Yaghmoracen Ibn Ziane

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Crystal Clear app fonts.svg Cette page contient des caractères spéciaux ou non latins. Si certains caractères de cet article s’affichent mal (carrés vides, points d’interrogation…), consultez la page d’aide Unicode.

Yaghmoracen Ibn Zian ou Yghomracen Ibn Zyan, ou encore Yaghmoracen Ibn Zyan, (يغمراسن إبن زيان en arabe) (Iɣumrasen, tifinagh : en tifinagh : ⵢⵖⵓⵎⵔⴰⵙⴻⵏ ⵏ ⵣⵢⴰⵏ) (mort en février/mars 1283[1]), dont le nom est typiquement à consonance berbère (zenata), est le fondateur de la dynastie des Zianides en 1235[2]. Il a fait de Tlemcen, en Algérie, sa capitale[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Lors de la décadence de l’empire Almohade, Tlemcen se révolte contre le calife de Marrakech en 1236[3], le pouvoir tribal échoit aux mains de Yaghmoracen Ibn Ziane[4]. Dès 1240, il cesse de reconnaître le califat almohade et se pare du titre d’émir des musulmans. Yaghmoracen affronte les Almohades qui désirent de récupérer Tlemcen et résiste aux ambitions de ses voisins Hafsides[4].

Après sa victoire sur le calife almohade al-Sa’id en 1248, il devient à la tête d’un Etat dont la vigueur se fortifie au long de son règne[3]. Son long règne est l’un des facteurs de la stabilité du royaume zianide, malgré les luttes intenses contre les Almohades, les Hafsides et les Mérinides[2]. Sur son lit de mort, il aurait conseillé son fils successeur de renoncer d’attaquer les Mérinides pour se concentrer à l’est[3].

Ibn Khaldoun mentionne des anecdotes à son sujet. Ainsi, Yaghomracen ayant entendu des généalogistes qui voulait le faire descendre de Mahomet[1], s'exprima en langue berbère locale et dit à peu près ceci : « Nous avons obtenu les biens de ce monde et le pouvoir par nos épées et non par cette ascendance. Quant à son utilité dans l'autre monde, elle dépend de Dieu seul »[5]. Quand les architectes ont voulu inscrire son nom sur un minaret qu'il avait fait élever, il répondit dans un dialecte berbère zénète: « Dieu sait » (Issen Rebbi)[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, traduction du baron de Slane (tome III), Ed. Imprimerie du Gouvernement (Alger), 1856 [1]
  2. a, b et c Chems Eddine Chitour, Algérie : le passé revisité, Casbah Editions,‎ 2004, 318 p. (ISBN 9789961644966), p. 60
  3. a, b et c Gilbert Meynier, L’Algérie, cœur du Maghreb clas­si­que : De l’ouver­ture islamo-arabe au repli (698-1518), Paris, La Découverte,‎ 2010, 358 p. (ISBN 9782707152312), p. 192, 193, 194
  4. a et b Les Abdelwâdide sur le site qantara patrimoine méditerranéen.
  5. Ibn Khaldoun, Le livre des exemples, traduction d'Abdeslam Cheddadi (vol. I), Ed. Gallimard (ISBN 2-07-011425-2)
  6. Victor Piquet, Histoire des monuments musulmans du Maghreb, Ed. Librairie René Bauche (Evreux), 1937

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]