Timgad

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Timgad *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Vestiges de l'antique Thamugadi.
Vestiges de l'antique Thamugadi.
Coordonnées 35° 29′ 05″ N 6° 28′ 07″ E / 35.484829, 6.46871635° 29′ 05″ Nord 6° 28′ 07″ Est / 35.484829, 6.468716  
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Subdivision Daïra de Timgad, Wilaya de Batna
Type Culturel
Critères (ii) (iii) (iv)
Superficie 3,5 ha
Numéro
d’identification
194
Zone géographique États arabes **
Année d’inscription 1982 (6e session)
Plan de Timgad
Plan de Timgad
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Timgad est une cité antique située sur le territoire de la commune éponyme de Timgad, dans la wilaya de Batna dans les Aurès, au nord-est de l'Algérie, surtout connue pour les vestiges de la ville romaine de Thamugadi à côté de laquelle elle a été fondée. C'est un site archéologique de premier plan. La ville romaine, qui portait le nom de Thamugadi (colonia Marciana Traiana Thamugadi) dans l'Antiquité, a été fondée par l'empereur Trajan en 100 et dotée du statut de colonie. Il s'agit de la dernière colonie de déduction en Afrique romaine. Bâtie avec ses temples, ses thermes, son forum et son grand théâtre, la ville, initialement d'une superficie de 12 hectares, finit par en occuper plus d'une cinquantaine. La ville, au vu de son état de conservation et du fait qu'on la considérait comme typique de la ville romaine, a été classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO en 1982. La conservation du site soulève cependant un certain nombre de problèmes.

Historique de la ville[modifier | modifier le code]

Le site aux origines de la ville[modifier | modifier le code]

Le nom de Thamugadi « n'a rien de latin »[1]. Selon l'ethnologue Jacques Hureiki, Timgad pourrait signifier en berbère la populeuse et la fortunée. Nom qui serait à rapprocher selon lui de Tamâghès une divinité anté-islamique attestée chez les Touaregs du Hoggar qui pourrait correspondre à d'anciens personnages historiques[2]. On a pu aussi avancer que Timgad, du singulier Tamgut, est une appellation berbère signifiant « sommet »[3]. On ne peut cependant savoir si un habitat préexistait à la colonie romaine ou s'il ne s'agissait que d'un nom de lieu. Timgad était située à 21 km de Lambèse sur la voie allant vers Tebessa dans une haute plaine étroite s'étirant entre l'Aurès et le djebel Bou Arif. Il s'agit donc d'un site avantageux qui contrôle aussi les voies d'accès à l'Aurès par les vallées de l'oued el-Abdi et de l'oued el-Abiod[4]. La ville est installée sur une pente inclinée du sud au nord entre 1 080 m et 1 040 m d'altitude. Le plateau est fertile et bien arrosé. Il est traversé par l'oued Soutse et l'oued Taga qui confluent au nord de la ville. Timgad était aussi alimenté en eau par la source de l'Aïn Morris à trois kilomètres au sud et peut-être aussi par la source de l'Aïn Cherchar à 11 km au sud-est[5]. Aux yeux des Romains la région doit alors faire partie de la Gétulie[6].

La dernière colonie de déduction en Afrique[modifier | modifier le code]

Localisation de Timgad (Thamugadi) dans l'Afrique romaine

C'est en 100 que Trajan fit procéder à la fondation de la cité par la Troisième légion Auguste et son légat Lucius Munatius Gallus[7]. Les habitants de Timgad avaient donc tous la citoyenneté romaine et furent inscrits dans la tribu Papiria. La colonie prit le nom de colonia Marciana Traiana Thamugadi : Marciana rappelle le nom de la sœur de Trajan et Thamugadi, nom indéclinable et non latin, est vraisemblablement le nom indigène du lieu. On ne sait pas cependant s'il y avait déjà une agglomération africaine sur place : la fondation romaine se déploya cependant comme si elle se trouvait en terrain vierge. Le plan initial de Timgad, quadrangulaire et géométrique atteste que cette fondation suit les principes des gromatici, les arpenteurs romains. La rigueur de la planification de l'espace urbain fit que Timgad est souvent cité comme exemple de ville romaine, il serait toutefois erroné de généraliser à partir de son cas : les plans de villes romaines avaient d'abord pour principe de s'adapter au terrain et aux contraintes du lieu, le parfait déploiement quadrangulaire de Timgad n'est pas une règle absolue, et la colonie légèrement antérieure de Cuicul présente un plan moins régulier. La forte régularité du plan initial a donc parfois conduit à penser que Timgad avait pu être un camp militaire avant d'être une ville, la fondation coloniale réutilisant le tracé des cantonnements militaires : cette hypothèse n'est pas prouvée et rien n'indique que Timgad ait pu servir de camp provisoire à la troisième légion Auguste. La fondation de Timgad prend cependant pleinement son sens lorsqu'on la replace dans l'histoire des déplacements de la légion africaine. La déduction de la colonie se trouve en effet entre la première installation d'une cohorte légionnaire à Lambèse, en 81, et l'installation définitive de toute la légion vers 115-120. Si Timgad est remarquablement bien situé, il faut reconnaître au site de Lambèse une meilleure position stratégique.

Timgad, vue d'ensemble

On a donc souvent vu dans la fondation de Timgad un objectif d'abord purement militaire. Il faut cependant très fortement relativiser la protection militaire que pouvait apporter une colonie de vétérans : passées les premières années, les habitants ne pouvaient guère fournir une force militaire particulière. En revanche la colonie pouvait avoir un rôle militaire indirect : elle pouvait constituer, à terme, un milieu de recrutement pour la légion voisine et surtout par ses productions agraires - céréales et olives - assurer une partie non négligeable de son ravitaillement. Enfin l'installation de la colonie de Timgad a longtemps été conçue en fonction d'une image erronée du massif de l'Aurès à l'époque romaine.

On pensa en effet souvent, jusque dans les années 1960-1970, que le massif n'avait pas été pénétré par Rome, et qu'en conséquence il avait constitué un foyer de rébellion et une menace, à l'instar d'autres périodes de l'histoire, et l'on interprétait le dispositif militaire romain comme l'encerclement du massif. Les prospections archéologiques et l'analyse des photographies aériennes menées par Pierre Morizot ont apporté un démenti à cette image[8] : l'Aurès était cultivé, occupé par un habitat dispersé et la présence militaire y était faible et très ponctuelle. L'archéologie révèle donc une montagne tranquille, sans troubles sérieux, à la vocation essentiellement rurale, à la richesse modeste, mais ouverte à la romanisation et plus tard à la christianisation. Une partie du massif - la vallée de l'oued Taga - appartenait donc au territoire de Timgad et constituait un piémont aux productions complémentaires des terroirs céréaliers plus proches de Timgad : olive, bois et petit bétail. La fondation de la colonie de Timgad ne peut donc pas s'expliquer en termes de nécessité militaire, mais participe plutôt de l'exploitation du territoire provincial et de son maillage par des espaces civiques conçus comme l'effigie du peuple romain[9], dans le cadre de la politique volontariste d'un empereur soucieux d'expansion. Timgad toutefois fut le dernier cas de déductions collectives de vétérans en Afrique, et par la suite les nouvelles colonies ne furent plus qu'honoraires, c'est-à-dire un titre conféré à une cité sans apport de population romaine.

La croissance de la ville[modifier | modifier le code]

Le territoire de la cité[modifier | modifier le code]

Une ville romaine n'est pas concevable sans sa campagne. Longtemps négligées par l'archéologie, difficiles à appréhender avant la mise au point de techniques de prospection à grande échelle les campagnes des villes romaines sont longtemps restées mal connues. C'est pourtant de son territoire que la cité tirait ses richesses, et de ces richesses dépendait le dynamisme des notables qui la dirigeait. Il est possible de proposer une reconstitution de la composition du territoire de Timgad afin d'évaluer la répartition de la propriété agraire sur sa superficie [10],[11],[12]. Il en ressort l'image d'un territoire finalement assez étroit : 1500 kilomètres carrés, 150 000 hectares qui n'étaient pas tous exploitables, car des reliefs importants existent dans cet espace. À l'ouest en effet le territoire était assez vite limité, au bout d'une quinzaine de kilomètres, par celui des voisines, Lamafundi et Verecunda. À l'est la situation est similaire et le territoire de Mascula devait se trouver à une vingtaine de kilomètres. Au nord, sur environ 25 kilomètres, les recherches ont révélé un système de centuriations sans doute lié à la fondation de la colonie avec un parcellaire régulier témoignant d'une mise en valeur soignée. Au nord-ouest la plaine révèle des ruines nombreuses et donc une densité d'occupation importante. Au sud, il est plus difficile de situer la limite du territoire, selon Pierre Morizot il aurait pu aller jusqu'aux sources du Taga au nord du djebel Mahmel[13]. Le territoire de Timgad pouvait produire des céréales, des olives, productions auxquelles il faut ajouter de l'élevage et l'exploitation des massifs forestiers[14]. De nombreux vestiges d'huileries et d'établissements agricoles sont attestées sur le territoire de la cité, ainsi à Henchir Taga les prospections ont révélé un vaste bâtiment qui était entouré de 7 à 8 hectares de plantations alignées[15].

Toutes ces terres n'appartenaient pas à des particuliers. Au contraire une superficie importante appartenait à l'empereur. Ces domaines impériaux, répartis en au moins trois ensembles, étaient gérés par un - ou plusieurs - procurateur affranchi à qui il revenait de louer les terres et de les faire fructifier. La cité comptait environ 280 décurions qui devaient y posséder une superficie minimale, si l'on tient compte des propriétés des gens ordinaires et d'éventuelles possessions par des étrangers à la cité on ne peut imaginer que le territoire était dominé par de nombreuses grandes propriétés : les habitants du territoire de Timgad n'étaient pas de gros exploitants. Toutefois, selon Pierre Morizot, des indices épigraphiques laissent à penser que quelques puissantes familles avaient réussi à accaparer les meilleurs terres[16].

Une cité et ses notables[modifier | modifier le code]

Inscription latine élevée à Mars en l'honneur des empereurs Septime Sévère, Caracalla et Geta, le nom de ce dernier ayant été effacé puis masqué par les titres de Caracalla.
Réf. CIL VIII, 17835

Les nombreuses inscriptions retrouvées dans la ville nous permettent de connaître assez bien le milieu dirigeant de la cité, les décurions et magistrats qui la dirigeaient. À cet égard Timgad a livré une inscription d'une richesse exceptionnelle : l'album des décurions[17],[18],[19] c'est-à-dire la liste hiérarchiquement organisée des membres de la curie à un moment donné : l'album de Timgad date du IVe siècle et permet d'observer le milieu des élites municipales à une époque tardive.

