Idrissides

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Idrissides

الأدارسة (Al-Adarissah) (ar)
ⵉⴷⵔⵉⵙⵉⵢⵏ (Idrisiyn) (ber)

789985

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de l'Empire Idrisside, montrant son extension maximale au début du IXe siècle

Informations générales
Statut Sultanat
Capitale Uili, puis Fès
Religion Islam chiite
Histoire et événements
789 Instauration de la dynastie et prise de Tlemcen
920 Premières incursions des Fatimides
Années 930 Perte du Rif au profit des Omeyyades de Cordoue
985 Assassinat du dernier Idrisside
Sultan
(1er) 789-791 Idris Ier
(Der) 974-985 Al-Hasan ben Kannun

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Entités suivantes :

Les Idrissides ou Idrisides (arabe : الأدارسة ou al-adārisa) sont une dynastie de souche alide ayant régné au Maroc entre 789 et 985[1],[2],[3],[4],[5]. Ils sont communément considérés comme les fondateurs du premier état marocain[6],[7],[8],[3].

La dynastie doit son nom à Idris Ier, arrière-petit-fils d'Al-Hassan ibn Ali, rattaché au chiisme zaïdite[9],[10],[11], qui se fait reconnaître comme imam par la tribu berbère des Awarbas.[12] Son fils, Idriss II, entreprend l'unification du pays et pose les bases de l'état idrisside axé autour d'une administration centrale, le makhzen.

Pendant la seconde moitié du Xe siècle, le pouvoir idrisside s'effondre sous l'effet des incursions et des interventions des Omeyyades d'Espagne, des Fatimides et des Zénètes. Les Idrissides perdent leur pouvoir effectif en 974, avant d'être définitivement écartés en 985 après l'assassinat du dernier émir, Al-Hasan ben Kannun.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon Ibn Khaldoun, en 786, Hussain, arrière-petit-fils du calife Ali ibn Abi Talib, prend les armes à la Mecque contre le Khalif Al-Hadi. Parmi les révoltés, il y avait Yahya, fils d'Idris. Il s'enfuit vers Daylem en Égypte. Ensuite, son père Idris réussit à rejoindre l'Égypte. Un affranchi de Saleh (fils du Khalif Al Mansour) fournira des chevaux à Idris pour l'aider à s'échapper au Maghreb. En 788 à 789, Idris et son affranchi Rached arrivent sains et saufs à Ulili (ville ancienne sur le mont Zerhun à six ou sept lieues de Fès au Maroc).

Idris demande la protection du chef de la tribu des Awraba Ishaq b. Muhammed b. Humayd et il se proclame calife du Maghreb[réf. nécessaire]. Plusieurs confédérations berbères (Zouagha, Luwata, Sedrata, Ghiata, Nefzaoua, Miknassa, Ghomara) se rallient à la cause d'Idris. Par la suite, toutes les tribus berbères prêtent serment de fidélité à Idris. Le frère de ce dernier, Suliman se fixe à Tlemcen et dans ses environs. Idris parvint à dominer tout le Maghreb[réf. nécessaire] et il réussit à contrer les Berbères païens, juifs et chrétiens. Il obligea toutes les tribus à professer l'islam.

En 789 à 790, Idris rassemble son armée et vint aux portes de Tlemcen, qui était sous le contrôle des Maghraouas et des Ifrenides. Ces derniers font leur soumission à Idris. La version d'Ibn Khaldoun nous indique que l'émir de Tlemcen était Muhammed b. Kahzer b. Sulat entre 789 et 790. Cependant, l'auteur indique un autre émir Abou Qurra et une autre version des faits dans d'autres chapitres. Idris construira sa première mosquée à Tlemcen. De retour à Ulili, l'imam Idris fut empoisonné par Ash-Shammakh, un déserteur de la cause Aghlabides, entre les années 791 et 792.

