Uluç Ali Paşa

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uluç Ali

Uluç Ali[1] (Ali-le-Renégat) (en turc : Uluç Ali Paşa), est un amiral ottoman né en 1520. Il est beylerbey (régent) d'Alger de 1568 à 1571 et capitan pacha de 1572 à 1587, date de sa mort.


Biographie[modifier | modifier le code]

Giovanni Dionigi Galeni en Calabre à Liscateli près du Cap des Colonnes, de parents miséreux, il se rendait à Naples pour faire des études de théologie lorsqu'il fut enlevé, à 16 ans, par Ali Ahmed, un "renégat" grec, amiral de la Régence d'Alger, qui l'enrôla dans sa chiourme. Teigneux et chauve, rejeté par les chrétiens qui ne le laissaient ni manger avec eux ni s'asseoir sur le même banc le considérant comme une délateur, surnommé par eux fartas (teigneux en turc/chauve en arabe) il se fit turc et se convertit à l'islam par arrivisme. Son maître le nomma alors comite (officier de vaisseau). Sa nouvelle fonction lui permit de se faire de l'argent. Il arma une frégate, devint corsaire à son tour puis l'un des plus importants raïs d'Alger. Il s'adonna à la course et fut un des principaux esclavagiste musulman de son époque.

Plus tard, il se joignit au corsaire turc Dragut, l'un des fidèles compagnons de Hassan Pacha, qui résidait alors à Djerba. En 1560, Dragut, averti des visées du vice-roi de Sicile, le duc de Médina-Celi, qui s'apprêtait à l'attaquer, envoya Ochali à Constantinople chercher du secours auprès du sultan. Il négocia si bien[réf. nécessaire] que le sultan consentit à faire partir son grand amiral Piali Pacha avec cent galères et une grosse armée, qui remporta la victoire de Djerba en mai.

En 1565 il participa avec ses renegats au siège de Malte qu'il perdit, au cours duquel Dragut trouva la mort ; à son retour Piali-Pacha, en sa qualité de Capitan Pacha, le nomma gouverneur de Tripoli. Il commanda la place deux ans et demi durant lesquels il devint fort riche puis fut nommé beylerbey d'Alger en mars 1568.

Il joua un important rôle dans le soulèvement morisque de 1568 à 1570 en envoyant devant Almería des hommes, des armes et des munitions à plusieurs reprises, ainsi qu'une flotte de 40 navires dispersée par les vents violents de l'hiver. En décembre 1569, il chassa la dynastie des Hafsides de Tunis, puis battit les Vénitiens en 1571 et s'empara de Dulcigno qu'il pilla et dont il mit les habitants en esclavage.

Lors de la bataille de Lépante, en octobre 1571, il dirigea l'aile gauche de l'escadre ottomane face aux Gênois et fut battu. Après la mort de l'amiral ottoman il prit le commandement et battit des galères maltaises en s'emparant de leur capitaine et de son étendard. Il réussit à rallier Istanbul avec les débris de l'armada ottomane. En guise de récompense le sultan Selim II lui offrit le titre de "khilidj" (sabre), le nomma kapudan pacha et lui confia la réorganisation de la flotte avec le vizir Sokullu Mehmed pacha. Tous ces honneurs lui valurent la jalousie et il dut quitter la demeure habituelle des beylerbey pour aller vivre dans le fort Hadj Ali sous la protection de ses pairs. Sa puissance était telle que le pape Pie V intrigua avec Philippe II d'Espagne pour le gagner à leur cause. Uluç Ali, vassal de l'islam, refusa.

En 1573 il reprit Modon, assiégée par le prince de Parme et Tunis en 1574 aux Espagnols, qui l'avaient conquise après la bataille de Lépante. En 1578 il fut dépêché à Chypre pour massacrer les miliciens qui avaient fait périr leur gouverneur Arab Ahmed qui ne leur payait pas régulièrement leur solde. Il vint à l'aide de deux princes marocains Abd al-Malik et Ahmed al Mansour al Dhahbi dans la bataille de "Oued al Makhzen" où son artillerie, joua un rôle décisif.

En 1579, il commença à édifier la forteresse de Kars près de Trébizonde dans le but de faciliter le passage des troupes du Grand Tartare, allié du grand seigneur dans sa lutte contre le sophi de Perse.

Uluç Ali mourut le 21 juin 1587.

Portrait[modifier | modifier le code]

Uluç Ali était de haute taille, robuste, brun et avait la voix voilée à tel point qu'on ne pouvait l'entendre que de près. Sa tête était pelée par la teigne.

Il avait une habitude singulière. Les jours où il se trouvait mélancolique, il s'habillait de noir et nul ne pouvait lui parler affaires. Quand il était vêtu de couleurs claires cela signifiait qu'il était dans de bonnes dispositions et que chacun pouvait l'aborder et lui parler.

Uluç Ali était tenu en haute estime par ses contemporains musulmans et renégats mais craint par les esclaves chrétiens qu'il détenait en captivité par milliers. Maître absolu de tout ce qui concernait la mer et les places maritimes de l'Empire ottoman, il disposait d'un pouvoir que nul amiral turc n'avait eu avant lui. Il se fit construire un somptueux palais sur le Bosphore et éleva une mosquée très riche à côté de laquelle il édifia sa qubba funéraire.

Il n'eut pas d'enfant mais gardait dans sa maison plus de cinq cents renégats qu'il appelait ses fils et traitait comme tels car ils se montraient fidèles dans leurs opérations de pirateries.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aussi sous les graphies Oulouch, Ulaj, Uluj, Euldj, Ochali. Uludj signifie nouveau More, donc nouveau converti, « renégat ». Il est aussi connu sous les noms d'Ali Fartas (le teigneux) et Kiliç Ali

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Diégo de Haëdo, traduction H.D. de Grammont, Histoire des Rois d'Alger, édition originale Adolphe Jourdan - Alger 1881 - , réédition éditions Grand-Alger-Livres -Alger 2004.
  • Defontin-Maxange, Eudj'Ali, corsaire barbaresque, Beglier-Bey d'Afrique et Grand-Amiral, Pedone, 1930