Le bastion du donatisme[modifier | modifier le code]

Au IVe siècle, la cité se christianise. Si l'on a pu considérer que la réfection du capitole montre le maintien des traditions polythéistes et leur vivacité dans les années 360, la table de patronat d'Aelius Iulianus, ornée d'un chrisme montre clairement l'adhésion forte d'une partie au moins des notables les plus importants de la cité à la nouvelle religion[20]. La même constatation peut être faite à partir des noms des clercs qui figurent à la fin de l'inscription de l'album municipal. La construction, à la périphérie de la cité, de bâtiments religieux chrétiens, dont certains très vastes comme la basilique de l'ouest et ses dépendances, témoigne aussi de l'implantation de la religion nouvelle. La christianisation se fit cependant d'abord dans le contexte troublé d'une division entre chrétiens : Timgad constitua une des places fortes du schisme donatiste qui bouleversa la religion chrétienne en Afrique au IVe siècle.

Si dès son origine le donatisme était fortement lié à la Numidie, Timgad se distingua surtout lorsque l'Église schismatique dut affronter une opposition de plus en plus forte de la part des catholiques et du pouvoir impérial. Dès 388 Optat, l'évêque donatiste de Timgad, rallie des circoncellions et s'appuie sur eux, ainsi que sur la complicité du comte d'Afrique Gildon pour imposer ses vues. Il est dix ans durant, selon Saint Augustin le gémissement de l'Afrique[21]. Cet évêque « chef de bande »[22] est finalement arrêté à la mort de Gildon en 398 et finit sa vie en prison. Mais même après la conférence de Carthage de 411 les donatistes de Timgad ne rendent pas les armes et vers 418 leur évêque Gaudentius s'enferme dans son église face au tribun Dulcitius, menace de s'immoler par le feu si on cherche à l'extraire de son église et polémique avec Augustin par courrier interposé[23].

Vandales, Maures et Byzantins : l'abandon de la ville[modifier | modifier le code]

L'installation d'un royaume vandale en Afrique, après 429, fut le point de départ d'une série d'affrontements qui déterminèrent la fin de Timgad. L'Aurès fut occupé sans doute assez rapidement par les Vandales, et il semble que Genséric ait voulu se réserver la région. L'occupation fut cependant de courte durée. La région de l'Aurès fut attaquée par les Maures qui prirent possession du massif au plus tard en 484 : Timgad fut prise et évacuée afin qu'un ennemi ne puisse s'y installer. La reconquête maure se fit aux dépens des habitants de la ville et des Libyens romanisés du massif[24]. Il ne faut pas pour autant imaginer l'anéantissement radical de la ville et de toute activité : les murailles furent rasées et les habitants déportés selon Procope de Césarée, mais l'archéologie révèle que l'activité agricole se maintenait et que « dans la ville elle-même subsistait une vie précaire »[25].

La reconquête byzantine, à partir de 533 changea à nouveau la situation de la région. Les généraux de Justinien entreprirent la reconquête de l'Afrique, devant vaincre d'abord les Vandales puis les Maures révoltés, en particulier Iabdas, le chef des Maures de l'Aurès. C'est le patrice Solomon qui est chargé de mener une campagne contre lui, campagne qui nous est en partie connue grâce à Procope. La région de Timgad, que Procope décrit comme une ville détruite, semble avoir été une base de cette campagne[26]. Ce n'est toutefois que lors de sa seconde campagne, en 539, que Solomon laissa des traces claires de sa présence puisqu'il fit construire le fort byzantin toujours visible sur le site. Ce puissant fort faisait partie d'une opération de fortification plus vaste visant à garantir la région contre une nouvelle attaque des Maures, Procope nous apprend en effet qu'outre Timgad, quatre autres villes furent fortifiées dans la région. Le grand nombre d'inscriptions latines tirées du forum de la ville pour servir comme matériau de construction dans le fort montre cependant que Timgad avait passé l'époque de sa splendeur, et que seule la forteresse comptait désormais vraiment. C'est sous ses murs que s'était réorganisée une vie urbaine. Il faut faire la part dans le récit de Procope des exagérations et des lieux communs, le terroir autour de Timgad semble toujours mis en valeur à cette époque[27].

Nous ne possédons ensuite que fort peu de sources sur l'histoire de la région, et la fin de la présence byzantine est difficile à préciser. Il est certain qu'une vie urbaine se maintint dans la région, et la présence d'un christianisme organisé et dynamique est bien visible : dans la région de Batna des reliques furent consacrées vers 581 et en 645 la dédicace d'une chapelle est attestée à Timgad[28]. Le site ne semble pas avoir été immédiatement délaissé ensuite, mais l'histoire de son abandon complet ne peut actuellement pas être écrite faute de source historique ou archéologique[29] et il est impossible de décrire ce qu'était Timgad lors de la conquête musulmane du Maghreb.

Les institutions de la cité[modifier | modifier le code]

Timgad était une colonie romaine, ses institutions civiques reproduisaient donc en grande partie le système romain. Lors de sa fondation Timgad dû recevoir une lex coloniae qui fixait ses institutions comme on le connaît dans le cas de la lex Ursonensis. Ce règlement fixait les modalités de fonctionnements des assemblées, des magistratures et des prêtrises de la cité avec parfois une assez grande souplesse. Les nombreuses inscriptions retrouvées à Timgad permettent de reconstituer de manière assez précise l'organisation de ses institutions.

L'ordo (conseil des décurions)[modifier | modifier le code]

L'ordo de Timgad est parmi les mieux connus du monde romain en raison de la présence à Timgad d'un document exceptionnel, l'album municipal.

Les magistratures du Haut-Empire[modifier | modifier le code]

Les duumvirs[modifier | modifier le code]

Les édiles[modifier | modifier le code]

Les questeurs[modifier | modifier le code]

Le curateur de la cité et les magistratures au Bas-Empire[modifier | modifier le code]

Les prêtrises[modifier | modifier le code]

Pontificat et augurat[modifier | modifier le code]

Ces prêtrises typiquement romaines sont normales dans une colonie, toutefois à Timgad ces prêtres ne formaient pas un collège aussi nombreux qu'à Rome. L'album de Timgad montre qu'il y avait quatre pontifes et quatre augures dans la cité[30]. Il est possible que ces prêtrises aient été annuelles.

Flaminat[modifier | modifier le code]

Le flamine à Timgad était chargé du culte impérial. Il était assisté d'une flaminique qui n'était pas nécessairement sa femme. Son titre de flamine perpétuel était conservé à vie après un an d'exercice effectif de la fonction. Si l'accession à la charge "était relativement indépendante du cursus des magistratures municipales"[31], il s'agissait de la plus haute dignité à Timgad et elle couronnait une grande notoriété et une forte honorabilité. Cela donnait aux titulaires de la charge une visibilité certaine, on en connaît donc un nombre important. Henriette Pavis d'Escurac en 1980 en a recensé 55, ainsi que 6 flaminiques[32]. Le coût de la charge et l'honorabilité qu'elle procurait explique sans doute que l'on retrouve parmi les flamines de Timgad, de manière récurrente, les membres de quelques grandes familles de la cité, les Flavii et les Caelii, les Annii, les Plotii, les Pompeii[33]. Cela explique aussi l'entrée d'un certain nombre de ces flamines dans l'ordre équestre[34], sans qu'ils n'aient fait toutefois de véritable carrière. L'ascension sociale vers les ordres supérieurs de l'empire pouvait prendre plusieurs générations, on sait ainsi que la fille d'un flamine, Arminia Paulina épousa un sénateur puis le procurateur Caius Annius Flavianus[35].

Sous le Haut-Empire la somme honoraire du flaminat à Timgad était fixée à 10 000 sesterces[36], mais on attendait aussi d'eux des actes d'évergétisme au delà de cette somme, comme la distribution de nourriture, des dons de jeux scéniques[37], l'érection de statues[38] ou la réalisation de constructions[39]. Pour cette raison et parce qu'ils appartenaient au sommet de l'aristocratie de Timgad, les flamines ont laissé une empreinte notable dans l'urbanisme de Timgad : temple du Génie de la colonie, marché de Sertius, fontaine monumentale du flamine Julius Liberalis[37]. Durant l'antiquité tardive, la fonction a perdu de son caractère religieux pour devenir avant tout l'expression de la loyauté de la cité envers le pouvoir souverain, il y eut donc des flamines chrétiens comme le cas est attesté pour Aelius Iulianus[40].

Les Augustales et l'ordo augustalium[modifier | modifier le code]

Sans être à proprement parler des prêtres, les Augustales participaient à l'organisation du culte impérial dans la cité. Ils étaient souvent de riches affranchis et le statut d'Augustale leur donnait une dignité proche de celle de l'ordo des décurions à laquelle ils ne pouvaient pas prétendre. On ne connaît nominalement à Timgad qu'un Augustale, Valerius Carpus[41],[40]. Les Augustales étaient organisés en un ordo augustalium qui fonctionnait comme un collège et possédait une caisse (arca augustalium). Les augustales de Timgad ont ainsi financé la restauration du temple de Cérès[42].

Les curies[modifier | modifier le code]

Les curies, qu'il ne faut pas confondre avec la curie, local accueillant le conseil des décurions, étaient des assemblées de citoyens de la cité qui avaient au départ un rôle électoral de section de vote sur le modèle des comices romains. Particulièrement bien connues en Afrique[43], elles eurent aussi un important rôle dans la sociabilité civique comme le montre le cas de la curie de Jupiter à Simitthus[44]. Si bien qu'on a pu parfois les considérer comme « des « clubs de plébéiens » assez fermés »[45], même si cela n'empêche pas qu'elles aient pu conserver un rôle politique. L'analyse de la liste des 52 membres de la curia Commodiana connus à Timgad vers 211 montre en effet une population appartenant plutôt aux couches moyennes et élevées de la société de Timgad[46]. La curia Commodiana avait été créée pour honorer l'empereur Commode. On connaît aussi à Timgad une curia Marcia qui doit remonter aux origines de la colonie[47].