Par la suite, les Awraba désignent l'enfant de la concubine d'Idris, Kenza. En 804, ils jurent fidélité à la mosquée d'Ulili au Petit Prince Idris et ce dernier était sous la tutelle d'Abou Khaled Yazid b. Al Yas Al Abdi. Lorsque le fils d'Idris fut majeur, il reçoit le pouvoir de tout le Maghreb. Toutes les villes du Maghreb seront soumises à Idris II, ce que révèle Ibn Khaldoun[réf. nécessaire]. Idris II avait aussi une armée composée juste d'Arabes au nombre de 500 guerriers.

En 807- 809, Idris II tue le chef de la tribu des Awraba. Ce dernier était pour la cause des Aghlabides. La ville d'Ulili devint très petite pour les serviteurs d'Idris II. Ce dernier décide de transférer sa capitale à Fès, alors que cette ville était sous le contrôle des B. Borghos (des mages, des juifs et des chrétiens) et des B. Khayr (tribus zwaghiennes). Les deux peuplades embrassent l'islam et font profession de foi à Idris II. En 807, Idris fond la ville de Fès et entreprend de grandes constructions (quartier Adwat Al Andalous, quartier Al Qaraouiyine, mosquée des charifs, etc.). Idris II confie son autorité aux Awraba en 812 et se proclame calife. Il fera la guerre contre les Masmoudas et occupe leurs villes. En 814, Idris II parvint à prendre Tlemcen et reçoit le serment de Mahammed b. Khazer le serment d'obéissance. Idris II restera durant 3 ans à Tlemcen et il réussit à supprimer le Kharidjisme de la région et à enlever aux Abbassides tout le pays du Sous [[refnec|au Chlef]]. Les Aghlabides ne pouvaient plus s'opposer à Idris II. En 828, Idris II meurt et son fils Muhammed prend le pouvoir[13].

Le royaume Idrissides est partagé entre les frères, selon les conseils de la grande-mère Kenza. Al Quasm obtient de son frère Omar : les villes de Tanger, Basra, Ceuta, Tetouan et Hadjer An-Nasr. Omar reçoit Tikisas et Tergha y compris le commandement des tribus Sanhadjas et Ghomaras. Dawed eut le pays des Houaras, Tasul, Taza et le pouvoir sur les tribus Miknassa et Ghiata. Abdellah récolte Aghmat, Anfis, les montagnes des Masmoudas, le pays des Lamba et le reste du Sus al-Aksa. Le dernier frère, Yahia, décroche les villes d'Asilah et de Larache, le pays des Ouergha. Yahia désigne Issa au gouvernement de Chella, Salé, Azemmour, Tamesna. Aussi, Yahia remet Ulili à Hamza. Par contre Tlemcen reste aux mains du fils de Suliman b. Abdallah, qui est le frère d'Idris I.

Ce partage provoque une guerre entre les frères idrissides. Le premier conflit s'oppose entre Issa et Muhammed. Ayssa succombe et ses territoires sont livrés à Omar. Al Qasem se soulève, mais Muhammed décide de lui faire la guerre. Al Qasem s'enfuit près d'Asilah. Il construira un ribat près de la mer et il demeurera caché jusqu'à sa mort. Omar mourut à Fedj Al Férès et il sera enterré à Fès en l'an 835. Omar sera l'ancêtre des Hammudites. Muhammed fils d'Idris II mourut dans l'année 836. Le royaume idrissides revient à son fils Ali, qui avait neuf ans. Les Aurébas se chargèrent de maintenir l'ordre jusqu'à sa mort en 848-849. Alors Yahya, fils de Muhammed prend l'autorité suprême du royaume. Fès connaîtra une phase de croissance. Plusieurs monuments et constructions ont été construits. Ibn Khaldoun ne mentionne pas la date de la mort de Yahya et elle reste inconnue. Ibn Khaldoun mentionne le fils de Yahia qui s'appelle aussi Yahyia et c'est lui qui va prendre le pouvoir. Mais, le fils de Yahya osera porter atteinte à l'honneur des femmes[14], ce qui provoquera un grand scandale et une importante révolte de la part Abderhaman b.Abd Sehl Al Djudami. Yahya est vite renversé et il mourut de chagrin la même journée. Son cousin, Ali b. Omar fut proclamé souverain de toutes les provinces du Maghreb après cet événement, lui qui dirigeait le Rif avant la révolte. Ali se rend à Fès et obtient le serment de fidélité.

