Gélimer

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50 denarii monnaie du roi Gélimer

Gélimer ou Gélimir (Geilimer) est le dernier roi des Vandales et des Alains d'Afrique (« Rex Wandalorum Et Alanorum »). Il règne de 530 à 534.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gélimer
Titre
Roi des Vandales et des Alains
531 – mars 534
Prédécesseur Hildéric
Successeur Justinien Ier
Biographie
Titre complet Roi des Vandales
Roi des Vandales et des Alains
Dynastie Hasdings
Date de naissance 498
Lieu de naissance Numidie
Date de décès 565
Lieu de décès Galatie
Père Gélarith
Mère Amalasuithe
Résidence Carthage, Afrique, {en actuelle Tunisie}

Ses origines[modifier | modifier le code]

Membre de la famille royale vandale des Hasdings, il est le fils du prince Gélarith et le petit-fils du prince Gento, fils du grand roi Genséric. Il avait deux frères Tzazon et Ammatas, ainsi qu'un neveu Gibamond.

Arien convaincu, hostile aux Catholiques et aux Byzantins, il renverse en 530 le vieux et faible roi Hildéric qui lui, cherchait un franc rapprochement avec l'Église catholique et surtout Byzance, où il avait passé près de 40 années.

Son règne (530-534)[modifier | modifier le code]

Porté sur le trône, le roi déchu emprisonné, il rompt avec Byzance (531) et reprend les persécutions religieuses envers les catholiques.

En 533, l'empereur Justinien envoie son meilleur général, Bélisaire, détruire le royaume vandale de Carthage. Les troupes de Gélimer, la célèbre cavalerie vandale, tant redoutée par les Byzantins eux-mêmes, ne surent pas opposer une résistance soutenue face aux troupes de Bélisaire, en grande partie composée de mercenaires barbares aguerris (Hérules et Huns surtout).

L'armée vandale, comprenant peut-être 15 000 guerriers, est battue à deux reprises en 533, à Ad Decimum puis à Tricamarum (décembre 533), peut-être par manque de combativité. Cependant, les troupes byzantines furent mises un moment à lourde épreuve, évitant de justesse une défaite qui aurait pu être fatale pour l'expédition byzantine, une retraite aurait été plus que délicate. Bélisaire devait à tout prix vaincre Gélimer. Ce dernier, perdant espoir et attristé par la mort au combat de son frère Gunthimer, surnommé l'« Achille des Vandales » pour son courage, se retire vers Bulla Regia avec une petite troupe tandis qu'un soir de septembre 533, Carthage ouvrait ses portes sans résister à Bélisaire, après 3 mois à peine d'expédition. Bélisaire n'en fut pas pour autant rassuré : il croyait que les Vandales lui tendrait une embuscade et viendrait l'assiéger dans l'ancienne capitale vandale. Et c'est ce qui se passe 3 mois plus tard. Gélimer veut assiéger Carthage : il coupe les vivres et fait boucher l'aqueduc approvisionnant la ville en eau. Gélimer parvient également à s'entendre avec les mercenaires huns qui refusent alors de combattre les Vandales. Bélisaire, sans attendre, décide de lui faire front et marche à sa rencontre.

Á Tricamarum, la cavalerie vandale s'oppose à la cavalerie byzantine : Gélimer est sévèrement battu, perdant un autre frère, Tzato, gouverneur de la Sardaigne. La débandade gagne les troupes vandales tandis que les troupes « byzantines » prennent possession du camp vandale non loin de là, s'adonnant aux viols et aux massacres malgré la demande de Bélisaire de ne pas faire trop de dégâts lors de l'expédition, cherchant à démontrer que Byzance était intervenue pour « libérer l'Afrique des Barbares ». Bélisaire reprend ses troupes en main le lendemain mais Gélimer parvient à fuir.

La majeure partie du peuple vandale soumis, Gélimer décide de se rendre à son vainqueur en mars 534. Envoyé à Byzance, il figure au triomphe de l'empereur Justinien, devant qui il doit s'agenouiller et ôter son manteau de pourpre, en signe de soumission.

Selon Procope de Césarée[1], Gélimer aurait alors prononcé dans l'Hippodrome devant Justinien : « Vanité des vanités, tout est vanité[2].».

Justinien épargne malgré tout la vie de Gélimer. Il reçoit même un domaine en Galatie où il meurt, avant 560.

Pour beaucoup d'historiens, Gélimer souffrait d'une instabilité de caractère : dépressif, fou d'abord, bien que victorieux lors de l'engagement de l'Ad décimum, il ordonne la retraite à son armée, lorsqu'il découvre le corps inerte de son frère tué. En second lieu en pleine victoire à Trécamérum, il quitte le champ de bataille, sans laisser la moindre instruction à son entourage, favorisant en cela la débandade de son armée, juste après la mort de Tzazon. Enfin, le fou rire du dernier roi Vandale d'Afrique du nord, lors de la célébration du triomphe de Bélisaire à Constantinople, ne peut que confirmer cette thèse.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de la guerre contre les Vandales, L.II, chap.9.
  2. Ecclésiaste, 1,2.

Liens externes[modifier | modifier le code]