Les collèges[modifier | modifier le code]

Sans être à proprement parler des institutions officielles de la cité, les collèges participaient à la vie civique. Ils se plaçaient sous le patronage de grands personnages locaux et participaient aux fêtes de la cité. On connaît à Timgad le collège des Dendrophore[48].

Les patrons de la cité[modifier | modifier le code]

Le site et ses monuments[modifier | modifier le code]

Le forum[modifier | modifier le code]

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Le forum et le théâtre de Timgad sont situés au cœur du quadrilatère de la ville originelle, où ils occupent plusieurs des îlots définis par la trame des rues orthogonales. La construction du forum fut financée par la cité. Sa construction débuta sans doute peu de temps après la fondation de la ville. Le forum, de plan rectangulaire et bordé par quatre portiques délimitait un espace fermé, ordonné, accueillant de nombreuses activités, il formait le cœur politique et social de la cité. Il abritait la curie où se rassemblait l'ordre décurional ainsi qu'une basilique civile et un seul temple. Ce dernier, de taille assez modeste, est proche d'un des angles du forum et semble avoir été dédié à la Victoire. C'est un édifice tétrastyle[49] élevées sur un podium. Édifiée en 116-117, la curie était une salle précédée d'un portique, revêtue de marbre et ornée de quatre statues dont une dédiée à la Concorde de l'ordo et une dédiée à la Victoire[50]. Élevée un peu plus tard, la basilique lui faisait face, occupant la façade orientale du forum. Une abside au nord donnait une axialité à cette vaste salle qui accueillait les activités judiciaires, une tribune occupait l'un des petits côtés et permettait aux juges de siéger. Le forum était décoré de nombreuses statues, au moins une trentaine, dont on a retrouvé les bases portant des inscriptions. Ce forum ne fut peut-être jamais achevé selon son plan original, puisque le Capitole ne fut pas intégré au forum, mais construit à l'extérieur des murailles originelles : l'expansion de la ville avait conduit à reconsidérer son plan[51].

Le théâtre[modifier | modifier le code]

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Le théâtre est le principal édifice de spectacle à Timgad où l'on n'a pas retrouvé trace d'un amphithéâtre, mais il a pu en exister un en bois à titre temporaire. Situé au sud du forum, au flanc d'une colline, le théâtre, avec une cavea de 63 mètres de diamètre, pouvait accueillir environ 3500 personnes[52]. La base d'une statue de Mercure, élevée pour le salut des empereurs Septime Sévère et Caracalla y célébrait les jeux scéniques donnés par Lucius Germeus Silvanus, pour l'honneur de ses fonctions d'augure : à Timgad comme ailleurs la vie municipale n'était pas séparable des fêtes et spectacles, avec plus ou moins de fastes en fonction de l'évergétisme des notables.

Le théâtre est aujourd'hui un grand blessé. Deux grandes fissures verticales dans son mur postérieur annoncent l'irréparable. Le théâtre romain a accueilli en juillet durant de nombreuses années les manifestations annuelles du festival international de Timgad. Il a désormais été remplacé pour cela par un théâtre contemporain construit sur le site même, entre les Grands thermes du Nord et le sanctuaire de Saturne[53][réf. nécessaire].

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Le temple de Cérès[modifier | modifier le code]

Le temple de Cérès se trouvait à proximité du théâtre. Entre 139 et 161a restauration intégrale a été financée par l'ordo augustalium[42].

La bibliothèque[modifier | modifier le code]

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Les fouilles de Timgad ont révélé un bâtiment relativement inhabituel qui n’a été identifié comme une bibliothèque publique qu’en 1906 grâce à la découverte d’une inscription latine[54]. Le texte de l’inscription précise qu'au IIIe siècle sans doute[55] le sénateur Marcus Iulius Quintianus Flavius Rogatianus avait légué par testament 400000 sesterces à la cité pour la construction d’une bibliothèque[56]. La cité fit construire la bibliothèque et honora le généreux donateur d’une statue honorifique.

La bibliothèque était organisée autour d'un portique à trois côtés ouvrant largement sur la rue. Face à la rue, au fond du portique, une grande salle semi-circulaire en abside était aménagée avec des niches destinées à accueillir les ouvrages. De part et d'autre six salles annexes donnaient sur le portique[57]. On a tenté d’estimer le nombre de volumes qu’elle pouvait accueillir : ainsi on a pu estimer que sa salle principale pouvait accueillir seize armaria (armoire de bibliothèque) et donc peut-être 6800 volumes ; avec les six pièces secondaires, le total des ouvrages est estimé entre 16000 et 28000. Ces chiffres sont toutefois très contestables, car la bibliothèque pouvait aussi accueillir des archives et que les calculs sur lesquels ils reposent sont très spéculatifs[58]. Elle est située au cœur de la ville, signe de l’importance qu’elle avait dans la culture urbaine.

Le temple du Génie de la colonie[modifier | modifier le code]

Temple du génie de la colonie (état en 1975)

La dédicace de ce temple a été retrouvée lors des fouilles de 1959, en réemploi dans une petite placette aménagée à l'époque byzantine autour d'une fontaine[59]. Le temple a été payé par des membres d'une des grandes familles de Timgad, Marcus Publicius Candidus et son frère Caius Publicius Veranus. Ce don est la conséquence de l'accession de Candidus à la charge de flamine perpétuel, la plus haute dignité à Timgad. Outre la somme honoraire de 10000 sesterces payés par Candidus, son frère a ajouté une pollicitation de 20000 sesterces. Finalement le coût du temple fut, avec sa statue, de 64500 sesterces. Cet acte d'évergétisme et cette dépense attestent de la prospérité de Timgad lors de la construction du temple[60]. La dédicace fut faite par un légat de la IIIe légion Auguste. Son nom fut ensuite martelé, en raison d'une damnatio memoriae. Il s'agissait vraisemblablement de Marcus Lucceius Torquatus[61],[62], ce qui date la dédicace du temple de 169[63].

Les ruines du temple ont pu être identifiées grâce à d'autres inscriptions[64]. Il est situé à la sortie occidentale de la ville, face au marché de Sertius. Une cour précédait le sanctuaire en donnant sur le decumanus par une façade à trois entrée. Un mur délimitait cet espace de forme trapézoïdale d'une dimension de 32 m sur 12 m. Trois des côtés étaient occupés par un portique comptant 17 colonnes. Derrière l'autel se trouvait le temple proprement dit. Sa cella de 12.5m par 7,5 m. s'ouvrait sur un fronton tétrastyle d'ordre corinthien et était précédée d'un escalier à 16 marches[65]. La construction du temple correspond aussi à un moment d'extension de Timgad hors de l'enceinte initiale de la colonie[66].

Le Capitole[modifier | modifier le code]

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Le capitole, qui abritait la triade religieuse essentielle de la religion romaine traditionnelle, était en théorie un des éléments essentiels de toute fondation urbaine. Au début de notre ère les écrits de Vitruve sur l’urbanisme [67], se référant à une vieille tradition, celle de la science des haruspices, et faisant ainsi un écho à Servius [68], conseillent de placer les sanctuaires de Jupiter, Junon et Minerve au lieu le plus élevé, d’où l’on peut découvrir le plus de murailles. Mais si des villes africaines comme Cuicul et Thugga présentent un capitole en position centrale (au moins initialement pour Cuicul), celui de Timgad est dans une position plus surprenante. Il est en effet éloigné du forum et même de l’alignement du plan orthonormé initial et ne se trouve même pas sur un sommet de colline. En fait c’est surtout sa taille, sa monumentalité exceptionnelle qui le distinguait et le rendait visible à tous. Cet emplacement étrange avait cependant le mérite de le mettre particulièrement en valeur pour qui venait de Lambèse. Construit au IIe siècle, il fut restauré au IVe.

Comment expliquer cette position excentrée ? Il faut penser qu’il était prévu en fait au départ au sein du forum dans le tracé initial de la ville, mais le forum ne fut jamais réellement achevé, et le capitole finalement construit en bien plus grand et en position décentrée, signe d’une modification radicale de la notion d’espace urbain et peut-être d’un changement dans les relations entre les citoyens et le pouvoir : la ville avait grandi, son espace était perçu différemment et fut symboliquement réorganisé par cette construction massive [69]. De plus, le décentrement du capitole de Timgad n’est pas si exceptionnel du point de vue chronologique : la majorité des capitoles africains sont de date relativement tardive. Enfin, si la date exacte de sa construction autour du IIe siècle nous échappe (peut-être l'époque sévérienne[70]?), sa réfection au IVe siècle nous est mieux connue. C'est sous le règne commun de Valentinien et Valens, entre 364 et 367 qu'Aelius Iulianus finança la restauration des portiques[71]. Selon Paul-Albert Février, cette restauration pourrait témoigner, cinquante ans après la conversion de Constantin, et dans une ville bien christianisée, de la vitalité conservée du polythéisme traditionnel [72]. Toutefois Claude Lepelley a récusé cette interprétation, le responsable de l'opération, Aelius Iulianus était curateur de la cité et chrétien[73] et la restauration concernait la place à portique et non l'édifice cultuel proprement dit. Par sa monumentalité et sa superficie - supérieur à celle du forum - la place à portique du Capitole constituait un « second forum » dans la ville. Ses portiques étaient donc vus, à l'époque d'Aelius « comme des monuments publics appartenant au patrimoine monumental de la cité, sans référence à la fonction religieuse de ces édifices »[74].

L'arc de triomphe[modifier | modifier le code]

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La large avenue qui passe devant le capitole aboutit au nord à l'arc de triomphe érigé à l'entrée ouest du decumanus maximus. Peu avant la fin du IIe siècle, la porte utilitaire fut remplacée par un arc de triomphe appelé abusivement "arc de Trajan"[75] qui, avec un minimum de restauration, nous est parvenu presque intact.

La large baie centrale, de six mètres de haut permettait le passage des véhicules qui ont laissé de profondes ornières sur les dalles de la voie. Aux piétons étaient réservées les deux baies latérales, de trois mètres soixante-quinze de haut. Au-dessus de ces dernières, sur les deux faces maitresses, sont creusées des niches rectangulaires ornées de colonnettes destinées à recevoir des statues, dominées par des voûtes en arceau assises sur des colonnes corinthiennes détachées. Quatre colonnes montées sur piédestal pour chaque face principale. L'ensemble était couronné au faîte de l'édifice d'un groupe comprenant sans doute un char.