Après cela, Abdarrazzaq, un sufrite, se révolte et regroupe tous les Medyuna et s'empare de Fès. Ali b. Omar s'enfuit aussitôt chez les Aurébas. Fès est divisée jusqu'à ce qu'Assaram, fils d'Al Qasem vienne délivrer la ville ou le quartier des mains des révoltés. Thaleba b. Abdellah, descendant de l'émir Muhelleb b. Abi Sufra devient le commandant du quartier des Kairouanides de Fès. Puis Abbud et après lui, c'est Muhareb b. Abbud qui a commandé Fès ou son quartier. Ensuite, Yahya b. Al Qasem continuera à gouverner le Maghreb jusqu'à 904- 905.

À l'arrivée des Fatimides en 920-921, ces derniers décident de conquérir le Maghreb. Alors, ils donnent à Messala b. Habbus émir des Miknassa le gouvernement de Tiaret et lui délivre de mandat de pourchasser les Idrissides. Messala réussit à vaincre l'armée idrissides composée d'Arabes et de Berbères. Il entame ensuite le siège de Fès. Yahya b.Idris consent à acheter sa liberté et obtient la gouvernance de Fès sous le drapeau Fatimide. Toutes les autres provinces du Maghreb sont données par le vainqueur à son cousin Mussa b. Afya le miknassi. Ce dernier était souverain de Tasul et Taza. Un litige éclate entre Yahia b. Idris et Mussa b. Afya. Ce litige se termine par l'arrestation de Yahya b. Idris par les Fatimides et sa fortune est saisite. Yahya essayera de passer en Ifriqiya, mais il sera emprisonné pendant deux années. Et par la suite, il retrouve sa liberté et il décide de vivre à Mahdia en 942. Yahia b. Idris mourut pendant le siège d'Abu Yazid. Ibn Abi'l Afya obtient le gouvernement du Maghreb.

En 925, Al Hassen, dit Al Haddjam, fils de Muhammed b. Al Qasem b. Idris expulse Rihan la tribu Kutama de Fès. Cela provoquera la guerre entre Al Haddjam et Musa Ibn Abi'l Afya. Minhal, fils de Afya et deux-mille miknassi furent tués dans la bataille. Dès qu'Yahyia pénètre la ville de Fès, Hamed b. Hamdan de la tribu Aurébas le met en prison et le livre à Musa. Al Hadjjam mourut lors de son évasion de prison, il fera une chute du haut de la muraille de la prison. Après la chute des Idrissides, les frères d'Al Haddjam s'évadent vers Basra dans le Rif.

En 929, Ibrahim b. Muhammed b. Al Qasem devient le chef, il construit le château de Hadjer An-Nasr dans le Rif. Dans la même période, les fils d'Omar b.Idris s'emparent des terres des Ghumaras, de Tikisas à Ceuta et à Tanger.

En 931, les Omeyades sous An Nacer prennent Ceuta. Abu'l Aych, fils d'Idris b.Omar livre la ville de Ceuta aux Omeyades. Aussitôt après la mort d'Ibrahim b. Muhammed, Al Qasem, dit Al Kunnun, devient le chef des Idrissides et avait le consentement des tribus Ghumaras. Ce chef décide de rejeter l'autorité d’Ibn Abi'l Afya, car ce dernier devint profatimides.

Les Omeyades à cette époque avaient l'autorité sur le Maghreb et ils ont réussi à prendre les campagnes des Zénètes dans le Rif. Cependant, les Banou Ifren s'emparent de Fès et l'abandonnent après aux Maghraouas. Alors que les Idrissides contrôlaient seulement le Rif avec les tribus Ghumara.

Les Omeyades finissent de conquérir les territoires idrissides du Rif et ils déportent les descendants de Muhammed et d'Omar vers l'Espagne puis vers Alexandrie. Un certain nombre de la famille des idrissides réussit à passer en Espagne dans le contingent berbère de la tribu Ghumara. Cela a permis la fondation du royaume Hammudites.

