Cordoue

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Cordoue
Córdoba
Blason de Cordoue
Héraldique
Drapeau de Cordoue
Drapeau
Vue générale de Cordoue : le Guadalquivir,le Pont romain et l'ancienne Grande mosquée
Vue générale de Cordoue : le Guadalquivir,
le Pont romain et l'ancienne Grande mosquée
Administration
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Andalousie Andalousie
Province Province de Cordoue Province de Cordoue
Comarque Cordoue
District judic. Cordoue (Municipio)
Budget 299,567,918 00€ (2013)
Maire
Mandat
José Antonio Nieto (PP)
2011-2015
Code postal 14.001 à 14.014
Distance de Madrid 400 km
Démographie
Gentilé - cordobés/esa, cordobense, cortubí, patriciense (es)
- cordouan/ne (fr)
Population 328 326 hab. (2011)
Densité 268 hab./km2
Géographie
Coordonnées 37° 52′ 45″ N 4° 46′ 47″ O / 37.879194, -4.779722 ()37° 52′ 45″ Nord 4° 46′ 47″ Ouest / 37.879194, -4.779722 ()  
Altitude 120 m
Superficie 122 524 ha = 1 225,24 km2
Rivière(s) Le Guadalquivir
Divers
Site(s) touristique(s) Patrimoine classé par l’Unesco : - Grande Mosquée (1984)
- Vieille ville (1994)
Saint patron Saint Raphaël (24 octobre)
Localisation

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Liens
Site web http://www.cordoba.es/

Cordoue (en espagnol : Córdoba, en arabe : قرطبة Qurṭuba) est une ville située dans le sud de l'Espagne, en Andalousie. Cordoue est la capitale de la province du même nom.

La ville est située sur le Guadalquivir. Elle compte 328 326 habitants. Son centre historique est classé depuis 1994 au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque romaine[modifier | modifier le code]

Cordoue est un ancien peuplement ibérique et est occupée par Claudius Marcellus, un Romain, en 169 av. J.-C. Elle était la capitale de la province d'Hispania Baetica. Différents monuments datant de l'époque romaine sont encore visibles dans cette ville.

Au troisième ou au quatrième siècle, Cordoue devient un siège épiscopal. Le premier évêque de Cordoue a probablement été Ossius qui est présent au premier concile de Nicée en 325. Il a été conseiller de l'empereur Constantin.

Époque wisigothique[modifier | modifier le code]

Lors de l'effondrement de l'Empire romain d'Occident au Ve siècle, la ville passe sous la domination des Vandales, puis des Wisigoths jusqu'en 711, à l'exception d'un bref intermède byzantin, entre 554 et 571, à la suite de la conquête d’une partie de l’Espagne wisigothique jusqu’à Cordoue par les armées de Justinien.

Époque musulmane[modifier | modifier le code]

Les musulmans conquirent la ville en 711. Elle devient alors le principal centre administratif et politique de l'Espagne musulmane (al-Andalus). À partir de 756, elle est la capitale de l'émirat de Cordoue, fondé par le prince omeyyade Abd al-Rahman Ier, puis à partir de 929 d'un califat indépendant, après que l'émir Abd al-Rahman III a rompu tout lien avec les Abbassides de Bagdad et s'est lui-même proclamé calife. Les règnes d'Abd al-Rahman III (912-961), de son fils al-Hakam II (961-976) et du hadjib (vizir) al-Mansur ibn Abi Amir (981-1002) constituent la période la plus glorieuse de l'histoire de la ville, même si les califes eurent tendance à la négliger au profit de leur nouvelle capitale, Madinat al-Zahra, fondée en 936.

En 858, remontant le Guadalquivir, le chef viking Hasting pille Cordoue[1].

Tout au long du Xe siècle, Cordoue rivalise avec Bagdad par la taille, la population et surtout la magnificence. À son apogée vers l'an mille, Cordoue est une des villes les plus peuplées d'Occident, les estimations variant entre 250 000 et 500 000 habitants. La ville aurait alors compté plus de six cents mosquées et neuf cents bains publics[2].

La ville s’est surtout étendue vers l’est : à la fin du Xe siècle, Cordoue était en effet au centre d'une agglomération complexe. La ville de Cordoue au sens propre, la medina, que les Arabes appelaient Qurtuba, était alors entourée d’une enceinte, au-delà de laquelle se sont développés des faubourgs non fortifiés, appelés djanib ou rabad. La medina elle-même était la seule partie fortifiée de la ville. De 785 à 987, les musulmans y ont entrepris la construction de la Grande Mosquée, qui reste le principal monument de la ville. Le géographe al-Idrisi, qui écrit deux cents ans plus tard, nous dit que la medina était divisée en cinq villes, chacune close par une enceinte. Le palais califal, qui formait une véritable ville dans la ville, était l'une de ces cinq villes. On y trouvait aussi un quartier juif. À l’est de la Grande Mosquée s’étendait le quartier des souks.

