Mourad Didouche

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Didouche Mourad (commune).
Mourad Didouche
Surnom Si Abdelkader
Naissance 13 juillet 1927
Alger (Algérie).
Décès 18 janvier 1955 (à 27 ans)
Zighoud Youcef, près de Constantine (Algérie).
Mort au combat
Origine Algérie
Allégeance FLN - ALN
Grade Colonel de l'ALN
Années de service 19471955
Conflits Drapeau : AlgérieGuerre d'Algérie Drapeau : France
Distinctions Honneurs militaires, Cimetière des Martyrs
Hommages 1er novembre
« Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement de la révolution du 1er novembre 1954. (Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Mourad Didouche et Mohamed Boudiaf. Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'Hidi à droite.)

Mourad Didouche (en arabe : ديدوش مراد, Diduc Muṛad), dit Si Abdelkader, né le 13 juillet 1927 à Alger et mort le 18 janvier 1955 à Condé-Smendou (actuelle Zighoud Youcef, wilaya de Constantine), est un militant nationaliste algérien, un des six fondateurs du Front de libération nationale en 1954 et un combattant de la guerre d'indépendance (1954-1962).

Biographie[modifier | modifier le code]

Mourad Didouche naît dans le quartier de la Redoute (actuelle commune d'El Mouradia) dans une famille originaire d'Ibskriène, village de la commune des Aghribs en Kabylie. Il fait ses études primaires et le cycle moyen à l'école d'El Mouradia, puis entre au lycée technique du Ruisseau à Alger.

Il travaille ensuite comme cheminot à la gare centrale d'Alger et milite à la CGT ; il est nommé responsable des quartiers d'El Mouradia, d'El Madania et de Bir Mourad Raïs ; en 1946, il crée la troupe de scouts « Al-Amal » ainsi que l'équipe sportive « al-Sarie Al-Riadhi » d'Alger.

En 1947, il organise les élections municipales dans son secteur et se rend également en Oranie afin d'organiser la campagne pour les élections à l'assemblée algérienne. Arrêté dans une rafle, il réussit à s'enfuir du tribunal.

La même année, il participe à la création de l'Organisation spéciale (OS), branche clandestine du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques de Messali Hadj ; il est un de ses militants les plus actifs.

En 1950, la police démantèle une grande partie de cette organisation, 130 personnes sont arrêtées et le rôle de Mourad Didouche est mis au jour, mais il échappe à la capture ; il est jugé par contumace et condamné à dix ans de prison. En 1952, avec Mostefa Ben Boulaïd, il constitue à Alger un noyau clandestin dont la mission est la fabrication de bombes en prévision du déclenchement de la « Révolution nationale ».

Lors de la crise de 1953-1954 au sein du MTLD, opposant le Comité Central du parti à Messali El Hadj, il se rend en France, où il devient l'adjoint de Mohamed Boudiaf de la Fédération de France du MTLD. Au début de 1954, avec Ahmed Mahsas, ils élaborent un projet de parti véritablement révolutionnaire[1] ; en mars 1954, Mohamed Boudiaf et Mourad Didouche rentrent en Algérie et prennent contact avec quelques anciens membres de l'OS.

Le CRUA

De ces contacts naît le Comité révolutionnaire d'unité et d'action. Une étape importante est la « réunion des 22 » tenue en juin 1954 ; Mourad Didouche fait partie du premier « Conseil de la Révolution », composé de six membres[2], dont cinq sont responsables d'une zone géographique, Mohamed Boudiaf excepté. Mourad Didouche est désigné comme responsable de la zone 2 (Constantinois[3] ). Yves Courrière le surnomme « le Saint-Just de la révolution algérienne »[4].

Le FLN

En octobre 1954, lorsque le CRUA devient le FLN, il fait toujours partie du conseil, porté à neuf membres par l'intégration de trois membres de la délégation du MTLD au Caire (Aït Ahmed, Ben Bella, Khider)

Il est l’un des rédacteurs de la Déclaration du 1er novembre 1954, diffusée dans le pays dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, pour expliquer les actions organisées durant cette journée de la « Toussaint rouge », qui marque le début de la guerre d'indépendance. Dans sa zone, assisté par son adjoint Youcef Zighoud, il réussit à jeter les bases d’une organisation politico-militaire.

Le 18 janvier 1955, alors qu’il n’a pas encore 28 ans, Mourad Didouche meurt durant la bataille du douar Souadek, à Condé-Smendou, près de Constantine. Il est le premier chef de zone à tomber au combat ; son successeur à la tête de la zone 2 est Youcef Zighoud.

Hommages[modifier | modifier le code]

Son nom a été donné à une commune, anciennement nommée « Bizot », située sur la nationale 3, entre Constantine et Zighoud Youcef, ainsi qu'à un grand boulevard du centre d'Alger, l'ancienne « rue Michelet », commençant sur les hauteurs d'Alger, près du musée du Bardo et se terminant à la place Maurice Audin.

Son quartier natal a été rebaptisé « El Mouradia » après l'indépendance.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Courrière, 1990, pp. 27-29.
  2. Voir photographie ci-contre.
  3. « Wilaya II » à partir du congrès de la Soummam en 1956.
  4. Yves Courrière, Les fils de la Toussaint.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Courrière, La Guerre d'Algérie 1. Les fils de la Toussaint, Paris, Fayard, 1968 (réédition : Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1990)