Èbre

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43° 02′ 15″ N 4° 22′ 12″ O / 43.0375, -4.37 ()

Èbre
(Ebro, Ebre)
L'Èbre à Miravet (Tarragone).
L'Èbre à Miravet (Tarragone).
Bassin de l'Èbre
Bassin de l'Èbre
Caractéristiques
Longueur 928 km
Bassin 85 550 km2
Bassin collecteur Èbre
Débit moyen (1 994) 426 m3/s
Cours
Embouchure Mer Méditerranée
· Altitude 0 m
Géographie
Pays traversés Drapeau de l'Espagne Espagne

L'Èbre (Ebro en espagnol, en aragonais et en basque, Ebre en catalan) est le plus puissant des fleuves espagnols. Sa longueur est de 928 km et son bassin versant a 85 550 km² de superficie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saragosse. L'Èbre. Puente de Piedra. Vue du clocher de la basilique Pilar

Source[modifier | modifier le code]

Jusqu'à peu, sa source était située à Fontibre (du latin, Fontes Iberis, 'sources de l'Èbre', en grec, Ἴβηρ), à 880 m d'altitude, près de Reinosa dans la communauté autonome de Cantabrie. On estime aujourd'hui que l'Èbre prend naissance dans les sources de l'Híjar, à Peñalabra, à 1 980 m d'altitude et 27 km en amont de Reinosa.

Cours et embouchure[modifier | modifier le code]

Son cours supérieur s'inscrit dans des gorges remarquables. Il traverse la Cantabrie, la Castille-et-León, La Rioja, la Navarre, l'Aragon avant de se jeter dans la Méditerranée en Catalogne, par un grand delta de 320 km² près de Amposta (province de Tarragone), où l'île de Buda divise le courant en deux bras principaux (Golas nord et mitjorn (midi)). Les alluvions très abondants qu'il charrie font avancer ce delta profondément dans la mer. Ces alluvions ont créé l'« isthme » du Trabucador à droite et celui del Fangar à gauche de l'embouchure. Un système méticuleux de canaux d'irrigation et d'évacuation favorise la culture du fameux riz bomba. Cinquante mille habitants peuplent le Delta de l'Èbre. Le parc naturel du delta de l'Èbre fut créé en 1983 par la province de Catalogne et comprend les communes de Deltebre, Sant Jaume d'Enveja, Els Muntells et Poblenou del Delta. Il constitue la zone humide la plus importante de Catalogne avec une superficie totale de 7 802 ha. Le delta est une « volière où se rassemblent plus de cent mille oiseaux appartenant à trois cents espèces ».

Aujourd'hui le Delta de l'Èbre est en forte regression, vu que les alluvions sont retenus par les nombreux barrages en amont. Si le fleuve près de son embouchure mesure 250m de largeur et environ 8m de profondeur, on n'y trouve plus qu'un mètre d'eau douce, le restant étant l'eau salée de la mer qui peut remonter, lors de fortes tempêtes, jusqu'à Tortosa, à plus de 40 km de l'embouchure de l'Èbre

Régime fluvial[modifier | modifier le code]

L'Èbre est un fleuve à débit important, au caractère irrégulier. À la fin de l'été se produisent des étiages significatifs dans tout le bassin conduisant à des débits d'un dixième du débit moyen. Durant l'hiver un étiage secondaire intervient, résultant des chutes de neige touchant une grande partie de son bassin, puisque son régime est pluvial, accumulant les grandes réserves hydrauliques des Pyrénées, et dans une moindre mesure des monts Cantabriques et du système ibérique. Au printemps, avec la fonte des neiges et les précipitations, il est à son débit maximal. Il atteint son second maximum à l'automne, à l'arrivée des pluies.
Les crues les plus importantes de ses cours haut et moyen interviennent à la fin de l'hiver, lors des chutes de neige de faible altitude suivies du dégel, surtout si celui-ci s'accompagne de pluies qui accélèrent la fonte. Lors de ces crues, ce sont les affluents gauches, tels que le Zadorra, l'Ega, l'Arga et l'Aragon, qui jouent le rôle le plus important. Ainsi les crues les plus significatives ont été constatées à Castejón, dans la Ribarra navarraise, ainsi qu'aux abords de Saragosse.
Le flux aval est régulé par les barrages de Ribarroja, de Flix et de Mequinenza, bien que des crues puissent toujours se produire, causées par le dégel des affluents pyrénéens tels que le Sègre, le Cinca, le Noguera Pallaresa et le Noguera Ribagorzana, ou plus bas par l'influence de l'arrivée des pluies automnales sur les affluents de l'aval. En dépit de ces débordements et inondations, c'est de nos jours le cours intermédiaire du fleuve qui a le plus souffert des crues du XXIe siècle.
L'irrégularité de l'Èbre est telle qu'à Tortosa on a constaté un débit de 32 m³/s en période de sécheresse et des pointes à 20 000 m³/s lors de certaines crues. En amont, on a pu mesurer des débits supérieurs à 1 000 m³/s à Miranda del Ebro. Dans le cours intermédiaire, un maximum de 4 950 m³/s a été constaté en 1961 à Castejón.
Au début des années 1900, le fleuve était encore navigable. C'était le seul trait d'union, de commerce, entre la côte et l'intérieur des terres.
Les principales inondations à Saragosse depuis la fin du XIXe siècle ont été :