Al Hassen b. Kennun fut autorisé par Al Aziz le calife fatimide à rejoindre le Maghreb, mais il sera tué lors de l'expédition par Al Mansour b. Abi Amer. Et cet acte sera le symbole de la fin de la dynastie idrisside dans le Maghreb.

La fondation de Fès[modifier | modifier le code]

L'histoire de la fondation de Fès est sujette à polémique entre les différents historiens.

Récit du frère d'Idris, Suliman[modifier | modifier le code]

Selon Ibn Khaldoun dans son appendice IV, Suliman s'échappe vers le Maghreb lors des Abbassides, il arrive à Tiaret après la mort de son frère Idris I et il voulut prendre le pouvoir. Mais les Berbères résistent aux menaces de Suliman et les Aghlabides décrètent l'ordre de l'arrêter. Suliman se rend à Tlemcen et fut maître de toutes les tribus Zénètes de cette localité.

Son fils Muhammed b. Suliman succède et ses enfants se partagent tout le Maghreb central après la mort de leur père. Le gouvernement de Tlemcen était sous la responsabilité de Ahmed, fils de Muhammed puis à Muhammed fils d'Ahmed, ensuite à Al Qasem fils de Muhammed fils d'Ahmed. Aysa, fils de Muhammed, obtient Archgul (ville et île sur la Tafna, rivière à huit lieues de Tlemcen) et il s'allie aux Fatimides. Le frère de Aysa, Idris obtient la possession des Dejrawa. Son fils Abu'l Aych Aysa lui succède. Après la mort de Abu'l Aych Aysa, Al Hasen b. Abi'l Aych prend le pouvoir chez les Dejrawas. Après cela, c'est au tour d'Ibrahim puis à ses fils (Yahya, Ibrahim et Idris). Idris reçoit Archgul, par contre, son frère Yahya s'allie aux Omeyades au temps de Abderhaman An Nacer. Cela provoque le mécontentement des Fatimides en 935. Yahyia sera arrêté par le général Misur.

La ville des Dejrawa qui abrite Al Hasen b. Abi'l Aych sera assiégée par Ibn Abi'l Afya, représentant des Omeyades au Maghreb central. La ville sera prise par les Omeyades. Puis Al Hasen s'évade pour rejoindre son cousin Idris, fils d'Ibrahim, chef d'Archgul. Al Buri, fils de Musa b. Abi'l Afya prendra cette ville.

Ténès sera le siège d'Ibrahim, fils de Muhammed, puis elle sera sous les mains de son fils Muhammed, du même nom, puis à Ibrahim (même nom), ensuite à Yahya et à Ali. Ce dernier est vaincu par les Zirides pendant le règne de Ziri ibn Menad en 953. Ali se réfugie alors chez les Maghraouides. Al Khir b. Muhammed bem Khazer des Maghraouis aidera Hamza et Yahiya, fils d'Ali a passé en Espagne.

Ahmed fils de Suliman, fils d'Ibrahim fut un chef du Maghreb central. Et parmi les descendants de Muhammed, fils de Suliman, il y a Ituwich, fils de Hatech, fils d'Al Hasen, fils de Muhammed, fils de Suliman, et Hammud, fils d'Ali, fils de Muhammed, fils de Suliman.

Ibn Khaldoun relève que Souk Hamza à Bougie, selon Ibn Hazm, ne porte pas le nom d'un idrisside, mais d'un Arabe de la tribu Sulaym. Il ajoute que Jawhar al-Siqilli, général fatimide, emmena les fils de Hamza à Kairouan.

Récit d'Umm Al Benin[modifier | modifier le code]

Selon Ibn Khaldoun, Oum al-Banin (qui veut dire mère de tous les enfants) est une femme qui est venu de Kairouan, elle était de la tribu arabe de Quraych. Mais selon b. Abi Zera, propos rapporté par Ibn Khaldoun, elle s'appelait Fatima et était berbère de la tribu des Houaras. Cette femme fut riche et elle vint s'établir à Fès. Elle sera la fondatrice de la grande mosquée Al Quaraouiyine en 859 et fera creuser un puits pour l'usage public.