À l’est de la medina, s’étendait un djanib surnommé en espagnol axarquía, mot d'origine arabe (« ech-charqiya  ») signifiant « côté oriental » : ce faubourg était très développé, constitué de nombreux quartiers, dont le quartier mozarabe (les chrétiens et les juifs étaient assez nombreux à Cordoue, mais la ville semble avoir été l’une des plus islamisées de l’Andalousie à l’époque califale). À l’ouest s’étendait un autre faubourg, moins densément occupé, le « côté occidental ». Au sud enfin, de l’autre côté du fleuve, s'était développé la Secunda Ar-Rabad, le « second faubourg ».

L’artisanat était très présent à Cordoue : on y travaillait le cuir (le cuir cordouan est célèbre : le mot « cordonnier » dérive d'ailleurs de « Cordoue »), mais aussi le textile. Une autre grande industrie de la ville était la fabrication de papier et de livres : Cordoue est sans doute une des villes les plus cultivées du monde à cette époque. Un effort systématique a été entrepris par le calife al-Hakam II pour constituer une bibliothèque contenant tous les ouvrages capitaux, anciens et récents connus à l’époque. Un réseau de dépisteurs, de collecteurs, de copistes, étendu à l’ensemble du monde islamique, a acheminé vers Cordoue une fabuleuse collection d’ouvrages, égale en importance à celle des califes abbassides. On cite le chiffre de 400 000 volumes[3]. À Cordoue même une armée de scribes et de relieurs veillait à l’entretien de ces trésors.

Grande Mosquée de Cordoue

Durant les années 1009 à 1031, le califat s'effondre et se divise en plus d'une dizaine de petits États, les taïfas. Cordoue n'est plus que la capitale d'un de ces États, qui tombe en 1069 aux mains de l'émir de Séville. Occupée ensuite par les Almoravides en 1086, puis par les Almohades en 1149, la ville cesse d'être capitale et commence son long déclin jusqu’à aujourd'hui

Sous la couronne d'Espagne[modifier | modifier le code]

La Mosquée, aujourd'hui « surmontée » d'une cathédrale

Cordoue reste sous contrôle musulman jusqu'en 1236, date de la prise de la ville par Ferdinand III de Castille. La ville continue à décliner, n'étant plus désormais qu'une agglomération secondaire de l'Andalousie castillane, dépassée en particulier par Séville. Son relatif renouveau démographique ne date que du XXe siècle.

Les musulmans y restent tolérés pendant les premières décennies de la domination castillane, mais la Grande Mosquée est aussitôt convertie en église, élevée canoniquement au rang de cathédrale en 1239. En 1523, l'édification d'une nef centrale, appelée « Capilla Mayor » (littéralement la « Grande chapelle »), est entreprise au cœur de l'ancienne mosquée. Les nombreuses ouvertures de la mosquée sur la ville (qui assuraient une grande luminosité à l'intérieur de l'édifice) sont alors murées. La mosquée était portée par 1 013 colonnes jusqu'à la Reconquête catholique, colonnes prises de l'antique basilique wisigothique San Vicente (VIe siècle) détruite et sur laquelle s'est élevée la mosquée. Il en subsiste 856. La "Capilla Mayor" a été construite sous Charles Quint.

En 1808, au cours des guerres napoléoniennes, la ville est mise à sac par les troupes françaises.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

La ville et le pont romain
Patio cordouan
Petite rue des fleurs - Tour de la Grande Mosquée
Le Pont, vue depuis le rivage

Centre historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Centre historique de Cordoue.

Le centre historique est l'un des centres historiques les plus grands d'Europe. En 1984, l'Unesco a inscrit la Mosquée-cathédrale au patrimoine mondial[4]. Plus tard, en 1994, l'Unesco a étendue cette dénomination à la plus grande partie de la vieille ville[5].

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil et militaire[modifier | modifier le code]

Les murailles encerclant la ville et les diverses tours d'origines musulmanes et chrétiennes sont les vestiges du passé militaire de Cordoue, et représentent aujourd'hui tout le patrimoine militaire de la ville.

