Guy Mollet

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Guy Mollet
Guy Mollet en 1959.
Guy Mollet en 1959.
Fonctions
Ministre d'État
chargé du statut général des fonctionnaires
Président René Coty
Président du Conseil Charles de Gaulle
Gouvernement Charles de Gaulle III
Ministre d'État
Président René Coty
Président du Conseil Charles de Gaulle
Gouvernement Charles de Gaulle III
Vice-président du Conseil des ministres
Président René Coty
Président du Conseil Pierre Pflimlin
Gouvernement Pierre Pflimlin
128e président du Conseil des ministres français
(144e chef du gouvernement)
Président René Coty
Gouvernement Guy Mollet
Législature IIIe législature
Prédécesseur Edgar Faure
Successeur Maurice Bourgès-Maunoury
Vice-président du Conseil des ministres
chargé du Conseil de l'Europe
Président Vincent Auriol
Président du Conseil Henri Queuille
Gouvernement Henri Queuille III
Prédécesseur Lui-même (pour le Conseil de l'Europe)
Ministre d'État
chargé du Conseil de l'Europe
Président Vincent Auriol
Président du Conseil René Pleven
Gouvernement René Pleven I
Ministre d'État
Gouvernement Léon Blum III
Secrétaire général de la SFIO
19461969
Prédécesseur Daniel Mayer
Successeur Alain Savary
(Premier secrétaire du Parti socialiste)
Biographie
Date de naissance [1]
Lieu de naissance Flers (France)
Date de décès (à 69 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Drapeau de la France française
Parti politique SFIO (1945-1969)
PS (1969-1975)
Profession Professeur d'anglais

Guy Mollet, né officiellement le [1] à Flers (Orne) et décédé le à Paris, est un homme politique français, président du Conseil des ministres sous la IVe République (février 1956-juin 1957).

Il est secrétaire général du Parti socialiste (SFIO) de 1946 à 1969.

Une rapide ascension[modifier | modifier le code]

Pupille de la nation, Guy Mollet adhère à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) dès 1923, alors qu'il n'a pas encore dix-huit ans. Après avoir obtenu sa licence, il devient professeur d'anglais et milite activement au sein du syndicalisme enseignant, ce qui lui vaut d'être muté à Arras. En 1928, il devient secrétaire adjoint des Jeunesses socialistes du Pas-de-Calais. Mobilisé en 1940, il est fait prisonnier. Libéré en juin 1941 il s'engage quelques mois plus tard dans la Résistance au sein de l'Organisation civile et militaire (OCM), qui regroupe des résistants de toutes tendances, de la gauche au conservatisme bon teint, mais où les socialistes sont prépondérants dans le Pas-de-Calais et dans l'Orne. Il écrit pour le journal clandestin La Voix du Nord, participe aux combats de la Libération et est chargé de la commission d'épuration de Flers.

Élu maire et conseiller général d'Arras en 1945, membre des deux Assemblées constituantes, puis député du Pas-de-Calais en 1946, il devient la même année secrétaire général de la SFIO (l'emportant face à Daniel Mayer), fonction qu'il conserve jusqu'en 1969. Dès lors, chef d'une grande formation politique, dont l'appui apparaît indispensable à toute combinaison ministérielle dans le cadre du tripartisme, il est ministre d'État dans les gouvernements Blum (1946-1947) et Pleven (1950-1951) pour les Affaires européennes (voir la Liste des ministres français des Affaires européennes) et vice-président du Conseil dans le cabinet Queuille (mars-juillet 1951). Sous sa férule, le groupe SFIO est le seul qui ne fasse jamais défaut au gouvernement de Pierre Mendès France.

Il cède la présidence du conseil général du Pas-de-Calais dès 1946, et ne se représente pas aux élections cantonales de 1949, pour se consacrer à son action nationale et à la mairie d'Arras.

Membre du Comité d'action pour les États-Unis d'Europe de Jean Monnet et farouchement atlantiste, il se prononce en faveur de l'adhésion de la France à la Communauté européenne de défense (CED), projet qui est définitivement abandonné en 1954, mais qui contribue à diviser profondément la SFIO. De 1954 à 1956, il préside l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (alors dénommée Assemblée consultative). Selon la BBC, qui se base sur des archives britanniques, Guy Mollet, anglophile convaincu, motivé par les risques de tensions au canal de Suez et à la frontière israëlo-jordanienne, aurait proposé en septembre 1956 au Premier ministre britannique conservateur Anthony Eden, que la France fusionne au Royaume-Uni, avec un statut proche de celui de l'Irlande. Cette idée rejetée par les Britanniques, Mollet propose alors que son pays intègre le Commonwealth, projet qui séduisit plus Eden, mais resta lettre morte[2], ce qui amena la France à intégrer la Communauté économique européenne.

La présidence du Conseil[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement Guy Mollet.

