Césarée de Maurétanie

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36° 36′ 25″ N 2° 11′ 48″ E / 36.60694444, 2.19666667 ()

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Césarée de Maurétanie (ou Caesarea, anciennement Iol -iol-, actuelle Cherchell) est une ancienne ville sur la côte méditerranéenne de l'Algérie moderne. Elle était la capitale du roi numide Juba II et l’une des plus importantes cités du littoral occidental de l’Afrique du Nord antique.

Historique[modifier | modifier le code]

Le forum à Cherchell

La ville fut fondée au IVe siècle av. J.-C. par les Phéniciens sous le nom Iol ou Jol. D’abord intégrée au royaume de Numidie, Iol passa sous le contrôle de la Maurétanie après la chute de Jugurtha en 105 avant notre ère. La ville fut refondée en 25 av. J.-C. par Juba II[1], sous le nom de Césarée de Mauritanie (Caesarea Mauretaniae), et devient un centre de l'hellénisme en Afrique du Nord. À partir de 40 après J.-C. elle fut la capitale de la province romaine de Maurétanie Césarienne, qui s’étend jusqu’à l’Océan Atlantique, puis reçut sous Claude les droits d'une colonie.

Juba II fit de sa capitale une ville importante, entourée d’une enceinte[1] et conçue selon les principes de l’urbanisme hellénistico-romain. Ses statues de types hellénistiques d’une qualité exceptionnelle et les mosaïques de ses maisons – plus tardives – manifestaient l’opulence de la couche dirigeante. Des ruines de temples et monuments romains témoignent de cette période.

La ville qu’édifia Juba II était entourée d’une enceinte qui fut une des plus vastes du monde romain[réf. nécessaire] : un mur continu de 4 460 m, peut-être complété par un rempart de mer, entourait 370 ha. Seule la partie nord de l’espace ainsi délimité, c’est-à-dire le plateau littoral large à cet endroit de 400 m à 500 m, fut effectivement bâti. Pour des raisons combinant des nécessités stratégiques et surtout, semble-t-il, une volonté ostentatoire[réf. nécessaire], le rempart sud avait été construit à une altitude voisine de 200 m sur le rebord du plateau qui domine la ville et tout un amphithéâtre de collines se trouvait inclus dans l’enceinte. Ces caractères rapprochent l’enceinte de Césarée de celles des villes hellénistiques et c’est seulement parce qu’il semblait invraisemblable qu’Auguste ait permis à un roi indigène de se doter d’un tel instrument de puissance que l’on a longtemps refusé d’attribuer à Juba II la première construction de cette enceinte[réf. nécessaire].

Césarée fut dotée par son roi des édifices publics qui devinrent caractéristiques de la ville romaine. Son théâtre est, avec celui d’Utique, alors capitale de la province d’Afrique, le plus ancien d’Afrique du Nord et un des plus anciens de Méditerranée occidentale ; il est contemporain du théâtre de Marcellus à Rome. Son amphithéâtre est construit selon un plan particulier mû par le désir de disposer d’un édifice assez vaste pour donner des spectacles de combats de fauves ou de groupes de gladiateurs et en raison de la date précoce de sa construction[2]. Après la mort de Juba, son fils Ptolémée prit le pouvoir mais il fut assassiné à Lyon en 40 ap J.-C. par l’empereur Caligula et à partir de cette date la capitale devint une simple colonie romaine capitale de province.

Dès le IIe siècle, le christianisme était pratiqué à Caesarea. Dans l'Antiquité tardive, la ville fut un centre du donatisme.

Les vastes ruines de la ville se situent en dehors de la ville actuelle de Cherchell.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christa Landwehr: Die römischen Skulpturen von Caesarea Mauretaniae. Denkmäler aus Stein und Bronze. Band 3: Idealplastik. Bacchus und Gefolge, Masken, Fabelwesen, Tiere, Bukranien, nicht benennbare Figuren (Archäologische Forschungen Band 3). Verlag Philipp von Zabern, Mainz 2006.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) « La ville à l'époque romaine », sur www.algerie-dz.com (consulté le 10 novembre 2010)
  2. Philippe Leveau et Jean-Claude Golvin, « L'amphithéâtre et le théâtre de Cherchel : Monuments à spectacle et histoire urbaine à Caesarea de Maurétanie », MEFRA, 91-2, 1979, p. 817-843 Lire en ligne sur Persée.