D'autres reliefs furent ajoutés par la suite à la base de la face est: les statues de Mars et de la déesse de la Concorde, érigées sous le règne de Septime Sévère (193-211) par un certain L. Licinius Optatianus en reconnaissance de son élection au flaminat perpétuel de la colonie[76].

Le quartier de Sertius[modifier | modifier le code]

Avec le développement de la ville et son extension à l’ouest, la muraille originelle s’est retrouvée en position centrale dans cette partie de l’agglomération, devenue inutile elle est devenue un espace disponible, intéressant et sans doute convoité. La disparition de la muraille au profit du bâti se fit cependant au bénéfice d’habitants fortunés et donna lieu à d’importantes « opérations immobilières » ainsi que l'a montré Jean Lassus[77]. Le nouveau quartier n’est pas en effet occupé en continuité avec la trame originelle de la ville : les rues existantes ne sont pas prolongées sur l’espace libéré, celui-ci au contraire est occupé par les constructions de très riches personnages qui s’approprient ainsi une bande de terrain large de 22 mètres. L’extension de la ville s’accompagne donc d’une « différenciation sociale des quartiers »[78] : l’espace pris sur la muraille permet de s’affranchir des contraintes des îlots du plan initial, d’une taille de 400 mètres carrés environ. Ce réaménagement ne put se faire sans un ensemble de mesures légales : le lieu appartenait au sol public de la cité, son aliénation exigeait au moins un décret de l’ordre des décurions, et dans le cas d’une muraille, res sacra, une décision impériale[79]. Il est vrai cependant que l’usurpation de terrains publics par des constructions privées n’était pas rare dans les cités antiques et que le pouvoir romain a dû à plusieurs reprises intervenir contre de tels cas : derrière les maisons construites à cet endroit, il faut donc imaginer un ensemble de démarches, et sans doute de pots-de-vin[80]. La documentation épigraphique disponible nous permet de connaître un peu plus précisément ce contexte immobilier à travers la personne de Marcus Plautius Faustus, dit Sertius qui se fit construire une maison sur l’emplacement de la muraille.

La maison de Sertius fut construite sur le tracé de la muraille. De plan rectangulaire, mesurant 62 mètres sur 36,5, elle occupe une surface de 2 263 m2, c’est une des demeures les plus luxueuses de Timgad. Son accès principal, précédé d’un petit portique, et qui comptait peut-être à l’origine une entrée tripartite, donne sur le cardo maximus. Le plan présente la succession classique d’un vestibule et de péristyles qui donnent sur des pièces de réception. Le vestibule, dallé, possédait une colonnade centrale, il donnait sur un premier péristyle qui ouvrait lui-même sur une vaste pièce, sans doute une salle à manger (triclinium). Le second péristyle abrite un bassin aux aménagements complexes : deux réservoirs superposés sont reliés par deux ouvertures. Des vases fixés horizontalement y étaient destinés à fournir un abri à des poissons et vraisemblablement à recueillir leur frai : il s’agit donc d’un vivier. Une salle avec une antichambre à deux colonnes donnait sur le péristyle, il s’agit sans doute à nouveau d’un triclinium, une salle à manger[81]. Les bassins avaient une fonction à la fois esthétique et économique : les poissons élevés pouvaient être utilisés pour les repas du maître. Produits rares, luxueux, ils attestaient de l’aisance de Sertius et permettaient de montrer son faste à ses invités. Le second péristyle est toutefois un espace sans doute plus intime que le premier : « d’un côté accueil, réception, ostentation, de l’autre vie plus retirée »[82]. La maison de Faustus possédait aussi des thermes privés. Ceux-ci se trouvaient près de son entrée – ils ouvraient sur le premier péristyle - et avaient aussi leur propre accès sur la rue. Les accès des thermes montrent que Sertius pouvait les ouvrir à des personnes extérieures à sa maison, amis, clients, voisins. Les thermes possédaient un frigidarium de 35 mètres carrés et un ensemble balnéaire d’environ 150 mètres carrés comptant quatre salles chauffées. On y avait placé les statues en marbre d’Esculape et d’Hygie, divinités de la santé couramment associées aux bains. Une inscription figurant sur la base d’une des statues et nommant un Faustus et une Valentina[83] permet à la fois l’attribution de la maison à Marcus Plotius Faustus Sertius et à sa femme Cornelia Valentina Tucciana Sertia et sa datation. Construites sous les Sévères la maison de Sertius illustre un moment clé dans l’évolution du plan de Timgad ainsi qu’ « un des tout premiers exemples datés de bains privés urbains d’époque impériale »[84]. Des boutiques étaient adossées à la maison.

Plotius Faustus Sertius était un riche personnage de rang équestre[85]. Sa famille était lié à un chevalier romain, fils de vétéran, ainsi qu'à la famille des Flavii qui entrèrent au sénat. Il fut flamine perpétuel de la cité. Sa richesse, ainsi que celle de sa femme, provenait des terres qu’il possédait sur le territoire de la colonie, mais aussi d’autres revenus comme la location de boutiques[86]. Divers indices épigraphiques et archéologiques permettent de cerner les biens fonciers de Sertius et de sa femme : une dédicace fait en effet allusion à cette dernière sur une inscription trouvée dans la vallée de l’oued Taga[87]. De même, à une soixantaine de kilomètres de Timgad, dans le massif de l’Aurès on a retrouvé une mosaïque portant les mêmes motifs que ceux de la maison de Sertius, indice sinon d’une de ses propriétés au moins peut-être de l’influence du personnage[88].

L'abside du marché de Sertius

Plotius et sa femme financèrent à l’époque des Sévères la construction d’un marché situé à l’ouest de la ville originelle, non loin de sa maison[89]. La ville possédait sans doute déjà un marché, appelé aujourd'hui marché de l’est il se trouvait près du forum et s’étendait sur deux cours semi-circulaires. Sans doute s’était-il avéré insuffisant avec la croissance de la ville. Le marché payé par Sertius fait face au temple du Génie de la colonie, c’est une place oblongue, bordée de portiques, disposant des aménagements nécessaires pour accueillir les étals des marchands, et se terminant par une abside. Le marché possédait une ouverture qui donnait sur des thermes. Ceux-ci sont souvent considérés comme une annexe du marché, mais leur construction n’est pas nécessairement lié à la même opération immobilière et leur rapport avec les constructions voisines ne sont pas clairs [90]. Par la suite un autre petit marché, sans doute destiné au commerce de vêtement[91], fut construit dans le quartier. Construire un marché était un acte d’évergétisme important, mais ce don fait à la cité était sans doute aussi un « cadeau intéressé »[92] : contemporain de la construction de sa maison, il en constitue sans doute la contrepartie : l’acte d’évergétisme répondant à l’appropriation privée d’une partie importante du sol public : derrière le don de Sertius se cache une fructueuse opération immobilière tandis que son marché proclamait sa générosité et sa libéralité envers sa cité.

Le quartier ouest de Timgad illustre donc bien, à travers le dossier de Sertius, l’impact de la richesse des notables municipaux sur la ville tant par l’évergétisme qu’à travers des investissements plus intéressés – boutiques – ou destinés à leur procurer un cadre de vie dont le faste correspondait à leur dignitas.

Le temple de la Dea Patria et l'Aqua septimiana felix[modifier | modifier le code]

L'Aqua Septimiana Felix était une source à proximité de Timgad qui alimentait en eau une piscine autour de laquelle fut construit un important sanctuaire. Le sanctuaire a été construit au IIe siècle à 300 mètres au sud de la ville, le long d'un axe nord-sud. Une allée à colonnades reliait le sanctuaire à la ville et notamment aux thermes du sud. Avec plus de 150 mètres de long et 44 mètres de large c'est le plus grand édifice religieux de l'Afrique romaine[93]. Il reçut un aménagement somptueux sous les Sévères. Trois temples étaient construits au fond du sanctuaire. Le plus grand de ces lieux de culte occupait la place médiane et était dédié à la Dea Patria, c'est-à-dire à la déesse de l'Afrique reconnaissable à sa coiffe faite d'une dépouille d'éléphant (proboscis). Décoré de marbres blancs et verts, de mosaïques, le temple faisait 7,5 mètre sur 9,8. Une large banquette au fond de la cella devait accueillir les statues de culte.

De part et d’autre se trouvait un temple plus petit (5,1 par 7,1 mètres). Celui de l'ouest était dédié à Esculape tandis que celui de l'est a sans doute été dédié à Sarapis, si l'on en croit les objets de culte retrouvés lors des fouilles. L'association de l'Afrique à Esculape et Sarapis est unique, placée sous le signe de la fertilité, de l'abondance et de la santé, le sanctuaire célébrait les eaux bienfaisantes en association avec le culte impérial. Les trois temples, assez petits, étaient érigés sur une terrasse qui surplombait une vaste piscine de 27 mètres sur 7. Entièrement revêtue de marbre, elle était bordée d'une balustrade en bronze. Le sanctuaire était entouré de portiques peints (viridarium). Leur prolongement donnait sur une vaste place dallée en direction de la ville et de ses thermes.

La déesse Africa, reconnaissable à sa coiffe, sur une mosaïque d'une maison de Thysdrus. Cette déesse, sous le nom de Dea Patria, était la principale divinité du sanctuaire de l'Aqua Septimiana Felix à Timgad

Quatre inscriptions identiques datent ces aménagements somptueux de 213[94]. Elles illustrent les dons que les notables de Timgad consacrèrent au sanctuaire, sans doute dès le début de sa construction. Des inscriptions découvertes dans le sanctuaire, mais dont la publication est encore incomplète témoignent des dons de Publius Flavius Pudens Pomponianus, sénateur romain originaire de Timgad, et de sa famille. Sa mère notamment y consacra, avec d'autres habitants de Timgad, une défense d'éléphant au Genius patriae (Génie de la patrie)[95],[96]. Cette implication des puissants notables de la ville dans le sanctuaire montre son rôle important : il contribuait sans doute en partie à définir l'identité de Timgad, comme le montrent les dédicaces au Génie de la Patrie ou à la déesse de la Patrie, mais aussi l'inscription du forum qui célèbre Flavius Pudens Pomponianus et qui compare son éloquence à une source et rappelle que Timgad est située vers une source : il s'agit d'une allusion à l'Aqua Septimiana où Flavius et sa famille s'étaient illustrés par de nombreux dons[97]. La déesse Africa du sanctuaire était aussi célébrée sur des céramiques produites à Timgad[98].