Période préfatimide[modifier | modifier le code]

La dynastie Idrisside est sortie victorieuse après la guerre fratricide entre les fils d'Idris II contre les divisions et le séparatisme pour redevenir unie sous le commandement de Muhammad ben Idris. Mais son règne est bref et la mort l'emporte en 836[15]

Le jour même et à l'âge de neuf ans et quatre mois, son fils, connu plus tard sous le nom de Ali Haïdara, prend le titre d'émir. C'était un homme d'une grande noblesse et doté d'une grande intelligence, ces aspects sont apparus pendant son règne. Il a réorganisé le pays et a créé des institutions, il a réintroduit la justice et a été fortement soutenu par son entourage. Il a apporté à la population la sécurité et la prospérité et c'est resté ainsi jusqu'à ce qu'il décède en 848. Son fils Ahmed Mezouar a quitté Fès pour le pays jbala et sur la demande des Beni Arouss il envoya son fils Sellam. La descendance de l'émir Ali ben muhammad se succéda dans le pays de beni arouss. Le règne est maintenant dans les mains de son frère Yahya ben Muhammad, qui a commencé par organiser l'administration du pays. Il a découpé le pays et envoyé ses oncles et frères administrer les régions et s'est reposé sur eux. Ils se sont mal comportés et se sont approprié le commandement des tribus et leur ont déclaré "nous ne sommes les fils que d'un seul père".

L'émir s'est particulièrement intéressé au bien-être de ses citoyens et a construit des jardins, des hammams et des commerces, c'est d'ailleurs pendant son règne que la célèbre mosquée Quaraouiyine fut bâtie. Après sa mort, c'est son fils Yahya ben Yahya qui prit le règne et c'est à cette époque que la dynastie est entrée dans une période d'affaiblissement car il était corrompu, frivole et de mauvaise foi. Il s'est épris d'une jolie juive nommé Hana et a voulu abuser d'elle dans un hamman, lorsqu'elle appela au secours, on vint la secourir et on accusa l'émir d'adultère. C'est cette action qui changea l'estime de la population de Fès et à leur tête Abd Er-rahmane ben Abi Sahl Al-Jidami qui voulait le tuer. Mais sa femme, la princesse Atika fille de Ali ben Omar ben Idris a facilité sa fuite de la rive Kairouaniase à la rive Andalouse tout en refusant d'y aller avec lui. Lorsqu'il arriva sain et sauf, il fut atteint par de lourds remords et par la honte de ce scandale et mourut la nuit même.

Les actions de Yahya, ont mené Fès pour la première fois à être dirigé par un étranger à la dynastie (Abd Er-rahmane ben Abi Sahl Al-Jidami). Ce qui a eu pour conséquence que les marocains ont commencé à se permettre de s'insurger et à les combattre malgré l'aura de respect qu'ils avaient car étant les neveux de Mahomet.

Lorsque Yahya mourut, et bien qu'elle eut été maltraitée, et au vu de ce qu'il est advenu de la maison des Idrissides (dirigé par Abd Er-rahmane ben Abi Sahl Al-Jidami, chef de la garde), elle commença à écrire à Ali ben Umar en l'informant de la situation à Fès et en le priant d'accourir vers la ville avant que ça ne s'aggrave. Le prince était dans le pays du Rif et des Sanhaja, lorsque la missive arriva, il mit immédiatement son armée en marche et se dirigea vers Fès. Il entra sur la rive kairouanaise et Abd Er-rahmane ben Abi Sahl Al-Jidami prit aussitôt la fuite. La population de Fès était heureuse de cette arrivée car elle n'avait pas oublié ce que les Idrissides avaient fait pour eux et pour tout le pays, car pour la première fois cette région avait une existence et ils ont mis fin aux velléités des Abbassides et des étrangers sur les villes marocaines. Ce sont également eux qui ont mis les Berbères directement face à l'islam et le résultat et que toutes les régions sous leur domination ont été islamisées, mettant fin au judaïsme, christianisme et même à la magie.

