algérie (Ier s. av. J.-C. - Ier s. ap. J.-C.) », L'Information historique, LII, 1990, pp. 69-73.
  • Bertrandy (François), « Une dépendance de la Confédération cirtéenne, le castellum Zugal », Latomus, LI, 1992, pp. 101-109.
  • Beschaouch (Azedine), « Le territoire de Sicca Veneria (El-Kef), nouvelle Cirta, en Numidie proconsulaire (Tunisie) », Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, CXXV-1, 1981. pp. 105-122.
  • Briand-Ponsart (Claude), « Les relations de Cirta et de la Confédération cirtéenne avec le pouvoir pendant le Haut-Empire », Cahiers du Centre Gustave Glotz, XVII, 2006, pp. 105-122.
  • Duval (Yvette), « Le gouverneur de Numidie en sa capitale : Le lieu et les acteurs du procès de l'évêque de Cirta en 320 », Antiquité tardive. Revue internationale d'histoire et d'archéologie (IVe-VIIIe s.), VI, 1998, pp. 193-207.
  • Gascou (Jacques), « Pagus et Castellum dans la Confédération cirtéenne », Antiquités africaines, XIX, 1983, pp. 175-207.
  • Gascou (Jacques), « Les Magistratures de la Confédération cirtéenne », Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, XVII, 1984, pp. 323-335.
  • Gascou (Jacques), « Sur le statut de quelques villes de Numidie et de Maurétanie Césarienne », Antiquités africaines, XL-XLI, 2004-2005, pp. 259-267.
  • Heurgon (Jacques), « Les origines campaniennes de la Confédération cirtéenne », Lybica, V, 1957, pp. 7-24.
  • Mommsen (Theodor), « Die Stadtverfassung Cirtas und der cirtensichen Kolonien », Hermes, I, 1866, p. 50.
  • Navarro (Francisco Javier), « P. Stertinius Quartus, governatore di Numidia ? », Epigraphica, LXI, 1999, pp. 67-79.
  • Seghiri (Ahmed), « La mosaïque du Retour de la Chasse découverte à Constantine », Les Cahiers de Tunisie. Revue de sciences humaines, 182, 2002, pp. 11-22.
  • Smadja (Elisabeth), « Note sur une monnaie de Cirta », Dialogues d'histoire ancienne, V, 1979, pp. 279-281.
  • Veyne (Paul), « Contributio : Bénévent, Capone, Cirta », Latomus, XVIII, 1959, pp. 568-592.
  • Inscriptions latines de l'Algérie, Tome II : Inscriptions de la confédération cirtéenne, de Cuicul et de la tribu des Suburbures, Paris, éd. Champions, 1957, II-373 p.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Mohand Akli Haddadou, Glossaire des termes employés dans la toponymie algérienne, Alger, ENAG Éditions,‎ 2011 (ISBN 9789931000402), p. 247.
  2. Numide selon Anthony R. Birley, Septimius Severus, the African Emperor p109, Ed. Routledge, ISBN 0-415-16591-1

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]