Liamine Zéroual
| Origine | Algérie |
|---|---|
| Allégeance | Armée de libération nationale Algérie |
| Grade | Général d'armée |
| Conflits | Guerre d'Algérie |
| Autres fonctions | Homme politique Chef de l'État (1994-1995) Président de la République (1995-1999) |
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Liamine Zéroual (en arabe : ليامين زروال), né le 3 juillet 1941 à Batna, en Algérie est un général et un homme d'État algérien. Il dirige l'Algérie de 1994 à 1999.
Élevé au rang de général en 1988, il est promu à la tête des forces terrestres de son pays en 1989 et qui en devient ministre de la défense en 1993 dans le Haut Comité d'État.
Nommé en période de crise, chef de l'État le 30 janvier 1994, il remporte l'élection présidentielle de 1995 avec 61,34 % des voix et devient du 16 novembre 1995 au 27 avril 1999, le 4e président de la République algérienne démocratique et populaire.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Formation militaire [modifier]
Liamine Zéroual (ou Zeroual) est né dans une famille chaoui (originaire de la tribu des N'mamecha de Khenchela) à Batna. Inscrit à l'école du Stand [allées Ben Boulaïd, ex allées Bocca]), il participe très tôt à la guerre d'Algérie; en 1957, âgé de 16 ans, il rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN), branche militaire du Front de libération nationale (FLN), pour combattre le pouvoir officiel (armée française[2]. Après l'indépendance de l'Algérie, Liamine Zéroual part suivre une formation militaire au Caire en Égypte, puis à Moscou en Union soviétique (1965-1966) et enfin à Paris. Diplômé de l’école militaire de Moscou et de l’école de guerre de Paris, il exerce différentes fonctions au sein de l’|Armée nationale populaire (ANP)[2].
D’abord commandant de l'École d'application des armes de Batna (1975), puis de l'académie militaire inter-armes de Cherchell (1981), il devient commandant d'importantes régions militaires : en 1982 au Sahara (à Tamanrasset) puis à Béchar sur la frontière marocaine en 1984 et enfin à Constantine en 1987[3]. Élevé au rang de général en 1988, il est promu à la tête des forces terrestres en 1989. Il est cependant remercié dès 1990 par le président Chadli Bendjedid, en désaccord, notamment avec le général Khaled Nezzar, à propos d'un plan de réorganisation de l'armée algérienne. Liamine Zéroual est alors muté en Roumanie comme ambassadeur d’Algérie, mais quitte rapidement le poste et retourne s'installer à Batna en se retirant de la vie publique.
Dirigeant politique [modifier]
En juillet 1993, il est rappelé au poste de ministre de la Défense nationale dans le gouvernement du Haut Comité d'État (HCE) créé à la suite de la destitution du président Chadli par l'armée et de l'interruption du processus électoral en janvier 1992[4], remplaçant ainsi Khaled Nezzar. Partisan d'un dialogue avec tous les partis politiques du pays pour trouver « une solution consensuelle à la crise », il rencontra plusieurs fois les principaux dirigeants du Front islamique du salut (FIS) emprisonnés.
Au sein du commandement militaire, entre les « réconciliateurs » favorables au dialogue et les « éradicateurs » partisans de la répression sans faille contre les islamistes, la personne de Liamine Zéroual apparait comme un compromis, et c'est à ce titre qu'il est désigné le 30 janvier 1994 à la tête de l'État par le HCE, remplaçant Ali Kafi, pour assurer la période de transition[3]. Ses décisions durant la prise d'otages du vol AF8969 le 24 décembre 1994 le place en situation instable vis-à-vis du gouvernement Français.
Le 15 janvier 1995, il doit faire face à des nouvelles pressions diplomatiques internationales engendrées notamment par le contrat de Rome, dit de San Egidio, signée par les leaders politiques de l'opposition dénonçant la mainmise militaire de l'État. Ainsi, dans le but de restaurer la légitimité perdue des institutions de l'État, il organise une élection présidentielle en 1995, la première à scrutin pluraliste en Algérie[5]. C'est également lui qui, après son accession au pouvoir et suite aux attentats du Maroc où le roi Hassan II pointera offiellement du doigt l'Algérie comme responsable, fermera la frontière algéro-marocaine en 1995. Depuis, la frontière algéro-marocaine est toujours fermée[6].
Présidence [modifier]
Remportant le scrutin, il est élu président de la République le 16 novembre 1995 avec 61,3 % des voix. Ayant fait le constat de l'échec du rapprochement avec les représentants modérés du FIS dissout, eux-mêmes dépassés par l'émergence d'importants groupes terroristes, meurtriers, comme le GIA, Liamine Zéroual rompt le dialogue avec les islamistes et mène une politique d'« éradication des groupes terroristes »[3].
La révision constitutionnelle de novembre 1996 augmente considérablement les pouvoirs du président de la République même si elle limite le nombre de mandat a deux, et tend à fermer le champ politique à l'opposition. Des proches du président, et sous sa direction, fondent le 21 février 1997 le Rassemblement national démocratique (RND), à la veille des élections législatives algériennes du 5 juin 1997. Le parti RND y remporte une large majorité, et appuie le pouvoir de Liamine Zéroual. Mais des tensions de plus en plus présentes au sommet de l'État amènent Liamine Zéroual à se retirer. Il annonce ainsi, le 11 septembre 1998, dans son discours à la nation la tenue d’élection présidentielle anticipée pour février 1999 (normalement prévue pour 2000), auxquelles il déclare ne pas se présenter[2]. Il quitte la présidence de la République le 27 avril 1999. Son successeur est un ancien ministre et proche de Houari Boumédiène, du FLN, Abdelaziz Bouteflika.
Notes et références [modifier]
- Chef de l'État du 30 juin 1994 au 16 novembre 1995.
- Liamine Zéroual), portrait sur le site de la Présidence de la République algérienne.
- ZEROUAL, Liamine, Institut européen de recherche sur la coopération méditerranéenne et euro-arabe, Juin 1999.
- Par le Haut Conseil de sécurité (HCS), haut commandement militaire, après que le FIS, parti islamiste, ait remporté une large majorité lors du 1er tour des élections législatives.
- Élection présidentielle cependant boudée par des grandes formations de l'opposition (FFS, FIS et FLN).
- http://www.elwatan.com/Ouverture-de-la-frontiere-algero
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- (fr) Liamine Zéroual (1994-1999), Marcel Péju, Jeune Afrique, 11 mai 1999.
- (fr) « Algérie : du sang et des urnes », par Jean-Paul Mari, Grand Reporters (Octobre 1955).