Expédition des Portes de Fer

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Le Passage des Portes de fer en Algérie, 18 octobre 1839 par Adrien Dauzats.

L'expédition des Portes de Fer est une opération militaire de l'armée française en octobre 1839, visant à établir une liaison terrestre entre Alger et Constantine, en passant par deux défilés des monts Bibans, dits « les Portes de Fer » ; la traversée de ce territoire ne respectant pas les clauses du traité de la Tafna signé en 1837 avec l'émir Abd el-Kader, celui-ci est amené à reprendre les hostilités.

Les Portes de Fer[modifier | modifier le code]

La RN5, le chemin de fer et le viaduc de l'autoroute Est-Ouest traversant Bab el Kebir.

L'oued Mahrir est formé par deux branches : l'oued Bouktone (branche Est) et l'oued Chebba (branche Ouest), qui ont creusé dans la montagne, en amont de leur confluence de profonds défilés appelés bibans, « portes » en arabe :

  • Bab El Kebir, c'est-à-dire « Grande Porte », creusée par l'oued Chebba est celle qui, de nos jours, livre passage à la route et au chemin de fer ;
  • Bab Es Seghir, « Petite Porte », creusée par l'oued Bouktone est un défilé plus étroit et abrupt.

Ces passes difficiles ne semblent pas avoir été utilisées par les Romains qui, pour aller d'Est en Ouest, de Sitifis à Auzia, contournaient le massif des Bibans par le Sud.

Les Turcs en faisaient usage, mais en s'acquittant d'un droit de péage aux tribus de la région.

Historique de l'expédition[modifier | modifier le code]

Les préparatifs[modifier | modifier le code]

À la fin de l'année 1838, le Maréchal Bugeaud jugeant utile de relier Constantine, prise en 1837, à Alger par les Bibans, territoires revendiqués par l'émir Abd el Kader, demande au général Galbois, gouverneur de Constantine, d'entreprendre l'opération. Le cheikh El Mokrani, khalifa de la Medjana, s'offre comme guide et garant de l'entreprise. Deux colonnes françaises, l'une venant d'Alger et la seconde de Constantine, doivent se rencontrer aux Portes de Fer. En raison de fortes pluies, celle d'Alger reporta son départ ; celle de Constantine avance jusqu'à Sétif qu'elle atteint le 15 décembre 1838, s'y arrête le temps d'installer une garnison puis prend le chemin du retour sans avoir eu à combattre.

En mai 1839, le général Galbois revient à Sétif où de nombreux chefs de tribus viennent lui offrir leur soumission, non sans quelque résistance du khalifa Abdeslam El Mokrani, cousin d'Ahmed, qui échouant dans sa tentative d'attaquer la troupe près de Sidi Embarek se replie sur Zemmoura.

L'expédition[modifier | modifier le code]

Le 16 octobre 1839, trois jours après le deuxième anniversaire de la prise de la ville, le maréchal Valée, gouverneur général, et le duc d'Orléans, partis de Constantine, arrivent à Sétif où une cérémonie grandiose les attend. Les khalifas au service de la colonisation étaient là, chacun accompagné de son goum richement paré.

Le 25 octobre 1839, ils s'arrêtent à Aïn Turc où Ahmed El Mokrani les rejoint pour leur annoncer que la route vers l'Ouest est sûre. Il les invite chez lui à Medjana où ils passent la nuit. Le 27 octobre, ils traversent les Portes de Fer par Bab Es Seghir et rejoignent sans encombres Alger le 2 novembre.

La réaction d'Abd el-Kader[modifier | modifier le code]

Ce voyage effectué pour la première fois sans incidents permet à l'autorité militaire d'affirmer la souveraineté française sur des régions encore insoumises, avec l'appui des chefs locaux.

L'Émir Abd el-Kader, alors à Tagmount dans la région de Tiaret, est mis au courant de l'opération dès le 31 octobre par l'entremise d'un messager envoyé par Abdeslam El Mokrani. L'Émir part immédiatement pour Médéa, où, dès son arrivée le 3 novembre 1839, il proclame la reprise de la guerre contre la France qui venait de « violer les accords de la Tafna ».

« Pour faire tomber les oppositions de la féodalité indigène disposée à se rallier à nous, pour vaincre l'inertie des démocraties berbères désireuses de s'isoler de la lutte, le 20 novembre, le jour de l'Aïd el Kebir, l'émir, parlant avec le double prestige de Chérif et de moqadem des Qadiriyya, proclamait le djihad.... » écrit Louis Rinn.

Aussitôt, des soulèvements ont lieu dans toutes les régions y compris dans les Bibans et la plaine de Sétif.

Les Portes de Fer dans la culture du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'armée française passe les Portes de fer.

Le passage par les Portes de Fer est un épisode de la conquête de l'Algérie par la France qui a été illustré par plusieurs peintres, notamment Adrien Dauzats et Hippolyte Bellange[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Algérie, les guides bleus, Hachette, Paris, 1974
  • Mouloud Gaïd, Mokrani, Alger, Éditions Andalouses, 1993

Article connexe[modifier | modifier le code]