Drâa

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28° 40′ 54″ N 11° 07′ 13″ O / 28.6817, -11.1203 ()

Drâa / Derɛa / ⴷⴻⵔⵄⴰ / درعا
Le Drâa.
Le Drâa.
Caractéristiques
Longueur 1 100 km
Bassin 29 500 km2
Débit moyen ?
Cours
Source confluence Dadès et Imini
· Localisation Haut Atlas
Embouchure l’océan Atlantique
· Localisation 27 km au nord de Tan-Tan
· Altitude 0 m
· Coordonnées 28° 40′ 56″ N 11° 04′ 17″ O / 28.68222, -11.07139 (Embouchure - Drâa / Derɛa / ⴷⴻⵔⵄⴰ / درعا)  
Géographie
Pays traversés Drapeau du Maroc Maroc

Le Drâa (ou Oued Drâa, ou encore Dra; en berbère: Derɛa, ⴷⴻⵔⵄⴰ, en arabe : واد درعة) est le plus long fleuve du Maroc avec 1100 kilomètres.

Il se forme par la réunion des rivières Dadès et Imini dans les montagnes du Haut Atlas, au niveau du Massif de Tizi-N'Tichka à l'est du Jbel Toubkal et du Massif du M'Goun, à des altitudes variant de 3 000 à 4 000 m, jusqu’à se jeter dans l’océan Atlantique à Foum Draa au nord de la ville de Tan-Tan et au sud de Guelmim. C'est le système hydrographique le plus long du Maroc ; il est cependant à sec avant de rejoindre la côte pendant la plus grande partie de l’année mais il ne devient véritablement visible que 50 km avant son embouchure.

Les eaux du Drâa sont utilisées pour irriguer des palmeraies ainsi que différentes cultures.

La vallée du Drâa est remarquable pour ses ksour et kasbah en terre (en pisé).

Géographie[modifier | modifier le code]

La vallée du Drâa

Le fleuve Drâa au sud et les fleuves Souss et oued Massa au nord sont les limites de la région de Souss-Massa-Drâa.

Histoire[modifier | modifier le code]

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Le Drâa est connu depuis les Romains qui l'appelaient Darat. Scipion Émilien, commandant en Afrique, confia à l’historien Polybe une flotte pour explorer les côtes marocaines ; celui-ci raconte y avoir vu des crocodiles[1].

La population primitive du bassin du Draa central et méridional a dû être exclusivement négroïde, du groupe Biafan, lesquels ont dû se sédentariser et développer la culture du dattier et la céréaliculture lorsque l'aridité des bassins sahariens a rendu impossible l'élevage bovin et le nomadisme de type sahélien (cf les peuls).

Les trois parties du bassin sont incluses dans ce que le géographe Marmol y Carvajal nomme la "Numidie" qu'il distingue clairement de la "Barbarie".

La population négroïde ex-saharienne se retrouve également dans certaines oasis du Sahara, au Tafilalet, et sur le banc d'Arguin en Mauritanie.

Elle a dû connaître au cours de l'âge du fer une constante colonisation, notamment en milieu nomade et dans les oasis d'altitude d'éléments "amazigh", Gétules, Autololes, Sanégues qui lui ont donné sa langue berbérophone actuelle et sa composante raciale blanche.

Mais les zones situées au sud de l'Anti-atlas et du Saghro seraient restées exclusivement négroïdes jusqu'aux invasions arabes du XIIIe-XIVe siècle.

À l'aube de l'Islam, l'État du bassin central du Draa se structure, et des tombes royales ont été découvertes, attestant du type négroïde des émirs locaux.

Draa avait une cité du même nom qui a dû devenir très importante à l'aune du développement caravanier au haut-Moyen Âge (VIIe-Xe siècle), sans doute au lieu-dit Zagora en raison du Jbal Zaggûr (la "montagne pyramide") qui indiquait tel un phare le chemin aux caravanes venant du Ouarzazate au nord, comme à celles venant de l'oasis du Mhamid au sud; elle bouclait ainsi le petit défilé entre deux chaînes continues perpendiculaires au cours du fleuve.

Aux Xe et XIe siècles, la cité de "Draa" est florissante et Al-Bakri en fait une description élogieuse; elle devient le territoire d'accueil des Murabitûn Sanhaja, les "coalisés", les "gens du Ribat", connus sous le nom d'Almoravides, en provenance du Sahara méridional.

Le pays du Draa est soumis superficiellement vers 1300 à la tribu Zénète des mérinides qui contrôlent Fès, Marrakech, et bientôt Sijilmassa; il devient ensuite le foyer de la Zaouia des Chérifs Saadiens et le terroir qui voit naître leur fameuse guerre sainte contre l'invasion portugaise, dans les années 1515-1545.

Entre temps des éléments arabes issus des confédérations Hassân et Ma'qîl s'installent dans les déserts et autour des ksour du Draa méridional.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le pays retrouve une relative indépendance, bien que ses despotes continuent vers 1650-1730 et 1750-1790 à payer l'obole aux sultans chérifiens de Fès, la cité de Draa-Zagora est ruinée par les Berâber qui occupent le Saghro et domestiquent dès lors une partie des terres du pays de Tafilalet et du pays de Draa (ils détruisent également Sijilmassa[réf. nécessaire]).

Au XIXe siècle, les 8 districts du Draa connaissent 8 régimes totalement indépendants et divers les uns des autres.

Charles de Foucauld, en 1883, nous en donne une description précise,

Au nord se trouve l'État Despotique du Mazgita, un véritable émirat absolu berbérophone, dirigé par une famille de blancs dans la Qasba de Tamnougalt.

