Omeyyades de Cordoue

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Les Omeyyades d'Espagne, ou Omeyyades de Cordoue sont d'abord à la tête d'un émirat en 756 dans al-Andalus puis fondent une dynastie califale en 929. Le dernier calife de cette dynastie qui régna à Cordoue, Hicham III, fut déposé en 1031.

Fondation dynastique des Omeyyades d'Espagne[modifier | modifier le code]

  • 750: les Abbassides massacrent les Omeyyades du califat de Damas (660-750) et établissent leur nouvelle capitale à Bagdad.
  • 755: un membre de la dynastie des Omeyyades, Abd al-Rahman Ier, réussit à échapper au massacre de Damas et à se réfugier en al-Andalus (majeure partie de la péninsule ibérique conquise par les Musulmans)
  • 756: avec l'appui du « djund » (circonscription militaire, armée) syrien, il s'impose à la bataille d'al-Musara et se proclame émir, rompant ainsi l'unité du monde musulman, tout en continuant à reconnaître l'autorité religieuse du calife abbasside de Bagdad. Pour pacifier le pays, assurer son pouvoir et son indépendance face aux conspirations de ses ennemis appuyés par les Abbassides, `Abd al-Rahman, surnommé « l'Émigré », confie les responsabilités politiques à des membres de sa famille et de sa clientèle. II s'appuie sur l'armée, dont il augmente les effectifs, et se constitue une garde de mercenaires, ce qui l'oblige à accroître les impôts pour payer les soldes.
  • 766-776: Sa politique rencontre l'opposition des Yéménites et des Berbères musulmans installés en Espagne, qui se révoltent à plusieurs reprises entre .
  •  : mort à Cordoue le 30 septembre 788 d'`Abd al-Rahman. Il a fondé une dynastie et transformé al-Andalus en un État indépendant et structuré.
Article détaillé : Émirat de Cordoue.

Selon l'historien Pierre Guichard, tous les princes omeyyades qui se succèdent au pouvoir à Cordoue sont des fils d'esclaves concubines dont la majorité était d'origine indigène, des "Galiciennes", provenant des zones restées chrétiennes de l'Espagne du Nord et du Nord-Ouest. Ainsi, selon l'auteur, "à chaque génération, la proportion de sang arabe coulant dans les veines du souverain régnant diminuait de moitié, si bien que la dernier de la lignée, Hisham II (976-1013) qui, au vu de la seule généalogie en ligne masculine est de pure souche arabe, n'a en réalité que 0,09 % de sang arabe"[1].

La création d'un second califat schismatique en al-Andalus[modifier | modifier le code]

L'émir 'Abd al-Rahmān III prit le titre de calife en 929, affirmant ainsi la complète indépendance du califat de Cordoue par rapport à celui des Abbassides. Il suivait en cela l'exemple des chiites fatimides qui s'étaient eux-mêmes déclarés califes en Égypte.

La conséquence de cette décision fut que les califes Omeyyades de Cordoue pâtirent d'une mauvaise réputation dans l'historiographie musulmane. En effet, le calife, en tant que "Commandeur des croyants" devait être unique ; cette volonté d'indépendance religieuse fut perçue comme une dissidence menaçant l'unité spirituelle de la communauté des croyants du monde arabo-musulman classique. D'autres suivirent cependant.

Article détaillé : Califat de Cordoue.

Chute du califat[modifier | modifier le code]

Au XIe siècle, le califat s'effondre et se fragmente en micro-états, les Taïfas (jusqu'à 25) qui, affaiblis, seront progressivement reconquis par les Chrétiens. Le dernier royaume musulman espagnol, le royaume de Grenade, tombera en 1492. Les derniers Musulmans, vivant sous la loi chrétienne, seront forcés à se convertir ou à émigrer au XVIIe siècle.

Dynastie des Omeyyades de Cordoue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Omeyyades.

Autres califes de Cordoue, non Omeyyades[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hammudites.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Guichard, Structures sociales "orientales" et "occidentales" dans l'Espagne musulmane, éd. École des Hautes Études en Sciences Sociale, 1977, p. 124
  2. Généalogie d'après Dynastie des Omeyyades et d'après {Nicolás Homar Vives, Genealogias, Emirato de Córdoba, (es) España 08A (756/912) et Califato de Córdoba, España 09A (912/1031). Les nombreuses homonymies ne permettent pas de reconstituer l'arbre généalogique à l'aide des noms donnés dans (ar) الأمويون/أمويو الأندلس/بنو أمية في الأندلس- ثم بني ح dont des filiations (Nasab) sont trop courtes.
  3. Absent dans la généalogie Dynastie des Omeyyades conforme à la généalogie de Nicolás Homar Vives, Genealogias, Emirato de Córdoba, (es) España 08A (756/912) et cité dans la généalogie donnée par Ibn Khaldun Le Livre des exemples, La Pléiade Gallimard, p. 529. Cela fait d'`Abd ar-Rahmān III an-Nāsir le petit-fils d'`Abd Allah ben Muhammad.
  4. prend le titre de calife en 929.
  5. a et b `Adb al-Malik dans la généalogie de Nicolás Homar Vives, Genealogias, Califato de Córdoba, España 09A (912/1031)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Documentation externe[modifier | modifier le code]