Mourad Didouche

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« Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement de la révolution du 1er novembre 1954. (Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Mourad Didouche et Mohamed Boudiaf. Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'Hidi à droite.)

Mourad Didouche (1927-1955 à Alger: Diduc Muṛad en arabe : ديدوش مراد) est un combattant de la Guerre d'indépendance d'Algérie (1954-1962). Il fait partie du Groupe des neuf, les principaux fondateurs de l'Algérie moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mourad Didouche, surnommé Si Abdelkader, est né le 13 juillet 1927 à El Mouradia à Alger au sein d'une famille originaire du village d'Ibskriène de la commune des Aghribs en Kabylie. Il effectue ses études primaires ainsi que le cycle moyen à l'école d'El Mouradia, puis rejoint le lycée technique du Ruisseau à Alger.

Deux ans plus tard, tout en travaillant comme cheminot à la gare centrale d'Alger et militant de la CGT, il est nommé responsable des quartiers d'El Mouradia, d'El Madania et de Bir Mourad Raïs, créant en 1946 la troupe de scouts « Al-Amal » ainsi que l'équipe sportive « al-Sarie Al-Riadhi » d'Alger.

En 1947, il organise les élections municipales dans sa zone et se rend également dans l'Ouest algérien en vue d'organiser la campagne électorale pour l'assemblée algérienne. Arrêté dans une rafle, il réussit à s'enfuir du tribunal.

Dès la création, en 1947, de l'Organisation spéciale (OS), il est l'un des membres fondateur et le plus actif.

Suite à la dissidence de "Rehaïm" le 18 mars 1950, au démantèlement d’une grande partie du réseau de ladite organisation, l’arrestation de 130 personnes et la découverte de ses responsabilités au sein de la structure, et après l'échec de l'administration française à le capturer, un jugement par contumace est prononcé contre lui, le condamnant à 10 ans de prison. Il constitue en 1952, avec Ben Boulaïd, un noyau clandestin à Alger dont la mission est la fabrication de bombes en prévision du déclenchement de la « Révolution Nationale ».

Lors de la crise de 1953-54 et l'opposition du Comité Central du PPA-MTLD à Messali El Hadj, il se rend en France avec pour mission le contrôle interne de la Fédération. À son retour à Alger, il met en place avec huit compagnons le Comité révolutionnaire d'unité et d'action. Il participe également à la réunion des « 22 » tenue en juin 1954, au cours de laquelle est décidé le déclenchement de la Révolution. De cette réunion, émerge le premier « Conseil de la Révolution », composé de six membres dont Mourad Didouche, lequel est nommé responsable de la zone II (Wilaya II). Yves Courrière le surnomme « le Saint-Just de la révolution algérienne »[1].

Il est l’un des plus éminents rédacteurs de la Déclaration du 1er novembre 1954 et réussit avec l’aide de son adjoint Zighoud Youcef, à jeter les bases d’une organisation politico-militaire.

Le 18 janvier 1955, alors qu’il n’avait pas encore 28 ans, Mourad Didouche meurt à la bataille du douar Souadek, à Condé-Smendou, près de Constantine. Il est ainsi le premier chef de zone à tomber.

La commune de Didouche Mourad, anciennement appelée Bizot, porte son nom en hommage. Elle est située sur la nationale 3, entre Constantine et la commume de Zighoud Youcef. En son hommage également, un grand boulevard du centre d'Alger (anciennement « rue Michelet ») porte son nom ; il débute sur les hauteurs d'Alger (au niveau du musée du Bardo) et se termine à la place Audin. En son honneur son quartier natal La Redoute sera rebaptisé El Mouradia après l'indépendance.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Courrière, La guerre d'Algérie, Les fils de la Toussaint, Fayard, Paris, 1968.