Si le sanctuaire connu son apogée à l'époque des Sévères, peut-être en relation avec le voyage africain de Septime Sévère[99] on peut penser que le culte de la source remontait à l'époque pré-romaine et témoigne d'une survivance de la religiosité locale au sein de la vie de la colonie romaine[100]. À la fin de l'antiquité, le sanctuaire fut recouvert par la forteresse byzantine. Découvert et dégagé lors des fouilles de cette forteresse le sanctuaire de l'Aqua Septimiana Felix n'a pas été l'objet d'une publication particulière et nombre de découvertes qui y ont été faites sont encore inédites[101].

Les thermes[modifier | modifier le code]

Les thermes romains étaient un des lieux essentiels de la vie quotidienne dans l'Empire romain, un symbole et un facteur de romanisation. Pour les habitants d'une cité, les thermes sont vus comme quelque chose d'indispensable, une des commodités nécessaires que la ville doit procurer à ses habitants, un signe et un instrument de civilisation et de bien-être. À Timgad, sur une dalle du forum, une inscription célèbre résume bien cette conception de la vie urbaine : « Venari, lavari, ludere, ridere, occ est vivere » (chasser, aller au bain, jouer, rire, ça, c’est vivre). Les thermes sont donc un lieu de sociabilité fondamental qui construit l'identité civique et municipale en même temps qu'ils rendent manifeste les principes de la cité antique : nus et partageant le même bain, les citoyens se côtoient de manière indifférenciée : les bains sont souvent peu chers, et occasionnellement gratuits. Leur décoration et leur entretien est aussi l'occasion d'acte d'évergétisme. Toutefois à partir du IIe siècle on assiste au développement de bains privés, construits dans les plus riches demeures, développement qui s'accroit durant l'antiquité tardive. On peut voir dans cette évolution à la fois le souci d'une plus grande intimité et la recherche d'une distance sociale : le notable se distingue désormais du commun et peu recevoir ses intimes dans le cadre choisi de ses bains personnels. Par le vaste dégagement dont elle a fait l'objet, Timgad offre une image quasiment unique de la place des bains dans la cité, même si tous les bains dégagés n'ont pas nécessairement été en service de manière simultanée et si leurs fouilles ont été souvent - au regard des critères actuels - trop rapidement conduites : les stratigraphies manquent, les plans ne sont pas toujours sûrs. Il n'en reste pas moins que l'importance et la diversité de l'équipement balnéaire ressortent et que, de ce point de vue, Timgad peut rivaliser avec une ville comme Ostie. Les bains de Timgad offrent donc une image remarquable de la prospérité de l'Afrique romaine et de son insertion dans la communauté culturelle que formait la Méditerranée antique. Les thermes de Timgad ont fourni un nombre important de mosaïques : 85 sur les 235 de l'inventaire fait par Suzanne Germain Warot en 1969. Sur les quatorze thermes recensés dans son étude, douze avaient conservé au moins en partie leur pavement. Le décor y est essentiellement géométrique agrémenté parfois de tableaux comme la représentation de Neptune pour les grands thermes est ou la représentation de Jupiter pour les thermes des Philadelphes. Les salles annexes de ces thermes pouvaient aussi avoir des décors non négligeables[102].

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L'habitat individuel[modifier | modifier le code]

Un quartier du centre de Timgad, avec vue sur l'arc dit de Trajan

Malgré l'ampleur des dégagements l'habitat individuel n'est pas à Timgad aussi bien connu qu'on pourrait l'espérer[104] : les fouilles initiales ont été peu soucieuses de protéger les divers états du bâti, d'observer la stratigraphie. Néanmoins des distinctions peuvent être faites. On peut ainsi opposer le quartier de la ville initiale et les faubourgs. Dans le premier l'habitat est resté très fortement contraint par le découpage des parcelles effectué lors de la fondation de la colonie, ces 132 îlots de 400 m2 ont en effet rarement été l'objet de regroupement. Les plus grandes de ces maisons, qui occupent un îlot, exceptionnellement deux comme pour la maison s'étendant sur les insulae 73 et 82, n'ont qu'une cour à portique et rarement un vrai péristyle, on trouve couramment 2 à 4 maisons par îlot[105]. Malgré cette contrainte foncière, l'aristocratie de la cité n'abandonna pas complètement le centre-ville, une inscription[106] laissée par le flamine perpétuel Corfidius nous apprend qu'il avait acheté une maison « rendue triste depuis longtemps déjà par son état de ruines informes » et l'avait rebâtie « plus heureusement qu'elle n'avait été fondée … pour lui-même et la joyeuse postérité des Corfidii »[105]. De même L. Iulius Ianuarius possédait une maison occupant tout un îlot et équipée de bains privés[107],[108]

Toutefois les plus grandes demeures de l'aristocratie de Timgad ne se trouvent qu'en dehors du périmètre originel, sur l'ancienne limite même pour la maison de Sertius et la maison dite de l'Hermaphrodite, toutes deux de près de 2 200 mètres carrés, superficie considérable et pourtant dépassée par une grande demeure du quartier nord, voisine des thermes de Philadelphes, aux limites de la plus grande extension de la ville et occupant 2 500 mètres carrés[105]. Ces superficies ne renvoient toutefois pas nécessairement à l'espace habité : les grandes demeures intégraient des boutiques qui pouvaient être louées, des espaces de service, autant de surface qui n'étaient pas occupées par l'habitat du maître, celui-ci toutefois pouvait se développer à l'étage, mais nous en ignorons alors tout[109]. La décoration interne peut aussi aider à distinguer différents quartiers. Ainsi l'étude des mosaïques a révélé que toutes les maisons de la partie du decumanus entre le forum et la porte de Mascula étaient décorées, zone qui contraste avec l'ouest du decumanus, bien moins décoré. Les faubourgs présentent aussi quelques grandes maisons richement décorées, en particulier entre le Capitole et l'avenue de Lambèse. Ainsi se dessineraient des quartiers résidentiels aisés : le cardo nord, le decumanus est, la porte sud, le faubourg ouest, le quartier nord-est en revanche où les ruines n'ont pas livrées de mosaïques devait être plus modeste[110]. Ce quartier nord-est regroupait dix-sept des vingt-deux établissements de Timgad ayant une activité textile, pour une production qui n'était probablement pas destinée uniquement à la cité[111].

Il serait néanmoins impropre de penser que l'échelle sociale était uniquement reproduite dans la trame des quartiers : les riches maisons de l'aristocratie abritaient les esclaves du maître, et leurs boutiques étaient loués à des gens modestes, parfois pauvres. Il n'en reste pas moins qu'à Timgad l'essor de la ville s'est accompagné « d'une différenciation sociale des quartiers »[112]. La demeure est un enjeu fondamental pour les aristocraties des cités, à Timgad, comme dans la plupart des cités de l'empire au IIe siècle, l'atrium a été remplacé par un péristyle. On y accède par un vestibule et il donne sur des espaces de réception : triclinium, oecus. Le faste du propriétaire peut s'exprimer en fonction de ses moyens et de l'espace disponible : les deux péristyles de la maison de Sertius, l'antichambre à colonnes du second, leurs ornements par des viviers renvoient aux pratiques de la grande aristocratie romaine[113]. Les mosaïques, les fresques, l'ameublement participent aussi de la construction d'un cadre propre à montrer la puissance du propriétaire et à fonder, comme on l'a vu avec la demeure de Corfidius, un ancrage dynastique au sein des notables de la cité. On a noté, au demeurant, un souci des propriétaires de conserver les décors, au moins pour ce qui est des mosaïques[114]. Les thermes privés, ceux de la maison de Sertius sont parmi les plus anciens, permettent aussi de recevoir clients et amis, ou peuvent être ouverts moyennant une somme modique aux habitants du quartier, mais ils permettent aussi au maître de maison de prendre son bain dans un cadre intime, dispositif reflétant « le besoin aristocratique de se tenir à l'écart de la foule et une nouvelle façon d'appréhender son corps caractérisée par l'affirmation de la pudeur »[115].

Les bâtiments chrétiens[modifier | modifier le code]

Comme dans la plupart des villes antiques d’Afrique, les bâtiments chrétiens se trouvent surtout à la périphérie de l'agglomération en raison de leur caractère tardif, mais aussi parfois de leur association avec des nécropoles. Un seul bâtiment chrétien a été identifié dans le centre-ville, il s’agit d’une chapelle aménagée à partir de l’atrium de la maison de Lucius Julius Januarius, non loin du forum.

Le plus grand ensemble chrétien se trouve autour de la basilique de l’ouest, séparé de la ville par un ravin. Cet édifice et ses dépendances sont souvent assimilés au quartier donatiste en raison de la présence, dans une des maisons du complexe religieux, sur une mosaïque commémorative, du nom d’Optat, identifié à l’évêque Optat[116]. La basilique présente un plan classique à trois nefs avec des dimensions considérables : 23 mètres de large sur 63 de long. La nef centrale se termine en abside et est précédée par un atrium. Ce dernier était décoré de colonnes à chapiteaux corinthiens, peut-être en réemplois. Au nord-ouest se trouvait un baptistère dont la cuve a été retrouvée en bon état, encore partiellement couverte de mosaïques polychromes aux motifs géométriques sur les marches, aux motifs floraux autour de la cuve. Au moins un ensemble thermal existait aussi dans ces bâtiments. Un sarcophage retrouvé dans la basilique témoigne d'aménagements permettant la réalisation de libations alimentaires, présentant ainsi une continuité remarquable avec les rites funéraires polythéistes, survivance qui pourrait s'expliquer, selon Henri-Irénée Marrou par le donatisme des fidèles de la basilique[117]. Une chapelle annexe, longue de 26 mètres, est accolée au flanc gauche de la basilique.

Le fait que d’autres bâtiments basilicaux aussi importants aient aussi des baptistères témoigne sans doute de la division religieuse de la cité entre donatistes et catholique : le baptistère renvoie en effet d’ordinaire à la présence de l’évêque[118]. Selon Courtois l’édifice catholique correspondait à l’église de la route de Lambèse. En fait, en l’absence d’inscription, il est impossible de distinguer un bâtiment donatiste d’un bâtiment catholique et les attributions des trois grandes basiliques de Timgad, du centre, du nord-ouest et de l’ouest restent incertaines.