En 1956, lors de la campagne pour les élections législatives, il anime, aux côtés de Pierre Mendès France, François Mitterrand et Jacques Chaban-Delmas, le « Front républicain », coalition réunie sur un programme de modernisation économique et sociale et de paix négociée en Algérie, qui obtient une courte majorité. Alors que le président René Coty propose à Pierre Mendès France de former un gouvernement en 1956, celui-ci refuse et lui suggère Guy Mollet. Il est le dirigeant du Front républicain et la guerre d'Algérie est pour lui « imbécile et sans issue » ; l'indépendance est dictée par le bon sens.

Confronté, lors d'une visite à Alger le 6 février 1956, à l'hostilité violente (jets de légumes, cris, menaces de mort explicites) de la population d'origine européenne (appelée journée des tomates), puis à l'impossibilité de réunir une majorité parlementaire sur une ligne libérale en Algérie, il s'engage dans une politique répressive et refuse toute solution négociée avant la conclusion d'un cessez-le-feu. Le 12 mars 1956, il demande et obtient le vote des pouvoirs spéciaux incluant notamment la création d'une procédure de justice militaire de "traduction directe" sans instruction[3], la légalisation des camps d'internement créés en 1955[4] et l'attribution aux militaires des pouvoirs de police[5]. Pour certains historiens[6] et hommes politiques[7], le vote des pouvoirs spéciaux marque la responsabilité politique de la guerre dans la mesure où il confère d'importants pouvoirs à l'armée. Guy Mollet double en six mois les effectifs militaires déployés sur place en envoyant le contingent. Il doit renoncer à nommer Georges Catroux ministre résidant en Algérie. Il propose à Pierre Mendès France, puis à Gaston Defferre d'exercer cette fonction, mais ceux-ci refusent. Il désigne donc Robert Lacoste.

Dès le 6 avril 1956, il demande au comité international de la Croix Rouge d'envoyer une mission en Algérie pour enquêter sur les conditions de vie des militants du Front de libération nationale détenus par les autorités françaises. En octobre 1956, il rencontre Hubert Beuve-Méry et lui demande des précisions sur les accusations de torture pratiquées par certains soldats. Le directeur du Monde lui ayant remis un dossier d'une vingtaine de feuilles, Guy Mollet écrit à Robert Lacoste, lequel lui répond que des sanctions ont été prises chaque fois que des exactions ont pu être prouvées, et que les accusations relayées par Beuve-Méry sont presque toutes mensongères. De nouveaux rapports lui étant remis (l'un de la Croix Rouge, l'autre de Jean Mairey, directeur de la Sûreté nationale), et certains journaux multipliant les accusations, le gouvernement Mollet crée une « commission permanente de sauvegarde des droits et libertés individuels », dirigée par Pierre Béteille, conseiller à la Cour de cassation, en avril 1957. Aucun parlementaire n'en est membre, les députés et sénateurs étant accusés de partialité, et la commission est entièrement libre de son organisation. La pratique de la torture ne cesse pas, mais plusieurs sanctions disciplinaires sont prises, plusieurs procédures judiciaires sont entamées contre des tortionnaires présumés, et plusieurs centaines de personnes internées sont libérées. Enfin, Guy Mollet autorise la Commission internationale contre le régime concentrationnaire à diligenter une enquête. Celle-ci conclut, en juillet 1957, qu'au cours du mois d'avril, la torture semble avoir diminué, et que les conditions de vie dans les camps d'hébergement sont globalement satisfaisantes.

Entre octobre et novembre 1956, Guy Mollet associe la France à la Grande-Bretagne et à Israël lors de l'expédition consécutive à la nationalisation de la Compagnie universelle du canal maritime de Suez par Nasser.

Le cabinet Guy Mollet fait adopter une troisième semaine de congés payés, la vignette automobile pour financer l'aide aux personnes âgées sans ressources, des mesures d'aide au logement. Il accorde leur indépendance à la Tunisie et au Maroc. Il fait voter la loi-cadre Defferre, qui accorde l'autonomie à l'Afrique noire et annonce l'indépendance. En mars 1957, ses ministres Christian Pineau et Maurice Faure signent les traités instituant la Communauté économique européenne (CEE).

Après avoir été mis en minorité par l'Assemblée nationale, le cabinet Mollet, qui détient le record de longévité de la IVe République, chute en mai 1957.

La suite de sa carrière[modifier | modifier le code]

Vice-président du Conseil dans le cabinet Pflimlin en mai 1958, Guy Mollet se rallie au général de Gaulle, car c'est selon lui le seul moyen d'éviter « une guerre civile sans armée républicaine ». Il vote en conséquence les pleins pouvoirs à Charles de Gaulle[8]. Ses orientations sont très contestées au sein de la SFIO, et des partis dissidents se créent : le Parti socialiste autonome en 1958, puis le Parti socialiste unifié (PSU) en 1960.