Patrimoine archéologique[modifier | modifier le code]

Trame urbaine héritée du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • Quartiers de la Judería
  • Quartier de la Magdalena
  • Quartier de San Lorenzo, avec son église

Parcs et jardins[modifier | modifier le code]

Jardins d'Alcázar.
  • Jardins de la Victoire. En plus d’une petite fontaine moderniste du 20e siècle, ces jardins comptent deux installations récemment rénovées, soit la Caseta Victoria, et le Kiosko de la música. Dans la partie nord, appelée Jardins du Duc de Rivas, se trouve une pergola de style néoclassique créée par l’architecte Carlos Sáenz de Santamaría. Elle est utilisée comme hall d’exposition et de café bar.
  • Jardins de la Agricultura sont situés entre les jardins de la Victoire et le Paseo de Córdoba. Ces jardins sont constitués de nombreux sentiers qui convergent radialement à une place ronde ayant une fontaine ou un étang. On le surnomme l’étang aux canards car ces animaux vivent dans un petit bâtiment sur l’île au milieu de l’étang. On retrouve aussi plusieurs sculptures un peu partout dans les jardins, telle que la sculpture en mémoire de Julio Romero de Torres, celle du compositeur Julio Aumente, et le buste de Mateo Inurria. Au nord se trouve une labyrinth de roses.
  • Jardins del Conde de Vallellano sont situés des deux côtés de l’avenue du même nom. Il inclue un large étang en forme de L d’une capacité de 3000m³, ainsi que plusieurs vestiges archéologiques dont une citerne romaine datant de la seconde moitié du premier siècle avant J.-C.
  • Jardins de Juan Carlos I se trouve dans le quartier Ciudad Jardín. C’est une forteresse d’une superficie d’environ 12 500 m².
  • Parc Cruz Conde est situé au sud-ouest de la ville. C’est un parc de style “jardins anglais” ouvert à tous.
  • Paseo de Cordoba. Situé sur les chemins de fer souterrains, c’est un passage de plusieurs km aggrémenté de nombreuses fontaines, dont six formées par un portique d’eau formant une chute se déversant dans un étang à quatre niveaux. De plus, on y retrouve un étang datant de l’époque romaine, ainsi que le bâtiment de l’ancienne gare de RENFE qui sert maintenant de bureaux de Canal Sur.
  • Sotos de la Albolafia. Déclaré monument naturel par le gouvernement d’Andalousie, il est situé dans une partie de la rivière de Guadalquivir entre le pont Romain et le pont San Rafael, avec une superficie de 21,36 hectares. Il héberge une grande variété d’oiseaux et il constitue un important point de migration pour plusieurs oiseaux.
  • Le balcon du Guadalquivir
  • Parc péri-urbain de « Los Villares »
  • Parc des Miraflores est situé sur la rive sud de la rivière Guadalquivir. Il fut conçu par l’architecte Juan Cuenca Montilla en une série de terrasses. On y retrouve plusieurs points d’intérêt comme les ponts de Salam et de Miraflores, ainsi qu’une sculpture par Agustín Ibarrola.
  • Jardins d'Alcazar
  • Parque de la Asomadilla, avec une surperficie de 27 hectares, est le deuxième plus grand parc d’Andalousie. Le parc recrée une végétation de forêt méditerranéenne.

Personnalités illustres[modifier | modifier le code]

Jumelages, pactes d'amitié et accords de coopération[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Cordoue est jumelée avec [6]:

Pactes d'amitié[modifier | modifier le code]

La ville a signé des pactes d'amitié avec[7] :

Accord de coopération[modifier | modifier le code]

Courdoue entretient aussi des accords de coopération avec [8] :

Sports[modifier | modifier le code]

Arrivées du Tour d'Espagne[modifier | modifier le code]

* 2 arrivées dans le même tour d'Espagne

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Dillange, Les comtes de Poitou, ducs d'Aquitaine : 778-1204, Mougon, Geste éd., coll. « Histoire »,‎ 1995, ill., couv. ill. en coul. ; 24 cm, 303 p. (ISBN 2-910919-09-9, ISSN 1269-9454, notice BnF no FRBNF35804152), p. 57-58.
  2. Émile Lefranc, Histoire du moyen age, Jacques Lecoffre,‎ 1850 (présentation en ligne)
  3. Le chiffre est très variable selon les sources et les périodes considérées : 250 000, 400 000, 500 000, 600 000.
  4. (en) « Comité del Patrimonio Mundial, Informe de la 8ª Sesión, Buenos Aires », Unesco,‎ 1984 (consulté le 6 mars 2014)
  5. (en) « Comité del Patrimonio Mundial, Informe de la 18ª Sesión, Phuket », Unesco,‎ 1994 (consulté le 6 mars 2014)
  6. Hermanamientos con Córdoba.
  7. Amistad con Córdoba.
  8. Cooperación con Córdoba.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]