  • mars 1888: 3 760 m³/s
  • janvier 1891: 3 250 m³/s
  • février 1892: 3 790 m³/s
  • janvier 1895: 3 118 m³/s
  • mars 1930: 3 600 m³/s
  • décembre 1930: 3 000 m³/s
  • octobre 1937: 3 000 m³/s
  • janvier 1941: 4 000 m³/s
  • février 1952: 3 260 m³/s
  • janvier 1961: 4 130 m³/s
  • novembre 1966: 3 154 m³/s
  • janvier 1981: 2 940 m³/s
  • février 2003: 2 988 m³/s
  • mars 2003: 2 220 m³/s
  • avril 2007: 2 282 m³/s

Débit moyen[modifier | modifier le code]

Débit moyen mensuel (en m3)
Station hydrologique : Tortosa
(1912 - 1993)

Source : Ebro Basin - Station: Tortosa UNH/GRDC

Régions traversées[modifier | modifier le code]

Le fleuve arrose Miranda de Ebro (Castille-et-León), Logroño (La Rioja), Tudela (Navarre), Saragosse (Aragon). Son cours a été aménagé (canaux impérial et de Tauste, et barrages de l'Èbre, de Mequinenza, de Flix et de Ribarroja) pour la production d'électricité. Pour l'irrigation du Delta de l'Èbre et la riziculture, il a été créé au 16e siècle un bassin à débordement à Xerta (à env. 60km de l'embouchure) qui remplit 2 canaux principaux qui se déversent à leur tour dans le réseau d'irrigation du Delta et se terminent près de l'embouchure. Le débit moyen était en 1971 de 11 m³/s à Reinosa, 81 m³/s à Miranda de Ebro, 300 m³/s à Saragosse et 614 m³/s à Tortosa. L'irrigation intensive a depuis encore réduit ces valeurs. À l'embouchure, le débit devrait être de 745 m³/s contre 426 m³/s en 1994.

L'Èbre à Miranda de Ebro.

Villes arrosées[modifier | modifier le code]

Production hydroélectrique[modifier | modifier le code]

L'hydroélectricité du bassin fournit à l'Espagne 50 % de son électricité[réf. nécessaire]. La liste ci-dessous n'est pas exhaustive :

  • 74 centrales dans la province de Huesca, d'une puissance installée de 847 297 kW et d'une production de 2 787 000 000 kWh.
  • 30 centrales dans la province de Saragosse, d'une puissance de 372 437 kW d'une production de 761 000 000 kWh.
  • 34 centrales dans la province de Teruel, d'une puissance installée de 24 135 kW et d'une production de 28 000 000 kWh.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom provient du latin Iberus qui le désignait dans l'Antiquité. On peut noter que le terme basque ibar signifie 'rivage' ou 'rive'.
Le fleuve a donné leur nom au peuple des Ibères, et de là, l'adjectif ibérique.
Le traité de l'Iber (-226) semble faire référence à ce fleuve. (Il reste quelques doutes.)
Pendant la Guerre d'Espagne, l'Èbre a été le théâtre de l'une des batailles les plus importantes du conflit.

Principaux affluents[modifier | modifier le code]

Affluents gauches[modifier | modifier le code]

Affluents droits[modifier | modifier le code]

Marais et barrages[modifier | modifier le code]

L'embouchure de l'Èbre
Barrage de La Tranquera sur le Piedra, affluente du Jalón

Canaux[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]