La ville présente d’autres édifices chrétiens plus modestes, mais difficiles à dater entre le Ve siècle et le VIIe. Une grande partie de ces édifices fut élevée avec des matériaux de réemplois et de récupération : c’est le cas notamment d’une chapelle très ruinée retrouvée près du Capitole. La nécropole sud de la ville, où furent retrouvées près de 10 000 tombes, malheureusement la plupart très modestes et anonymes, était dominée par deux églises, l’une d’elles ayant été élevée entre 641 et 642 par Jean, duc de Tigisi. Le fort byzantin possédait aussi, bien sûr, sa propre chapelle.

Les nécropoles[modifier | modifier le code]

Tombe à Timgad. La stèle porte le portrait en pied de la défunte nommée Caecilia et une courte épitaphe ; elle surplombe une mensa (table) où est représenté un repas funéraire.

Comme toute ville romaine, Timgad était entourée de ses nécropoles : les sépultures ne pouvaient prendre place qu'en dehors de l'enceinte urbaine. La tombe du mime Vincentius rappelle précisément cette règle à Timgad : « Vincentius est là, honneur des pantomimes (...) il vit à tout jamais dans la bouche du peuple (...) Ici maintenant sous terre, il demeure devant les remparts. Vingt-trois ans, il a vécu sa fleur »[119]. Leur exploration ne fut cependant que tardive et incomplète : ce n'est qu'à partir de 1932 que les archéologues commencèrent vraiment à les dégager, après le dégagement du quadrilatère de la ville trajanienne. Aujourd'hui encore les nécropoles sont donc très incomplètement connues, et si certaines ont souffert de l'érosion, il est possible de penser que des découvertes intéressantes restent à faire. En l'état actuel des connaissances l'une des nécropoles les mieux connues reste celle de la porte de Lambèse qui fut fouillée à partir de 1932 et donna lieu à une publication succincte[120]. La nécropole en question se trouve à 150 mètres de la porte de Lambèse, et à environ 500 mètres de l'arc dit de Trajan. Son dégagement a révélé une grande diversité de tombes que les fouilleurs ont regroupées en cinq grands types.

  • type 1 : ce sont les tombes les plus modestes, mais aussi, et de très loin, les plus nombreuses, elles sont constituées de tuiles arc-boutées les unes contre les autres et couvrant la sépulture, une grosse pierre en avant de la tombe la distinguant et scellant le coffrage de tuile. Ces tombes sont en général anonymes.
  • type 2 : c'est en fait un embellissement du type précédant, la pierre étant remplacée par un massif de blocage et parfois par une stèle inscrite qui peut-être encadrée dans une mensa, table funéraire destinée à recevoir les offrandes et à accueillir les repas funéraires.
  • type 3 :ce sont des tombes à caisson (cupulae), un ou deux caissons de pierre semi-cylindriques sur un socle en pierre recouvrent la sépulture.
  • type 4 : il s'agit là aussi d'un embellissement du type précédant, le monument se trouvant sur deux gradins, le corps étant plus bas que les gradins, placé sous des tuiles.
  • type 5 : il s'agit d'une tombe qui appartenait à un monument funéraire de grande taille reposant sur un soubassement. La nécropole de la porte de Lambèse n'a livré qu'une seule tombe de ce type, c'est un type de sépulture qui correspond à la partie la plus riche de la population.

Les tombes sont en général des sépultures à incinération. Si la plupart du temps les tombes modestes ne livrent pas d'inscriptions, diverses observations ont été faites sur la répartition des épitaphes : les sépultures semblaient groupées par famille - au sens large - ainsi les Caecilii se voisinaient comme les Valerii ou les Terentii. toutefois au sein d'une même famille les tombes pouvaient être très disparates, très modestes ou plus luxueuses : cela pouvait correspondre à plusieurs branches de la famille, mais aussi aux tombes de la famille du maître et aux tombes de ses affranchis. Les nécropoles étaient le lieu de cérémonies et d'offrandes aux défunts, ces offrandes étaient souvent déposées sur des plats, parfois versées dans la tombe par l'intermédiaire d'un orifice. Ces offrandes étaient aussi l'occasion de banquets, coutume qui fut poursuivie à l'époque chrétienne, malgré le désaccord du clergé ainsi qu'en atteste Saint Augustin[117].

La forteresse byzantine[modifier | modifier le code]

Située à environ 300 mètres au sud de la ville, au-dessus du site du sanctuaire de l'Aqua septimiana dont de nombreux éléments furent réemployés, le fort byzantin de Timgad[121] est un des mieux conservé d'Afrique du Nord. De plan rectangulaire et protégé par de puissantes tours d'angle, son enceinte fut construite en 539 par le patrice Solomon. Conservée sur 14 mètres de hauteur, elle encadre un périmètre de 120 mètres par 80. La construction du fort utilisa de nombreuses inscriptions en réemploi. Le fort abritait des casernements dans sa partie orientale. La partie occidentale rassemblait les installations communes, un réserve d'eau - la piscine du sanctuaire réutilisée, une chapelle édifiée sur le podium des temples antérieurs, des thermes pour la garnison. Ces derniers d'une surface de 200 mètres carré ouvraient directement sur la place de la forteresse. La fouille de ces aménagements intérieurs s'est révélée très riche, car une épaisse couche de terre les avait protégés des injures du temps.

Historique des fouilles[modifier | modifier le code]

Redécouverte du site[modifier | modifier le code]

Rue des moulins à grain (1962)

C'est en 1765 que le voyageur anglais James Bruce signala le premier l'existence de ruines romaines importantes à Timgad. De fait, seuls les monuments les plus importants émergeaient : le sommet de l'arc de Trajan, le capitole – semble-t-il mieux conservé qu'au XIXe siècle puisqu'il avait encore cinq colonnes intactes –, le théâtre et la forteresse. Les dessins que Bruce fit du site ne furent toutefois diffusés qu'à partir de 1877[122]. Le site fut par la suite visité par Louis Renier en 1851 dans le cadre d'une mission épigraphique. Il récolta soixante-dix inscriptions et repéra le forum. La mission de Renier fixa des orientations historiographiques durables, en particulier l'idée que les vétérans de Timgad devaient avoir un rôle militaire contre les autochtones : la redécouverte de Timgad se faisait désormais dans le contexte colonial français et en a été profondément marquée[123]. Émile Masqueray visita Timgad en 1875, donnant l'année suivante un long rapport dans la Revue africaine[124]. Il décrivait la ville en détail, signalant de nombreux monuments et publiant nombre d'inscriptions nouvelles, en particulier l'album des décurions. Quelques années plus tard,, en 1880, une véritable exploration archéologique des ruines commença.

Les fouilles françaises[modifier | modifier le code]

Les ruines de Timgad vue depuis le théâtre. Au fond les deux grandes colonnes du capitole

C'est sur décision du ministère de l'instruction publique que des fouilles commencèrent, dans les années 1880-1883 à Timgad, ainsi qu'à Lambèse et Zana, sous la direction de Duthoit puis d'Albert Ballu. Les fouilles progressèrent très rapidement, il est vrai que les archéologues français étaient surtout soucieux d'arriver rapidement aux seuls vestiges qui leur semblaient dignes d'intérêts, c'est-à-dire le plus souvent ceux du Haut-Empire, et que l'on ne se souciait pas alors ni de stratigraphie ni d'une archéologie du quotidien : on recherchait les beaux objets et les monuments publics. Dès 1884, le forum était entièrement dégagé. Si des savants parisiens réclamèrent le déplacement des inscriptions vers la métropole française, le ministère de l'instruction publique imposa la conservation sur place au nom de la cohérence de l'histoire locale et régionale. En 1894, la basilique chrétienne interprétée comme la cathédrale était dégagée à son tour, et une messe y fut célébrée par l'évêque de Constantine : révélant l'usage colonial qui était alors fait du passé romain et chrétien du Maghreb, conçu comme une légitimation du projet colonial français. En 1897, Ballu publia le premier livre sur les ruines de Timgad révélant le forum et ses annexes, la basilique, quelques maisons, le marché de Sertius et ses thermes. René Cagnat avait participé à l'ouvrage qui fut complété en 1903 et 1911 pour intégrer la progression des dégagements qui se poursuivaient. Après 1929 les architectes en chef des monuments historiques chargés de la circonscription sont Marcel Christofle puis son fils Marcel-Henri Christofle[125].

Ce n'est qu'en 1932 que le quadrilatère de la colonie originale fut totalement dégagé[126]. Les fouilles, dirigées par Ch. Godet, purent alors se tourner vers la périphérie du site : nécropoles, sites chrétiens, fort byzantin. En prévision d'un congrès d'études byzantines qui devait se tenir à Alger, l'exploration du fort byzantin fut entreprise en 1939 par Charles Godet. Cette opération révéla le sanctuaire de l'Aqua septimia felix, qui se trouvait sous le fort[127], ainsi que de nombreuses inscriptions qui avaient été utilisées en réemploi par les Byzantins. Par la suite R. Godet succéda à son père à la tête des fouilles du site avant de mourir dans un accident d'hélicoptère au début de la guerre d'indépendance algérienne[128]. Cette disparition, ainsi que celle presque contemporaine de Louis Leschi compromis la publication rapide des trouvailles faites sous le fort byzantin[128].

À partir de 1948, la nécessité de protéger le site archéologique et de loger aux mieux les habitants de Timgad conduisit au projet de la construction d’une ville nouvelle de Timgad, conçue selon les normes de l’architecture contemporaine. Après l’échec d’un premier projet, la conception et la construction de la nouvelle cité furent confiées à Roland Simounet en 1957, la ville nouvelle devant être construite à 1 000 m au nord des ruines de la ville romaine. Simounet proposa une ville aux rues étroites occupant une superficie de 6 ha, utilisant une architecture aux formes simples adaptées à l’environnement local et aux conceptions qu’il se faisait du bien être des habitants. La construction fut menée à bien malgré la guerre d’Algérie et ses restrictions grâce à l’usage de techniques et de matériaux locaux[129].