Lorsque Ali ben Umar est rentré, les gens de Fès ont accouru vers lui et lui prêtèrent serment.

L'émir est resté dans sa nouvelle capitale, et était occupée à améliorer le quotidien de ses citoyens. Une rébellion s'est organisé dans les montagnes de Bouiblanes sous les ordres de Abderazak Al-fihri Assafri qui faisait partie de la famille de Huesca en Andalousie[réf. nécessaire]. Lorsqu'il eut construit son château et mis sur pied une armée, il marcha vers Fès pour la prendre. Lorsqu'il arriva, Ali ben Umar est sorti pour le combattre et une bataille féroce s'ensuivit qui vit la défaite de Ali qui fuit vers l'Andalousie. Cet ainsi qu'Abderazak Al-fihri Assafri entra dans le quartier des Andalous tandis que le quartier des kairouanais lui a résisté. Alors que tout montrait que la fin des Idrissides était venue, on vit jouer la sacralité du serment prononcé par la population de Fès à la dynastie car ils ne se sont pas juste contentés de combattre Abderazak Al-fihri Assafri, ils ont envoyé une lettre à Yahya ben al-Qasim le pressant de venir mettre un terme à la présence de cet étranger dans la maison Idrisside.

Yahya ben al-Qasim est accouru vers Fès et s'est installé dans le quartier des Kairouanais avant d'attaquer avec vigueur l'intrus en le chassant définitivement du quartier andalou.

Après avoir arrangé la situation à Fès, il mit sur pied une armée pour combattre les Assafris. Il fut tué en 904 par Rabii ben Soulaïmane.

Yahya ben Idris ben Umar prit le commandement de la dynastie, il était par ailleurs le plus apte à prendre le pouvoir, c'était aussi un homme d'islam, de justice. Sous son règne la dynastie rentrera dans une nouvelle période en ce qui concerne ses relations avec l'étranger.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Le 5 février 789, à Volubilis Idris Ier est proclamé imam du Maroc[16].

En 791, l'état marocain est créé. Idriss Ier, descendant de `Ali, gendre de Mahomet, fuit l'Arabie pour échapper au massacre de sa famille et vient s'installer à Volubilis (Walili) après une halte à Tlemcen-Agadir où il fit bâtir la mosquée d'Agadir (790)[17], et fonde la cité de Fès qui après sa mort en 792 sera désignée capitale du royaume par son fils successeur Idriss II, ce dernier s'occupe de la construction de la ville jusqu'en 803 et meurt en 828.

L'administration du royaume est confiée à ses fils, puis à ses frères. La vie économique à Fès est prospère, en 857 et 859, la cité se prévaut des prodigieuses mosquées Quaraouiyine et des Andalous. Au début du Xe siècle les Idrisides sont indiqués califes à Cordoue jusqu'à ce que la division de l'Espagne cause leur décadence et leur disparition en 1055.

En plus des querelles internes, la dynastie dut faire face aux Fatimides à l'est, puis aux Omeyyades de Cordoue au nord. Ils essayèrent de jouer de la rivalité entre ces deux grandes dynasties. Le dernier Idrisside se rendit aux Omeyyades.

Quelques décennies plus tard, des descendants de la famille qui s'étaient maintenus en Andalousie donnèrent naissance, à l'époque des taïfas, à la principauté des Hammudites.

Les Idrissides régnèrent sur Tlemcen durant 140 ans[18].

