Arabisation

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L'arabisation ou réarabisation désigne un ensemble de mesures politiques et culturelles destinées à promouvoir la langue et l'identité arabe. De nos jours, elle a lieu dans les régions ou les pays où l'on considère qu'elle a plus ou moins été délaissée au profit d'une langue issue de la colonisation occidentale.

Dans certains cas, ces mesures sont entreprises aux dépens des langues minoritaires dans des pays arabophones (exemple: le kurde en Syrie actuellement et en Irak sous Saddam Hussein) et des langues antérieures même à l'arrivée de la langue arabe dans la région (exemples: le berbère en Afrique du Nord et le syriaque au Moyen-Orient). En conséquence, les non-arabophones s'opposent à l'arabisation et réclament les mêmes droits culturels et linguistiques.

Dans l'histoire[modifier | modifier le code]

Il y eut plusieurs migrations arabes pré-islamiques en dehors de la péninsule d'Arabie comme par exemple celles des Ghassanides et des Nabatéens. L'arabisation complète du Moyen-Orient a eu lieu après la venue de l'islam. Les Arabes ne sont pas le premier peuple sémite à avoir migré en dehors de la péninsule (les Araméens, Cananéens, Akkadiens l'ont fait avant). Après l'apparition de l'islam dans la péninsule d'Arabie, la culture et la langue arabe s'est propagée par les conquêtes militaires, les échanges commerciaux avec les États africains, et les mariages des Arabes avec les populations locales.

Les pays et les territoires traditionnellement considérés comme étant passés par ce processus d'arabisation sont le Maroc, la Mauritanie, l'Algérie[1], la Tunisie, la Libye, l'Égypte, le Liban, la Syrie, la Jordanie, la Palestine, l'Irak, le Soudan et le Tchad. En outre, bien que le Yémen soit traditionnellement considéré comme la patrie des Arabes, la majeure[2] partie de la population ne parlait pas l'arabe, mais d'autres langues sémitiques du sud avant la diffusion de l'islam.

La Péninsule ibérique et de la Sicile ont été partiellement arabisées dans le passé, mais la langue arabe n'y est plus parlée. Le parler de Malte, dérivant du siculo-arabe, a été érigé en langue séparée.

La langue arabe péninsulaire est devenue courante dans ces régions ; des dialectes se sont aussi formés. L'arabe standard moderne fonctionne en quelque sorte comme une langue-toit, permettant aux locuteurs de différents dialectes de se comprendre entre eux.

De nos jours, l'arabe est également une langue minoritaire au sein de territoires autrefois arabisés mais dépendant aujourd'hui d'états non-arabophones, tels Israël, le Khuzestan et le sandjak d'Alexandrette.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Benrabah, Mohamed. – Langue et pouvoir en Algérie. Histoire d’un traumatisme linguistique. Paris, Séguier, 1999, 350 p. (« Les Colonnes d’Hercule »)
  2. Nebes, Norbert, "Epigraphic South Arabian," in von Uhlig, Siegbert, Encyclopaedia Aethiopica (Wiesbaden:Harrassowitz Verlag, 2005), p. 335.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]