Les fouilles depuis 1962 et la question de la préservation du site[modifier | modifier le code]

Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, la ville de Timgad ne fait pas actuellement l'objet de fouilles. La conservation et la restauration du site ne sont pas sans poser problème. Timgad est exposée aux dégradations climatiques et humaines. Conservation et valorisation du site suscitent des inquiétudes et des débats[130]. Des critiques ont été formulées de manière récurrente à l'occasion de l'organisation du festival annuel qui avait lieu dans les ruines et pouvait les dégrader[131]. L'issue de ces questions dépend en grande partie de l'évolution économique et politique de l'Algérie.En 2001, dans le cadre d’une évaluation générale de la conservation des mosaïques antiques en Algérie, Ferdi Sabah notait un état de conservation satisfaisant pour les mosaïques de Timgad, à la différence d’autres sites du patrimoine algérien comme Lambèse, Sétif ou Tébessa. Parmi les causes de dégradations il signalait outre les causes naturelles, l’insécurité des régions rurales, le manque de spécialistes en restauration, le manque d’intérêt culturel pour les antiquités, les difficultés d’un pays émergent[132]. Un nouveau théâtre a été érigé à proximité du site, à l'imitation du plan du théâtre romain, d'une capacité de 5000 places il est destiné à accueillir le festival international et doit donc participer à la préservation du site. Financé à partir de 2007, et correspondant à des travaux d'une valeur de 251 millions de dinars algériens[133], il doit être opérationnel pour l'édition 2010 du festival. Toutefois des critiques ont été formulées quant à son emplacement et sa pertinence si près du site[réf. nécessaire].

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Musée de Timgad[modifier | modifier le code]