Suit le pays des amazighophones blancs Aït Seddrât, nomades sédentarisés depuis des siècles[Quand ?], mais qui gardent un lien très fort avec la composante nomade du Saghro, et leurs contribules situés au nord de ce massif, au pied et dans les vallées de l'Atlas, en amont du Dadès; ils élisaient chaque année leur "Cheikh de l'année", un pour la rive nord du Saghro, un pour la rive sud.

Suit le pays des arabes Oulad Jri, tribu appartenant au groupe de Oulad Yahya (ex-Ma'qîl), nomades du Banî et de l'Anti-Atlas oriental, parlant un dialecte de hassanya.
Cet élément arabe sédentarisé a, comme ses voisins du nord, absorbé la population autochtone, qui est soit marginalisée dans les ksour arabes, et arabisée, soit fondue dans la population, soit soumise à des relations de patronage, comme les juifs amazighs autochtones, par contre, comme les Aït Seddrât, ils sont organisés par villages (qsars), de manière démocratique; même si eux n'ont pas de réunion annuelle de toutes les fractions.

Le pays des Oulad Jri est contigu avec le pays du Tinzouline, dont la qasba a donné le nom au caïdat actuel. Il est dirigé par un pouvoir despotique d'arabes issus de la famille Oulad Uthmân, de la tribu Oulad Jri. Mais les arabes sont ici un élément marginal, dominateur, et les qsar sont essentiellement peuplés d'autochtones, berbérophones pour la plupart, qui sont soumis à ce deuxième petit émirat despotique.

Vient ensuite, après le défilé de l'Azlag, au pied du Bou-Zeroual, le pays de Ternata, dominé par des éléments Oulad Yahya sédentarisés, des Murabits berbérophones et quelques qsars autochtones indépendants, mais surtout par la tribu arabe des Rouha, qui sont issus des oasis, et n'ont aucun lien avec les nomades. Les noirs autochtones amazighophones sont ici aussi absorbés dans la population arabophone dominante, et n'ont que très peu leur voix au chapitre.

Au sud du défilé où se trouvait l'antique Draa, la moderne Zagora, on trouve le pays du Fezwatta, pays libre de noirs autochtones, de toute domination sédentaire, dont chaque village fortifié a une relation de patronage avec un clan ou une fraction de la nébuleuse Ait Atta, tribu de la confédération des Berâber, qui domine peu ou prou 75 % du Saghro, les environs du Tafilalet, du Ferkla et du Todgha et une partie du désert entre Draa et Tafilalet. La Zaouia de Tamegroute y fut longtemps très réputée, pour son université et son traitement des maladies mentales, et ce depuis l'aube du XVIIIe siècle, elle a abrité de nombreux manuscritss en langue berbère (et en caractères arabes).

Au sud d'une montagne abrupte et effilée, le Jbel Bani, se trouve le pays arabophone du Ktawa, peuplé de tribus de langue hassanya 'Arîb, de membres des Chorfa, (liés de près ou de loin aux Saadiens), mais aussi de Draoua arabisés et autonomes, et d'autres tribus arabes diverses.

Finalement, au sud d'une autre ligne montagneuse, on entre dans le désert total, le pays de Mhamid, ici, les arabes nomades ('arîb) sont les maîtres, les juifs et les murabits berbérophones ont été arabisés et constituent l'essentiel de la population.

Avec l'invasion française des régions côtières et des déserts orientaux, puis le siège de Fès, la signature du protectorat donne mandats aux français de "restaurer" le Makhzen sultanien des empereurs chérifiens de Fès dans "tout leur empire".

L'armée française entame donc la "pacification du Draa", en se servant du Qâ'id des Glaoui, titre makhzénien, devenu de facto héréditaire, et la famille caïdale s'empare progressivement du Ouarzazate en 1919, et à partir de 1921, prend le contrôle du Mezguita, et étend son influence par effet de domino aux 8 autres districts.

La guerre des qsar, continuelle depuis des siècle, s'intensifie, les noirs et les arabes du Ternata se répartissent les villages, de nombreux berbérophones issus du nord de l'Anti-atlas ou du Souss colonisent la région.

Les blessures de ces transformations ethniques sont toujours ouvertes.

L'année 1972 a vu la construction du barrage El Mansour Eddahbi non loin de Ouarzazate. Depuis cette date les crues limoneuses du Drâa font partie du passé et le fleuve a parfois du mal à atteindre l'océan, des dunes obstruant de temps à autre son embouchure.

Les habitants de la région sont appelés Draoua, (sg. Draoui), aujourd'hui le terme est galvaudé, puisqu'il désigne les autochtones, les populations négroïdes, et a donc une forte connotation raciste.

Les trois sections du Draa[modifier | modifier le code]

Une casbah dans la vallée du Drâa
  • Le Drâa moyen : à partir de Ouarzazate, ses affluents s'unissent en un seul bras qui traverse les sols très durs de l'Anti-Atlas, formant une succession de gorges et de dépressions, appelées feïjas, où se trouvent les oasis ; puis c'est la superbe vallée du Drâa, où la route N9 longe les îlots de verdure sur 92 km de Agdz à Zagora, puis 108 km de Zagora à Mhamid.
  • Le bas Drâa : est la partie la plus longue et la plus aride, car éloignée des cimes enneigées du Haut-Atlas. Ce tronçon est un véritable oued, son écoulement dépend des perturbations climatiques saisonnières ; avec un fort débit et des crues en hiver, et un débit nul en été où la demande en eau est importante et capitale pour l'agriculture et l'élevage.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]