Sijilmassa

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Sijilmassa ou Sidjilmassa (en tamazight ⵙⵉⵊⵉⵍⵎⴰⵙⴰ) était une ancienne ville importante du point vue commercial au Moyen Âge, la ville se trouvait à l'emplacement actuel de la ville de Rissani au sud d'Errachidia, à 40 km au nord des célèbres dunes de Merzouga, dans la région de Tafilalet au Maroc. Actuellement, des ruines attestent de son existence.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ruines de Sijilmassa
Routes

Sijilmassa était une cité marchande, située au Maroc, et où faisaient halte les grandes caravanes amenant du Bilad el Sudan (Afrique noire) de la poudre d'or, de l'ivoire, des plumes d'autruche, et des esclaves[1],[2]. Elle était un centre important des Berbères zénètes.

En 757-758, les Miknassa de rite kharidjite sufrites, ils fondent Sijilmassa sous les ordres de Semgou Ibn Wassoul al Miknassi[3].

Elle fut la capitale d'un émirat kharijite, sous la férule des Midrarides avant d'être une pomme de discorde entre les Zirides vassaux des Fatimides d'Ifriqiya et les Maghraouides inféodés aux Omeyyades de Cordoue, du fait de sa situation au débouché des pistes caravanières. Elle fut finalement conquise par les Almoravides vers 1055. Sa situation commerciale continua d'être florissante jusqu'au XIVe siècle, et son ouverture sur l'ensemble du monde connu est attestée par le voyageur Ibn Battûta qui affirme avoir rencontré des Sijilmassiens au cours de son périple en Chine.

Du temps de sa splendeur, Sijilmassa était composée d'environ 600 kasbahs qui formaient autant de quartiers. La kasbah principale abritait le palais de l'émir, la grande mosquée, un atelier de frappe monétaire ainsi qu'un immense marché de négociants, dont certains venaient d'aussi loin que l'Égypte ou même de Bagdad. Les Midrarides (appelés aussi Ouassoulites) adoptèrent longtemps le rite modéré du kharidjisme, le sofrisme. Ils menèrent une politique d'alliance avec l'autre puissance kharijite du Maghreb, l'émirat rostémide de Tiaret en Algérie. Mais au début du Xe siècle, on note un assouplissement dans la pratique du sofrisme et l'émir midraride al Chakir Billah va jusqu'à reconnaître l'autorité spirituelle du calife Abbassides. Cela vient aussi du fait que Sijilmassa était devenue une place de commerce de niveau international, et cultivait ainsi une certaine forme de cosmopolitisme, attirant même le fondateur de la dynastie fatimide, le chef chiite ‘Ubayd Allâh al-Mahdî qui fuyait les persécutions en Orient. Emprisonné sur décision de l'émir midraride, Ubayd Allah est libéré en 909 par ses partisans commandant une grande armée composée de Kutama du Maghreb central, avant qu'il ne proclame le califat fatimide à Kairouan.

La ville fut prise par les Zénètes faisant allégeance aux Omeyyades de Cordoue, qui établirent des ateliers monétaires produisant les dinars d'or du califat andalou.

Sijilmassa, qui perdit de son importance au cours de siècles et ne cessa de décliner, fut finalement rasée en 1818 par les tribus de la confédération Aït Atta[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dale R. Lightfoot, James A. Miller, « Sijilmassa: The Rise and Fall of a Walled Oasis in Medieval Morocco », Annals of the Association of American Geographers, vol. 86, n° 1 (mars 1996), pp. 78-101
  • Messier Ronal A. & Mackenzie, Neil D., « Sijilmassa: an archaeological study », 1992, Bulletin d'archéologie marocaine, XIX, 2002, p. 257
  • Jean-Michel Lessard, Sijilmassa : la ville et ses relations commerciales au XIe siècle d'après El Bekri, Hespéris Tamuda, 1969, Vol.10 Fasc. 1-2, pp. 5-36
  • D. Jacques-Meunié, Le Maroc saharien des origines à 1670, Klincksieck, Paris, 1982, 2 vol.
  • D. Jacques-Meunié, « Sur l'architecture du Tafilalt et de Sijilmassa (Maroc Saharien) », dans Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 1962, vol. 106, n°2, pp. 132-147 [lire en ligne (page consultée le 4 février 2010)]
  • François-Xavier Fauvelle, Larbi Erbati, Romain Mensan, Sijilmâsa : cité idéale, site insaisissable ? Ou comment une ville échappe à ses fouilleurs in Les Études et Essais du Centre Jacques Berque, N°20, avril 2014 [lire en ligne (page consultée le 11 juin 2014)]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michael Dumper et Bruce E. Stanley, Cities of the Middle East and North Africa: a historical encyclopedia, ABC-CLIO, 2007, ISBN 978-1-57607-919-5, p. 334
  2. Anthony Ham et Alison Bing, Morocco, Lonely Planet Guides, 2007, ISBN 978-1-74059-974-0, p. 361
  3. [1]
  4. Hsain Ilahiane, Ethnicities, Community Making, and Agrarian Change, University Press of America, 2004, ISBN 0-7618-2876-1, page 53

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]