Hassan Agha

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Hassan Agha
Gouverneur de la Régence d'Alger
Biographie
Surnom Hassan l'eunuque
Origine Sarde
Date de décès 1545 (ou 1543)
Lieu de décès Alger
Fonction
Titre Beylerbey de la Régence d'Alger
Règne 1534 - 1543
Prédécesseur Khayr ad-Din Barberousse
Successeur Hadji Pacha

Hassan Agha, ou Hassan l'eunuque[1],[2], est de 1534 à 1543 le troisième beylerbey de la Régence d'Alger, après Khayr ad-Din Barberousse, [3].

Il est remplacé par Hadji Pacha auquel succède, en 1544, Hassan Pacha, le fils de Barberousse[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Siège d'Alger par l'Empereur Charles Quint.

Origine et début de carrière[modifier | modifier le code]

Hassan Agha (le mot agha signifie « officier ») est un Sarde[2] capturé, encore enfant, par Khayr ad-Din Barberousse lors du pillage d'un village de Sardaigne[5]. Barberousse le transforme en euneuque [6] et en fait son majordome[2] et son adjoint (khalîfa).

Quand il part pour Constantinople en 1533[3], Khayr ed-Din lui laisse le commandement d'Alger et le nomme amiral de la flotte ottomane d'Alger[5] .

Action comme gouverneur d'Alger[modifier | modifier le code]

Dès sa nomination, Hassan Agha ravage les côtes et les îles espagnoles et italiennes, faisant un énorme butin.

L'empereur Charles Quint, désirant combattre l'extension barbaresque en Méditerranée, lance une expédition punitive contre Alger. Cette expédition aboutit au siège de la ville en octobre 1541[7]. L'opération militaire est un désastre pour l'empereur[3].

Grâce à sa victoire, Hassan Agha obtient le ralliement de certaines tribus, en Kabylie, dans le Hodna, le Zab et le Constantinois[7]. Cependant, pour d'autres, le ralliement exige l'usage de la force, notamment celles du royaume de Koukou, liées avec les vaincus[2]. Souhaitant châtier le roi de Koukou, Ahmed ben el-Khadi, Hassan Agha prépare une attaque pour avril 1542. Confronté à une armée de six mille hommes, Ahmed ben el-Khadi préfère se soumettre à Hassan et lui payer un tribu en argent et en bétail[8].

En 1543, Hassan Agha marche sur Tlemcen avec une armée de 14 000 hommes afin de soumettre le roi Moulay Ahmed qui avait rompu son allégeance au roi d'Alger pour s'allier aux Espagnols. Le roi de Tlemcen se soumet à Hassan Agha qui retourne à Alger. Le général espagnol Don Martin de Cordova, marquis de Cortès, décide de châtier Moulay Ahmed pour ce renversement d'alliance. Vaincu, Moulay Ahmed se réfugie à Fès[9].

La disgrâce[modifier | modifier le code]

Lors des préparatifs de l'expédition de Charles Quint, Hassan Agha avait été en relation avec des émissaires de l'empereur. Ce dernier lui ayant fait miroiter le pachalik d'Alger s'il livrait la ville à condition que l'empereur l'attaque avec des forces considérables. La défaite de Charles Quint, due principalement aux très mauvaises conditions météorologiques, permit à Hassan Agha de gagner la bataille.[pas clair] Khayr ad-Din Barberousse, informé de cette possible duperie, douta de la fidélité d'Hassan[10].

Hassan Agha étant tombé malade lors de son retour de Tlemcen, la milice des janissaires (Odjak) d'Alger choisit Hadji Pacha comme successeur d'Hassan Agha. Mais Hadji Pacha ne gouverne que huit mois, car Barberousse a obtenu du sultan de Constantinople la nomination de son fils Hassan comme nouveau gouverneur d'Alger.

Hassan Agha meurt entre 1543 et septembre 1545 à une date controversée[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Diego de Haëdo, Histoire des rois d'Alger, Editions Bouchène,‎ 2010 (ISBN 2-912946-04-2), p. 76
  2. a, b, c et d Henri-Delmas de Grammont, Histoire d'Alger sous la domination turque (1515-1830), Editions Bouchène,‎ 2010 (ISBN 2-912946-53-0, présentation en ligne), p. 67
  3. a, b, c et d Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord : Des Origines à 1939, Grande Bibliothèque Payot,‎ 1994 (ISBN 2-228-88789-7), p. 645-646
  4. Smaïl Goumeziane, Ibn Khaldoun, 1332-1406: un génie maghrébin, p. 137.
  5. a et b Hocine Mezali, Alger : 32 siècles d'histoire, ENAG Editions,‎ 2006 (ISBN 9961-62-448-3), p. 137
  6. Hocine Mezali, p. 137.
  7. a et b Jacques Simon, L'Algérie au passé lointain. De Carthage à la Régence d'Alger, L'Harmattan, 2011, p. 187-188 (ISBN 978-2-296-13964-0)
  8. Diego de Haëdo, p. 79.
  9. Diego de Haëdo, p. 81.
  10. a et b Henri-Delmas de Grammont, page 78.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Diego de Haëdo, Histoire des rois d'Alger, Editions Bouchène,‎ 2010 (ISBN 2-912946-04-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Henri-Delmas de Grammont, Histoire d'Alger sous la domination turque (1515-1830), Editions Bouchène,‎ 2010 (ISBN 2-912946-53-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article