Il est nommé ministre d'État en juin de la même année, participe à la rédaction de la nouvelle Constitution, mais quitte le gouvernement dès janvier 1959 et retourne rapidement dans l'opposition. Pour lui, la pratique de la Constitution restreint beaucoup trop les droits du Parlement et les libertés publiques.

De Gaulle dit de lui : « J'ai beaucoup d'estime pour Guy Mollet. Pendant la guerre, il a combattu à tous risques pour la France et pour la liberté. Il a donc été mon compagnon » (21 mai 1958).

En 1963, au congrès d'Issy-les-Moulineaux, il ouvre les instances dirigeantes de la SFIO à des militants relativement jeunes. Pierre Mauroy, alors âgé de trente-cinq ans, entre au comité directeur, puis devient secrétaire général adjoint en 1966.

En 1965, Guy Mollet participe à la constitution de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) qui soutient la candidature de François Mitterrand à l'élection présidentielle. Membre du nouveau Parti socialiste (PS) lors de sa fondation en 1969, il se consacre dès lors à des travaux théoriques, dans le cadre de l'Office universitaire de recherche socialiste (OURS), qu'il a créé et où ses archives sont conservées. Il meurt d'une crise cardiaque. Guy Mollet a toujours refusé d'écrire ses Mémoires pour répondre aux critiques, souvent violentes, dont il a fait l'objet, résumant sa position par une formule lapidaire : « Quand on est à la première place, on assume. ». Ses détracteurs désignent par Molletisme l'attitude consistant à associer un discours de gauche et la pratique d'importants compromis avec la droite.

Récapitulatif des fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

  • Ministre d'État, chargé du statut général des fonctionnaires du gouvernement Charles de Gaulle III(du 14 juin 1958 au 8 janvier 1959)

Autres mandats[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. a et b Il est né en fait le 2 janvier 1906 mais le greffier d'état-civil inscrit la date du 31 décembre 1905. « Il gagnera un an pour le service et pourra travailler plus tôt », explique-t-il à son père Pierre Mollet, qui, gazé, décède peu après la fin de la guerre (cf. André Laurens et Thierry Pfister, Le Monde, 4 octobre 1975, page 8)
  2. Quand la France voulait prêter allégeance à l’Angleterre, le Figaro, 15 janvier 2007
  3. Procédures "permettant un jugement très rapide des actes commis (les peines prononcées pouvant aller jusqu’à mort)". Cf. Sylvie THENAULT,(CNRS), "Les magistrats pendant la guerre d’Algérie", in J-P. Jean et G. Deharo (dir.), L'histoire de la justice: la colonisation, Vichy, la guerre d'Algérie, Ecole Nationale de la magistrature, p. 16.
  4. Sylvie THENAULT, op. cit., p. 16.
  5. Sylvie THENAULT (CNRS), "Les juridictions extraordinaires pendant la guerre
    d’Algérie", in J-P. Jean et G. Deharo (dir.), L'histoire de la justice: la colonisation, Vichy, la guerre d'Algérie, Ecole Nationale de la magistrature, p. 18.
  6. Voir sur le site de l'INA l'intervention de Benjamin Stora dans l'émission "Mots Croisés" diffusée par France 2 le 21 mai 2001: http://www.ina.fr/video/I07138328
  7. Lire par exemple l'exposé des motifs de la proposition de résolution du député Noël Mamère "visant à la création d'une commission d'enquête relative au bilan et aux conséquences de la loi n°56-258 du 16 mars 1956 autorisant le Gouvernement à disposer des pouvoirs spéciaux": http://www.assemblee-nationale.fr/11/pdf/propositions/pion3327.pdf
  8. Compte rendu intégral des débats de l'Assemblée nationale, Lundi 2 Juin 1958, 2ème séance, p. 2633 (p. 23 du PDF)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Guy Mollet[modifier | modifier le code]

  • Comment les socialistes voient l'Union européenne, conférence des ambassadeurs, 1951
  • L'Europe unie, pourquoi, comment, éd. du Parti socialiste, 1953
  • Bilan et perspectives socialistes, éd. Plon, 1958
  • 13 mai 1958 - 13 mai 1962, éd. Plon, 1962
  • La Construction européenne vue par un socialiste français, éd. du Parti socialiste, 1965
  • Les Chances du socialisme. Réponse à la société industrielle, éd. Fayard, 1968
  • Le Socialisme selon Tito, éd. Seghers, 1971
  • 15 ans après. La Constitution de 1958, éd. Albin Michel, 1973

Ouvrages et articles sur Guy Mollet[modifier | modifier le code]

Archives[modifier | modifier le code]

Les archives de Guy Mollet sont consultables à l'Office universitaire de recherche socialiste

Liens externes[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

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