Situé à l'entrée du site le musée conserve et présente de nombreuses sculptures, mosaïques, inscriptions ainsi que des petits objets (poteries, lampes, verrerie, petits objets en bronze, monnaies) trouvés dans la fouille du site ou de ses environs[134]. Les sculptures concernent tout d'abord des divinités gréco-romaines : comme pour les torses de Mercure et d'Apollon, la statue de la Fortune, les têtes de Sérapis et d'Esculape ou locales à travers les bas-reliefs dédiés à Saturne africain, elles peuvent aussi concerner des empereurs : le musée expose le torse et la tête d'une statue de l'empereur Lucius Verus. Les nombreuses mosaïques présentées sont pour l'essentiel décoratives, mais des mosaïques figurées sont exposées qui ont été souvent retrouvées dans les thermes ou de très riches demeures privées : Neptune sur son char, Vénus, Diane au bain, etc. Le musée est un élément important de la préservation du site et de ses richesses, il a cependant dû faire face à des vols en 1993 et 1996 (bronzes et monnaies)[135] et 2001 (portrait de l'empereur Hadrien)[136].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. Gascou, La politique municipale de l'Empire romain en Afrique proconsulaire de Trajan à Septime Sévère, Rome, 1972, p. 98
  2. Jacques Hureiki, Essai sur les origines des Touaregs : herméneutique culturelle des Touaregs, Paris, 2003, p. 138-139. Sur le sens du mot Timgad, il s'appuie sur l'article du commandant Louis Rinn, « Géographie ancienne de l'Algérie. Localités désignées par l'historien Procope en son récit de la deuxième expédition de Solomon dans le Djebel Aourès », Revue Africaine, XXXVII, 1893, p.  297-329 ici p. 303
  3. Aurès Chaouis
  4. P. Corbier, 2009, p. 182
  5. Pierre Morizot, « Timgad et son territoire », dans Yann Le Bohec dir., L'Afrique, la Gaule, la religion à l'époque romaine. Mélanges à la mémoire de Marcel Le Glay, Bruxelles, 1994, p. 233-231
  6. Pierre Morizot, « Vues nouvelles sur l'Aurès antique », CRAI, 1979, 123-2, p. 309-337 ici p. 330-333 Lire en ligne
  7. CIL VIII, 2355 =17842 et 17843. Voir J. Gascou, La politique municipale de l'Empire romain en Afrique proconsulaire de Trajan à Septime Sévère, Rome, 1972, pp. 97-100
  8. C. Hugoniot, Rome en Afrique, Paris, 2000, pp. 288-291
  9. Aulu-Gelle, XVI, 13
  10. P.-A. Février, Approches du Maghreb romain, II, Aix en Provence, 1990, p. 77
  11. François Jacques, « Propriétés impériales et cités en Numidie méridionale », Cahiers du centre Gustave Glotz, 3, 1992, p. 123-139
  12. Pierre Morizot, « Timgad et son territoire », dans Yann Le Bohec dir., L'Afrique, la Gaule, la religion à l'époque romaine. Mélanges à la mémoire de Marcel Le Glay, Bruxelles, 1994, p. 226-243
  13. Pierre Morizot, « Timgad et son territoire », dans Yann Le Bohec dir., L'Afrique, la Gaule, la religion à l'époque romaine. Mélanges à la mémoire de Marcel Le Glay, Bruxelles, 1994, p. 228
  14. Pierre Morizot, « Timgad et son territoire », dans Yann Le Bohec dir., L'Afrique, la Gaule, la religion à l'époque romaine. Mélanges à la mémoire de Marcel Le Glay, Bruxelles, 1994, p. 232-234
  15. Pierre Morizot, « Timgad et son territoire », dans Yann Le Bohec dir., L'Afrique, la Gaule, la religion à l'époque romaine. Mélanges à la mémoire de Marcel Le Glay, Bruxelles, 1994, p. 234-236
  16. Pierre Morizot, « Timgad et son territoire », dans Yann Le Bohec dir., L'Afrique, la Gaule, la religion à l'époque romaine. Mélanges à la mémoire de Marcel Le Glay, Bruxelles, 1994, p. 243
  17. CIL VIII, 2403 (ILS, 6122)
  18. André Chastagnol, L'Album municipal de Timgad, Bonn, 1978
  19. H. Horstkotte, « Das Album von Timgad und die Bindung von Staatsbeamten an die Kurie », ZPE, 75, 1988, p. 237-246 [PDF] [1]
  20. AE 1913, 25 ; voir AE 1995, 74
  21. Contra epistulam Parmeniani, II, 4
  22. Serge Lancel, Saint Augustin, Paris, 1999, p. 359
  23. Voir le Contra Gaudentium ; S. Lancel, op. cit., p. 507
  24. P. Morizot, "Aurès", Encyclopédie Berbère, p. 1106
  25. Christian Courtois, Timgad, 1952
  26. P. Morizot, « Recherches sur les campagnes de Solomon en Numidie méridionale (535-539) », CRAI, 1993, 137-1, p. 83-106 Lire en ligne
  27. M. Janon, 1980, p. 348
  28. P. Morizot, op. cit., p. 1106-1108
  29. Au regard des problématiques et des pratiques historiques et archéologiques actuelles on ne peut que regretter la perte d'information que les techniques de fouilles, et les choix historiques des archéologues coloniaux ont entrainé en négligeant cette période lors du dégagement de la ville : voir P.-A. Février, Approches du Maghreb romain, I, Aix-en-Provence, 1989, p. 72-73 : « Lorsque nous entrons aujourd'hui dans une maison, elle apparaît telle que l'architecte des Monuments historiques voulut qu'elle fût. C'est-à-dire vidée des couches tardives et des remaniements qui auraient pu témoigner d'un devenir[...] notons pour le présent cet effacement de toute une tranche du passé qui n'a pas été digne d'être conservée. Ce qui occulte la longue durée et réduit le passé à une image à laquelle on ne saurait se fier. »
  30. Chastagnol, 1978, p. 30
  31. Pavis d'Escurac, 1980, p. 192
  32. Pavis d'Escurac, 1980, p. 184
  33. Pavis d'Escurac, 1980, p. 191
  34. Pavis d'Escurac, 1980, p. 193 en recense 7
  35. Pavis d'Escurac, 1980, p. 194
  36. Pavis d'Escurac, 1980, p. 189
  37. a et b Pavis d'Escurac, 1980, p. 190
  38. Pavis d'Escurac, 1980, p. 188 avec par exemple les statues de Marc Aurèle et d'Antonin le Pieux par Marcus Caelius Saturninus ou les statues érigées au théâtre pour la famille de Caracalla par Pompeius Pudentianus
  39. Pavis d'Escurac, 1980, pp. 189-190
  40. a et b Pavis d'Escurac, 1980, p. 187
  41. CIL VIII, 2350=17815
  42. a et b CIL VIII, 2362 et 17864
  43. Gascou 1976
  44. ILS, 6824
  45. Jacques, 1992, p. 99
  46. Le Glay, 1980
  47. CIL VIII, 17906
  48. CIL VIII, 17907.
  49. C'est-à-dire que la façade compte quatre colonnes
  50. Corbier, 2009, p. 184
  51. P. Gros, « Les forums de Cuicul et de Thamugadi : ordonnance et fonctionnement des espaces publics en milieu provincial au IIe siècle apr. J.-C. », BCTH, 1990-1992, p. 61-80
  52. Corbier,2009, p. 185
  53. Voir infra le paragraphe sur la préservation du site
  54. Noureddine Tlili, « Les bibliothèques en Afrique romaine », Dialogues d'Histoire Ancienne 26/1,2000, pp 151-174 [2]
  55. P. Gros, L'architecture romaine, I, Paris, 1996, p. 372. P. Corbier, 2009, p. 187 considère que la datation est inconnue.
  56. AE 1908, 2 (ILS, 9362) : « Ex liberalitate M(arci) Iuli Quintiani Flavi(i) Rogatiani, c(larissimae) m(emoriae) v(iri), quam testamento suo reipublicae coloniae Thamugadensium patriae legavit opus bibliothecae ex (sestercium) (centum quattuor) mil(ibus) num(mum) curante republica perfectum est. »
  57. dossiers de photographies, de plan et de restauration graphique sur la bibliothèque
  58. N. Tlili, op.cit., p.172
  59. S. Tourrenc, 1968 d'où AE 1968, 647
  60. S. Tourrenc, 1968, p. 211
  61. PIR2, L 363
  62. S. Tourrenc, 1968, pp. 206-209
  63. S. Tourrenc, 1968, p. 209
  64. S. Tourrenc, 1968, p. 202
  65. S. Tourrenc, 1968, p. 213.
  66. S. Tourrenc, 1968, pp. 213-214
  67. Vitruve, I, 7
  68. Aen., I, 422
  69. Voir Pierre Gros, « les forums de Cuicul et de Thamugadi… », BAC, n.s. 23, 1990-1992 (1994), p. 61-80
  70. Claude Lepelley, « Le lieu des valeurs communes » dans H. Inglebert éd., Idéologies et valeurs civiques dans le monde romain, Picard, Paris, 2002, p. 273
  71. CIL VIII, 2388 (ILS 5554)
  72. P.A. Février, Approches du Maghreb romain II, Aix-en-Provence, 1990, p. 13
  73. C. Lepelley, "Le lieu des valeurs communes" dans H. Inglebert éd., Idéologies et valeurs civiques dans le monde romain, Picard, Paris, 2002, pp. 273-274 ; le christianisme d'Aelius est connu grâce à un chrisme sur la tablette de patronat Année épigraphique, 1913, 25
  74. C. Lepelley, « Le lieu des valeurs communes » dans H. Inglebert éd., Idéologies et valeurs civiques dans le monde romain, Picard, Paris, 2002, p. 273
  75. Corbier, 2009, p. 188
  76. CILVIII, 17829
  77. J. Lassus, « Une opération immobilière à Timgad », Mélanges Piganiol, p. 1120-1129
  78. Y. Thébert, « Vie privée et architecture domestique en Afrique romaine », dans P. Veyne dir., Histoire de la vie privée, I, Seuil, Paris, (1985), 1999, p. 328
  79. Digeste, L, 10
  80. P.-A. Février, Approches du Maghreb romain, II, Aix en Provence, 1990, p.  22
  81. Y. Thébert, op. cit., p. 365
  82. P.-A. Février, « Urbanisation et urbanisme dans l’Afrique romaine », ANRW, II, 10, 1982, p. 367
  83. Y. Thébert, Thermes romains d’Afrique du Nord, Rome, 2003, inscriptions n° 185-186 : « À Hygie Auguste, Faustus et Valentina (ont fait élever la statue) » « À Esculape Auguste, pour l’ornement des bains, Primitivus actor(= caissier) (a fait élever la statue) »
  84. Y. Thébert, Thermes romains d’Afrique du Nord, Rome, 2003, p. 247
  85. H. Devijver, PME, P47
  86. C. Briand-Ponsart, « Les dames et la terre dans l’Afrique romaine », Histoire et société rurale, n° 19, 2003, p. 79-90 notamment p. 87 Lire en ligne
  87. P. Morizot, « Timgad et son territoire », dans L’Afrique, la Gaule, la religion à l’époque romaine. Mélanges à la mémoire de Marcel Le Glay, Bruxelles, 1994, p. 236
  88. P. Morizot, « Impact de l’armée romaine sur l’économie de l’Afrique », dans P. Erdkamp, The Roman Army and the Economy, Amsterdam, 2002, p. 370
  89. CIL VIII, 2394-2399, 17904-17905
  90. Y. Thébert, Thermes romains d’Afrique du Nord, Rome, 2003, p. 239
  91. Identifié par l'inscription AE 1909, 004
  92. C. Briand-Ponsart, « Thugga et Thamugadi, exemples de cités africaines », dans M. Cébeillac-Gervasoni et L. Lamoine, Les élites et leurs facettes, Rome-Clermont-Ferrand, 2003 p. 253
  93. J.P. Laporte, « Le temple de la dea Africa, d'Esculape et de Sarapis », dans C. Sintes et Y. Rebahi, Algérie antique, Arles, 2003, p. 69-71
  94. L. Leschi, « Découvertes récentes à Timgad : Aqua Septimiana Felix », CRAI, 91-1, 1947, p. 87-99 Lire en ligne
  95. Ces inscriptions ont été brièvement signalées et commentée par Louis Leschi, CRAI, 1947, pp.  95-97, mais n'ont pas toutes fait l'objet d'une édition complète
  96. AE 2008, 1697
  97. CIL VIII, 2391=17910 (ILS, 2937) le rapprochement a été fait par L. Leschi, CRAI, 1947
  98. L. Leschi, CRAI, 1947, la déesse identifiée par ses attributs et par le mot « AFR(ica) » sur le fanion qu'elle tient est représentée sur une céramique « ex officina Thamugadensium »
  99. M. Bénabou, La résistance africaine à la romanisation, Paris, 1976, p. 274
  100. « il s'agit évidemment d'une source miraculeuse ancienne, dont les Romains ont capté les pouvoirs, en installant autour d'elle un temple comportant des statues des divinités romaines guérisseuses. », M. Bénabou, La résistance africaine à la romanisation, Paris, 1976, p. 274
  101. Voir L. Leschi, CRAI, 1947 ; M. Leglay, « Le Temple sévérien de l'Aqua Septimiana Felix », BAC, 1967, III, p. 262 ; J.P. Laporte, « Le temple de la dea Africa, d'Esculape et de Sarapis », dans C. Sintes et Y. Rebahi, Algérie antique, Arles, 2003, p. 69-71
  102. S. Germain-Warot, 1969
  103. Y. Thébert, Thermes romains d'Afrique du Nord et leur contexte méditerranéen, Rome, 2003, pp. 228-254, pl. XCIX-CXVII
  104. On trouvera un bilan de la douzaine de plans connus dans R. Rebuffat, « Maisons à péristyle d’Afrique du Nord : répertoire de plans publiés », MEFR, 1969, 81-2, p. 676-678 avec plans p. 703-708 Lire en ligne
  105. a, b et c P.-A. Février, Approche du Maghreb romain, II, 1990, p. 58
  106. AE 1997, 01728
  107. CIL VIII, 2340
  108. Corbier, 2009, p. 193
  109. P.-A. Février, Approche du Maghreb romain, II, 1990, p. 59
  110. S. Germain, 1969, p. 149-150
  111. Jean Andreau, L'économie du monde romain, Ellipses, 2010, (ISBN 978-2-7298-5331-0), p. 109
  112. Y.Thébert, « Vie privée et architecture domestique en Afrique romaine », dans P. Veyne dir., Histoire de la vie privée, t. I, Seuil, Paris, (1985), Point-Seuil, 1999, p. 328
  113. Y.Thébert, "Vie privée et architecture domestique en Afrique romaine", dans P. Veyne dir., Histoire de la vie privée, t. I, Seuil, Paris, (1985), Point-Seuil, 1999, p. 366
  114. S. Germain, 1969, p. 150
  115. Y.Thébert, « Vie privée et architecture domestique en Afrique romaine », dans P. Veyne dir., Histoire de la vie privée, t. I, Seuil, Paris, (1985), Point-Seuil, 1999, p. 385
  116. « Haec iubente sacerdote Dei Optato peregi ». E. Albertini, « Un témoignage épigraphique sur l’évêque donatiste Optat de Thamugadi », CRAI, 1939, p. 100-103 Lire en ligne
  117. a et b Henri-Irénée Marrou, « Survivances païennes dans les rites funéraires des Donatistes », Christiana tempora. Mélanges d'histoire, d'archéologie, d'épigraphie et de patristique, Rome, 1978, p. 225-237 Lire en ligne.
  118. P.-A. Février, Approches du Maghreb romain II, Aix-en-Provence, 1990, p. 28
  119. Paul-Albert Février, Approches du Maghreb romain II,Aix-en-Provence, 1990, p. 53
  120. Louis Leschi, "Le cimetière de la porte de Lambèse à Timgad", BAC, 1934-1935, pp.36-51 désormais Louis Leschi, Études d'épigraphie, d'archéologie et d'histoire africaine, Paris, 1957, pp. 204-214
  121. Les fouilles ont été publiées dans Jean Lassus, 1981
  122. P.-A. Février, Approches du Maghreb romain, I, Aix-en-Provence, 1990, p. 30
  123. P.-A. Février, Approches du Maghreb romain, I, Aix-en-Provence, 1990, p. 37
  124. E. Masqueray, « Rapport à M. le général Chanzy, gouverneur général de l'Algérie sur la mission dans le sud de la province de Constantine : les ruines de Tamgad », Revue africaine, 20e année, 1876, p.  164-172 ; 257-266 ; 352-366 ; 456-469.
  125. Paul Corbier,« Timgad, son développement urbain, ses notables », dans Agnès Groslambert éd., Urbanisme et urbanisation en Numidie militaire (Actes du colloque organisé les 7 et 8 mars 2008 par l'université Lyon 3), Paris, 2009, p. 181
  126. Louis Leschi, « Le cimetière de la porte de Lambèse à Timgad », BAC, 1934-1935, pp. 36-51 (= Études d'épigraphie, d'archéologie et d'histoire africaine, Paris, 1957, pp.204-214)
  127. Louis Leschi, « Découverte récente à Timgad : Aqua septimia felix », CRAI, 1947 (= Études d'épigraphie, d'archéologie et d'histoire africaine, Paris, 1957, pp. 240-245)
  128. a et b Jean Lassus, « Rapport du directeur des Antiquités de l'Algérie », CRAI, 100-1, 1956, p. 55-56 Lire en ligne.
  129. Kumido Soda, « La réalisation de la nouvelle agglomération de Timgad pendant la guerre d’Algérie : Roland Simounet et sa « mission impossible » », Livraisons d’histoire de l’architecture, 2005, 9, p. 149-159 lire en ligne
  130. « Timgad : aucun projet de restauration n'est envisagé pour le moment ». La Tribune, Alger, Août 2006.
  131. El Watan, 11 août 2000
  132. F. Sabah, « État inégal de conservation des mosaïques d’Algérie », CRAI, 2001, 145-1, p. 517-528 lire en ligne
  133. « Le festival de Timgad est sauvé », El Watan, 4 juin 2010
  134. Page sur le musée de Timgad
  135. El Watan, 27 avril 2006
  136. El Watan, 25 avril 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nacéra Benseddik, « Timgad », in Dictionnaire de l'Antiquité, PUF, Paris 2005, p. 2160-2161.
  • Mounir Bouchenaki, Cités antiques d'Algérie, collection Art et Culture n° 12, Alger, Ministère de l'Information et de la Culture, 1978 (114 p.) (ISBN 84-399-7904-5)
  • Émile Boeswillwald, Albert Ballu, René Cagnat, Timgad, une cité africaine sous l'Empire romain, Paris, 1905 (consultable sur Gallica).
  • André Chastagnol, L'album municipal de Timgad, Bonn, 1978.
  • Paul Corbier, « Timgad, son développement urbain, ses notables », dans Agnès Groslambert éd., Urbanisme et urbanisation en Numidie militaire (Actes du colloque organisé les 7 et 8 mars 2008 par l'université Lyon 3), Paris, 2009, p. 181-198.
  • Christian Courtois, Timgad antique Thamugadi, Alger, 1951.
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