Liste des émirs idrissides (789-985)[modifier | modifier le code]

Les fondateurs[modifier | modifier le code]

Les émirs[modifier | modifier le code]

Généalogie idrisside Simplifiée

Rameaux notoires de la dynastie idrisside[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Larousse.fr, article "Idrisides" : "Idrisides, Dynastie alide hasanide du Maroc (789-985)"
  2. E.-J. Van Donzel, Islamic Desk Reference, (éd. BRILL, 1994) p.165 : "Idrisids (Adarisa): Moroccan dynasty of descendants of the Prophet's son-in-law 'Ali and thus connected with the line of Shi'i imams; r. 789-985"
  3. a et b Ruth Cyr, Twentieth Century Africa, iUniverse, 2001 (ISBN:9780595189823), p.345: "In 788 Idris, the first Arab ruler of the whole of Morocco, united the Berbers and Arabs under his rule, creating the first Moroccan state. He founded the Idrisid dynasty that reigned for almost two hundred years."
  4. M. E. McMillan, Fathers and Sons: The Rise and Fall of Political Dynasty in the Middle East, éd. Palgrave Macmillan 2013 (ISBN:9781137297891) - p.63: "It was in Morocco that a descendant of the Prophet, fleeing an unsuccessful revolt in the Hijaz in 785, found shelter and set up an independent state. His name was Idris and his family, the Idrisids, ruled the region from 788 to 974."
  5. W. Slatyer, Ebbs and Flows of Ancient Imperial Power, 3000 BC–AD 900: A Short History of Ancient Religion, War, Prosperity, and Debt, Partridge Publishing Singapore 2012 (ISBN:9781482894516) - p.368: "At the end of the eighth century, distant Morocco came under the rule of Idris I, (...) Morocco became the second Muslim State after al Andalus to cut off relationships and became independent from the Abbasid caliphate of Baghdad."
  6. Ch.-A. Julien, Histoire de l'Afrique du Nord, de la conquête arabe à 1830 - Tome II, p.44 (éd. Payot, 1961) : "Idriss Il n'était pas seulement un fondateur de villes, il fut le fondateur du premier Etat marocain"
  7. "tradition (...) reaches back to the origins of the modern Moroccan state in the ninth century Idrisid dynasty which founded the venerable city of. Fes", G Joffe, Morocco: Monarchy, legitimacy and succession, in : Third World Quarterly, 1988
  8. "The Idrisids, the founder dynasty of Fas and, ideally at least, of the modern Moroccan state (...)", Moroccan dynastic shurfa’‐hood in two historical contexts: idrisid cult and ‘Alawid power in : The Journal of North African Studies Volume 6, Issue 2, 2001 [1]
  9. Introduction to Islamic theology and law, By Ignác Goldziher, Bernard Lewis, pg.218
  10. Encyclopedia of Religion and Ethics, Part 24, By James Hastings, pg.844
  11. The Idrisids
  12. Abou Obeid Allah al-Bakri, Description de l’Afrique septentrionale (tr. De Slane), Maisonneuve & Larose, 1962, p. 123, de l’original en arabe.
  13. Ibn Khaldoun, Histoire des berbères, page 998, édition Berti, Alger, 2003
  14. note, Al Bakri parle d'une juive, selon le traducteur d'Ibn Khaldoun
  15. Dynastie Idrisside au Maroc et en Andalousie Dr Nasrallah Édité Dar Nahda al-arabia
  16. Encyclopédie de l'islam Brill Archive, 1980
  17. http://zianides.free.fr/modules.php?name=Content&pa=showpage&pid=42
  18. http://books.google.com/books?id=n7gBAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=Itin%C3%A9raire+historique+et+descriptif+de+l%27Alg%C3%A9rie:+comprenant+le+Tell+et+le+...++Par+Louis+Piesse&as_brr=3&hl=fr#v=onepage&q=&f=false version en ligne page 236

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, Édition Berti, Alger, 2003 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord, des origines à 1830, édition originale 1931, réédition Payot, Paris, 1994 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Chafik T. Benchekroun, "Les Idrissides : l'histoire contre son histoire", al-Masaq (Publication of the Society of The Medieval Mediterranean), 23/3-3 (2011), p. 171-188.
  • « Idris Ier et la naissance du premier royaume chérifien du Maroc », dans Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Paris, Perrin,‎ 2009 [détail des éditions], p. 40-54
  • C. El Briga, « Idrisides », dans : Encyclopédie berbère, vol.24, Edisud 2001, p. 3637-3638

Liens externes[modifier | modifier le code]